«Qu’est-ce qui permet de devenir vraiment un homme?»





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L

a séquence que je propose porte sur Terre des hommes d’Antoine de Saint-Exupéry (1900-1944) http://www.antoinedesaintexupery.com/. Elle est conçue pour une durée de 15 heures soit 5 semaines.

Cette œuvre est un essai dans lequel Saint-Exupéry relate ses expériences de pilote (aspect mémoriel) et porte un regard sur les hommes et leur façon de vivre, d’occuper le monde mais aussi de tisser des liens entre eux (aspect philosophique). Il s’agit d’une réflexion philosophique basée sur des expériences concrètes, repérables dans la biographie de l’auteur. L’œuvre peut-être assimilée à un apologue. L’expérience de pilote de Saint-Exupéry est moderne et nouvelle à l’époque. Peu d’hommes peuvent alors se vanter de vivre ce qu’il a connu. La réflexion sur la condition de l’homme , la morale humaniste qui se dégage de l’œuvre sont intimement liés à son expérience de vie et à sa profession. Il m’a donc semblé que cette œuvre s’inscrit particulièrement bien dans l’objet d’étude « Au XXème siècle, l’homme et son rapport au monde à travers la littérature et les autres arts ». Elle apporte des réponses à deux questions qui accompagnent l’objet d’étude : « Comment la lecture d’œuvre permet-elle de s’interroger sur le rapport de l’homme au monde ? » et « Comment le XXème siècle a-t-il modelé l’homme moderne ? ». En ce qui concerne la modalité de lecture de l’œuvre, j’ai opté pour un parcours de lecture et j’ai donc sélectionné une série d’extraits en fonction de la problématique : « Qu’est-ce qui permet de devenir vraiment un homme? »
Je consacre 3 heures à la première séance. Il me paraît important de replacer l’œuvre de Saint-Exupéry dans son contexte. Si j’évoque l’aviation avec mes élèves sans en passer par cette phase, ils vont avoir des représentations erronées car ils vont imaginer l’aviation d’aujourd’hui. Il est impératif qu’ils visualisent clairement ce qu’est l’aviation au début du XXème siècle. En quoi cette avancée technique va engendrer un nouveau rapport au temps et à l’espace ainsi qu’un nouveau regard sur le monde ? En quoi l’aviation du début du XXème siècle est une aventure dangereuse, épique pour les premiers pilotes ? Cela est d’autant plus important à mes yeux que l’objectif principal de cette séance est de répondre à la question 1 du programme qui peut-être reformulée ainsi : «En quoi le cheminement d’un être humain s’inscrit-il dans l’époque dans laquelle il vit ? ». 
Etape 1→ (1 heure) J’utilise comme support un documentaire intitulé « la saga Air France : 80 ans de l’Aéropostale » qu’on peut visionner sur le site http://www.airfrance-80ansaeropostale.com/ .

C

e documentaire est structuré en trois épisodes eux-mêmes découpés en chapitres. Il est ainsi aisé d’aller y chercher un petit extrait correspondant à ce qu’on veut montrer. Saint-Exupéry apparaît dans l’épisode 2. L’objectif est de parvenir à un petit résumé tel celui présenté ci-contre.

Je montre les extraits choisis du documentaire aux élèves à l’aide du TBI et je les invite à prendre des notes individuellement pour répondre à la question : « En quoi la connaissance de la saga de l’Aéropostale éclaire-t-elle le parcours et l’œuvre de Saint-Ex ? ».
Apport méthodologique : Prendre des notes, c’est sélectionner les infos en fonction d’un projet.

→ Etape 1 sur la première partie du doc. Prise de notes informelles. Mise en commun (qui a retenu quoi ? pourquoi ? Qu’est-ce qui est pertinent ?) puis proposition collective (ou par le prof si classe faible)

→ Etape 2 : prise de note en autonomie en focalisant sur Saint Ex. Validation commune (simplement par oral ou à partir des notes prises par un élève au TBI)

→ Etape 3 : autonomie complète : sélectionnez les informations intéressantes pour le sujet et compléter la prise de notes.
E

tape 2
→ (1heure)Pour bien ancrer le caractère épique de l’épopée de l’aviation, je propose d’analyser un groupement d’affiches. L’objet d’étude fait appel à la littérature et aux autres arts : l’art de l’affiche illustré ici peut être abordé en lien avec les thématiques d’histoire des arts : le domaine convoqué est celui des arts du visuel. Dans le champ scientifique et technique  deux thématiques m’intéressent :

- « Arts, sciences et techniques » : l’art et son discours sur les sciences et techniques ; la technique comme motif d’inspiration (éloge du progrès), les figures, thèmes et mythes de l’univers technique et scientifique (l’avion, le pilote)

- « Arts, informations, communications » : l’art de l’affiche (code, émetteur, récepteur, rhétorique, sémiotique, effets).

