Résumé : Seznec j-c. Vaslav Nijinski : De la danse à la schizophrénie, parcours à travers l’histoire de l’art et de la psychiatrie





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Vaslav Nijinski : De la danse à la schizophrénie, parcours à travers l’histoire de l’art et de la psychiatrie.
Docteur Jean-Christophe SEZNEC.

Service de Psychiatrie

C.H.U. de Bicêtre

74 avenue du Général Leclerc

94700 Le Kremlin Bicêtre

tel : 01 45 21 22 78

Email : jcseznec@magic.fr

Résumé : Seznec J-C. Vaslav Nijinski : De la danse à la schizophrénie, parcours à travers l’histoire de l’art et de la psychiatrie.

Vaslav Nijinski, né fin 1889, d’origine polonaise, a été l’un des plus grands danseurs de son époque avec les Ballets Russes. Au début du siècle à Paris, par l’entremise de Diaghilev, ce grand ordonnateur de spectacle, cette célèbre compagnie de danse a cristallisé toutes les forces créatrices du moment. La carrière de danseur et de chorégraphe de Nijinski a duré à peine 10 ans (1908 à 1917). Il a créé des ballets aussi célèbre que Petrouchka, Le Spectre de la rose. Il fut aussi le chorégraphe de quatre ballets : L’après-midi d’un faune, Jeux, Le sacre du printemps et Tills l’espiègle.

L’histoire de Vaslav Nijinski est celle d’un patient souffrant d’une schizophrénie à début dysthymique et à évolution déficitaire. Cette maladie lui a fait traverser la première moitié du vingtième siècle en compagnie des plus grands médecins de l’époque (Bleuler, Adler, Binswanger, Sakel, etc.), connaître la psychanalyse, les cures insuliniques et la psychiatrie institutionnelle. Il est décédé le 8 avril 1950 d’une insuffisance rénale associée à une artériosclérose et une hypertension artérielle. Il est inhumé actuellement au cimetière Montmartre à coté de Vestris, l’autre dieu de la danse.
Summary : Seznec J-C.Vaslav Nijinski : From the dance to the schizophrenia, a course through the history of art and the psychiatry.

Vaslav Nijinski, been born at the end of 1889, from Polish origin, was one of the biggest dancers of his time with the Russian Ballets. At the beginning of century in Paris, by the intervention of Diaghilev, this big regulator of spectacle, this famous company of dance crystallized all the creative forces of moment. The career of dancer and choreographer of Nijinski lasted hardly 10 years (on 1908 in 1917). He created ballets as famous as Petrouchka, Le spectre de la rose. He was also the choreographer of four ballets : L’après-midi d’un faune, Jeux, Le sacre du printemps and Tills Eulenspiegel.

Vaslav Nijinski's history is that of a patient suffering from a schizophrenia in the beginning schizo-affective and negative symptom after. This disease crossed him first half of twentieth century together with the biggest doctors of time (Bleuler, Adler, Binswanger, Sakel, etc.), knew psychoanalysis, cures insuliniques and institutional psychiatry. He died on April 8, 1950 from an kidney deficiency associated to an arteriosclerosis and an arterial high blood pressure. He is interred at present in the cemetery Montmartre near Vestris, the other god of the dance.
Le célèbre danseur et chorégraphe, Vaslav Nijinski, a souffert d’une schizophrénie à début progressive. La maladie a complètement décompensé à l’arrêt de la danse. La gravité des troubles a nécessité de nombreuses hospitalisations qui ont occupé la majorité de la vie de ce fabuleux artiste.

La carrière artistique de Nijinski



Sur la route, avec ses parents danseurs itinérants, Nijinski apprend à danser et à être sur scène avant de savoir marcher. Il connaît son premier succès public à quatre ans lorsqu’il danse le hopak, pour les fêtes de pâques, habillé en petite fille. Avec sa peau brune, ses grands yeux marron, il est impossible de voir que c’est un garçon. Il ressemble alors à une petite Ukrainienne.

Sa destinée a débutée lorsque sa mère l’envoie, à 7 ans, faire ses études à l’école Impériale de ballet de Saint-Petersbourg. Grâce à ses talents athlétiques et d’interprétation, il gravit très rapidement les échelons de l’école.

