Recherches : lacan lettres et traductions





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1968 LACAN A Piera AULAGNIER 01

du 8 février 1968

Ma chère Piéra,

 

Je vous ai invitée vous comme les autres à faire bonne figure à la faveur du sort, y ajoutant l’augure d’une reprise féconde.

À partir de là votre exorde étonne, si, à présumer « de ce qu’un tirage au sort quelqu’il soit », donnera « toujours au moins deux collègues pour qui mon avis sera la référence unique et exhaustive », il n’est pas à prendre comme offensant pour les A.E. pris dans leur majorité.

Mon recours au tirage au sort a pour but d’éviter que la majorité seulement ait part au travail. Ce n’est pas là raison pour que les minorités, même favorisées, imposent à tous ses conditions.

Il n’est ni de mon intention, ni de ma pratique (j’en ai donné la preuve le 6 décembre), de réduire à un « rôle purement formel » les avis minoritaires.

C’est ce que votre réponse méconnaît en prétendant imposer comme préalables vos conditions aux collègues tirés au sort avec vous.

De deux choses l’une donc :

Ou vous acceptez une charge qui répond aux besoins de l’École. Et la thématique que vous développez, n’a valeur que de répondre au vœu exprimé par le Directoire : c’est-à-dire qu’elle définît votre position de départ à vous concernant ce qu’il peut en être de l’analyste de l’École.

Ce que vous déclarez est simplement destiné à situer la suite de vos actes. Sûre que vous êtes d’autre part qu’en un conseil aussi restreint, votre voix ne sera pas réduite à la portée d’un vote.

Ou vous maintenez le préalable de votre exigence présente.

La contrainte, d’être ici première selon la tradition, règle son compte à « l’expérience ». Si vous n’en connaissez pas déjà « les fruits », que vous faut-il de plus ?

Vous excluez l’invention en la qualifiant d’ « aventure », quand c’est de la concerter qu’il s’agit, et justement pour parer à l’aventure, courue d’avance et pour certains deux fois déjà consommée.

C’est pourquoi ce maintien ne serait pas recevable.

La désintéressement dont vous vous faites ici rempart, désigne le malentendu. Il n’est pas de mise là où le sort élimine la distinction.

C’est seulement du bien commun qu’il vous montrerait détachée.

C’est pourquoi votre désir sera satisfait d’attirer ici l’attention non pas seulement des A.E., mais de l’ensemble des A.E. et des A.M.E. à qui j’ai promis ce jury. Une communication de notre échange y suffira pour l’instant.

Croyez à mon amitié.

Ce 8. 02. 1968 J.L.

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1968 Lettre de Piera AULAGNIER à Jacques LACAN 02

parues dans Analytica, n° 7, 1978, p56-57.

Paris, le 13 février 1968

Cher Monsieur,

Vous m’avez demandé de mettre par écrit la réponse verbale que je vous ai donnée, lors de notre entretien d’hier, au sujet de la lettre que vous m’avez remise – ce que je fais bien volontiers.

Vous avez souhaité, au lendemain de ma désignation par tirage au sort, que je vous donne dans la semaine une réponse résumant dans ses grandes lignes « ma position de départ » :ce que j’ai fait par ma lettre du 6 février.

J’y ai énoncé quels étaient selon moi les critères que le Jury pourrait provisoirement choisir comme base de départ pour ses activités. J’ai ajouté de façon claire que ces critères (comme ceux qui pourront être formulés par chaque membre du Jury) doivent, comme première condition à leur éventuelle application, être soumis à l’approbation de l’ensemble des membres désignés, et cela pour la raison évidente que si le Jury, quelle que soit sa constitution, ne peut arriver à s’accorder sur un premier projet de travail il ne pourra simplement pas fonctionner. Je ne crois vraiment pas qu’il y ait là la moindre exigence abusive de ma part, ni la moindre velléité de réclamer un traitement de faveur, au nom d’une quelconque « minorité ».

Je pense que la procédure que je vous propose ci-après serait la plus apte à respecter et à sauvegarder les intérêts de l’École, c’est pourquoi j’espère très vivement qu’elle obtienne votre accord.

1. Avant toute officialisation les analystes tirés au sort devraient répondre à votre demande, i.e. préciser leur « position de départ ».

