Notions de versification pour l’explication de texte litteraire





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NOTIONS DE VERSIFICATION POUR L’EXPLICATION DE TEXTE LITTERAIRE

D’après Michèle AQUIEN.

-SYLLABE :

La syllabe est un groupe de phonèmes pris ensemble (étymologie : grec sun, « avec », et lambanein « prendre ») organisé autour d’une seule voyelle. Elle peut être constituée :

-de la seule voyelle

-d’un groupe voyelle + consonne

-si elle commence par une consonne, celle-ci est appelée consonne d’appui. Plusieurs schémas : -syllabe dite ouverte quand terminée par la voyelle

-syllabe dite fermée quand terminée par une consonne

Le décompte des syllabes a pu faire apparaître la place particulière de la limite entre la sixième et septième qui marque une certaine pause rythmique et syntaxique. C’est la césure.


-L’e CADUC :
Par nature instable. Plusieurs cas se présentent :

-en finale absolue de vers, il n’est jamais compté : c’est l’apocope du e caduc.

Ex : Ton ef fi gie au vif tant res sem blant(e)

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

-à l’intérieur du vers, deux positions différentes : -devant une voyelle, l’e n’est pas compté : c’est un cas d’élision.

-devant consonne, il est compté.

Les règles classiques ont été observées jusqu’à la fin du XIXè siècle. Les poètes modernes le font jouer plus librement.

DIERESE ET SYNERESE :
La diérèse (du grec diairesis « division ») et la synérèse (sunnairesis « rapprochement »), relèvent du problème posé par la rencontre, dans un mot, de deux voyelles phoniques dont la première est i, u ou. Alors que la diérèse fait entendre deux phonèmes vocaliques à la suite, la synérèse comporte d’abord une semi-consonne, puis une voyelle.

Jusqu’au XIXè siècle, de telles prononciations sont assez strictement codifiées, et obéissent en général à l’étymologie. Doivent être prononcées, en diérèse, les mots qui comportaient deux voyelles dans la racine (nation de nationem)ou par l’adjonction d’un suffixe. En revanche, lorsqu’il y a eu diphtongaison d’une voyelle d’abord unique (pierre venant de petra) ou vocalisation d’une consonne (fruit, venant de fructum), il y a synérèse.
L’HIATUS :
On parle d’hiatus (du latin hiare « être béant ») quand deux phonèmes vocaliques sont en contact immédiat sans qu’il y ait élision du premier. Plusieurs cas sont à distinguer.

-hiatus dans un mot 

-hiatus entre deux mots.

Ce sont les poètes du XVIè qui soulèvent la question, à une époque où on se soucie d’euphonie (instauration du –t- dit euphonique en liaison) ; ils sont relayés par les classiques. Les poètes du Moyen- Age admettent l’hiatus. Dans la poésie moderne et contemporaine, les poètes évitent souvent l’hiatus entre deux mots, mais n’en font pas une règle.
L’IDENTIFICATION DES VERS :
-alexandrin : ce sont les poètes de la Pléiade qui le mettent à l’honneur au milieu du XVIè et devient le type de vers le plus employé. Il est divisé en deux groupes de six syllabes (hémistiches) séparés par la césure (//).

-décasyllabe : succès à peu près constant dès la première moitié du XVIè. A la fin de la période médiévale, il est le vers lyrique par excellence, avant d’être définitivement remplacé par l’alexandrin.

-octosyllabe :le plus ancien vers français, apparu dans notre poésie dès le Xè. En Moyen-Age, il est très employé dans les poèmes narratifs, les fabliaux et le théâtre, et il reste, au XVIè, le deuxième vers le plus employé après l’alexandrin. L’octosyllabe n’est pas obligatoirement césuré, et la césure n’est pas fixe. C’est également ce vers qui est souvent utilisé aevc l’alexandrin dans les fables de La Fontaine (vers mêlés).

-vers libre :il est une création des poètes symbolistes à la fin du Xxè.
LE VERSET :

Absente, absente, ô doublement absente sur la sécheresse glacée

Sur l’éphémère glacis du papier, sur l’or blanc des sables où seul pousse


l’élyme.

Absents, absents et tes yeux sagittaires traversant les horizons de mica

Les verts horizons des mirages, et tes yeux migrateurs de tes aïeux

lointains.

Déjà le pan de laine sur l’épaule aiguë, comme la lance défie le fauve

Déjà le cimier bleu sur quoi se brisent les javelines de mon amour.