Le travail s’effectue collectivement sur une des affiches puis individuellement sur une autre laissée au choix des élèves. L’analyse est évaluée.








Etape 3 → (1heure)Je distribue enfin un premier groupement de 3 extraits de Terre des hommes dans lesquels Saint-Exupéry évoque l’avion.

GROUPEMENT N°1
A. La terre nous en apprend plus long sur nous que les livres. Parce qu'elle nous résiste. L'homme se découvre quand il se mesure avec l'obstacle. Mais, pour l'atteindre, il lui faut un outil. Il lui faut un rabot, ou une charrue. Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu'il dégage est universelle. De même l'avion, l'outil des lignes aériennes, mêle l’homme à tous les vieux problèmes.

J’ai toujours, devant les yeux, l'image de ma première nuit de vol en Argentine, une nuit sombre où scintillaient seules, comme des étoiles, les rares lumières éparses dans la plaine.

Chacune signalait, dans cet océan de ténèbres, le miracle d'une conscience. Dans ce foyer, on lisait, on réfléchissait, on poursuivait des confidences. Dans cet autre, peut-être, on cherchait à sonder l’espace, on s'usait en calculs sur la nébuleuse d’Andromède. Là on aimait. De loin en loin luisaient ces feux dans la campagne qui réclamaient leur nourriture. Jusqu'aux plus discrets, celui du poète, de l'instituteur, du charpentier. Mais parmi ces étoiles vivantes, combien de fenêtres fermées, combien d'étoiles éteintes, combien d'hommes endormis…

Il faut bien tenter de se rejoindre. Il faut bien essayer de communiquer avec quelques-uns de ces feux qui brûlent de loin en loin dans la campagne.
[...]

B. L’Avion est une machine sans doute, mais quel instrument d’analyse ! Cet instrument nous a fait découvrir le vrai visage de la terre. Les routes, en effet, durant des siècles, nous ont trompés. Nous ressemblions à cette souveraine qui désira visiter ses sujets et connaître s’ils se réjouissaient de son règne. Ses courtisans, afin de l’abuser, dressèrent sur son chemin quelques heureux décors et payèrent des figurants pour y danser. Hors du mince fil conducteur, elle n’entrevît rien de son royaume, et ne sut point qu’au large des campagnes ceux qui mouraient de faim la maudissaient.

Ainsi, cheminions-nous le long des routes sinueuses. Elles évitent les terres stériles, les rocs, les sables, elles épousent les besoins de l’homme et vont de fontaine en fontaine. Elles conduisent les campagnards de leurs granges aux terres à blé, reçoivent au seuil des étables le bétail encore endormi et le versent, dans l’aube, aux luzernes. Elles joignent ce village à cet autre village, car de l’un à l’autre on se marie. Et si même l’une d’elles s’aventure à franchir un désert, la voilà qui fait vingt détours pour se réjouir des oasis.

Ainsi trompés par leurs inflexions comme par autant d’indulgents mensonges, ayant longé, au cours de nos voyages, tant de terres bien arrosées, tant de vergers, tant de prairies, nous avons longtemps embelli l’image de notre prison. Cette planète, nous l’avons crue humide et tendre.

Mais notre vue s'est aiguisée, et nous avons fait un progrès cruel. Avec l’avion, nous avons appris la ligne droite. À peine avons-nous décollé nous lâchons ces chemins qui s’inclinent vers les abreuvoirs et les étables, ou serpentent de ville en ville. Affranchis désormais des servitudes bien-aimées, délivrés du besoin des fontaines, nous mettons le cap sur nos buts lointains. Alors seulement, du haut de nos trajectoires rectilignes, nous découvrons le soubassement essentiel, l’assise de rocs, de sable, et de sel, où la vie, quelquefois, comme un peu de mousse au creux des ruines, ici et là se hasarde à fleurir.

