Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes





télécharger 167.08 Kb.
titreDiscours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes
page4/4
date de publication17.06.2017
taille167.08 Kb.
typeCours
l.20-bal.com > documents > Cours
1   2   3   4

La symbolique de la fenêtre

La mise en scène et le cadrage du film jouent beaucoup sur l'idée de la fenêtre : dans l'institution des sourds-muets où Victor a été d'abord placé, Itard et Pinel l'observent par la fenêtre ; la séquence où Itard teste le sentiment d’injustice chez l’enfant s'organisera autour d'une fenêtre ouverte, puis fermée. C'est devant la fenêtre que Victor recevra son nom pour s'être retourné à l'audition de cette sonorité. C'est devant les fenêtres que Victor rêve, entre les exercices. La symbolique portée par la fenêtre vient de ce qu’elle est le point de jonction de l'intérieur et de l'extérieur source de la lumière ; de sorte qu’elle sépare ou rejoint, selon les moments la nature (que Victor ne cesse de regarder et de regretter), et la culture. De la fenêtre vient aussi la lumière, et donc potentiellement la raison.
Séance 8 : entraînement à la question de synthèse

Support : le corpus sur l’exploitation de l’homme par l’homme

Durée : 2h

Objectif : s’entraîner à répondre à la question de synthèse.
Activité 1 : Découverte des textes : Diderot, Montesquieu, Flora Tristan

Distribution du corpus, lecture silencieuse des textes.

A l’oral demander aux élèves le sujet de chacun des textes, puis lecture de la question
Activité 2 : Rédaction de la question de synthèse

Demander aux élèves de construire leur réponse par écrit. Puis lire une ou deux propositions.

Correction rapide prise en notes par les élèves, si nécessaire.
Éléments de correction :

Les trois textes dénoncent l’exploitation de l’homme par l’homme. En effet, le texte de Denis Diderot, issu du Supplément au voyage de Bougainville évoque la question de la colonisation de Tahiti par l’explorateur Bougainville et ses hommes. En effet, le locuteur, un vieux tahitien se plaint de la façon dont ils se sont accaparé son pays : « ils ont écrit sur cette lame de métal : Ce pays est à nous », et donc ils ont réduit la population locale à l’esclavage.

Dans De l’Esprit des Lois, Montesquieu évoque de façon ironique, c’est-à-dire en écrivant le contraire de ce qu’il pense, l’esclavage des Africains comme le montre la grande présence du champ lexical de l’esclavage : « esclave », « esclavage », « injustice ».

Le dernier texte, de Flora Tristan, intitulé Promenades dans Londres critique pour sa part la manière injuste dont la société anglaise traite les ouvriers : ils « manquent de vêtements », « ils sont enfermés douze à quatorze heures par jour », « ils ont le corps maigre ». Elle dénonce ainsi le sort terrible qui est fait à ces gens qui, pourtant, travaillent.
Les procédés de la dénonciation sont différents dans chaque texte. Le premier a recours à un discours très éloquent, qui s’appuie sur des images fortes, par exemple la métaphore « tu es venu allumer en elles des fureurs inconnues » montre bien la dénaturation qu’a fait subir l’arrivée des colons à la population locale. De même, Diderot met dans la bouche de son personnage un argument très fort fondé sur un retournement de situation : « si un tahitien débarquait un jour sur vos côtes, etc. », destiné à montrer l’arbitraire de cette appropriation de leur terre.

Montesquieu a recours à la force argumentative de l’ironie : en reprenant et déformant les arguments des esclavagistes, il met en évidence leur absurdité ou leur dimension immorale : « ils ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre » est un argument physique qui ne justifie en rien l’injustice qui leur est faite. L’argument économique concernant le prix du sucre, moins cher car produit par des esclaves, est quant à lui d’une profonde inhumanité. La fin du texte éclaire davantage la position de Montesquieu et définit les cibles de sa critique : la religion qui autorise cela, et les princes qui n’agissent pas.

