Recherches : lacan lettres et traductions





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RECHERCHES : LACAN LETTRES ET TRADUCTIONS

1928 LACAN Lettre POEME à Ferdinand ALQUIE 01

La transcription ci-après est celle de cette version manuscrite adressée à Ferdinand Alquié. Ce poème est paru dans une version différente au Phare de Neuilly, 1933 (n° 3-4). (On trouve dans les premiers numéros de cette Revue des photos de Braissaï, de Man Ray, une poésie de James Joyce. Dans le numéro 3-4, Jacques Lacan voisinait avec Arp, Ivan Goll, Asturias et Queneau). Il est paru également au Magazine Littéraire, 1977 n° 121 dans une version un peu différente. 1928-05-08 (3 p.)       :
P‹nta =ueÝ[1]

    Τα Πάντα ῥεῖ  = tout coule,      Héraclite ( Fragments )

 
Choses que coule en vous la sueur ou la sève,

Formes, que vous naissiez de la forge ou du sang,

Votre torrent n’est pas plus dense que mon rêve[2],

Et si je ne vous bats d’un désir incessant,

 

Je traverse votre eau, je tombe vers la grève

Où m’attire le poids de mon démon pensant[3];

Seul il heurte au sol dur sur quoi l’être s’élève,

Le mal aveugle et sourd, le dieu privé de sens[4].

 

Mais, sitôt que tout verbe a péri dans ma gorge,

Choses qui jaillissez[5] du sang ou de la forge,

Nature –, je me perds au flux d’un élément :

 

Celui qui couve en moi, le même vous soulève,

Formes que coule en vous la sueur ou la sève,

C’est le feu qui me fait votre immortel amant.

 

 

 

 

                    [6]Melancholiae Tibi Bellae. Hardelot. 6 août 1929

 

                                                      Signé : J. Lacan
[1] – Le titre de ce poème dans Le Phare de Neuilly et les autres parutions est : Hiatus irrationnalis.

[2] – Dans Le Phare de Neuilly, à la place de la virgule il y a un point virgule.

[3] – Dans Le Phare de Neuilly, à la place du point virgule, il y a un point.

[4] – Ce vers est omis dans la version Magazine Littéraire, ce qui n’en fait plus un sonnet. Dans Le Phare de Neuilly, l’article le est remplacé les deux fois par au.

[5] – Les versions Le Phare de Neuilly et le Magazine Littéraire indiquent « que vous naissiez » au lieu de « qui jaillissez ».

[6] – Seule la version manuscrite à F. Alquié comporte cette mention. Les autres indiquent « H.P., août 1929, Jacques Lacan ».
1928 LACAN Lettre à Ferdinand ALQUIE 02

Lettre à Ferdinand Alquié (3 p.)

Mardi

 

Mon cher ami,

 

N’avions-nous pas convenu que vous me donneriez de vos nouvelles ?

Venez-donc dîner, si vous le pouvez, ce soir à l’Hôtel-Dieu. Heure : huit heures moins le quart. Demandez le chemin de la salle à manger de la salle de garde si vous arrivez après cette heure. Mais venez plutôt avant – et frappez chez moi à la chambre 3 (demandez au concierge de vous indiquer l’escalier qui mène à nos chambres).

 

De toute façon nous aurons je l’espère l’après-dîner pour bavarder.

 

Si rien de tout cela n’est possible, alors écrivez-moi.

 

Croyez-moi, mon Cher ami, très sympathiquement vôtre,

 

Jacques Lacan

 

Ce 8 mai 1928

1928 LACAN Lettre à Ferdinand ALQUIE 03

Mon cher ami,

 

J’eusse voulu donner à votre lettre de la semaine dernière une réponse digne du vif intérêt que j’y ai porté. C’est à cela et à l’impossibilité de trouver dans ma semaine le moindre loisir, – non à la négligence ni à la paresse –, que vous devez… mon silence.

 

Excusez-moi. Voulez-vous venir dîner avec moi en salle de garde à l’Hôtel-Dieu demain soir – mardi – ? Rendez-vous 7 heures et demie chambre 3.

