Discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes





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Séance 4 : Lecture analytique du texte 2 : La Fontaine : « Les membres et l’estomac »

Supports : le texte de La Fontaine et les documents complémentaires de Tite-Live et Esope

Durée : 2h

Objectifs : comprendre quelle est la vision de la société de l’Ancien Régime qui s’exprime dans cette fable. Percevoir l’ambiguïté de la fable et sa dimension critique. Aborder la notion d’intertextualité.
Activité 1 : Lecture des textes.

Lire d’abord le texte de La Fontaine puis les fables d’Esope et de Tite-Live. On peut s’attendre à ce que les élèves reconnaissent les autres fables dans celle de La Fontaine. Expliquer ce qu’est l’intertextualité. Demander aux élèves la particularité de la fable de La Fontaine par rapport à celles d’Esope et de Tite-Live. L’objectif est de leur faire percevoir que La Fontaine réécrit les deux fables dans la sienne, et qu’il procède surtout, à partir de l’argument des fables antiques, à une mise en mots véritablement poétique.

Activité 2 : Analyser la construction de la fable

Demander aux élèves de définir les différentes étapes du texte de La Fontaine et de leur donner un nom. Rappeler les étapes du schéma narratif et montrer qu’on le retrouve deux fois : dans la partie de l’estomac, et dans celle qui se passe à Rome.

Activité 3 : Analyser la morale de la fable

Faire relever aux élèves tout ce qui est dit sur la royauté. Ils devraient normalement saisir qu’il y a davantage de critiques que de louanges, et que le fabuliste fait donc une critique implicite, tout en se protégeant. Les amener à s’interroger sur ce que dit La Fontaine de l’apologue. L’objectif est de leur faire percevoir qu’en fin de compte, c’est l’apologue qui défend la royauté et agit sur le peuple. C’est donc le fabuliste qui possède un vrai pouvoir et que la royauté devrait choyer.

Activité 4 : recherche d’une problématique et d’un plan détaillé
Éléments de correction :

Introduction

  • La fable appartient à ce que l’on appelle généralement les apologues, c’est-à-dire des récits à visée didactique. Sa diversité, sa gaîté, mais aussi sa dimension critique ont séduit de nombreux écrivains, et surtout celui qui en est devenu le spécialiste au XVIIe siècle, La Fontaine. Dans ses Fables, il critique le monde de l’époque, la cour, mais aussi les travers des hommes en général.

  • Vers 1650, la France a connu la Fronde, une révolte populaire des Parisiens mécontents des abus du pouvoir royal. Quelques années plus tard, devant les exigences financières croissantes du nouveau ministre Colbert, certains personnages du royaume s'inquiétaient d'une nouvelle révolte. C'est vers cette époque que La Fontaine a écrit cette fable, qui semble soutenir le roi.

  • La Fontaine s’inspire de différentes sources. Tout d’abord, l’apologue des membres et de l’estomac provient d’Esope Le ventre et les pieds et chez Tite Live. Cette fable raconte la révolte des différents membres d’un corps contre l’estomac qui leur semble ne servir à rien. Il donne aussi un ancrage historique à cet apologue en racontant un épisode inspiré de l’histoire romaine qui raconte une révolte du peuple contre le séant.

  • Problématique : Qu’est-ce qui fait l’originalité de cet apologue ?




  1. Un double apologue




    1. La structure complexe de la fable et sa dimension intertextuelle

Une fable en cinq temps :

v.1 à 4 : intro + intervention du fabuliste

v.5 à 20 : le récit

v.21 à 23 : la morale que les membres du corps pourraient tirer de leur rébellion

v.24 à 32 : analogie entre le corps et le Royaume de France

v.33 à 44 : un exemple historique, celui de Ménénius donne l’origine du récit et en prouve l’efficacité

= Trois niveaux de lecture : le corps humain (l’allégorie), le royaume de France (l’interprétation), la cité de Rome (l’exemple historique)

= On peut constater que La Fontaine construit sa fable à partir des fables d’Esope et de Tite-Live, qu’il compile dans la sienne. Celle d’Esope l’inspire des vers 1 à 32 et celle de Tite-Live des vers 33 à 44.

    1. Efficacité de la fable :

  • Les deux récits suivent le schéma narratif et présentent en quelque sorte les mêmes étapes :







1er apologue

2ème apologue

situation initiale 

L’estomac qui se nourrit du travail des autres membres du corps

Le peuple est mécontent du sénat

élément perturbateur 

Rébellion des différents membres

Le peuple s’en va

péripétie 

Arrêt du fonctionnement de l’organisme




Elément de résolution 

Les membres comprennent que l’estomac est nécessaire

Ménénius montre au peuple son importance

Situation finale 

sous-entendue : les membres recommencent à travailler

Le peuple retourne à son devoir




  • Mélange des discours : discours direct dans la première fable et indirect dans la deuxième histoire = variété qui ne lasse pas le lecteur.