Avant même la fin de ces études, il est reconnu comme un danseur de grand talent, extrêmement agile et plein d’énergie, possédant le sens de la musique et de la communication non verbale lui permettant de danser aisément avec des partenaires. Dès 18 ans, il danse un pas de deux avec la grande Anna Pavlova. Michel Fokine le repère et crée pour lui un ballet « Le Pavillon d’Armide ».
Il obtient son diplôme le 29 avril 1907. Cela a été un bouleversement dans la vie de Nijinski. Le public se déplace en foule et de très loin pour le voir danser. Les familles aisées veulent lui confier leurs enfants. Le Tsar lui offre même une montre en or pour lui témoigner de son estime.
Après un an de relation avec le prince Lvov, Nijinski devient en 1908 l’amant et le danseur étoile de Diaguilev pour la grande aventure artistique qu’ont été les Ballets Russes à Paris. A l’époque, les ballets russes cristallisent à Paris les plus grands artistes du moment (Stravinski, Benois, Cocteau, Pavlova, Baskt, Picasso, etc.). Le premier chorégraphe est Michel Fokine qui révolutionne la danse en demandant aux danseurs de dramatiser les rôles qu’ils incarnent, en leur insufflant de la vie.
Diaguilev est un homme de passion, dont l’unique ambition est d’exceller, de devenir célèbre, de faire connaître ses idéaux, de commander aux autres et de se lancer dans des entreprises toujours nouvelles, toujours plus excitantes, toujours plus appréciées. La poursuite acharnée de ces objectifs, le rend impitoyable et perfectionniste. Il a besoin de s’entourer d’une coterie de collaborateurs loyaux et dévoués, mais aussi imaginatifs et ingénieux afin de lui fournir de nouvelles idées et de l’aider à mettre en exécution ses projets. Il aime la bonne chair, le confort et les beaux vêtements, les femmes et les hommes séduisants. Souvent volage, il cherche à s’attacher un amant fidèle, capable de partager sa vitalité de tendre un miroir à sa propre aura. Serge Lifar a dit que «Diaguilev ne pouvait résister au charme ensorcelant des jeunes talents et au désir de faire vivre ce génie, de l’aimer et de le révéler au monde ».
Le 16 avril 1908, Nijinski demande aux théâtres impériaux un congé afin de participer à la première saison des Ballets Russes à Paris. Il est accompagné par sa sœur Bronislava, engagé aussi comme danseuse dans la troupe, et sa mère, comme chaperon son fils.

La première, le 18 mai 1909, est un triomphe exceptionnelle. Ce jour là, Nijinski joue le rôle de l’esclave dans «le Pavillon d’Armide ». Après un pas de trois avec sa sœur et Karsavina où il danse à merveille, il s’envole alors d’un bond dans les coulisses. Personne dans le public ne le voit atterrir. Aux yeux de tous, il est resté suspendu en l’air et s’est évaporé. Cela déclenche un tel tonnerre d’applaudissements que l’orchestre s’arrête de jouer. A cet instant, Nijinski, inconnu en Europe, devient une vedette et le lendemain dans la presse «le Dieu de la danse ». Il n’y a eu auparavant qu’un seul danseur à porter ce titre : Auguste Vestris, la grande étoile française du XVIIIième siècle.
Nijinski est un danseur d’exception. Gauche dans la vie de tous les jours, s’exprimant difficilement et au caractère explosif, il se métamorphose dès qu’il enfile son costume. Petit avec des jambes viriles et musculeuses et un buste frêle et féminin, il dégage une ambiguïté sexuelle qui se transforme sur scène en une animalité érotique qui rend le public «hystérique ». Ses sauts et ses envols prennent un caractère phallique qui électrisent le spectateur. Hors de scène, il semble apathique et renfermé et est traîné dans les salons mondains par Diaguilev, devenu la figure des cercles homosexuels parisiens. Il vit hors des contingences et des réalités du monde, ce qui a été notamment à l’origine de la fin de sa collaboration comme chorégraphe avec Diaguilev et de tous ses cuisants échecs dans ses tentatives de gérer une compagnie. Il est incapable de s’adapter à la matérialité de la vie et n’a aucune conscience de la complexité de la tache que constitue l’organisation d’une troupe.

Diaguilev et Nijinski ont formé un couple passionnel et névrotique, fait de conflit, mais ne pouvant pas se passer l’un de l’autre pour la création. Dans leur collaboration, Nijinski a apporté son génie de créateur et de danseur, Diaguilev son sens de l’organisation, son savoir-faire, son argent et sa capacité à susciter la création et à fédérer les génies du moment. Diaguilev a été le catalyseur de la création de Vaslav Nijinski. En prenant Nijinski sous son aile dans une relation dominatrice et hégémonique où les seuls repères sont ceux de la danse et de la prédominance de l’idée, Diaguilev lui évite les conflits interpersonnels et la confrontation au réel.
La qualité de ses sauts est exploitée tout au long de sa carrière. Dans le «Spectre de la rose», Nijinski sort de scène d’un célèbre bond à travers une fenêtre (ce qui n’est pas sans rappeler l’accident de son frère).
Le 24 janvier 1911, Vaslav est renvoyé des théâtres impériaux pour avoir scandaliser le public et la famille royale en dansant le rôle d’Albrecht, dans Giselle, vêtu seulement d’un collant et d’un cache sexe (il avait refuser de mettre la culotte habituelle), en plus de ses absences répétées pour participer aux Ballets Russes.
Le 29 mai 1912, Nijinski danse pour la première fois sa chorégraphie «L’après-midi d’un faune », d’après un poème de Malharmé et sur une musique de Claude Debussy. Il lui a fallut un an pour la mettre en place entre l’apparition de troubles psychiatriques étiquetés comme neurasthénie, son obsession naissante pour Tolstoï et sa difficulté à transmettre ses idées. De plus les danseurs de l’époque sont habitués à mettre en place de nouveaux ballets en quelques jours, en s’appuyant sur des pas et des enchaînements standards. Pour «L’après-midi d’un faune », les danseurs doivent apprendre de nouveaux pas que Nijinski veut très précis. La réalisation de ce ballet n’a été possible que grâce à la patience de sa sœur pour traduire et transmettre les idées chorégraphiques de son frère. Ce ballet constitue l’œuvre la plus révolutionnaire de l’époque en mettant en scène un être mi-homme, mi-animal, dansant en compagnie de nymphes, pour finir seul et atteindre une satisfaction auto-érotique jusqu’à la jouissance à l’aide d’un voile abandonné par l’une d’elle, en utilisant une technique de danse complètement nouvelle. Le scandale de cette œuvre a fait son succès.