2. Ils devraient prendre connaissance de leurs réflexions respectives et juger si leur collaboration peut être fructueuse et répondre à ce que l’École est en droit d’attendre (ceci dans une réunion en votre présence).

3. Si cette rencontre démontrait à tel ou tel des analystes désignés que les divergences sont trop profondes, il ne pourrait que céder sa place à un autre : la tâche que le Jury doit assumer exige que la première mise en forme des critères qui guideront son travail soit acceptée et respectée par la totalité de ses membres.

4. Si de cette rencontre résultait la mise au clair d’un projet commun, ce projet devrait à ce moment être soumis au vote des A.E. Leur éventuel accord donnera ainsi à ce Jury la possibilité de fonctionner au nom d’une responsabilité collective.

Je persiste à croire qu’il serait non seulement utile mais indispensable que les A.E. soient pour cette occasion consultés, non pas simplement en tant que membres de l’École, mais en tant que groupe auquel vous avez donné le droit de revendiquer une responsabilité spécifique et par là le devoir d’en assumer les conséquences. C’est pourquoi une réunion préalable à leur niveau (réunion qui ne porte aucun préjudice aux droits des A.M.E. à se prononcer dans un deuxième temps sur les décisions qui pourront être prises) me paraît nécessaire.

Croyez à mon amitié.

P. Aulagnier-Spairani

 

P.S. Vous avez eu la gentillesse de m’informer que votre lettre a été par vous communiquée au Directoire : je vous demanderais de bien vouloir lui donner connaissance de ma réponse.

 

1968 LACAN à Piera AULAGNIER 02

du 14 février 1968

Ma chère Piera,

Croyez-moi sensible à ce que vos réponses se distinguent par leur précision. C’est pourquoi je souhaite qu’elles débouchent sur une collaboration.

Je vous le montre en entérinant que dans la dernière vous mainteniez en clair que votre acceptation n’est que conditionnelle.

J’en ai communiqué par ce même courrier le texte aux membres du Directoire avec celui du présent billet.

J’attends les autres réponses pour réunir ce Jury : temps à prendre.

Croyez-moi vôtre.

Ce 14.2.68 J.L.

1968 LACAN AU JURY D'AGREMENT

Parue dans Analytica n° 7, 1978, P.52.

1968.02.01

Mon cher Collègue,

Le Directoire réuni le 1er février 68 a procédé au tirage au sort du jury d’agrément.

Ceci conformément à la « réponse » que le Directeur a formulée le 6 décembre 1967 – après les manifestations d’avis enregistrées de l’assemblée restreinte de l’École.

Cette réponse prévoyait la formation dudit jury par le choix au sort de 5 des analystes de l’École, le Directeur y ayant voix (prépondérante, le partage pouvant y être égal).

Voici la liste sortie de ce tirage : M. Clavreul, Mmes Aubry et Aulagnier, MM. Rosolato et Hesnard.

Le Directeur avait à sa réunion du 24 janvier 68 marqué que la tâche réservée à ce jury ne pouvait se réduire à sa fonction de choix des A.E., mais devait maintenir au moins le principe de sa délégation à l’étude de la fonction réservée dans notre École à cette qualification.

On sait là-dessus ce qu’a avancé la proposition du directeur à la date du 9 octobre.

Il est juste que les analystes appelés à cette fonction, prennent une position où se présente leur départ, et qu’ils la fassent connaître chacun pour leur compte ou tous ensemble s’ils sont d’accord.

En leur communiquant ces vœux, je les prie de bien vouloir accepter la charge que leur a dévolue la faveur du sort.

Rien ne saurait mieux préluder à la reprise que j’ai appelée au terme d’un débat éclairant.

