Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





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André Durand présente
John Hoyer UPDIKE
(États-Unis)
(1932-2009)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées.

Bonne lecture !
Il est né, le 18 mars 1932, à Reading, au cœur du pays allemand de la Pennsylvanie (celui des Amish), une terre blonde tachetée de granges rouges, au cœur aussi de la Crise, issu d’un milieu modeste, étant le petit-fils d'un pasteur presbytérien, le fils d’une luthérienne allemande, employée de grand magasin éprise de littérature, Linda Grace Hoyer, et de Wesley Russell Updike, professeur de mathématiques dans le secondaire et calviniste. «Chonny», comme l’appelaient ses parents, fut un enfant unique timide et asthmatique, qui dessinait et rêvait de vendre un jour ses dessins à Walt Disney ou au ‘’New Yorker’’.

Il grandit à Shillington jusqu'à l'âge de onze ans ; puis ses parents s’établirent à la campagne, dans une ferme qui était une bâtisse de XIXe siècle où habitaient déjà ses grands-parents maternels, à Plowville, dans ce comté de Berks qui allait être le décor de la plupart de ses premières œuvres et de la série de ‘’Rabbit’’. C’est dans cette Pennsylvanie rurale et silencieuse qu’il eut une enfance solitaire, vouée à la lecture, qui le prépara à une vie «cérébrale». Il confia : «L’Amérique qui se présente automatiquement à mon imagination est un pays semi-rural où la radio, le téléphone, le cinéma sont des nouveautés et où les spectres de la moralité protestante exercent encore une forte influence

Il souffrait de bégaiement et de psoriasis, des maladies qui le tenaient à l'écart des autres. Il trouva un réconfort dans le basket-ball, étant un étonnant joueur dans son adolescence ; mais surtout dans la littérature, découvrant William Shakespeare, Ernest Hemingway, Henry Green, James Thurber, James Joyce, Franz Kafka, Marcel Proust ; commençant à s'intéresser au métier d'écrivain en regardant sa mère au travail : «Ma mère rêvait d'être écrivaine et je la voyais souvent taper à la machine dans le salon. C'est là aussi que je me réfugiais quand j'étais malade, je m'asseyais à côté d'elle et je la regardais.» - «L'un de mes premiers souvenirs est de la voir à son bureau. Je contemplais le matériel de l'écrivain, le ruban effaceur pour la machine à écrire, les rames de papier vierge. Et je me souviens des enveloppes brunes dans lesquelles les récits étaient envoyés, et dans lesquelles ils revenaient.»

En 1950, il acheva ses études secondaires à l’école de Shillington où il fut président de sa classe. Grâce à une bourse, il put entrer à l’université Harvard où immédiatement, avec une infatigable énergie, il manifesta son talent en soumettant un flux constant de textes (dont un pastiche de ‘’On the road’’ de Jack Kerouac, texte drolatique où il racontait son tour d’un pâté de maisons en trottinette !) et de dessins au journal étudiant ‘’The Harvard lampoon’’ dont il devint le président, avant d’obtenir, en 1954, un diplôme d’anglais de premier cycle «summa cum laude».

En 1953, il avait épousé Mary Pennington, une étudiante en art, diplômée de Radcliffe.

Il écrivit ses premiers textes, des nouvelles, dont, en 1954, le “New Yorker” publia la première, ‘’Friends from Philadelphia’’, ce qui fut «la percée extatique de sa vie littéraire».

Décidé à faire carrière dans les beaux-arts, il alla étudier le dessin, la couleur et l’histoire de l’art à la prestigieuse ‘’Ruskin school of drawing and fine arts’’ de l’université d’Oxford, en Angleterre, où l’accompagna son épouse qui y donna naissance, en 1955, à leur premier enfant, Elizabeth.

La même année, ils rentrèrent aux États-Unis, s’établirent à Manhattan où il tint une chronique au ‘’New Yorker’’ ("Talk of the town") et publia des poèmes et des nouvelles. Il y resta jusqu’au printemps 1957, date où il quitta la métropole pour s’installer à Ipswich (Massachusetts), près de Salem, afin de se vouer corps et âme à l’écriture.

Il acheva un premier roman qu'il préféra ne pas publier (‘’Home’’, 1957), des poèmes et des nouvelles.

À cette époque, il passa par une crise spirituelle faite de peur existentielle. Comme il perdait la foi, il se tourna vers les œuvres du philosophe danois Søren Kierkegaard et du théologien allemand Karl Barth, qui tous deux donnèrent une assise à ses croyances et à sa vision artistique, dans son cas intimement liées. Et il allait rester un chrétien convaincu pour le reste de sa vie.

Il publia :

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‘’Ex-basketball player’’

(1957)
Poème
Flick Webb fut, au «high school», un champion de basketball. Mais, maintenant, plusieurs années plus tard, son glorieux passé est loin et il n’est plus qu’un pompiste dont la vie semble dans une impasse.
Commentaire
Ce poème de cinq strophes de six vers libres connut un indéniable succès.