En 15 mai 1913, il présente son second ballet «jeux », très inspiré de la gymnastique rythmique et sportive de Dalcroze, et qui met en scène trois personnages évoquant les jeux sexuels (notamment homosexuels afin de s’opposer et stigmatiser Diaguilev) à travers une partie de tennis.

Le 29 mai 1913, le «Sacre du Printemps », sur une musique de Stravinski a été joué pour la première fois. Cet œuvre constitue l’apothéose du génie créateur de Nijinski. A l’encontre de tous les codes de la danse classique, il met en scène l’arrivée du printemps en Russie à travers le sacrifice d’une vierge. Lors de la première cela a été une émeute. Au cours des répétitions, il a fait sa première crise d’agitation avec des idées de persécution, en manquant de commettre un homicide sur son beau-frère, lorsqu’il appris que sa sœur, pressentie pour le rôle de l’Elue, ne pourra pas tenir le rôle titre du fait de sa grossesse.

Diaguilev arrêta là sa collaboration avec Nijinski comme chorégraphe à cause du caractère tumultueux de Vaslav, de l’échec commercial de «Jeux » et du «Sacre » et du fait de la nécessité d’assainir ses finances.
Le 16 août 1913, les ballets russes partent en tournée en Amérique du sud. Diaguilev reste en Europe par peur de la longue traversée de trois semaines en bateau. C’est au cours de ce voyage que Romola Pulszki fait sa cour à Nijinski. Romola est une jeune femme froide et indépendante, issue de la haute bourgeoisie hongroise qui a intrigué pour atteindre l’environnement de Nijinski. Elle a eu un coup de foudre pour lui en l’ayant vu danser Arlequin à Vienne. Ce voyage de trois semaines, loin et libre de l’emprise de Diaguilev, a été l’occasion inouïe pour cette groupie d’arriver à ses fins. Cette histoire se termine par le mariage de Nijinski et de Romola peu après leur débarquement à Buenos Aires et la naissance de Kyra, leur première fille, neuf mois plus tard.
Ce mariage bouleverse les relations de Nijinski avec les Ballets Russes et Diaguilev. Celui-ci a été immédiatement licencié. Le début du drame commence. En effet, Nijinski est un inadapté social qui a toujours vécu dans le cocon de la danse et dépendant. Livré à lui-même, avec une femme non danseuse, il lui est impossible de se reconstruire, ce d’autant que les Ballets Russes constituent la seule véritable compagnie de danse de l’époque. Il tente de remonter une troupe avec le soutien de sa sœur à Londres mais cela a été rapidement un échec. Son handicap social associé à une hyperactivité l’entraîne irrémédiablement vers l’épuisement physique et psychique qui se symptômatise par une labilité émotionnelle et de nombreuses crises explosives. Avec la première guerre mondiale, il est obligé d’aller se reposer en Hongrie chez ses beaux-parents pendant presque deux ans.
Suite à l’empressement de ses amis de l’aristocratie et de la haute bourgeoisie ainsi que de ses fans auprès de Diaguilev et des différents gouvernements (dans ce contexte de guerre), Nijinski peut partir à nouveau avec les Ballets Russes pour une série de représentation au Metropolitan Opera de New-York. C’est là qu’il crée sa quatrième et dernière chorégraphie «Tills l’espiègle » sur une musique de Strauss. Une tournée s’organise à travers les Etats-Unis avec Nijinski comme directeur de la compagnie. Le même scénario se répète menant à la désorganisation de la compagnie et aux troubles du comportement de Nijinski. Les premières idées délirantes à thématique mystique et autour de Tolstoï débutent. La tournée se poursuit un temps en Espagne puis à nouveau en Amériques du sud pour s’achever le 26 décembre 1917. Au cours de cette tournée, Nijinski est de plus en plus replié sur lui, plongé dans des pensées noires en développant des idées de persécution et de complot. A la suite de celle-ci, il part s’installer en Suisse à Saint-Moritz, ce qui constitue le début de sa deuxième vie consacré non plus à la danse mais à sa maladie.
Par la suite, Nijinski n’a redansé qu’à une seule reprise, en janvier 1919, au cours d’une soirée au grand Hôtel de Saint-Moritz. Cela a été un spectacle où, en plein délire, il improvise une danse tentant de mettre en scène une humanité souffrante, remplie d’horreur. Il dit à sa femme avant le spectacle : « je suis Dieu, je suis le Christ, c’est aujourd’hui mon mariage avec Dieu ».

