C'est aussi apprendre à s'intéresser au langage, c'est à dire à jouer avec lui autant qu'à prêter attention à ses formes et à son fonctionnement





télécharger 25.35 Kb.
titreC'est aussi apprendre à s'intéresser au langage, c'est à dire à jouer avec lui autant qu'à prêter attention à ses formes et à son fonctionnement
date de publication28.04.2017
taille25.35 Kb.
typeDocumentos
l.20-bal.com > Biología > Documentos
« Il était une fois la musique des mots... »

L'EVEIL A LA CONSCIENCE PHONOLOGIQUE

ARTICULATION

"Apprendre à parler, c'est tout à la fois apprendre à échanger avec son entourage et développer les différentes fonctions du langage : désigner le monde qui nous entoure, agir sur lui par la parole, évoquer des situations qui ont existé ou que l'on imagine. C'est aussi apprendre à s'intéresser au langage, c'est à dire à jouer avec lui autant qu'à prêter attention à ses formes et à son fonctionnement" (Cf.La Maîtrise de la langue à l'école. Paris : Savoir Livre ; CNDP, 1992).

Les comptines, jeux de doigts, de parlé-rythmé, jeux vocaux et d'expression, les virelangues...toutes ces activités sur les matériaux sonores de la langue :

- sont au service de l'apprentissage de la langue : " Ecouter les sons de la langue : ...la capacité à manipuler les constituants phonologiques [...] est un des meilleurs prédicteurs de la réussite ultérieure au cours préparatoire. Dans les comptines, les poèmes, les chansons, les jeux où les mots sont chantés, scandés, rythmés, segmentés, déformés, inventés...on s'intéresse moins au contenu du message qu'à ses aspects formels, on se soucie moins des paroles que de leur "musique". On fait entrer l'enfant de façon ludique dans la réalité sonore de la langue."(Cf.La Maîtrise de la langue à l'école).

Jouer sur l'intonation, le rythme, la hauteur de la voix, la répétition de structures syntaxiques, jouer avec les rimes, las assonances, les allitérations ....autant d'occasions de découvrir, d'explorer, s'approprier les matériaux sonores de la langue, la syntaxe, le lexique, le texte et sa structure.

- répondent à des objectifs de l'éducation musicale ...jouer avec sa voix (parlée et chantée) et en explorer les ressources. Ce travail vocal développe la maîtrise de la respiration, l'amélioration de l'articulation, l'enrichissement des sons en intensité, timbre, hauteur, durée...mémoriser comptines et chants...acquérir le sens de la pulsation. Voyelles et consonnes caractérisent la mélodie : claire, sourde, légère, lourde, nasale, sifflante, dentale..." Et les différentes accentuations des syllabes imposent le rythme. Il n'est pas possible de parler sans rythme. On connait à ce sujet les difficultés à s'exprimer dans une langue où l'accentuation des mots n'est pas la même que dans sa langue maternelle : le français est accentué sur la dernière syllabe (sauf si elle est muette) ; l'anglais, l'espagnol, l'allemand, l'italien ...sont plutôt accentués sur l'avant-dernière syllabe..." (In "Musique et Poésie-L'enfant et l'expression" de Eugène Bérel )

- permettent la cohésion du groupe-classe : De la section des tout-petits à la section des grands, on se retrouve toujours autour de comptines, jeux de doigts, jeux vocaux pour partager un moment de plaisir, d'émotion et de rire. C'est autour de ces jeux que se crée une cohésion du groupe-classe où l'enfant vit à la fois l'appartenance à ce groupe, y trouve sa place et a la possibilité de s'exprimer.
Information sur la phonologie du français :
L'acquisition du langage se fait à partir d'un répertoire de sons de base que l'enfant s'est construit du premier cri à l'écholalie en passant par le roucoulement, (gargouillements, cris aigus, bêlements) le babillage et la lallation. Il faut donc permettre à l'enfant de jouer avec sa voix et d'en explorer les ressources. Par ailleurs, l'acquisition de la phonologie par le très jeune enfant est essentielle : un petit qui articule mal aura des difficultés à se faire comprendre et en conséquence se découragera à communiquer, ses progrès syntaxiques seront beaucoup plus lents et retarderont l'efficacité de la communication.
L'émission de chaque phonème demande un mouvement adéquat, une position particulière des organes de l'articulation (lèvres, voile du palais, larynx et langue). Pour accélérer l'acquisition d'une articulation correcte : les comptines pour favoriser l'émergence des sons voyelles et les paires distinctives pour celle des sons consonnes ( bain/pain, folle/vole, seau/chaud....)
cf. : « Pédagogie du langage pour les 3 ans »de Philippe Boisseau et Monique Vidalie chapitre 10.