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En 1957, naquit à John Updike un fils, David.

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The carpented hen and other tame creatures

(1958)
Recueil de poèmes

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‘’The same door : short stories’’

(1959)
Recueil de nouvelles

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‘’Snowing in Greenwich Village’’

(1956)
Nouvelle
Un jeune couple, Joan et Richard Maple, sont au début de leur mariage.
Commentaire
La nouvelle révèle l’influence de John Cheever.

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Commentaire sur le recueil
Updike s’illustra avec ce recueil, son talent pictural se révélant dans ses esquisses de la Nouvelle-Angleterre.

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The poorhouse fair

(1959)

‘’Jour de fête à l’hospice’’

(1979)
Roman
Dans un hospice situé en rase campagne aux confins du New Jersey et de la Pennsylvanie, la monotonie de l’existence est rompue chaque été par une fête, qui est aussi l’occasion d’une traditionnelle vente de charité. Ce jour-là, dès le matin, les vieillards s’affairent à leurs préparatifs, malgré la menace d’un gros orage, qui finalement éclate. Heureusement, les nuages disparaissent au bout de quelques heures, et la fête commence en fin d’après-midi. Les incidents qui parsèment la journée sont centrés sur la personne du nouveau directeur, Stephen Conner, un jeune administrateur peu doué pour le contact humain. Face à lui, le doyen de l’endroit, Hook (quatre-vingt-quatorze ans), apparaît comme un sage vénérable ; tandis que Gregg, plus jeune (seulement soixante-dix ans !), se comporte un peu comme un gamin mal élevé. Le souvenir de Mendelssohn, l’ancien directeur décédé, domine encore les pensées de tous les pensionnaires.
Commentaire
Ce livre, qui est parcouru d’une irrésistible tendresse, a une densité humaine exceptionnelle. Updike y déploya une pensée dont la profondeur n’exclut pas l’humour, et cette allégorie de la générosité se lit constamment avec le sourire.

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En 1959, John Updike reçut une bourse Guggenheim et la ‘’National institute of arts and letters Rosenthal award’’.

La même année naquit Michael.

En 1960, dans le ‘’New Yorker’’, il publia ‘’Hub fans bid kid adieu’’, un article sur la fin de carrière du joueur de baseball Ted Williams, qui est resté célèbre.

Surtout, il inaugura un cycle romanesque centré sur un personnage :

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Rabbit, run

(1960)

Cœur de lièvre

(1962)
Roman
Dans les années cinquante, Harry Angstrom, qui est surnommé «Rabbit», c’est-à-dire «Lapin», jeune homme de vingt-six ans, qui est démonstrateur dans les grands magasins d’un appareil à éplucher les légumes, qui est marié, père d’un enfant, mais n’éprouve plus aucun sentiment pour sa femme, Janice, se sent piégé à Mt. Judge, morne banlieue d’une petite ville de Pennsylvanie. Il s’accroche à son passé, a la nostalgie du temps où, au «high school», il était un champion de basket-ball. Il se sent prisonnier de son univers domestique, condamné à Ia monotonie d’une vie conjugale sans passion, rêve d’une fuite à travers bois où il détalera tel le Peter Rabbit des contes pour enfants.

Un soir, sur un coup de tête, il s’enfuit en voiture en direction du Sud. Mais il n’a aucun projet, aucun but, se perd dans le labyrinthe des routes et se retrouve au petit matin à son point de départ. Pourtant il ne rentre pas à son foyer. Par I’entremise de son ancien entraîneur, Tothero, il fait la rencontre d’une jeune femme, Ruth, prostituée à ses heures, avec laquelle il se met en ménage. Deux mois plus tard, ayant été sermonné par le pasteur Eccles (ce qui ne l’empêche pas d’envisager de faire l’amour avec la femme de celui-ci !), qui lui apprend que sa propre femme va accoucher, il retourne, repentant, au foyer conjugal. Mais, après I’accouchement, il s’enfuit à nouveau. Janice, désespérée, se remet à boire, et accidentellement noie son bébé. Rabbit revient pour I’enterrement mais repart aussitôt se réfugier chez Ruth qui, enceinte, lui demande de l’épouser. Pris de panique, Rabbit reprend Ia fuite...
Commentaire
Rabbit, homme peu flamboyant, englué dans la banalité et la médiocrité de sa vie, enfermé dans sa misogynie et son narcissisme, est le parfait exemple de l’Américain de la classe moyenne, l’incarnation à la fois banale et extraordinaire de l’Amérique «tiède» (blanche, de classe moyenne, amoureuse de base-ball et divorcée), le roman étant aussi un document sur les États-Unis des années 50, qui affichaient leur confiance dans les valeurs matérialistes et dans I’idéologie majoritaire. Par son refus de jouer le jeu, d’accepter un petit bonheur bourgeois, de s’intégrer dans la société, il met en question les mythes du rêve américain. Manipulée avec humour par un narrateur ironique, c’est la prise de conscience de ce décalage entre ses rêves et les frustrations de sa vie quotidienne qui pousse Rabbit à se révolter, à chercher autre chose que les plaisirs de la société de consommation. Il représente, à certains égards, I’autre Amérique.

