Une Interwiew exclusive : une orthophoniste explique ! p





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Hors série : un journal de la dyslexie

Et si un recueil de témoignages, de ressentis permettait dans un collège de mieux comprendre les Troubles Spécifiques du Langage Ecrit et donc de déclencher le désir de les prendre en compte ?


1ère année – N°1 – 17 mai 2006 – gratuit – France – Europe – Monde – Galaxies



Témoignages

Claude, maintenant adulte, nous raconte sa souffrance d’enfant – à lire en page 2
C. maman d’un élève dyslexique, raconte son parcours et celui de son fils

Le collège : quatre années de galère ! Ames sensibles s'abstenir…p 3
S. auxiliaire de vie scolaire, donne son point de vue sur la question. Comment travailler en individualisant sa démarche dans un cadre collectif ? p 5



Des données scientifiques





Un glossaire utile pour comprendre le jargon scientifique – p 7



Des extraits de l’article « De l’origine biologique de la dyslexie » écrit par M. Franck Ramus, Pour ne plus ignorer que la dyslexie est un handicap. – p 8


une Interwiew exclusive : une orthophoniste explique ! p 11
Tout ce que vous voulez savoir sur les TSLE sans jamais avoir osé le demander !
Non ! il ne s’agit pas de maladies sexuellement transmissibles ! Ces sigles obscurs désignent les troubles spécifiques du langage écrit. A ce sujet, P. orthophoniste, a bien voulu répondre aux questions de notre envoyée très spéciale.



Les remédiations – les moyens pour agir – voir en page 12
Et aussi Le coin des pouëts – p 4

 Inspiré de Montesquieu, un article ironique de notre journaliste vedette – p 6




Un témoignange poignant : Claude nous raconte sa scolarité de dyslexique
Nota : par respect pour le courage et les efforts de Claude Reygnier (cet écrit lui a demandé plusieurs heures), nous avons choisi de publier ce témoignage sans correction.
Pour moi, tout cela a commencé au CP. Dès le début de l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, tous les acpects liés à la dyslexie tels la lenteur, l'incompréhension des mots et des phrases et la diffuculté à lire à haute voix sont apparus.

Lorsqu'un enseignant a mis le doigt sur mon problème, la solution envisagée fut la mise en place d'un suivi par un orthophoniste, un psychologue, la prise de cours de rattrapage les après-midi d'école pendant quelques années (2 ou3 ans).Pour le psy, les problèmes venaient de moi, et je devait faire un effort sur moi pour vaincre mes craintes, mon émotivité, etc... Pour lui, il était impossible de faire le distinguo entre ce qui pouvait être lié à la dyslexie, et ce qui venait de moi (mon « sale caractère »). Finalement, il lui semblait que si je n'y parvenait pas, c'est que j'y mettais de la mauvaise volonté. J'aie redoublée 3 classes, je me suis senti de plus en plus coupable de n'être pas comme les autres, mon émotivité n'a fait que grandir encore, et je me suis senti mise en infériorité par rapport aux copains et copines qui passaient devant moi.

L'accumulation de recevoir en fin de trimestre des bulletin disant «beaucoup de bonne volonté, mais n'arrive toujours pas à surmonter ses difficultés » ont fini par me démotiver. C'était manifestement à leurs yeux Mon problème, mais pas le leur et certains n'hésitaient pas à me donner des heures de colle présumant que je ne travaillais pas suffisement.

Pour exemple, je me souvient d'une poesie pour laquelle je me suis retrouvée devant toute la classe à ne pouvoir dire un seul mot (peur de l'enseignant), ce qui a énervé la prof (la poesie je la savait par coeur à la maison).

Tous les symptômes n'ont fait qu'augmenter au fil des année, alimentés également par le manque de confiance en moi qui devenait de plus en plus fort et me bloque encore dans de nombreux domaines.

Bien évidemment, tout cela n'était pas sans conséquences sur la vie de famille où les discutions devenaient vivent entre les parents de n'entendre que de mauvais jugement à mon sujet de la part des profs. Me parents n'entrevoyaient aucune solution, et ne savaient plus que faire de moi. Entendant régulièrement les discutions à mon sujet, cela ne faisait qu'accroître ma culpabilité.
Aujourd'hui, restent présent en moi à chaque instant:

  • Echec de n'avoir aucun diplôme.

  • Avoir manqué ma vie professionnelle.


Mais à force de volonté et d'acharnement j'aie finalement amorcé une vie professionnelle qui ne ressemble pas à ce que je souhaite. Et l'incompréhension dont j'aie été victime durant toute ma scolarité et au delà m'ont gachés, et me gache encore la vie.

Témoignage de Claude Reygnier

.

ETAT D'Ame D'UNE MERE CONFRONTèE à UNE GALERE …
Le passage d’un enfant dyslexique au collège signifie souvent, pour ses parents comme pour lui, quatre longues années de galère… C. nous propose un témoignage émouvant de ce qu’elle a vécu en tant que maman d’un enfant dyslexique.
« En 2000, il n’est pas facile d’être parent d’enfant dyslexique au collège de R. La dyslexie est très peu connue, certains enseignants m’avoueront même n’en avoir jamais entendu parler !