Antécédents familiaux 
Vaslav Nijinski est issu d’une famille de danseur d’origine polonaise constitué de ses parents, d’un frère aîné et d’une sœur cadette. Il a aussi une demi-sœur qu’il n’a jamais rencontrée à la suite du départ de son père. Deux filles, Kyra et Tamara, naîtront de son union avec Romola.
Son Frère aîné de deux ans, Stanislas, est aussi un enfant turbulent et impulsif qui a de nombreux accidents domestiques. Jusqu’au jour où, après avoir grimpé sur le rebord d’une fenêtre, il trébuche pour chuter, tête la première, du quatrième étage. A la suite de cet accident et plusieurs jours de coma, Stanislas a tout d’abord été calme et doux, peut-être retardé pour devenir, à la puberté, turbulent, agité et indiscipliné. Il faut alors le placer définitivement en hôpital psychiatrique où il meurt en 1918 pendant que son frère sombre dans la schizophrénie.
Sa sœur cadette, Bronislava, n’a pas présenté de troubles psychiatriques. Ce n’est pas une enfant qui a été désirée. D’ailleurs sa mère a tenté d’avorter. Pour des danseurs itinérants, il est difficile d’élever trois enfants. Elle a été la compagne de toujours de Nijinski, son véritable double. Danseuse, elle a suivi Vaslav dans les Ballets Russes. Elle a été à ses cotés pour rendre compréhensible aux autres danseurs de la compagnie les idées chorégraphiques de son frère et elle a essayé de l’aider à reconstruire une troupe de danse après son licenciement des Ballets Russes. Bronislava a été une grande chorégraphe qui a signé de fabuleux ballets comme «Noces » pour le compte des Ballets Russes sous le nom de Nijinska.
Le grand-père maternel de Nijinski a été ébéniste et un joueur pathologique provocant le désarroi de sa femme. Il a perdu les économies de la famille pour sombrer dans l’alcool et la dépression. Il est mort d’une probable crise cardiaque.

A la suite de ce décès, la grand-mère maternel de Vaslav décède rapidement au cours d’un deuil pathologique.
La mère de Vaslav, Eleanora Nicolaevna Bereda, grandit sans parents. Elle a été élevée par ses quatre frères et sœurs. Elle s’enfuit avec sa sœur pour s’inscrire à l’école de ballet de Varsovie. Elle a été ensuite recrutée par une troupe de danseurs à l’âge de 12 ans. Elle est de caractère craintif et souffre d’angoisses. Elle a tendance à réagir aux frustrations par des accès de rage ou bien des accès de dépression. Elle a failli se marier avec un officier russe à 19 ans mais celui-ci a exprimé des remarques méprisantes à l’égard des polonais ce qui a mis fin à cette relation. Ce n’est qu’à 27 ans qu’elle rencontre le père de Nijinski de cinq ans son cadet.
Le père de Nijinski, Thomas Lavrentievitch Nijinski, est issu d’une famille de révolutionnaire polonais. Son grand-père et son père ont tous deux pris une part active dans les soulèvements anti-russes. A huit ans, contre l’avis de sa famille, il a fait des études artistiques à l’école de théâtre de Wielki. Thomas Nijinski est un beau jeune homme, grand, d’allure virile et qui présente des qualités athlétiques et d’acteur exceptionnelles. Il fait des sauts d’une hauteur inhabituelle. A 22 ans, dès sa première rencontre avec Eleanora, dans l’un des théâtres où tous deux dansent, il la demande en mariage. Celle-ci accepte lorsque celui-ci, à force de demandes, brandit un pistolet en disant que cela sera la dernière fois qu’il lui demande. Il est décrit comme immature sur le plan affectif et avec une réputation d’homme impétueux, voire violent. A la suite de la naissance de ses trois enfants, alors que sa femme est dans l’obligation de rester à la maison garder ceux-ci, il rencontre en tournée en Finlande, une autre danseuse Rumiantseva avec qui il refait sa vie. De cette union nait une petite fille prénommée Marina. Nijinski a revu son père qu’une fois célèbre en 1907, au cours d’une rencontre conflictuelle où il refuse de rencontrer Rumiantseva. Thomas Nijinski décède en 1912 d’un abcès à la gorge.

Antécédents médicaux de Nijinski



Vaslav Nijinski a présenté plusieurs maladies et accidents en dehors de ses troubles psychiatriques :

- Pour commencer, il a failli se noyer à l’âge de six - sept ans avec son père sur le bord de la Neva.