1969 LACAN Lettre à Roger DEXTRE et Jean-Paul SAUZEDE

(1 p.) 1969-02-12 :    

Lettre à Roger Dextre et Jean-Paul Sauzède parue dans La Main de Singe 1991 n° 1 page 15. Ces deux étudiants en philosophie avaient envoyé à J. Lacan une lettre dans les circonstances qu’ils rappellent ainsi en 1991 : « Étudiants en philosophie, pendant l’hiver 68-69, dans l’ennui d’un appartement chauffé péniblement au charbon, derrière la gare de Perruche, tout près de la prison St Paul et du « Cinématographe », nous avons passé une ou deux soirées à écrire à quelques célébrités, sans leur cacher cette situation, dont François Mauriac, alors fanatique admirateur d’Adamo et troublion à l’Olympia, scandalisé par les chansons de Suzanne Gabrielo. Pas de réponse. À Lacan aussi, qui nous répondit par la lettre ci-dessus dans les huit jours. Nous n’avons par gardé copie de notre lettre. Après lui avoir décrit notre zèle (à le lire presque tout) et notre embarras (à tout comprendre), nous le priions de nous indiquer quelques « trucs et combines », afin de ne pas manquer d’impressionner les examinateurs qui nous attendaient au tournant. Avec une plus humble sincérité nous lui demandions « un de ses jolis nœuds papillon », ignorant qu’il n’en portait plus. En 1970 la chemise sans col ne le sauva pourtant pas d’une nouvelle mésaventure à Boston, où un maître d’hôtel exigeant en vain qu’il porte une cravate récolta des débris d’assiette (Magazine Actuel, avril 80). La publication de cette réponse, séductrice, ne devrait pas soulever une ironie facile : nous la placerions volontiers dans le chapitre gombrowiczien des rapports pornographiques éternels entre l’immaturité et la maîtrise.

 

À Messieurs Roger Dextre et Jean-Paul Sauzède

Bien chers amis,

 

Votre lettre m’a bien plu et bien amusé : tant et si bien que je l’ai lue au public de mon séminaire.[1]

Qui s’est tordu de rire, naturellement sans comprendre, comme c’est toujours en pareil cas, qu’il s’ agissait … d’eux-mêmes qui en sont là, tous tant qu’ils sont :

Soit au point que votre humour a épinglé impayablement.

Si vous preniez rang parmi eux, vous profiteriez peut-être mieux qu’eux des « combines », dont vous n’avez en mes Écrits que des extraits – comprimés.

Mettez-les dans l’eau de votre vie de tous les jours. Vous verrez : ça se déploie comme font les fleurs japonaises.

Et ce seront plus piquants ornements pour « épater » vos professeurs que les « jolis nœuds papillons » dont on m’a dégoûté, je vous raconterai une autre fois comment. Il y a plusieurs mois que je ne porte plus que des cols roulés. Faites en autant, c’est beaucoup mieux.

À bientôt, si vous venez à Paris je vous recevrai volontiers. Sinon écrivez-moi.

 

Croyez-moi vôtre,

 

 

Ce 12/2/69
[1] Note Manuscrite de J. Lacan en bas de page : « Sans indication de noms bien entendu ni de provenance : étudiants, comme vous vous êtes présentés. Simplement. »

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1969 LACAN Adresse au Jury d’accueil de l’EFP à l’Assemblée avant son vote 01

(2 p.) 1969-01-25 :      

Paru dans Scilicet n° 2/3 Seuil Paris 1970 page 49

(49)ADRESSE DU JURY D’ACCUEIL À L’ASSEMBLÉE AVANT SON VOTE (LE 25 JANVIER 1969)

Il y a la psychanalyse et il y a l’École.

À distinguer en ceci que l’École se présente comme une personne morale, soit comme tout autre corps : qui se soutient de personnes, elles physiques et un peu là.

La psychanalyse par contre est fonction de l’ordre du sujet, lequel se démontre dépendre de l’objet qui, ce sujet, le refend.

Peser les personnes, énonciation dont on n’aurait osé espérer l’impudence, est le moyen le plus impropre au recrutement du psychanalyste, qui fonctionne même à partir d’une personne de peu de poids. C’est pourtant ce qui s’est fait, Dieu sait comment ! jusqu’à ce jour.

Ce que met en cause la proposition du 9 octobre 1967, c’est de savoir si la psychanalyse est faite pour l’École, ou bien l’École pour la psychanalyse.

D’un côté la réponse brouille les traces à des exploits de bel esprit sur le dévouement à Lacan, soit à la personne de son auteur.

D’un autre côté, on argumente comme si, dans l’École, les personnes n’étaient pas déjà là, comme on dit : en titre, et bel et bien.