Nous voilà donc changés en physiciens, en biologistes, examinant ces civilisations qui ornent des fonds de vallées, et, parfois, par miracle, s’épanouissent comme des parcs là où le climat les favorise. Nous voilà donc jugeant l’homme à l’échelle cosmique, l’observant à travers nos hublots, comme à travers des instruments d’étude. Nous voilà relisant notre histoire.
[ …]

C. Ainsi, les nécessités qu'imposé un métier, transforment et enrichissent le monde. Il n'est même point besoin de nuit semblable pour faire découvrir par le pilote de ligne un sens nouveau aux vieux spectacles. Le paysage monotone, qui fatigue le passager, est déjà autre pour l'équipage. Cette masse nuageuse, qui barre l'horizon, cesse pour lui d'être un décor : elle intéressera ses muscles et lui posera des problèmes. Déjà il en tient compte, il la mesure, un langage véritable la lie à lui. Voici un pic, lointain encore : quel visage montrera-t-il ? Au clair de lune, il sera le repère commode. Mais si le pilote vole en aveugle, corrige difficilement sa dérive, et doute de sa position, le pic se changera en explosif, il remplira de sa menace la nuit entière, de même qu'une seule mine immergée, promenée au gré des courants, gâte toute la mer.

Ainsi varient aussi les océans. Aux simples voyageurs, la tempête demeure invisible : observées de si haut, les vagues n'offrent point de relief, et les lots d'embrun paraissent immobiles. Seules de grandes palmes blanches s'étalent, marquées de nervures et de bavures, prises dans une sorte de gel. Mais l'équipage juge qu'ici tout amerrissage est interdit. Ces palmes sont, pour lui, semblables à de grandes fleurs vénéneuses.

Et même le voyage est un voyage heureux, le pilote qui navigue quelque part, sur son tronçon de ligne, n'assiste pas à un simple spectacle. Ces couleurs de la terre et du ciel, ces traces de vent sur la mer, ces nuages dorés du crépuscule, il ne les admire point, mais les médite. Semblable au paysan qui fait sa tournée dans son domaine et qui prévoit, à mille signes, la marche du printemps, la menace du gel, l'annonce de la pluie, le pilote de métier, lui aussi, déchiffre des signes de neige, des signes de brume, des signes de nuit bienheureuse. La machine, qui semblait d'abord l'en écarter, le soumet avec plus de rigueur encore aux grands problèmes naturels. Seul au milieu du vaste tribunal qu'un ciel de tempête lui compose, ce pilote dispute son courrier à trois divinités élémentaires, la montagne, la mer et l'orage.
Le travail se déroule en binôme. Les élèves disposent d’un tableau à double entrées à compléter. Les entrées du tableau sont partiellement fournies aux élèves. Il leur appartient de trouver les entrées manquantes en analysant les textes.




EXTRAIT A

EXTRAIT B

EXTRAIT C

Rôle de l’avion

Outil des lignes aériennes


Instrument d’analyse

Machine qui soumet l’homme aux grands problèmes naturels

…non fournie

(image récurrente)

Le paysan dans son labour arrache peu à peu quelque secret à la nature et la vérité qu’il dégage est universelle


Les routes conduisent les campagnards de leurs granges aux terres à blé

Semblable au paysan qui fait sa tournée dans son domaine et qui prévoit à mille signes la marche du printemps, la menace du gel, l’annonce de la pluie

Mots/idées clés

« Conscience », associé à lire, réfléchir, poursuivre des confidences, sonder l’espace, user de calculs, aimer


Cette planète, notre prison

Vue aiguisée

Progrès cruel

Un nouveau sens au vieux spectacle

N’assiste pas à un simple spectacle

Cesse pour lui d’être un décor

…non fournie

(champs lexicaux)

Opposition lumières/ténèbres

(sens philosophique)


Opposition mensonge/vérité

(révélée par l’avion)

Opposition pilote/voyageur

(regard transformé par le métier)

Morale

Message principal

L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle. Il faut tenter de se rejoindre…Il faut essayer de communiquer


Nous voilà changés en physiciens, en biologistes examinant ces civilisations

Nous voilà jugeant l’homme à l’échelle cosmique

Les nécessités qu’imposent un métier transforment et enrichissent le monde

Le pilote de métier déchiffre les signes



Je veux que les élèves parviennent à répondre à la question de la séance et qu’ils arrivent à la conclusion qu’un outil technique (l’avion) et le métier qui en découle (pilote) permet à Saint-Exupéry de porter un regard particulier sur l’humanité et la condition humaine. Pour cela, après le relevé d’éléments signifiants dans le tableau, je leur demande de rédiger un paragraphe explicatif pour répondre à la question. J’évalue ce travail écrit.
Je consacre la séance 2 à une mise en parallèle de l’extrait qui relate le moment où Saint-Exupéry se rend à la base aérienne pour son premier vol « le jour de la consécration » avec un documentaire sur les rites de passage. Je pense y accorder 2 heures. Le travail s’effectue collectivement. L’objectif de la séance est de décliner la problématique à travers la question : « A quel moment devient-on un homme ? »

EXTRAIT N°2
Il était trois heures du matin quand on me réveilla. Je poussai d'un coup sec les persiennes, observai qu'il pleuvait sur la ville et m'habillai gravement.