  • Jeu avec le temps des verbes : le temps de l’écriture est évoqué à l’imparfait, de même que les deux récits. Mais à l’intérieur, de chaque fable, La Fontaine use du présent de narration pour dynamiser son texte. Il use aussi du présent de vérité générale pour élargir son discours à une morale.

  • Hétérométrie : accentue sa vivacité et crée des effets de rupture. Par exemple, dans les vers « Par ce moyen, les mutins virent/Que celui qu'ils croyaient oisif et paresseux (…) », on passe d’un octosyllabe à un alexandrin, avec un enjambement, ce qui met en valeur la surprise que représente pour les membres du corps l’importance de l’estomac.




    1. Originalité de la fable :

  • Pas d’animaux mais des éléments du corps humain : estomac pour le roi/ bras jambe, mains pour les différents éléments du peuple. Image d’une interdépendance plus marquée qu’avec les animaux.

  • Humour du fabuliste : « chômons c’est un métier… » avec l’antithèse entre ces deux mots qui crée le paradoxe et la surprise.

  • L’utilisation d’une chronologie inversée : d’abord l’époque de La Fontaine, puis la référence à l’histoire romaine. (rappeler que La Fontaine est partisan des Anciens : pour lui, il faut s’inspirer des exemples antiques).

  • Ce récit à trois niveaux a une force persuasive conséquente. Il entremêle une fable à un exemple historique pour valider un éloge apparent du pouvoir royal.




  1. Une fable politique ambiguë




    1. Une fable en faveur du roi

  • Éloge apparent du rôle de la royauté : v. 28-32 : accumulation de verbes d’action qui renvoie au rôle prédominant de la royauté dans la vie individuelle de chacun. Il évoque aussi la diversité des actions royales qui rejaillissent sur tout le monde.

  • Jeu entre le « tout » et le « un » = au départ, le fait que tous travail pour un seul est montré comme une injustice : «  Nous suons … Pour lui seul ». Même idée dans la deuxième histoire : « il avait tout l’Empire ». Mais à la fin de cette partie de la fable, le rapport se renverse et devient équitable : « tout travaille pour elle, et réciproquement ». ON peut remarquer des mots qui évoquent la partialité de cette vision des choses initiale : les termes croyait » et « erreur » marquent le renversement entre les deux conceptions de la royauté.

  • La Fontaine, par ailleurs, en insérant l’histoire de Tite-Live dans le corps de sa fable semble montrer aux gens de son époque qu’il faut qu’ils prennent modèle sur les romains, qui se sont assagis et ont calmé leur rébellion contre le roi (l’importance des Anciens à cette époque est grande, et La Fontaine a pris leur parti dans la querelle des Anciens et des Modernes)

  • Description hyperbolique de la monarchie : « distribue en cent lieux ses grâces souveraines / Entretient seule tout l’Etat » : les termes sont tellement excessifs qu’on peut se demander si ce n’est pas ironique…




    1. Un éloge ambigu

  • Depuis 1657, La Fontaine avait Fouquet (surintendant des finances du Royaume) comme mécène. Or en 1661, Fouquet tombe en disgrâce et il est arrêté pour détournement de fonds publics. La Fontaine lui reste fidèle et prend sa défense malgré l’acharnement de Colbert. Une telle attitude ne pourrait donc s’allier à un texte dans lequel La Fontaine ferait l’apologie du roi. Il faut donc chercher ce qui dans la fable constitue un second degré.

  • Les v.1 et 2. Représentent un acte de révérence au roi et en même temps sont l’aveu d’un manque de respect puisqu’il aurait dû commencer par la fable qui soit à la gloire du roi (il commence en fait le livre III par « Le meunier, son fils et l’âne »).

  • Il décrit très précisément la condition qui est faite à tous ceux qui servent le roi : « nous suons, nous peinons » et la comparaison « comme bêtes de somme » évoque une forme d’esclavage. Au contraire, le pouvoir royal est décrit à maintes reprises comme « oisif », « paresseux » (placés à la rime), « sans rien faire », et le Sénat romain est aussi critiqué pour centraliser « les tributs, les impôts, les fatigues de guerre ». = le pouvoir semble être un consommateur excessif d’une richesse qu’il ne produit pas, et oppresse trop son peuple. Le fait de défendre en fin de compte la royauté n’efface pas les maints griefs qui sont prononcés contre elle.

  • Enfin, si nous sommes attentifs au texte, nous relevons v. 1 « la royauté » et v. 24 « grandeur Royale », ce qui n’est pas la même chose que « le roi ». Tout se passe comme si La Fontaine désignait la fonction telle qu’elle devrait être comprise, et non celui qui l’incarne actuellement, critiquant ainsi indirectement le roi.




    1. La force de l’apologue

  • Finalement, ce qui ressort de cette fable aux ressorts multiples, c’est que l’apologue, par sa dimension métaphorique permet d’expliquer le rôle du roi : « Messer Gasser en est l’image », et de le rendre accessible.