Or c’est ce dont la proposition tient compte. Car si elle va à décider de ce que l’École produise ou non du psychanalyste, elle ne méconnaît pas que la psychanalyse ne se produit pas sans moyens, qui ne vont pas sans de personnes se composer, ni sans, avec elles, composer.

La théorie de la formation, avons nous écrit, est absente. Qu’on lise le texte : elle est dite absente au moment qu’il ne faudrait pas, et nulle (50)contradiction à ajouter que c’est au moment où serésout une psychanalyse. Il faut bien, bien ou mal, en effet que le pas se résolve, pour quoi l’on se résout en fait à se passer de l’examen de la psychanalyse.

Faudrait-il pour autant contester les personnes, soit les situations acquises ? Ce serait se priver de l’acquis des situations, et c’est ce que la proposition préserve.

À en partir, nul n’est contraint de se soumettre à cet examen d’un moment, qu’elle marque comme la passe : ceci parce qu’elle le redouble d’un consentement à cet examen même, lequel elle pose comme épreuve de capacité à prendre part à la critique comme au développement de la formation.

C’est cette liberté même qui impose la sélection d’un corps dit A.E. Et s’il est ainsi confluent au corps existant déjà sous ce titre, c’est qu’il n’y a aucune raison de refuser à ce corps la capacité dont la nouvelle sélection se motive.

Il y a tout lieu au contraire qu’il en reçoive ici l’hommage.

Que cet hommage, tel le décline, pourquoi pas ? Qu’on applaudisse cette démission comme un défi, nous rappelle que la démagogie ne saurait être unilatérale. Il y faut aussi un public – ceci prouve qu’il ne manque pas.

Mais n’empêche pas qu’il faille s’en remettre à lui pour trancher des mérites des candidats à un premier jury.

En l’absence, oui, en l’absence de toute pratique d’un tel accès qui ne relève du pèse-personne, l’assemblée choisit ceux qui auront à en trouver une différente.

C’est faire fonds, Lacan l’a dit, sur l’esprit de la psychanalyse, qu’il faut bien censer pouvoir se manifester par vous, puisqu’on ne peut l’attendre ailleurs.

De toute façon il faudra bien que vous en passiez par l’attribution à certains de fonctions directives, pour obtenir une distribution prudente de votre responsabilité collective. C’est un usage qui peut se discuter en politique ; il est inévitable dans tout groupe qui fait état de sa spécialité au regard du corps social. À ce regard répond l’A.M.E.

Ces nécessités sont de base. Elles pèsent même in absentia pour employer un terme de Freud. Simplement, in absentia, elles se déchaînent dans tous les sens du mot.

Or le temps court et d’une sorte qui exclut qu’on continue de s’en tirer par des valabrégags.

C’est pourquoi les « principes concernant l’accession au titre de psychanalyste dans l’École freudienne de Paris », repris de la proposition du 9 octobre par le jury d’accueil, sont présentés au vote de l’assemblée sans un changement.

(51)Sur l’avis du directeur, l’assemblée votera en versant à l’urne un bulletin où s’alignent, de gauche à droite dans l’ordre du moindre assentiment, chacun des trois projets qui lui sont présentés : soit A, celui du jury d’accueil, B, celui de la liste que P. Alien se trouve alphabétiquement ouvrir, C, celui d’Abdoucheli.

Ce mode de vote dit préférentiel est un test au sens où il permet de se produire (dans 9% des cas pour un groupe de votants aussi étendu que le nôtre) à l’effet Condorcet.

On sait que cet effet désigne le résultat inconsistant, où un choix dominant un autre et celui-ci un troisième, le troisième domine néanmoins le premier, ce qui exclut d’en rien conclure.

Il serait ici signifiant redoutablement d’une carence de ce que nous avons appelé l’esprit de la psychanalyse.

K. J. Arrow, pour se référer à un autre ordre, celui d’une détermination logique de l’intérêt général, a démontré qu’hors l’unanimité, celui-ci ne saurait se déterminer que de l’opinion d’un seul.

Un corps constitué, quel qu’il soit, peut se permettre d’ignorer tout de la logique et de lui substituer le psychodrame par exemple.

Ceci n’empêche pas la logique de tourner, et de faire tourner ce corps avec elle, pour ou contre ses aises.

 
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