- Il a aussi un grave accident à l’école Impérial de danse. Ses camarades par jalousie de ses talents de danseurs, lui ont proposé de sauter au-dessus d’un pupitre en bois. Au moment du saut, l’un d’eux a savonné le sol tandis qu’un autre surélève le pupitre. Vaslav heurte le pupitre de plein fouet, ce qui provoque une contusion hépatique associée à une hémorragie interne. Il reste dans le coma pendant 5 jours. Cet accident l’empêche de danser pendant 6 mois.

- En 1907, alors qu’il est pris en main par le Prince Lvov, un des amis danseurs de Vaslav l’incite à perdre son pucelage auprès d’une prostitué. A la suite de cette expérience, il contracte une blennorragie douloureuse qui dura 5 mois.

- En 1909, au cours de la première saison des ballets russes, Nijinski contacte une fièvre typhoïde. A cours de cet épisode. Diaguilev, son amant et Pygmalion, lui propose d’habiter définitivement avec lui. Un contrat tacite est signé entre eux deux. Diaguilev subvient aux besoins de Nijinski et celui-ci ne reçoit plus de salaire. A partir de cet instant Nijinski devient complètement dépendant de Diaguilev.

- Nijinski a ses premiers problèmes cardiaques en 1937 qui vont être à l’origine de sa mort le 8 avril 1950.


Histoire de la maladie



Voilà 50 ans que Vaslav Nijinski, le dieu de la danse, est mort. Vaslav Nijinski, c’est à la fois la grande épopée créatrice des ballets russes et un voyage dans l’histoire de la psychiatrie à travers sa maladie, la schizophrénie, à une époque où les concepts cliniques naissent (Bleuler décrit pour la première fois la schizophrénie en 1911) et où les traitements sont encore balbutiant.

Dès son enfance, Vaslav Nijinski présente des traits de personnalité prémorbides. Certains sont aussi présents chez ses parents. Les conditions de vie de sa petite enfance les ont probablement façonnés. En effet, Vaslav est un enfant vif, turbulent, tumultueux, impulsif et peu à l’aise dans la communication orale et écrite mais génial dans son expressivité théâtrale et artistique. Lorsqu’il enfile son costume et qu’il est sur scène, c’est là que Nijinski semble s’éveiller, sortir de sa gaucherie et de son air d’attardé pour devenir le génial artiste que l’on sait et, ainsi, pouvoir exister et s’exprimer.

Comme beaucoup de danseur de l’époque, il a pu vivre grâce à la dépendance d’institution et de mécènes. Il a été dépendant de l’école impériale de ballet, du prince Lvov et de Diaguilev.

En internat, à l’école impériale de ballet, il a peu de contact. L’école est gérée comme une école militaire. Il est strictement interdit de parler en cours. L’isolement social de Vaslav est accentué par son physique inhabituel qui rappelle celui des tartares : un haut très féminin, des pommettes hautes, des yeux légèrement bridés, des longs cils duveteux et des cuisses très puissantes et musculeuses. Il fait souvent l’objet de railleries. Ses camarades le surnomment le «petit japonais ». Il grimpe très rapidement les échelons. Jaloux de son succès auprès des professeurs, ses camarades lui disent qu’il faut être une fille pour danser aussi bien. Prompt à la colère, il se bat fréquemment. Sa mère s’inquiète pour lui mais Vaslav refuse qu’elle l’accompagne au cours de danse pour ne pas alimenter les quolibets. Tout cela tourne mal puisque le 13 mars 1901, au cours de sa troisième année d’école, une bande de garçon lui joue un terrible tour. Ses camarades l’ont défié de sauter par-dessus un lourd pupitre de bois et il se blesse gravement.

A 18 ans, sa nomination comme artiste impérial, sa brutale célébrité et son entrée dans le monde est un bouleversement pour ce jeune homme malhabile. De plus son père veut profiter de cette nouvelle célébrité. Il invite Nijinski à Gorki. Leur rencontre se termine rapidement par une violente dispute face au refus de Vaslav de rencontrer la nouvelle femme de son père. Nijinski rentre au bout de vingt-quatre heures pour présenter des signes de dépression (repli et sentiment de mort et d’abandon). Ces symptômes ont été les premiers troubles psychiatriques patents.

Cette liberté, hors de l’école comme artiste impérial le terrifie, lui qui a vécu si longtemps dans une institution, habillée d’un uniforme, nourri, logé, blanchi, avec que la danse comme unique préoccupation. Dorénavant, il est riche et libre, il lui faut apprendre à vivre et à s’habiller pour traîner les salons de l’aristocratie où on le demande. Il se sent isoler dans ce monde et en manque d’affection, ce qu’il compense par le travail physique et une exigence extrême. Le Prince Pavlel Lvov, en Pygmalion, profite de la circonstance pour faire de Nijinski, déprimé, son objet amoureux. Tout le monde trouve bénéfice à la situation : le prince qui joue au mentor, Nijinski qui trouve dans le prince un homme pour l’aider, le soutenir et lui apprendre à vivre, et sa mère qui trouve dans le prince un gage de sécurité financière. Nijinski devint moins timide et prend confiance en lui. La relation avec le prince Lvov dure un an, jusqu’à ce que celui-ci «cède » Nijinski à Diaguilev. Différents éléments de vie précédemment évoqués, on fait que Nijinski devient complètement dépendant de Diaguilev que cela soit d’un point de vue matériel, affectif qu’artistique.