 

Nous causerons de tout cela. Si à mon grand regret vous ne le pouviez pas, je compte vous écrire de ce surréalisme qui, pour n’y avoir pas la même place que chez vous, compte certes beaucoup dans mes pensées présentes.

 

Très amicalement votre

 

Jacques Lacan

Ce 4 juin 1928

1929 LACAN Lettre à Ferdinand ALQUIE 04

Paris Mercredi 16.10.1929

 

Vous êtes parti, Alquié, vous voulez revenir. Sous quelle pression, sous quelle incitation avez-vous pris cette décision qui n’est peut-être pas mauvaise mais que vous regrettez ? Comment m’avez-vous manqué vendredi il y a quinze jours ? Que nous serions-nous dit à ce moment ? Voilà des questions où je ne m’attarderai pas, pour vous poser seulement celle-ci : que peut-on faire pour vous ? Quel résultat est administrativement dans les limites du possible, je veux dire du demandable.

Dites-le moi : j’agirai pour autant que je le pourrai. Je ferai agir surtout.

 

Le sentez-vous, Alquié ? Quelque chose gît au fond de nous, qui, avec nous, mais presque malgré nous, croît et mûrit, qui vit de nous mais nous fait triompher maintes fois de la mort.

Presque malgré nous, ai-je dit, cela doit parvenir à être mûr. C’est qu’aussi bien nous ne sommes pas libres d’en hâter la venue, d’en orienter la forme – du moins sans dommages.

 

Nos efforts, notre travail quotidien certes nourrissent ce « génie » – du moins on veut le croire. Mais c’est moins par le contenu et l’objet de ces efforts, qu’en tant qu’ils tonifient, exaltent et exercent toute notre personne. On sent bien que tout cela ne fait qu’éveiller quelque chose d’inné et nous qui aussi bien résonnerait peut-être à n’importe quel déchaînement – ou même à l’inertie.

 

Pourtant cela qui est en nous et qui nous possède, cela ne peut saillir et triompher tant que lui est lié ce qui le rend impur ; ce n’est rien moins que nous-même – le nous-même haïssable, notre particularité, nos accidents individuels, notre profit.

Un seule mode d’ascétisme me semble devoir parer à cela : broyer nos désirs contre leur objet, faire échouer notre ambition par le désordre même qu’elle engendre en nous. Je veux dire que rien n’est plus profondément voulu par notre démon, que certains de nos échecs. Jugeons-le à leur taux.

 

Un groupe d’individus qui auraient porté au plus haut point cet assouplissement, pourrait entendre que la même voix parle en eux tous. Un ascétisme, celui-là arbitraire, devrait les porter à la laisser parler seulement par l’organe de quelques uns.

Nulle solitude pour l’aventurier de l’esprit, mais seulement des résistances.

Elles sont au maximum au moment qu’on pourrait croire les avoir abattues. Ils tiennent enfin cette « liberté » pour quoi ils luttent depuis des siècles. Mais ils ne nous montrent plus que des visages vides d’amants séparés de soi-même – ou stupides du visage découvert de l’aimée.

Combien y en aura-t-il parmi nous qui sauront s’exécuter. Vous ne devez plus être – avant tout – que des masques. Numérotez-vous.

 

Pour revenir à des considérations moins elliptiques, je n’ai rien reçu de la revue Documents. Les numéros 3 et 4 parus pourtant, j’aimerais les avoir si l’on m’en faisait le service comme vous me l’aviez promis.

 

J’ai un Bénichou – sur le point de partir au service. Il est solide.

 

Nous avons parlé de vous. Tout m’est apparu plein de suite. Votre lettre des vacances à laquelle je n’ai pas répondu, son contenu – et encore mon regret de ne point vous avoir vu avant votre départ.

 

Écrivez-moi l’adresse de Michel Leiris. Écrivez-lui de moi. Puis je lui donnerai rendez-vous. Vous devez donner un numéro à Chantiers. Oui.