Flora Tristan nous offre un texte vivant et sensible, destiné à nous émouvoir, notamment grâce à une ponctuation expressive : on remarque une exclamation et de nombreux tirets qui mettent en évidence la succession de ses observations. Elle raconte une expérience vécue personnellement et on trouve donc les marques de l’énonciation de la première personne du singulier : « Je ne sais », qu’elle élargit ensuite à une première personne du pluriel, comme pour englober le lecteur et le forcer à s’impliquer : « ne vous regardent ». Surtout, elle multiplie des termes descriptifs qui présentent la situation pathétique  de ces gens, destinés à émouvoir le lecteur: « fatigue », « désespoir », « pénible », etc.
Ces textes présentent donc différentes manières d’exprimer la révolte d’écrivains confrontés au sort misérable d’hommes et de femmes exploités de manière inhumaine.

Séance 9 : lecture analytique du texte 4 : Huis clos de Sartre

Support : extrait de Sartre à écouter et le texte de la scène 5 de Huis clos.

Durée : 2h

Objectif : découvrir un extrait de théâtre moderne qui interroge la condition humaine et l’existence de l’homme par rapport à ceux qui l’entourent.
Activité 1 : découverte du texte

Lecture du texte par trois élèves. Demander ensuite aux élèves de noter les idées qui leur viennent pour analyser le texte. Mise en commun.
Activité 2 : comprendre la condition humaine selon Sartre.

Demander aux élèves d’expliquer la phrase : « l’enfer c’est les autres » (il se peut que les élève fassent un contresens) et projeter la vidéo de Sartre expliquant sa signification :

http://www.youtube.com/watch?v=GW-JXB2II2M
Activité 3 : Recherche d’une problématique et d’un plan

Prise en notes de l’analyse.
Éléments de correction :

Introduction : Sartre est un philosophe français qui a écrit plusieurs pièces de théâtre dans lesquelles il aborde des questions existentielles : par exemple, Morts sans sépulture aborde le problème de la torture, et Le Diable et le bon Dieu affirme que l’homme est le seul maître de son destin.

Dans Huis clos, trois personnages qui ont commis des actes horribles sont placés en enfer, et au lieu d’être confrontés à une image traditionnelle de ce lieu, avec torture et broches, ils se retrouvent enfermés ensemble dans une pièce.

Quasiment à la fin de la pièce, les masques sont enfin tombés, Garcin est en fait un lâche, Estelle une infanticide, et Inès une meurtrière. Chacun des personnages connaît les désirs et les secrets des autres, et a donc un pouvoir sur eux.

Problématique : dans quelle mesure cette situation reflète-t-elle la condition humaine selon Sartre ?


  1. Une scène de conflit.




    1. Des relations tendues :

  • Inès et Garcin : c’est le conflit principal dans cette scène, celui qui occupe le plus les personnages. Inès attaque Garcin en le traitant de « lâche ». Sa longue tirade permet de voir qu’elle cherche à le déstabiliser : elle utilise une ponctuation expressive, des onomatopées qui traduisent la violence de son attaque.

  • Estelle et Inès : Estelle n’aime pas Inès, alors qu’Inès, homosexuelle, aime Estelle. Inès ne s’adresse à elle directement qu’une seule fois, pour l’inciter à se séparer de lui.

  • Estelle et Garcin : dans la scène, Estelle est du côté de Garcin : « venge-toi ». A l’attaque verbale d’Inès, elle propose une vengeance indirecte qui passe par le corps : « embrasse-moi ». Inès étant séduite par Estelle, elle est sûre d’atteindre son but. Quant à Garcin, il parle assez peu, et ne répond pas à Inès directement.

  • En étant trois sur scène, les personnages sont voués à se placer dans une situation qui sera toujours déséquilibrée. En même temps, chacun à sur l’autre de quoi l’empêcher de les dominer tous : Garcin à Inès : « c’est pourtant vrai, Inès. Tu me tiens, mais je te tiens aussi. »




    1. La volonté de chaque personnage de faire souffrir les autres

  • La tentation de la violence physique : didascalie  « Il marche sur elle, les mains ouvertes », mais ils sont déjà morts…

  • Violence morale :

    • Inès qui attaque Garcin sur sa lâcheté : « Ne perds pas courage », « tu es un lâche ».