Nijinski est incapable de vivre seul. Il ne peut assumer ses rôles sociaux et incarner le fantasme collectif de son entourage (Romola, le public, etc.). A chaque fois qu’il a des responsabilités, livré à lui-même, confronté au réel, il s’épuise dans son travail en tentant vainement de transmettre ses idées sur la danse pour aboutir à des crises explosives, associées à une agressivité, à des troubles somatotoformes et finir en l’échec du projet. Cela été notamment le cas lorsqu’il a essayé de monter une compagnie à Londres après son licenciement et aussi pendant les tournées aux Amériques.

Au fil du temps Nijinski devient de plus en plus replié, pouvant exploser à tout instant et préoccupé par des idées probablement délirantes (notamment autour de Tolstoï et d’un retour à une vie simple de paysan en Russie lors de sa tournée aux USA).
La véritable cassure a été sa rencontre avec sa femme Romola qui voulait épouser le dieu de la danse. Le mariage a été un contrat de dupe pour tout le monde : Nijinski, Romola et Diaguilev. En effet, ce mariage a complètement bouleversé l’équilibre de vie précaire de Nijinski autour de sa totale dépendance à Diaguilev. Il lui faut alors matérialiser sa relation au ballet russe. Nijinski et sa femme ont commencé par revendiquer un contrat, de l’argent et cela se termine rapidement par le licenciement de Nijinski. Or en perdant Diaguilev, Nijinski perd tout ce qui a constitué son essence, notamment la danse. Diaguilev l’a protégé de la déstabilisation que peut produire le monde extérieur pour un être fragile. A leur rupture, Nijinski doit assumer une identité sociale complexe, il lui est désormais impossible de continuer à créer.

Romola est incapable reprendre le flambeau pour partager avec Nijinski cette passion. Personne d’autre ne peut le faire. En occident, il n’existe pas de compagnie équivalente aux ballets russes. Nijinski ne peut pas retourner en Russie. En effet, du fait du conflit qui l’a mené à son licenciement des ballets impériaux, il n’a pas la possibilité d’être exempté de ses devoirs militaires. Or il ne peut pas se permettre, en cette période de première guerre mondiale, de prendre le risque d’être mobiliser pendant plusieurs années sans pouvoir danser.

On peut se demander si pendant cette première séparation, Nijinski n’a pas présenté des troubles hypomaniaques. Hyperactif, il se lance dans un travail effréné de création d’une notation écrite des pas dansés qui n’a jamais véritablement abouti.
Dans cette histoire, Diaguilev a perdu son danseur étoile qui a fait l’essence des Ballets Russes. La compagnie n’a jamais été tout à fait la même après le départ du danseur.
Quant à Romola, issue d’une famille d’aristocrate hongrois, qui a pensé exister en épousant le Dieu de la danse. Elle a réussi, à force d’intrigues, à sortir Nijinski des griffes de Diaguilev. Mais, le Nijinski qu’elle obtient, est vide de la danse, vide de son essence. Finalement elle n’a jamais été véritablement mariée au Dieu de la danse. A la suite de la maladie de Nijinski, elle a entretenu des relations homosexuelles tumultueuses et passionnelles avec Lya de Putti en 1932 puis s’est attachée passionnément à Frederica Dezentje et elle a fini sa vie avec Paul Bohus tout en n'abandonnant jamais son mari.

La tentative de rapprochement de Nijinski avec Diaguilev, pour la tournée USA, a abouti à l’échec. Leur relation ne pouvait être basée que sur des liens passionnels qui ont été exclus par la présence de Romola.

Cette tentative de rapprochement amène Nijinski à l’épuisement. Celui-ci part alors en Suisse, à Saint-Morritz, avec sa femme. Ce départ sera définitif. Sans la danse, Nijinski sombre dans la maladie et il ne pourra jamais redanser.
Au cours de ce séjour, il commence à dessiner. En six semaines, il écrit ses fameux cahiers construits comme des suites d’associations où apparaissent les idées délirantes et la dissociation.

« Je suis Dieu, je suis un paysan, un ouvrier d’usine, un domestique, un gentleman, un aristocrate, un dieu, un tsar, un empereur, la Vie et l’Eternité, je suis Tout ».

Il présente une cyclicité de l’humeur avec des périodes de repli dépressif et des périodes d’exaltation maniaque, une écholalie, une fuite des idées. Il évoque des idées mégalomaniaques : invention du stylo à bille, désir de conseiller les grands de ce monde (notamment le Premier ministre anglais Lloyd George), se prend pour Dieu et le Christ. Il a une hyperactivité écrite et fait des achats massifs. Il présente des idées délirantes à thématiques mystiques, sexuelles (manger de la viande = incitation à la masturbation) et hypochondriaques (autour de ses intestins) mais aussi autour de Tolstoï. Trois personnages cohabite désormais en Nijinski : le danseur, le fou au comportement violent et vindicatif et le patient passif et obéissant.
A Saint-Morritz, il est soigné par le Dr Greiber, un élève de Bleuler, qui est fasciné par la personnalité de Nijinski et de son épouse. Celui-ci va tenter une approche psychanalytique avec son patient après avoir entendu Carl Jung dire que l’on peut améliorer les psychotiques en leur faisant prendre conscience de leurs conflits inconscients.