 

À vous Jacques Lacan
1946 LACAN Lettre à Ferdinand ALQUIE 05

Cher ami, 1946-01-10

Un voyage à Londres m’ayant fait absent quand vous vous êtes mariés – une folie d’occupations qui a suivi comme chaque fois que je reviens – la psychasthénie épistolaire –, mais certes pas l’indifférence – pour expliquer que j’attends les jours de la « bonne-année » pour vous féliciter tous deux avec toute mon affection de vous être ainsi noués.

 

Est-il trop tard dans les étapes de nos vies pour que nous puissions espérer après ces cinq ans de rétraction reprendre de nous répondre ?

 

Vous savez, cher Alquié, que vous êtes l’un de ceux que j’aimerais le plus de voir. Voulez-vous m’aider à rompre un certain charme de solitude (sociale, entendez-le) dont je me sens un peu le prisonnier maintenant ?

 

Mon article de Logique dans le numéro où nous avons tous deux collaboré, qu’est-ce qu’il vous dit ? Je vous dirai les réactions de la Sorbonne. Elles sont pour le moins aussi curieuses que celles autrefois du « Collège de Sociologie » (citées en note). Croyez-moi votre fidèle à tous deux,

 

J. Lacan

 

Ce 10 janvier 1946

 

1948 LACAN Lettre à Ferdinand ALQUIE 06 1948-12-17 :  

Mon bien cher ami,

Impardonnable je suis en effet de ne point vous avoir envoyé cette documentation.

Le moindre engagement demandant un peu de loisir – quelques heures du temps ouvert des bibliothèques – est décidément impossible à tenir pour quelqu’un qui est le serf de ses malades de 8 heures 1/2 – du matin à 8 heures 1/2 – du soir ! !

Tel fut mon sort cet hiver.

Et pourtant je parvins à sortir deux conférences au « Collège » de Wahl – sur le conflit individuel et la médiation sociale dans l’expérience psychanalytique.

Vous dirai-je encore que j’ai eu la douleur de perdre ma mère il y a maintenant un mois – et qu’autant le coup, à quoi sa soudaineté donna toute sa force, que j’en ressentis que le souci que j’eus à ce moment de mon malheureux père, contribue pour beaucoup à me rendre la gouverne de ma barque des plus serrées.

Tout cela ne m’excuse pas au reste.

Je m’efforce de guider la bonne volonté de certains de mes élèves – et j’espère aussi vous envoyer quelque chose pour la rentrée – je vais voir ce que cela donne et vous en écris bientôt.

Je pars pour Aix-en-Provence mercredi, car je suis au dernier degré de la tension. Je tiens pourtant.

Ce sont les premières minutes que j’ai pour vous envoyer ce billet. Pardonnez-moi.
Merci de votre indulgence dès maintenant et de votre bon « mot ». À bientôt.

Mes amitiés et celles de Sylvia pour Denise, et croyez-moi toujours votre fidèle,

 

J. Lacan

 

Ce 17-XII-48 1948-12-17 :      Lettre à Ferdinand Alquié (2 p.)
1932 LACAN TRADUIT FREUD Jalousie , Paranoïa, Homosexualité

Traduction de l’allemand par Jacques Lacan d’un article de Freud « Über einige neurotische Mechanismen bei Eifersucht, Paranoia und Homosexualität », paru pour la première fois dans Internationale Zeitschrift Psychoanalyse, Bd VIII, 1922. Cette traduction fut publiée dans la Revue française de psychanalyse1932, tome V, n° 3.pp 391-401.

(391)A.– LA JALOUSIE ressortit à ces états affectifs que l’on peut classer, comme on le fait pour la tristesse, comme états normaux. Quand elle paraît manquer dans le caractère et la conduite d’un homme, on est justifié à conclure qu’elle a succombé à un fort refoulement, et en joue dans la vie inconsciente un rôle d’autant plus grand. Les cas de jalousie anormalement renforcée, auxquels l’analyse a affaire, se montrent triplement stratifiés. Ces trois assises ou degrés de la jalousie méritent les dénominations de :

1.– jalousie de concurrence, ou jalousie normale ;

2.– jalousie de projection ;

3.– jalousie délirante.