Le plus difficile à vivre, c’est le poids des mots, sur les copies, sur les bulletins ou oralement lors des rencontres parents-professeurs : « ne se concentre pas », « est à la traîne », « ne travaille pas assez », « n’a pas appris ses leçons », ou encore : « la dyslexie n’explique pas tout », « c’est psychologique », « c’est politique » !!!

Que de mots vécus comme une injustice !
Nous essayons d’expliquer que notre fils a un problème de dyslexie, dysorthographie, a des difficultés de compréhension du langage oral et (pour les initiés à la gestion mentale) est uniquement auditif.

Notons que nous avons obtenu ces diagnostics au compte-goutte, après s’être battu pour les avoir car des comportements nous échappaient encore et agaçaient les profs : pour eux, un dyslexique ne finit pas de copier avant tout le monde… sauf notre fils, qui ne regarde que rarement par le tableau car il écrit directement ce que dit l’enseignant ! Et oui, difficulté supplémentaire : tous les dys sont différents !

Alors, parfois, face à tous ces adultes qui ne comprennent pas toujours, vous baissez la tête, vous rentrez chez vous et vous pleurez en famille.
Comment oser insister ? Comment continuer à expliquer aux enseignants que notre enfant a passé de longs moments à essayer de comprendre chaque matière et n’a pas retenu grand-chose ? Qu’il s’est obligé, durant des semaines, à lire un livre et qu’il n’a même pas retenu le nom du héros ? Qu’il est incapable de restituer une gamme à partir d’une autre note que le do ? Que sa lenteur et sa concentration sont le fait de ce trouble ? Que son comportement, aussi déplaisant soit-il, n’est que le résultat d’une obligation de se protéger des mots qui font mal ?

Lui-même se qualifie de nul.

Comment pourrait-il en être autrement, quand un enseignant nous déclare un jour « Non, je ne vois pas ce que je pourrais vous dire de positif sur votre enfant. » ?
Mon fils n’est pourtant ni agressif, ni très agité, ni très opposant, pas complètement indiscipliné et sûrement pas violent. Et il a (nous l’avons suffisamment fait tester pour en être certains !) une intelligence normale !
Comment lui éviter d’entrer dans le cercle vicieux des troubles de l’apprentissage  troubles du comportement ?
Nous avons par ailleurs noté une différence de comportement chez notre fils, dépendant du respect qu’il éprouvait pour l’enseignant qui ne le "cassait" pas.
Je souhaiterais vraiment que le comportement, disons « inadapté », d’un enfant fasse systématiquement l’objet d’un questionnement : pourquoi est-il agressif ? Pourquoi plonge-il sous la table ? Pourquoi s’évade-t-il dans son monde ?

Il m’est insupportable de voir un enfant s’enfoncer dans l’échec et la souffrance. Il m’est encore moins tolérable que cela se passe dans notre école publique car, si celle-ci n’est pas faite pour ces enfants-là aussi, alors, que leur reste-t-il ?

J’aimerais que l’on considère ces enfants comme des êtres "extra-ordinaires", pour lesquels nous n’avons pas de mode d’emploi, pour qui nous devons réinventer une pédagogie positive qui les entraîne vers le haut. Alors, se sentant épaulés, ils trouveront leurs propres méthodes et avanceront.
Au-delà de la dyslexie et des troubles de l’apprentissage, c’est la différence, tout simplement, que j’aimerais que l’on accueille autrement à l’école.
Lorsque mon fils est entré au collège, j’ai demandé un rendez-vous à la principale. La première heure fut un calvaire : j’étais seule face à l’Administration, j’étais la mère d’un enfant difficile…
Puis la principale m’a entendue, a ouvert son cœur, a mis son intelligence et son modeste pouvoir au service de tous ces enfants. Un groupe d’enseignant s’est investi, a cherché à comprendre, à évoluer… Je les en remercie aujourd’hui chaleureusement.
Réfléchissons ensemble et travaillons pour laisser à tous une véritable chance de progresser et de s’épanouir au collège : tout enfant mérite notre attention.
P.S. : notre fils a été très fier d’obtenir son brevet au terme de sa troisième »

C. maman d’un garçon dyslexique





Voilà le hic !
Voilà le hic : je suis un enfant dyslexique !

Syllabes inversées, erreurs orthographiques

Les mots dans les cahiers jouent à me faire la nique

Le jour de la dictée souffle un vent de panique.
J’aimerais tant jouer avec la poétique

Pourvoir rêver ma vie sans l’ordre alphabétique

Ecrire des chansons à l’encre sympathique

Mais mon cerveau ne prend que des chemins obliques !
Je m’acharne pourtant, en un cri héroïque,

Sur le métier cent fois, j’applique les techniques,

Les lettres pour moi livrent une bataille épique

Mais ma plume égarée n’a que piètre réplique…
Elle est tarie pour moi la source de Musique

Et c’est en maladroit que je vous communique

Mon profond désarroi. Ecoutez ma supplique !

Voilà le hic : je suis un enfant dyslexique.