A ce moment là, le parcours de Nijinski va suivre l’histoire de la psychiatrie. En effet, la Suisse est le premier Pays où la psychanalyse est reconnue. Nijinski est hospitalisé à plusieurs reprises au sanatorium du Dr Ludwig Binswanger (un ami intime de Freud), à Bellevue, près du lac Constance. Si tous deux partagent le même goût pour la psychanalyse, Binswanger n’a pas l’approche scientifico-rationnelle de Freud mais plutôt une pratique plus philosophique de la psychanalyse, fortement influencée par la phénoménologie d’Edmund Husserl et l’existentialisme de Martin Heidegger.

A travers ses écrits, Ludwig Binswanger donne naissance à la daseinanalyse, c’est à dire l’analyse existentielle de «l’être dans le monde ». Il pense que tous les patients doivent être analysés. C’est ce qu’il met en place avec son cousin Kurt Binswanger à la clinique de Bellevue.

Le Dr H. Reese a été le premier psychiatre à s’occuper ainsi de Nijinski à la clinique. Ceci dit, en cas de crise d’agitation, Nijinski reçoit un traitement médicamenteux à base de bromure (1 gramme trois fois par jour), associé le soir à un hypnotique à base d’opium. Il reçoit aussi de la scopolamine (alcaloïde de la belladone proche de l’atropine) associée à de la morphine. Cette dernière permet de sédater le patient et d’éviter les hallucinations dues à la scopolamine. Pour l’époque l’association scopolamine-morphine est un traitement préconisé pour les manies, le delirium tremens et les états d’hyperactivités. L’association a été inventée en 1922, par un médecin suisse, le docteur Klaesi.

A la clinique Bellevue, Nijinski bénéficie de la présence continue d’un infirmier psychiatrique. On lui propose des traitements par alternance de compresses chaudes et de compresses froides mais aussi de bains. Tous ces traitements n’ont que peu d’effets sur la longue évolution déficitaire de Vaslav Nijinski et la perte de sa danse, même si celui-ci continue à avoir de nombreux projets artistiques, parfois ambitieux, sans jamais les mener à bout.

Romola n’a pas pu supporter que Nijinski, libérer de l’emprise de Diaguilev, lui échappe dans la folie. Aussi, elle parcourt l’Europe et essaie de consulter tous les grands médecins de l’époque. Elle rencontre ainsi Freud, Forenczi, Emile Coué. Quant à Nijinski, il a été examiné par les plus grands médecins de l’époque :

Nijinski est hospitalisé en 1920 dans l’hôpital du Dr Wagner-Jouregy (prix Nobel de physiologie et de médecine en 1927 pour le traitement de la parésie de la syphilis tertiaire par l’inoculation de la malaria).

Il est examiné en mars 1919 par Bleuler, directeur de l’asile du Burghölzi à Zurich. Il diagnostique «une confusion mentale de nature schizophrénique, accompagnée d’une légère excitation maniaque ». De plus, il conseille à sa femme de divorcer.

Heuyer a diagnostiqué une «forme démentielle simple d’une démence précoce, présentant une phase catatonique, précédée d’une phase délirante ». Il propose à Nijinski, au cours d’une hospitalisation dans une clinique parisienne, en 1926, un traitement par création d’un abcès stérile à l’aide d’essence de térébenthine.

Adler propose aussi à Nijinski de le prendre en charge à Vienne en 1934, ce qu’il refuse. Il fit une préface pour un livre sur Nijinski. Romola a tenté d’en obtenir une de Carl Gustav Jung en 1956, sans succès.
Nijinski est soigné par Sakel à partir de 1937. Ce médecin né en Pologne et qui a grandi en Tchécoslovaquie, invente les chocs insuliniques en 1922. Il étudie la médecine à Vienne et il est à l’origine de la psychiatrie biologique. La cure insulinique s’appuie sur la théorie des chocs comme traitement des troubles psychiatriques. Il a essayé ce traitement dans l’alcoolisme, le delirium tremens, l’anorexie nerveuse et la schizophrénie. Il fait l’hypothèse de la localisation de cette maladie dans les centres végétatifs et celle d’un dysfonctionnement des connexions cérébrales. Le choc insulinique, en provoquant le coma, doit entraîner une destruction du tissu cérébral. La cure dure environ deux à trois mois à raison d’un choc par jour, six jour sur sept. On accrédite un franc succès à ce traitement. Muller parle à l’époque de 90% de succès.