Sur la jalousie normale, il y a peu à dire du point de vue de l’analyse. Il est facile de voir qu’essentiellement elle se compose de la tristesse ou douleur de croire perdu l’objet aimé, et de la blessure narcissique, pour autant que celle-ci se laisse isoler de la précédente ; elle s’étend encore aux sentiments d’hostilité contre le rival préféré, et, dans une mesure plus ou moins grande, à l’auto-critique qui veut imputer au propre moi du sujet la responsabilité de la perte amoureuse. Cette jalousie, pour normale que nous la dénommions, n’est pour cela nullement rationnelle, je veux dire issue de situations actuelles, commandée par le moi conscient en fonction de relations réelles et uniquement par lui. Elle prend, en effet, sa racine profonde dans l’inconscient, prolonge les toutes primes tendances de l’affectivité infantile, et remonte au complexe d’Œdipe (392)et au complexe fraternel, qui sont de la première période sexuelle. Il reste très digne de remarque qu’elle soit vécue par maintes personnes sous un mode bisexuel, je veux dire chez l’homme, qu’à part la douleur au sujet de la femme aimée et la haine contre le rival masculin, une tristesse aussi, qui tient à un amour inconscient pour l’homme, et une haine contre la femme, vue comme rivale, agissent en lui pour renforcer le sentiment. Je sais un homme qui souffrait très fort de ses accès de jalousie, et qui, selon son dire, traversait ses tourments les plus durs dans une substitution imaginative consciente à la femme infidèle. La sensation qu’il éprouvait alors d’être privé de tout recours, les images qu’il trouvait pour son état, se dépeignant comme livré, tel Prométhée, à la voracité du vautour, ou jeté enchaîné dans un nid de serpents, lui-même les rapportait à l’impression laissée par plusieurs agressions homosexuelles, qu’il avait subies, tout jeune garçon.

La jalousie du second degré, jalousie de projection, provient, chez l’homme comme chez la femme, de l’infidélité propre du sujet, réalisée dans la vie, ou bien d’impulsions à l’infidélité qui sont tombées dans le refoulement. C’est un fait d’expérience quotidienne, que la fidélité, surtout celle qu’on exige dans le mariage, ne se maintienne qu’au prix d’une lutte contre de constantes tentations. Celui-là même qui en soi les nie, ressent pourtant leur pression avec une telle force, qu’il sera enclin à adopter un mécanisme inconscient pour se soulager. Il atteindra ce soulagement, j’entends l’absolution de sa conscience, en projetant ses propres impulsions à l’infidélité sur la partie opposée, à qui il doit fidélité. Ce motif puissant peut alors se servir des données immédiates de l’observation qui trahissent les tendances inconscientes de même sorte de l’autre partie, et trouverait encore à se justifier par la réflexion que le ou la partenaire, selon toute vraisemblance, ne vaut pas beaucoup plus que l’on ne vaut soi-même[1]

Les usages sociaux ont mis ordre à ce commun état de choses avec beaucoup de sagesse, en laissant un certain champ au goût de plaire de la femme mariée et au mal de conquête du mari. Par cette licence, on tend à drainer l’irrépressible tendance à l’infidélité et à la rendre inoffensive.

La convention établit que les deux parties (393)n’ont pas mutuellement à se tenir compte de ces menus entrechats sur le versant de l’infidélité, et il arrive le plus souvent que le désir qui s’enflamma à un objet étranger s’assouvisse, dans un retour au bercail de la fidélité, près de l’objet qui est le sien. Mais le jaloux ne veut pas reconnaître cette tolérance conventionnelle, il ne croît pas qu’il y ait d’arrêt ni de retour dans cette voie une fois prise. Ni que ce jeu de société, qu’est le « flirt » même, puisse être une assurance contre la réalisation de l’infidélité. Dans le traitement d’un tel jaloux on doit se garder de discuter les données de fait sur lesquelles il s’appuie ; on ne peut viser qu’à le déterminer à les apprécier autrement.

La jalousie qui tire origine d’une telle projection a déjà presque un caractère délirant, mais elle ne s’oppose pas au travail analytique qui révélera les fantasmes inconscients, propres à l’infidélité du sujet lui-même.
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