Léopold SEDAR-SENGHOR, Ethiopiques

Le mot verset, dérivé de vers, a commencé par désigner, dès le XIIIè, chacune des divisions numérotées, en forme de paragraphe, que présentent la Bible et certains autres textes sacrés. C’est seulement depuis le Xxè que l’on parle de verset en littérature pour nommer une forme particulière. Il se situe entre la notion de vers et celle de paragraphe.

Comme les vers, ils commencent par une majuscule, sans pour autant correspondre à des phrases 

Certains versets excèdent la ligne, et leur prolongement ne se fait pas, comme pour les vers très longs, par un décrochement en retrait . Ils peuvent occuper deux lignes , comme une phrase dans un paragraphe.

Tous ces versets comptent un nombre de syllabe variable, mais on peut considérer qu’ils sont composés de schémas métriques parfaitement reconnaissables, et qui relèvent tous de trois mètres principaux : l’octosyllabe, le décasyllabe et l’alexandrin.
-LA CESURE :
-césure épique :elle traite la fin du premier hémistiche comme une fin de vers en apocopant un e non élidable. Relativement fréquente dans la poésie épique médiévale, elle est souvent utilisée par les poètes modernes. Cf. René Char :

Montagnes derrièr(e), // montagnes devant,

-césure lyrique : elle correspond à la présence d’un e non élidable et prosodiquement compté dans la syllabe qui précède la césure. Cf. Eustache Deschamps :

Ô Bretagne, // pleure ton espérance !

-césure enjambante : la césure est suivie d’une syllabe finale en e non élidable, et donc elle passe entre la syllabe accentuée du mot et cette syllabe finale en e prosodiquement comptée. Cf. Francis Jammes :

Et maintenant même, où sont mes vieilles tristesses


De l’an dernier ? A pei//ne si je m’en souviens.
-CONCORDANCE ET DISCORDANCE :
On appelle concordance le fait que la phrase se moule dans le vers de telle sorte que les accents correspondant aux principales articulations grammaticales coïncident avec les deux accents fixes du vers : la césure et la fin de vers.

Il y a discordance lorsque cette coïncidence ne se fait pas. Si le décalage se fait par rapport à la césure, la discordance est dite interne, s’il concerne la fin de vers, elle est dite externe. On distingue 3 phénomènes de discordance :

*enjambement qui se répartit de part et d’autre de la limite métrique, et n’a pas d’autre effet que ce dépassement : : -interne (---//---)

-externe ( //---

---// )

*rejet qui place un groupe bref (un mot) au-delà de la limite métrique alors qu’il est lié syntaxiquement à ce qui précède, et le met ainsi en valeur (rejet interne ou externe)

*contre-rejet qui, à l’inverse, met en avant de la limite métrique un élément verbal bref, lié syntaxiquement à ce qui suit, et a par conséquent un effet de soulignement (interne et externe)

-LA RIME :

la rime est un assemblage de phonèmes communes en finale absolue de vers. C’est le nombre de ces phonèmes communs qui contribue à la richesse de la rime (pauvre.suffisante.riche) Il existe d’autres types d’homophonies finales que la rime, et ils se définissent autrement : on parle alors d’assonance, de con,tre-assonance, mais aussi de rime approximative. De tels rappels phoniques ont vu le jour dès le Ivè pour les assonances, puis sous forme de rime au VIIIè. La rime a dominé la poésie française jusqu’à la fin du Xxè. Dans la poésie moderne et contemporaine, l’usage d’homophonies finales est irrégulier.

Dans la rime classique :

-rime plate (ou suivie) : aa bb cc…

-rime croisée (ou alternée) : abab…

-rime tripartite : aabccb…

-rime quadripartite : aaabcccb…

-rime pauvre : un seul phonème commun, qui set logiquement la drenière voyelle accentuée

-rime suffisante : deux homophonies, soit voyelle+consonne, soit consonne+voyelle

-rime riche : trois homophonies voire plus.

Certaines rimes sont dites féminines car elles comportent un e caduc, marque fréquente grammaticale du féminin en français. On considère donc comme féminines toutes les rimes à syllabe dite surnuméraire, parce qu’elle était à l’origine prononcé et non comptée, qui se terminent sur un e caduc apocopé qu’il soit ou non suivi de –s ou de la désinence verbale en –nt, et comme masculines celles qui n’en comportent pas.

Cette alternance entre rime féminine et rime masculine débute dès les XII-XIIIè, pour des raisons tenant à l’accompagnement musical constant des poèmes. Elle est alors nécessaires, mais non obligatoire. C’est à partir de l seconde moitié du XVIè que le recours à l’alternance devient systématique. La poésie moderne ne pratique plus constamment cette alternance ; elle est souvent soit absente, soit remplacée par une alternance purement phonique des terminaisons vocaliques et consonantiques.