Une demi-heure plus tard, assis sur ma petite valise, j'attendais à mon tour sur le trottoir luisant de pluie, que l'omnibus passât me prendre. Tant de camarades avant moi, le jour de la consécration, avaient subi cette même attente, le cœur un peu serré. Il surgit enfin au coin de la rue, ce véhicule d'autrefois, qui répandait un bruit de ferraille, et j'eus droit, comme les camarades, à mon tour, à me serrer sur la banquette, entre le douanier mal réveillé et quelques bureaucrates. Cet omnibus sentait le renfermé, l'administration poussiéreuse, le vieux bureau où la vie d'un homme s'enlise. Il stoppait tous les cinq cents mètres pour charger un secrétaire de plus, un douanier de plus, un inspecteur. Ceux qui, déjà, s'y étaient endormis répondaient par un grognement vague au salut du nouvel arrivant qui s'y tassait comme il pouvait, et aussitôt s'endormait à son tour. C'était, sur les pavés inégaux de Toulouse, une sorte de charroi triste ; et le pilote de ligne, mêlé aux fonctionnaires, ne se distinguait d'abord guère d'eux… Mais les réverbères défilaient, mais le terrain se rapprochait, mais ce vieil omnibus branlant n'était plus qu'une chrysalide grise dont l'homme sortirait transfiguré.

Chaque camarade, ainsi, par un matin semblable, avait senti, en lui-même, sous le subalterne vulnérable, soumis encore à la hargne de cet inspecteur, naître le responsable du Courrier d'Espagne et d'Afrique, naître celui qui, trois heures plus tard, affronterait dans les éclairs le dragon de l'Hospitalet… qui, quatre heures plus tard, l'ayant vaincu, déciderait en toute liberté, ayant pleins pouvoirs, le détour par la mer ou l'assaut direct des massifs d'Alcoy, qui traiterait avec l'orage, la montagne, l'océan.

Chaque camarade, ainsi, confondu dans l'équipe anonyme sous le sombre ciel d'hiver de Toulouse, avait senti, par un matin semblable, grandir en lui le souverain qui, cinq heures plus tard, abandonnant derrière lui les pluies et les neiges du Nord, répudiant l'hiver, réduirait le régime du moteur, et commencerait sa descente en plein été, dans le soleil éclatant d'Alicante.

[…]

Ainsi ce matin-là, à l'aube de mon premier courrier, je me soumettais à mon tour aux rites sacrés du métier, et je me sentais manquer d'assurance à regarder, à travers les vitres, le macadam luisant où se reflétaient les réverbères.

[…]

Je surprenais aussi les confidences que l'on échangeait à voix basse. Elles portaient sur les maladies, l'argent, les tristes soucis domestiques. Elles montraient les murs de la prison terne dans laquelle ces hommes s'étaient enfermés. Et, brusquement, m'apparut le visage de la destinée.

Vieux bureaucrate, mon camarade ici présent, nul jamais ne t'a fait évader et tu n'en es point responsable. Tu as construit ta paix à force d'aveugler de ciment, comme le font les termites, toutes les échappées vers la lumière. Tu t'es roulé en boule dans ta sécurité bourgeoise, tes routines, les rites étouffants de ta vie provinciale, tu as élevé cet humble rempart contre les vents et les marées et les étoiles. Tu ne veux point t'inquiéter des grands problèmes, tu as eu bien assez de mal à oublier ta condition d'homme. Tu n'es point l'habitant d'une planète errante, tu ne te poses point de questions sans réponse : tu es un petit bourgeois de Toulouse. Nul ne t'a saisi par les épaules quand il était temps encore. Maintenant, la glaise dont tu es formé a séché, et s'est durcie, et nul en toi ne saurait désormais réveiller le musicien endormi ou le poète, ou l'astronome qui peut-être t'habitait d'abord.

Je ne me plains plus des rafales de pluie. La magie du métier m'ouvre un monde où j'affronterai, avant deux heures, les dragons noirs et les crêtes couronnées d'une chevelure d'éclairs bleus, où, la nuit venue, délivré, je lirai mon chemin dans les astres.