On peut voir en lui une réincarnation du Babbitt de Sinclair Lewis, mais d’un Babbitt conscient de sa médiocrité, mal à I’aise dans sa peau, qui n’adhère plus aux valeurs de I’idéologie américaine, mais, cependant, a de vagues aspirations transcendantales, ne cesse de croire dans le Dieu des protestants dont les manifestations sont discrètes mais bienveillantes.

Cependant, s’il s’appelle Angstrom, c’est certainement en référence à «Angst» qui, en allemand, signifie «angoisse». Et ce roman d’apparence mélodramatique est aussi le récit d’une quête. C’est d’abord la quête du paradis perdu de I’enfance, monde de I’innocence, le besoin de retrouver le fil de son enfance le ramenant naturellement chez son ancien entraîneur, qui fut le témoin de sa gloire passée. Cependant, celui-ci a vieilli et son intérêt pour les jeunes athlètes est équivoque ; il ne joue pas le rôle d’intercesseur mais celui d’entremetteur entre Rabbit et la prostituée. C’est à Eccles, pasteur épiscopalien, qu’échoit le rôle de ramener au bercail la brebis égarée ; mais, s’il est venu prôner le respect des conventions, il est lui-même peu sûr de sa foi, n’est pas en mesure de répondre à la quête d’absolu de Rabbit. Tout compte fait, il trouverait la réponse plutôt auprès du pasteur luthérien Kruppenback, qui dénonce I’intervention d’Eccles dans le temporel et soutient que le salut ne peut s’obtenir que par la grâce. Voilà qui révélait le profond sens éthique et religieux du livre.

La circularité de I’itinéraire de sa première fugue marque symboliquement l’échec de sa tentative pour échapper à sa prédestination. À la fin du roman. Il se remet à courir. Rien n’a donc été résolu. Et, s’l court, il fait du surplace. Malgré ses aspirations à une autre vie, il restera à Brewer jusqu’à sa mort.

On a vu en Rabbit le double d’Updike qui aurait incarné en lui ses peurs et ses fantasmes face aux problèmes du monde moderne. Il allait d’ailleurs le faire vivre longtemps, dans trois autres romans et une novella publiés à intervalles réguliers de dix ans environ, entre 1960 et 1990, cette tétralogie ayant été conçue avec une ambition de cohérence globale.

Rabbit fut le personnage d’Updike le plus étudié. Il est entré dans le panthéon des grandes figures littéraires américaines, avec Huck Finn, Jay Gatsby, Holden Caulfield, Nathan Zuckerman. En 2002, dans une liste des meilleurs personnages de fiction depuis 1900, il fut placé parmi les cinq premiers.

Le roman, considéré comme l’un des très grands romans américains, fut placé par ‘’Time’’ dans sa liste des cent plus grands romans de tous les temps.

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En 1960 naquit la seconde fille de John Updike, Miranda.

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‘’A & P’’

(1961)
Recueil de nouvelles

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‘’A & P’’
Nouvelle
Le narrateur, Sammy, jeune homme de dix-neuf ans, est caissier dans une épicerie de la chaîne A & P (Atlantic and Pacific) dans une petite ville au nord de Boston vers 1960. Il se demande pourquoi il a impulsivement quitté son emploi. Car, frappé par l’entrée dans le magasin de trois adolescentes en maillots de bain, il a fantasmé sur l’une d’elles à laquelle il a donné le nom de «Queenie». Mais, dégoûté par le regard concupiscent qu’a porté sur elle le boucher et par la réflexion critique que leur a faite le gérant, il s’en est allé sur le champ, pensant que «une fois vous avez commencé un geste, il est fatal de ne pas aller jusqu’au bout.» Cependant, une fois dehors, il a constaté que les jeunes filles avaient disparu du stationnement. Il se sent à la fin à la fois triomphant et triste, sûr que «le monde sera désormais dur pour moi.».

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Commentaire sur le recueil
On y sent l’influence de J.-D. Salinger.

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Pigeon feathers

(1962)

‘’Les plumes du pigeon’’

(1964)
Recueil de nouvelles

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‘’Pigeon feathers’’

‘’Les plumes du pigeon’’
Nouvelle
David, un jeune garçon, est contraint de tirer sur des pigeons depuis une grange en Pennsylvanie. Alors qu’il regarde, fasciné, les plumes retomber au sol, «il était habité par cette certitude : que ce Dieu qui avait prodigué tant de délicatesse sur ces pigeons idiots ne détruirait pas toute Sa Création en interdisant à David de vivre pour toujours

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Commentaire sur le recueil
On y trouve une évocation très provinciale (et souvent partiellement autobiographique) de la Pennsylvanie.

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