Sakel commence son traitement sur Nijinski le 18 juillet 1938 à la clinique de Bellevue en Suisse. Il reçoit 228 chocs.
Nijinski est ainsi soigné par différents médecins et dans différents lieux (même si la clinique Bellevue a constitué le principal lieu de soin) en fonction des apparitions et des disparitions de Romola dans la vie de Nijinski, au gré de ses ardeurs, parfois contre l’avis de ses médecins, avec toujours l’espoir de pouvoir le refaire créer et de retrouver le Dieu de la danse. Ils parcourent ensemble toute l’Europe au gré des traitements, des rêves de Romola et de la recherche d’argent en faisant fructifier le patrimoine artistique de Nijinski et sa renommée.
En 1937, Vaslav Nijinski présente ses premiers problèmes cardiaques majeurs : des crises hypertensives traitées par Coramine et théophilline.
Nijinski passe la deuxième guerre mondiale en Hongrie où il échappe à l’extermination de tous les malades mentaux grâce aux ruses de sa femme et de ses amis. Libéré par les Russes en 45, il repart en suisse puis à Londres où il finit sa vie. Il souffre d’une insuffisance rénale, d’une artériosclérose et d’une hypertension artérielle. Il tombe une première fois dans le coma le 3 avril 1950. Il se réveille en esquissant quelques gestes du Spectre de la rose et sombre à nouveau dans le coma le 6 avril 1950 pour décéder le 8 avril. Le constat de décès mentionne une «urémie avec néphrite chronique ». Il est enterré au cimetière de St Marylebone. Serge Lifar ramène sa dépouille à Paris en 1953 pour l’inhumer à coté de l’autre dieu de la danse : Auguste Vetris, à Montmartre.

Conclusion


Lifar dit à propos de Nijinski : « Cet homme ne mourra jamais car il n’a jamais vécu ». En effet, l’enfance du danseur a été semée d’embûches. Nijinski a toujours été dépendant que cela soit de l’Ecole Impérial du ballet, du Prince Lvov, de Serge Diaguilev ou de la maladie. Malgré qu’il ait conquis les hommes comme les femmes, malgré sa célébrité dans le monde entier, Nijinski n’a véritablement existé que sur la scène, en dansant. Une fois en coulisse, il redevient un enfant désemparé et inquiet, dépendant de ses accès de colères et de son tempérament irascible et explosif, avec, comme seul intérêt capable de donner sens à sa vie, l’art du ballet.

La technique de la danse classique a permis à Nijinski de structurer une identité fragile qui s’est dissout dans la psychose une fois répudier par Diaguilev, son mentor. Les rôles que Nijinski incarne, tiennent lieu d’identité et permettent au danseur d’exister en le rassemblant. Il cesse alors d’être apathique, nerveux, maladroit, capricieux pour être attractif et poétique. L’ambivalence de son corps (un bas masculin et un haut féminin) reflète l’ambivalence de sa sexualité et sa capacité à cristalliser les fantasmes de sa femme et de son public.

Diaguilev fut le catalyseur de la création de Nijinski. Cette création artistique symbolise les rapports de Nijinski à la vie fantasmatique autour d’un archaïsme émotionnel originel et d’un univers pulsionnel auto-érotique.

Etre fragile mais extraordinaire danseur, on peut dire que Vaslav Nijinski est devenu éternel dans cet instant de suspension que l’on appelle le ballon, à l’apogée d’un saut, pour devenir plus qu’une étoile, un dieu de la danse.

Bibliographie





  1. Adler Alfred : the preface to the Diary of Vaslav Nijinski », Archives of General Psychiatry, vol. 38 (1981), 834-35.




  1. Bleuler Eugen : Rapport de psychiatrie, la schizophrénie, Paris, Masson, 1926.




  1. Karsavina tamara : Ballets russes ; les souvenirs de Tamara Kasavina, Paris, Fayard, 1973.




  1. Lifar Serge : Serge Diaguilev : sa vie, son œuvre, sa légende, Monaco, éd. Du rocher, 1954.




  1. Ostwald Peter: Vaslav Nijinski, un saut dans la folie, éd. Passage du marais, 1993.




  1. Nijinska Bronislava : Mémoires : 1891-1914, Paris, Ramsay, 1983.




  1. Nijinski Romola : Paris, éd. Denoël, 1934.




  1. Nijinski Romola : Nijinski, New York, Simon et Scuster, 1934.




  1. Nijinski Vaslav: Les cahiers, éd. Acte sud.




  1. Nuss Philippe. in : Ciro Bruni,« Danse et Pensée, une autre scène pour la danse », éd. GERMS, 1993, 127-34.




  1. Reiss Françoise : Nijinski ou la grâce : sa vie, son esthétisme et sa psychologie, Plan-de-la-Tour, éd. D’Aujourd’hui, 1980.




  1. Sakel Manfred : The pharmacological Shock treatmant of Schizophrenia, traduit par Joseph Wortis, Nervous and Mental Disease Publishing Compagny, 1938.




  1. Wortis Joseph : In memoriam- Manfred sakel, M.D., 1900-1957,  American Journal of Psychiatry, vol. 115 (1958), 288.




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