Comment travailler avec un AVS-Co ?


Il ne s’agit pas du dernier ordinateur portable à la mode mais d’un Auxiliaire de Vie Scolaire et Collective.

Ces personnes sont recrutées dans le but de favoriser l’intégration des élèves handicapés et/ou à TSLE. Elles constituent une aide appréciable (et très appréciée !) pour l’enseignant.

S., AVS-Co depuis 2 ans, répond à mes questions :
- Comment avez-vous obtenu ce poste ?
S. : - Je me suis porté candidat car j’étudie pour devenir professeur des écoles et il me semblait intéressant de mettre un pied dans la place. Cela dit, n’importe qui (ou presque !) peut devenir AVS car seul le bac est exigé.
- Quel est votre rôle précis au sein de la classe ?
S. : - J’aide l’enseignant, quelle que soit sa matière, en prenant en charge les élèves les plus en difficultés. Par exemple, je vais relire les consignes avec un enfant, m’assurer qu’il a compris ce qu’on attend de lui, l’aider à commencer un exercice… Je peux aussi prendre des notes à la place d’un élève trop lent, vérifier qu’il a ouvert son livre à la bonne page, recopier la leçon sans erreurs et lisiblement, qu’il a écrit le travail à faire dans son cahier de texte…
- Mais n’est-ce pas là le rôle de l’enseignement, celui-ci n’a-t-il pas le sentiment que vous empiétez sur son domaine ?
S. : - Pas vraiment car l’enseignant n’a pas le temps de passer derrière chaque élève. De plus, je dispose d’une marge de manœuvre dont l’enseignant ne peut pas bénéficier : par exemple, je peux isoler un élève en le faisant travailler dans une salle à part, ou sur ordinateur, ou encore faire des recherches au CDI avec lui.

De plus, comme nous ne sommes pas des spécialistes de chaque matière, quand je réexplique une notion aux élèves, j’emploie souvent des termes plus simples et j’essaie de varier les approches du problème. L’élève est davantage en confiance car il est dans une relation individuelle et peut me poser des questions sans crainte des jugements.
- Justement, comment les autres élèves vous regardent-ils ? Ne sont-ils pas jaloux de l’aide que vous apportez à certains ?
S. : - On peut, si besoin, donner un coup de main à d’autres ! Il m’arrive de circuler dans la classe, par exemple, en cours d’orthographe, pour aider d’autres enfants à corriger leurs exercices. Mais il faut faire attention à ne pas se disperser. A priori, on nous a embauché pour les élèves à besoins spécifiques. Là, c’est aux professeurs, en particulier au professeur principal, de mener un travail d’explications avec les élèves. Mais, jusqu’à présent, je dois dire que les élèves acceptent bien ma présence.
- Et avec les enseignants, comment cela se passe-t-il ?
S. : - Plutôt bien car les enseignants qui réclament ma présence sont volontaires. Ceux qui ne me souhaitent pas dans leur classe (peut-être parce qu’ils sont gênés, qu’ils craignent que je ne juge leur travail…) ne font pas appel à moi. Je m’adapte aux demandes et à la personnalité de chacun.

On essaie d’échanger au maximum pour être constructifs et efficaces, mais ce n’est pas toujours facile car il n’y a aucune plage horaire prévue pour une concertation dans nos emplois du temps respectifs. On s’arrange donc souvent en début ou en fin de cours, voire dans les couloirs, entre deux portes ! C’est dommage…
- Que souhaiteriez-vous pour les futurs AVS ?
S. : - Qu’on leur propose d’abord une formation ! Il est très frustrant et destabilisant de vouloir aider un élève dont on perçoit les grandes difficultés sans vraiment savoir comment s’y prendre ! C’est le système D. On a le sentiment de « bricoler » alors que les pannes peuvent être très graves. Toute la bonne volonté du monde ne suffit pas toujours. Heureusement, les enseignants sont là pour nous rassurer. Une enseignante m’avouait l’autre jour : "Quand tu n’es pas là, ça se passe beaucoup moins bien ! ". C’est toujours bon de se savoir indispensable !

J’aimerais quand même ajouter qu’il existe des "formations" ou plutôt des réunions devrais-je dire, proposées aux nouveaux AVS, avec des échanges de pratique. Mais pour ce qui me concerne, on nous y a évoqué surtout de la théorie, des chiffres…, bref que des renseignements qu’on peut trouver dans des livres ou sur n’importe quel site Internet spécialisé…

Des regroupements avec des spécialistes des troubles du langage, des orthophonistes, des personnes de terrain qui nous donneraient des « astuces » qu’elles appliquent pour aider ces élèves en difficultés. Voilà qui serait beaucoup plus intéressant.
J’ai également entendu dire que le nombre de postes d’AVS allait sûrement diminuer… Cette décision ne me paraît pas très judicieuse quand on demande aux enseignants de savoir gérer des classes de plus en plus hétérogènes avec de moins en moins de temps… A mon avis, le problème actuel de l’Education Nationale, c’est qu’on demande toujours plus, avec de moins en moins de moyens.

Quand on a des ambitions, encore faut-il s’en donner les moyens !!!

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