Ainsi se déroulait notre baptême professionnel, et nous commencions de voyager.
Etape 1 → (1heure) Ce qui me semble important dans ce texte c’est la notion de rite de passage. On voit bien comme c’est le jour où Saint-Exupéry « se soumet à son tour aux rites sacrés du métier » qu’il sent « naître en lui le responsable du Courrier d'Espagne et d'Afrique ». L’image de l’omnibus comme chrysalide dont il va sortir transfiguré est centrale.

→ Lecture du texte : dégagez les éléments qui font sens

Dernière phrase : « baptême » Double sens : début de quelque chose et dimension religieuse. Il s’agit de la naissance d’un homme (donc bien un moment fondateur : lien avec la problématique de la séance ou énoncé de la problématique de la séance à ce moment-là). Repérage du lexique de la naissance. Donc la naissance d’un homme (devenir pleinement un homme) n’est pas liée à sa naissance biologique mais à un moment fondateur auquel il devient pleinement lui-même.

Connotations religieuses : dans « baptême » donc mais aussi dans « consécration ».

Consécration = Confirmation, action de rendre ou de devenir durable (donc bien événement fondateur qui installe durablement l’homme dans une plénitude, dans son humanité)

Mais aussi consécration = Action de consacrer par certains rites à la Divinité, à une divinité, un lieu culturel ou non, un objet, une personne.

Dimension religieuse qui fait écho à « Baptême ». Quelles autres occurrences religieuses dans le texte ?

Il ne s’agit pas d’une religion précise (central au XXème) mais plutôt de la dimension initiatique, rituelle (la consécration est un rite).




Etape 2 → (1heure) Après la lecture du texte je montre aux élèves les 4 premières minutes d’un documentaire sur les rites de passage de  J.P. Mirouze ( 2004) qu’on peut visionner sur le site http://bts-culture.blogspot.com/2009/12/le-passage-lage-adulte-les-rites.html.

Ce documentaire explique que les sociétés traditionnelles organisent des rites de passage célébrant la métamorphose de l'enfant en adulte. Le passage choisi présente les propos et analyses de l'anthropologue Maurice Godelier, de l'ethnologue et psychologue Lorenzo Brutti.

Je demande aux élèves de repérer les caractéristiques du rite de passage d’après les explications fournies dans le documentaire et de les mettre en parallèle avec le texte de Saint-Exupéry. Ils doivent individuellement prendre des notes puis compléter un tableau.


Caractéristiques du rite de passage d’après le documentaire

Parallèle avec le texte de Saint-Exupéry

Utiliser des procédés symboliques

« Ainsi ce matin là, à l’aube de mon premier courrier, je me soumettais à mon tour aux rites sacrés du métier » « Affronter le dragon ; les dragons noirs et les crêtes couronnées d’une chevelure d’éclairs bleus » »

Inclure dans un groupe par le biais de codes

« chaque camarade » (4X) : les pilotes

Imprimer des normes



« déciderait en toute liberté, ayant pleins pouvoirs, le détour par la mer ou l’assaut direct des massifs d’Alcoy, qui traiterait avec l’orage, la montagne, l’océan »

S’ouvrir à son propre destin

« Brusquement m’apparut le visage de la destinée »


Promouvoir à une nouvelle vie par une nouvelle naissance sociale

« Ce vieil omnibus branlant n’était plus qu’une chrysalide grise dont l’homme sortirait transfiguré »

« La magie du métier m’ouvre un monde »

Changer de statut

« Naître le responsable du Courrier d'Espagne et d'Afrique »

Acquérir des connaissances

« Délivré, je lirais mon chemin dans les astres »



La réponse à la problématique rédigée sous forme d’un paragraphe explicatif, devrait tourner autour de l’idée que pour Saint-Exupéry, le moment fondateur qui fait de lui un homme au sens plein c’est « ce jour de la consécration » où il devient responsable du courrier. Chacun peut ainsi vivre un moment particulier où il devient vraiment un homme. Mais ce qui est intéressant aussi c’est le passage où l’auteur s’adresse directement au bureaucrate, celui qui n’a pas eu la chance de vivre ce jour et qui s’est enfermé dans une petite vie tranquille. On comprend que le métier de Saint-Exupéry, si particulier pour l’époque, le place en position d’assumer plus pleinement qu’un autre sa condition d’homme. J’évalue ce travail écrit.
La
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