-* les enrichissements à l’intérieur du vers :

-le vers léonin, dans lequel les deux hémistiches riment ensemble.

-la rime batelée, qui fait rimer la fin du vers avec le mot de césure du vers suivant

-la rime équivoquée, ambiguïté phonique (ses cris/ s’écrit)

-la rime brisée, dans laquelle les vers riment ensemble non seulement par la fin de vers, mais par la césure.

--rime annexée, qui reprend la syllabe de rime au début du vers suivant

-la rime fratrisée, qui est à la fois annexée et équivoquée

-la rime enchaînée, à la fois annexée et dérivative.
-LES FORMES FIXES :
*la notion de strophe : vient du grec strophè « tour, action de tourner » qui désignait à l’origine le tour d’autel effectué en dansant par le chœur de la tragédie grecque pendant qu’il psalmodiait ou récitait un passage versifié. Par la suite, ce terme signifie le passage en vers, de forme précise. De plus, tous les noms de strophe sont liés au nombre de vers qu’elles comportent. Bien qu’ils ne soient pas considérés comme des strophes à proprement parler, on citera le distique (2 vers), et le tercet (3 vers). Les strophes les plus courantes sont le quatrain (4 vers), le quintil (5 vers), le sizain (6 vers), le septain (7 vers), le huitain (8 vers), le dizain (10 vers). Moins fréquemment utilisés sont le neuvain (9 vers), le onzain (11 vers) et le douzain (12 vers). Les strophes de plus de 12 vers sont rares.

*triolet, rondeau, rondel : il s’agit de 3 formes issues d’un ancêtre commun, le rondet de carole. C’était une courte chanson destinée à accompagner une danse, le plus souvent une ronde (la carole) et qui s’insérait dans une plus vaste composition. Tous trois sont des poèmes courts auxquels s’ajoute un bref refrain répété deux fois. On le trouve toujours au commencement du poème, à la fin du deuxième groupement de vers, et en fin de poème. Ils ne comportent que 2 rimes, ainsi disposées :

triolet : ab aa abab

rondeau: aabba aab aabba

rondel: abab abab abbaa

Mais il existe des différences entre ces trois formes : le triolet est beaucoup plus court que les deux autres formes. Dans le rondeau, deux quintils de même facture encadrent un tercet. Le rondel, lui, est composé de deux quatrains suivis d’un quintil. Le statut du refrain varie selon la forme :

-dans le triolet et le rondel, il fait partie intégrante du système de rimes, et il s’étend sur deux vers. Dans le triolet, les 2 vers du début et de la fin dont identiques. Dans le rondel, cette répétition sur deux vers encadre les quatrains, et c’est le seul premier vers qui est répété en dernier.

-dans le rondeau, le refrain est beaucoup plus bref, et est constitué par le premier hémistiche du premier vers ; on l’appelle le rentrement.

Le triolet est la forme la plus ancienne, datée du XIIIè. C’est une forme simple, puisque, sur 8 vers, 3 seulement ne sont pas répétés. Fréquent au M.A, il a été de nouveau utilisé par les auteurs de satires au moment de la Fronde.

Le rondel connaît quelques variantes, comme la répétition des deux vers de refrain à la fin du poème, ce qui fait du troisième ensemble un sizain et non un quintil.

La formule du rondeau est fixée par les Grands Rhétoriqueurs puis par Marot. Sa vogue a baissé lors de la Pléiade, puis a repris au XVII, et on trouve des rondeaux au XIX, sous la plume de Musset par exemple.

*la ballade : c’est une forme fixe qui a connu quantité de formules d’essai depuis 1260 où on l’a trouve sous la plume d’Adam de la Halle

Le poème est composé de 3 dizains de facture identique, suivis d’un quintil qui peut-être considéré comme une strophe. Il est appelé envoi et comporte une apostrophe au destinataire de la ballade. Ces dizains sont des dizains de décasyllabes : on appelle strophe carrée une strophe où le nombre de vers est ainsi égal au nombre de syllabes du vers.

*le sonnet : Le sonnet est composé en alexandrins (à l’origine en décasyllabes). Il a 2 quatrain et 2 tercets (ou 1 sizain).Il existe 2 types de sonnets réguliers. A côté du sonnet italien, on parle de sonnet français quand les deux quatrains à rimes embrassées sur deux rimes sont suivies d’un sizain formé d’un distique et d’un quatrain à rimes croisées (ccdede) on peut aussi citer le cas du sonnet shakespearien (ou élisabéthain) en trois quatrains à rimes croisées suivis d’un distique.





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