Pour l'enseignant, il est important d'avoir connaissance du trouble d'articulation :

Certains enfants , par incapacité ou immaturité motrice, n'ont pas trouvé la bonne position des organes de l'articulation. Le trouble de l'articulation atteint les phonèmes qui exigent des mouvements rapides et précis, les voyelles sont rarement touchées car elles sont sonorisées(l'enfant les entend, les reconnaît), les consonnes au contraire sont fréquemment atteintes car elles sont brèves.

Substitutions entre consonnes :

  • le gammacisme : « broSSe » pour « broche »

  • le chuintement : « CHavon «  pour « savon »

  • le zézaiement : « Ze » pour « je »

  • le yotacisme : « Jéro » pour « zéro »

  • ne pas pouvoir prononcer le « r » : « ouge » pour « rouge »

  • le lambdacisme : « undi » pour « lundi »

  • le mutacisme : les muscles des lèvres sont à fortifier, l'enfant ne prononce ni « p » ni « b »

  • la dysphonie : l'enfant bredouille, parle très vite sans terminer ses mots, ses phrases.

  • Les sonnantes nasales : « m », « n », « g », les voyelles nasales « on », « an », « un », « in » sont déformées.



Pour améliorer les compétences des enfants, des jeux vocaux (onomatopées, comptines, virelangues) repris quotidiennement vont permettre de corriger les petits défauts.
L'ONOMATOPÉE : c'est toujours une imitation d'un bruit ou d'un animal : reproduction des sons de l'environnement, imitation des bruits de la rue (la voiture qui démarre « brr », les cloches « bam », « doum », « pam », « ding », l'horloge « tictactictac »...), les animaux familiers (le chat qui miaule, qui gronde « grgrgr », qui souffle « fft,fft,fft »...), les oiseaux ( « pipil »,uip », tiri-tirili »...), l'abeille (« zzz »), le serpent  « sss ».....

On peut trouver par extension un « fredon », une ritournelle faite de syllabes qui n'ont pas de sens : Am stram gram Pic et pic et colégram....Supercalifragilisticexpialidocious !

« Mirlababi surlababo Mirliton ribon ribette ; Surlababi mirlababo Mirliton ribon ribo .» de Victor Hugo
L'onomatopée peut devenir une technique vocale très travaillée.(Stripsody de Cathy Berbérian, le scat.)

LES VIRELANGUES : ce sont des bouts de phrase que l'on doit répéter de plus en plus vite sachant qu'on peut vite se tromper et faire rire. Quelques exemples :

- Un chasseur sachant chasser sait chasser sans son chien

- La vache se fâche, la bâche se tache

- Si la vache arrache et mâche, sache que ça gâche la mâche

- Achille le chien fou de l'asile, est plus agile assis que debout

- Deux dindes aiment un dodu dindon

- Dodu don de dix dents de dedans dont deux dues

- Arlette est alerte

- Beau blé blond dans bol blanc

-T'embrasser t'embarrasse mais tu ne t'embarasses pas d'embrasser !

-Trois tortues très têtues trottant tôt sur trois toits très pointus

- Ce moustique mastoc m'excite

- La mouche rousse touche la mousse, et la mouche tousse

- Soyez joyeux et soyons souriants

- Nina n'aime ni nos noix, ni nos prunes comme Benoît, elle préfère avec Anna les bananes et l'ananas.

- Fruits frais, fruits fris, fruits cuits, fruits crus .....

- Je veux et j'exige d'exquises excuses

-Ta tata t'attend et ton tonton t'entend....

LES COMPTINES :Ce sont des petites formules simples et courtes, gaies, cocasses, insolites faisant partie du répertoire traditionnel populaire, cantilées, chantées ou dites et transmises aux enfants par voix orale. Le texte contient des jeux de mots, des rimes, des assonances, des allitérations dans un monde un peu magique, fantastique, irrationnel. La caractéristique des comptines est leur mode de diction : entre le langage verbal et le langage musical, elles sont toujours rythmées et souvent acompagnées de gestes ; la rime devient rythme ; le son, la résonance sont utilisés dans le but de jeu.

Le rythme soutient le mouvement et aide à mieux articuler, la mélodie souvent très simple suit les inflexions de la voix parlée. Chaque syllabe orale est prononcée, certaines plus fortement ou plus rapidement, une accentuation qui donne du relief au texte.