    • Inès qui fait sentir à Garcin son pouvoir sur lui : « Je te tiens », utilisation des impératifs pour marquer sa domination : « Cherche », « va »…

    • Estelle qui veut faire souffrir Inès : « tu l’entendras chanter »

  • Violence verbale :

    • Inès qui insulte Garcin : « Lâche », répété plusieurs fois, les qualificatifs méprisants : « grosses mains d’homme », « docile comme un chien »

    • Estelle qui veut faire « crever » Estelle.

= les personnages ne cessent, dans cette scène de vouloir se blesser.


    1. Un enfer psychologique

  • Il apparaît donc que les personnages sont là pour souffrir : « Le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. »

  • Garcin met en évidence la différence qui existe entre la représentation traditionnelle de l’enfer et la situation dans laquelle ils se trouvent : « Alors, c’est ça l’enfer. Je n’aurais jamais cru… vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril » et ce qu’il vit : « l’enfer, c’est les Autres. » Ainsi, chaque personnage est pour les autres un enfer à supporter. Pas de torture physique, mais une véritable torture morale : Inès qui crie sa souffrance quand Estelle embrasse Garcin, Garcin qui ne parvient pas à échapper à Inès…

  • Un autre élément confirme qu’ils sont en enfer, l’idée que la nuit, le sommeil n’arriveront jamais, et que les personnages n’auront jamais de repos dans leurs tortures.


II. Une représentation de la condition humaine.


  1. Le regard d’autrui

  • Omniprésence du champ lexical du regard : « vois », « regarde », « voyais », « « vois », « verras », qui représente l’un des enjeux majeurs de la scène.

  • La dimension symbolique du regard apparaît dans la phrase : «  je ne suis rien que le regard qui te voit, que cette pensée incolore qui te pense. » : le regard représente l’image que se font de nous les autres. Par ailleurs, on peut voir que dans cette phrase prononcée par Inès, Garcin, représenté par le pronom « te » est placé ici en objet. Et c’est bien cela que Sartre veut signifier ici, le regard de l’autre nous réifie, nous transforme en objet pensé et nous ne pouvons rien y faire.

  • A Garcin qui veut se faire passer pour un brave (ce que Sartre appelle le « pour soi », c’est-à-dire la vision subjective que l’on a de soi) Inès oppose le pouvoir de son regard : « Tu es un lâche, Garcin, un lâche parce que je le veux. » : c’est la liberté d’autrui qui s’exprime dans ce « je le veux », ce que Sartre appelle le « pour autrui » (l’idée que les gens ont de lui).




  1. La tentation de l’amour

  • Inès propose à Garcin de l’embrasser pour effacer le regard d’Inès sur lui en la faisant souffrir. Mais cela ne fonctionne pas, Inès continue à poser son regard sur eux, et son ironie déforme l’image qu’ils pouvaient avoir d’eux-mêmes : « Le beau couple ! Si tu voyais sa grosse patte posée à plat sur ton dos, froissant la chair et l’étoffe. »

  • Sartre montre surtout que l’amour peut-être considéré comme un moyen de vivre dans l’illusion : « Mêlez vos chaleurs. C’est bon l’amour, hein, Garcin ? C’est tiède et profond comme le sommeil, mais je t’empêcherai de dormir » « Que vas-tu chercher sur ses lèvres ? L’oubli ? Mais je ne t’oublierai pas, moi. » Dans ces deux phrases, « l’oubli » et « le sommeil » sont des ruses qui permettraient potentiellement au personnage d’échapper au regard d’autrui, et que l’amour lui permet d’obtenir. Mais Inès fait en sorte de les déjouer, d’empêcher Garcin et Inès de se réfugier dans cette illusion.

  • L’amour entre Inès et Garcin est donc impossible, car il les transforme tous deux en objets du regard d’Inès, et la didascalie interne « Tu vois, Estelle, il desserre son étreinte, » nous informe que les personnages renoncent à s’embrasser.




  1. Le tragique de la condition humaine

  • Le tragique de l’existence apparaît donc dans ce passage : lorsqu’il se ment à lui-même ou lorsqu’il ment aux autres, l’homme est perpétuellement soumis au regard d’autrui, ce qui le fait souffrir. Le tragique de cette situation est exprimé par Garcin à travers une métaphore : « ces regards qui me mangent » : image d’une dévoration qui montre la puissance du regard des autres.