  • Et plus encore, par la seconde fable, on peut voir en action le pouvoir des fables : v. 41 -44. Le pouvoir de l’orateur est celui-ci : « leur fit voir » : l’apologue d’Esope a permis de résoudre une situation historique particulière.

  • Quoique son éloge soit ambigu, on peut comprendre ici que La Fontaine rappelle sa fonction de médiateur entre le souverain et son peuple et montre sa capacité à faciliter les relations au sein du corps social. Indirectement, on peut comprendre qu’il invite le roi à le protéger à ce moment où son protecteur est en disgrâce.


Conclusion : une fable à la construction recherchée qui critique de manière extrêmement subtile la royauté, et affirme la puissance de l’apologue et son pouvoir sur les hommes.
Séance 5 : synthèse sur l’apologue et entrainement à la dissertation

Supports : les textes étudiés jusqu’alors et le texte de Rousseau tiré d’Emile ou De l’éducation

Durée : 2h

Objectifs : travailler la méthode de la dissertation. Travailler sur les caractéristiques de l’apologue, à partir des textes étudiés dans le début de la séquence. Lire un essai et discerner la thèse défendue et les arguments qui l’étayent.
Activité 1 : Définition d’un apologue à partir des textes étudiés :

Les apologues sont des textes courts, en vers ou en prose qui appartiennent au discours narratif et dont on tire un enseignement moral. Y figurent des actions successives accomplies par des personnages, la présence d’un narrateur, une situation dans le temps et dans l’espace, l’évolution d’une situation finale, la présence d’un élément perturbateur… L’ensemble suit le schéma narratif des contes. Destiné à divertir par sa brièveté, il remplit en même temps une fonction morale. Celle-ci est facilitée par plusieurs éléments : un caractère imagé et illustratif, la présence d’une moralité et une dimension généralisable.
Activité 2 : Lecture analytique rapide du texte de Rousseau qui critique les fables.

Après la lecture du texte demander aux élèves de reformuler la thèse de Rousseau et de relever ses arguments.

Le texte expose la théorie de Rousseau sur le danger de l’œuvre d’art et la nécessité de l’apprécier sous le seul critère de la moralité. Au nom de la pédagogie, Rousseau proscrit les fables pour deux raisons :

  • Un enfant ne peut comprendre les fables, car elles s’apparentent au mensonge, en effet la satire ou la flatterie ne sont pas accessibles à son esprit, et la poésie lui échappe.

  • L’autre paradoxe est que l’enfant s’identifiera toujours aux méchants, et les leçons sont parfois négatives.


Activité 3 : entraînement à la dissertation :
Sujet : Pour convaincre est-il préférable d’illustrer son point de vue à travers une histoire ou de présenter directement ses arguments ? Vous répondrez à cette question en vous fondant sur les textes de Voltaire, Rabelais, La Fontaine, Tite-Live, Rousseau étudiés en classe, ainsi que sur vos lectures personnelles.


  • Les élèves notent leurs idées à l’écrit. Mise en commun. Etablissement d’un tableau qui rassemble les arguments en faveur des apologues et ceux en faveur de l’argumentation directe.

  • Recherche d’une problématique et d’un plan détaillé


Travail à faire : rédigez la partie de votre choix.
Séance 6 : Lecture analytique du texte 3 : Rousseau, Discours sur l’origine des fondements de l’inégalité parmi les hommes

Support : le texte de Rousseau

Durée : 2h

Objectifs : percevoir la dimension oratoire de certains textes argumentatifs, l’effet persuasif que cela peut avoir sur les lecteurs. Etudier la thèse de Rousseau qui voit la civilisation comme une dénaturation de l’homme.
Activité 1 : travail de la lecture du texte.

  • Demander aux élèves de préparer la lecture de ce texte individuellement : ils peuvent souligner les passages qu’ils doivent accentuer, les moments où le ton s’adoucit, les moments rapides ou plus lents, mettre en évidence aussi par la voix les effets de rupture.

  • Plusieurs élèves lisent le texte, et on analyse leurs choix. Objectif : faire percevoir la dimension oratoire du texte, due à la période initiale, définir sa protase et son apodose.


NB : période : phrase complexe que le style oratoire utilise pour exprimer une idée forte. La période est bâtie sur des propositions agencées selon un schéma musical ; leur harmonie ou leurs dissonances sous-tendent le sens, suspendu jusqu'à la fin de la période, et elles contribuent à exprimer l'emphase dont celle-ci est chargée (protase et apodose, qui doivent être de même longueur).
Activité 2 : demander aux élèves de reformuler la théorie de Rousseau.

Puis leur demander d’établir, par l’étude du lexique, l’opposition entre la vie sauvage et la vie civilisée.
Activité 3 : Recherche d’une problématique et d’un plan. Rédaction de l’introduction puis prise en note de l’analyse.
Éléments de correction :
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