L'apprentissage des comptines est souvent privilégié au cycle 1 sous prétexte de textes courts et dynamiques alors que celui des poèmes est plutôt réservé au cycle 2. En réalité, la simplicité des comptines est souvent illusoire : vocabulaire, sens, humour sont parfois plus difficiles à comprendre qu'un poème. Le choix est donc essentiel pour favoriser l'appropriation de la langue, la prononciation avec aisance, développer la mémoire qui permet à l'enfant d'entrer dans le langage d'évocation mais aussi l'imaginaire, la créativité, l'expression des émotions. Enfin il est essentiel de donner un répertoire commun, référentiel de notre culture.
Etapes pour apprendre , dire ou chanter et créer des comptines :


  • Un temps de communication : apprentissage oral, texte dit ou chanté par l'enseignant ; dès cettepremière audition, on échange, dialogue, écoute l'autre....interaction adulte-enfant, enfants entr'eux : communication

  • Un temps de répétition et de mémorisation : textes dits, répétés pour favoriser la mémorisation, accumuler un capital linguistique. L'interprétation, les images, les émotions viendront après lorsque l'enfant sera libéré d'effort de mémoire. Texte interprété dans sa globalité, en favorisant la qualité de la prononciation et de l'intonation (« mise en bouche d'un texte »)

  • Un temps de diction : Ce répertoire de comptines et de poèmes appris tout au long de l'année à des moments différents des temps d'apprentissage doit servir de support à des activités de diction pour s'exercer à une plus grande maîtrise de l'articulation, de l'intonation, de l'expression. L'objectif étant d'acquérir une plus grande aisance dans la prise de parole, un ancrage solide des mots et des expressions dans la mémoire enfantine.

  • Un temps de création : Le point de départ est souvent une simple imitation d'une comptine ou d'un poème. Mais la création devient vite une extension ou une transformation. Le lexique, les tournures, les structures sont des matériaux que l'enfant utilisera pour comparer, faire des analogies, des hypothèses...et l'aideront à structurer sa langue en même temps que sa pensée.

C'est à travers ces exercices de création que l'on pourra évaluer l'appropriation des connaissances de l'enfant.
Il existe de nombreux types de comptines :


  • qui servent à se compter pour désigner ou exclure quelqu'un (origine du mot comptine)

  • sur les animaux

  • sur les métiers

  • sur des personnages

  • sur les saisons

  • sur les fêtes

  • les comptines numériques

  • les comptines phonologiques

  • les comptines sur des onomatopées...

similaire:

C\Essai de définition
«simples», celles qui «procèdent d’un travail du langage lui-même, sans intervention, pour ainsi dire, d’un poète» [1]. Parmi ces...

C\En quoi l’écriture littéraire sous toutes ses formes est-elle particulièrement...
«Poète est celui-là qui rompt pour nous l’accoutumance. Et c’est ainsi que le poète se trouve aussi lié, malgré lui, à l’événement...

C\Télipinu, Apollon, Dionysos
«le brillant», mais attention à ne pas le confondre avec Hélios, dieu du soleil. IL est fréquemment représenté avec son arc et ses...

C\Journalisme et polémique religieuse au xixe siècle
«Chasseur noir» inscrivit à son tableau de chasse, ait pu jouer un rôle aussi important, si ce n’est en admettant qu’en lui ce n’est...

C\Note d'intention Skratroum c’est une rencontre entre trois improvisateurs,...
«monde des skaters» avec ses attitudes, ses réseaux, ses postures et ce «trio», mettant en lien un projet artistique avec un mode...

C\La visée apologétique de la
«je» incommunicable (la liberté) d’être vraiment dramatique, c'est-à-dire envoyé dans l’espace non plus de la scène (du théâtre)...

C\Pour chaque phrase, Souligne le verbe conjugué, écris son infinitif et son groupe
«Julie dit qu’elle ne veut pas jouer avec moi, se plaint Amélie; je ne veux plus lui parler.»

C\Pour chaque phrase, Souligne le verbe conjugué, écris son infinitif et son groupe
«Julie dit qu’elle ne veut pas jouer avec moi, se plaint Amélie; je ne veux plus lui parler.»

C\«Je l’écoute et je l’accepte avec cette parole telle qu’elle est»....
«mon corps parle» (la colonne d’air me permet de communiquer avec autrui, de tenir debout)

C\1 épreuve écrite et 1 oral
«inquiète»de ce qui s’est passé pendant son absence. Elle ne tarde pas à tout «reprendre» en «main» rien échappe à son attention,...





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com