  • Le tragique apparaît aussi dans le rapport au temps : contrairement à la tragédie classique, où l’enchaînement des événements menant vers une issue fatale définit une chronologie, ici, le temps est immobile : « Il ne fera jamais nuit ? / Jamais. / Tu me verras toujours ? / Toujours. » Ces deux adverbes antithétiques, « jamais » et « toujours » suppriment toute idée d’évolution de la situation et représentent bien la fatalité liée à l’existence humaine, toujours soumise au regard d’autrui. (dernier mot de la pièce : « Continuons »)


Conclusion : Sartre interroge donc dans cette pièce la société dans sa dimension philosophique et ses conséquences sur chacun : le regard que les autres portent sur nous nous oblige à nous défaire de nos illusions sur nous même, et les trois personnages qui sont enfermés dans cette pièce s’y refusent. Il nous invite ainsi à ne pas faire comme eux, et au contraire de tâcher de nous voir tels que nous sommes.

Séance 10 : Synthèse sur la séquence

Support : tous les travaux effectués pendant la séquence.

Durée : 1h

Objectifs : réactiver toutes les connaissances vues pendant la séquence. Préparer l’entretien de l’oral du baccalauréat.
Activité : A l’écrit, à partir du descriptif de la séquence, demander aux élèves de rechercher quelles peuvent être les questions que posera l’examinateur du baccalauréat :


    • Qu’est-ce qui définit une société idéale ? Donnez plusieurs exemples.

    • Quels sont les points importants sur lesquels insistent les différentes utopies architecturales ?

    • Quels regards les artistes portent-ils sur la société de leur temps ?

    • Peut-on vivre en dehors de la société ? à quel prix ?

    • Quels sont les écrivains qui s’intéressent à la difficulté de trouver sa place dans la société ?

    • Quel rapport Annie Ernaux entretient-elle avec ses parents ?


Proposer aux élèves d’essayer de répondre à l’oral.

Interrogation de lecture : La Place, Annie Ernaux


  1. Expliquez pourquoi Annie Ernaux a choisi cette phrase de Jean Genêt en épigraphe : « Ecrire c’est le dernier recours quand on a trahi. » (5 points)

  2. Quel est le rapport de la famille à l’argent ? Quelles évolutions modifient ce rapport au fil du temps ? (5 points)

  3. La question du langage se pose à de nombreuses reprises dans le récit. Evoquez quelques épisodes sur ce sujet. En quoi le rapport au langage reflète-t-il l’évolution de la narratrice ? (5 points)

  4. Pourquoi a-t-on qualifié le style d’Annie Ernaux comme une « écriture plate » ? Justifiez précisément votre réponse. (5 points)



1 Ce cours s’inspire de TDC N°1019, les Villes imaginaires, p. 16-39

1 qui s’appuient sur le dossier du CNDP : http://www2.cndp.fr/TICE/teledoc/dossiers/dossier_sauvage.htm



1   2   3   4

similaire:

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconAcadémie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon
«Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes» de Jean-Jacques Rousseau

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
«Mais comment exprimer cette foule de sensations fugitives… j’aurais eu la puissance de créer des mondes.»

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
«Mais comment exprimer cette foule de sensations fugitives… j’aurais eu la puissance de créer des mondes.»

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
«Mais comment exprimer cette foule de sensations fugitives… j’aurais eu la puissance de créer des mondes.»

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
«Mais comment exprimer cette foule de sensations fugitives… j’aurais eu la puissance de créer des mondes.»

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes 2
«bon sauvage» se dénature. Cependant selon Diderot ce mythe n’existe pas. La nature des Tahitiens n’est ni bonne ni mauvaise. IL...

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l'origine des langues
«L'homme et naturellement paresseux. On dirait qu'il ne vit que pour dormir, végéter, rester immobile […] C'est pour parvenir au...

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconFamilles tsiganes et protection de l’intimité Claire Cossée
«Français», ou «Payos»3 (non-Gitans) est très marquée, tout au moins dans le registre du discours et de l’imagerie sur «le soi et...

Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes iconDiscours sur l’origine et les
«se porter toujours tout entier avec soi» sont remplacées par celles de confort, luxe, paresse





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com