L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde





télécharger 67.54 Kb.
titreL’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde
date de publication29.11.2019
taille67.54 Kb.
typeDocumentos
l.20-bal.com > droit > Documentos



Victime de la gÉographie :
l’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde
par
Natal’ja Ivanova

Revue Znamja
L’histoire du récit de voyage se confond avec celles des flux et des reflux de la liberté en Russie, avec celle de l’avènement de l’individu autonome et indépendant. Puškin n’a jamais passé les frontières, de sorte que son désir passionné de changer de lieu n’aboutit pas à davantage qu’au Voyage à Arzerum. Chez Gogol’, qui non seulement voyagea à travers l’Italie mais put s’y établir quelques années, on voit déjà apparaître des textes italiens. Gercen, Gončarov, Turgenev, Dostoevskij, ont laissé les résultats littéraires de leurs tribulations, des « remarques », des « impressions », dans lesquelles ils analysent la réalité de l’Europe (et pas seulement), non sans partialité. Iosif Brodskij rappelle dans le Voyage à Istanbul que « … toute observation souffre des qualités intrinsèques de l’observateur, […] souvent elle reflète davantage son état psychique que l’état de la réalité qu’il contemple ». Les écrivains du XIXe siècle ont néanmoins laissé à leurs descendants, outre les traces, semblables aux ombres des corps brûlés de Pompéi, de leurs états psychiques, de fabuleux tableaux verbaux à partir desquels Aleksej Kara-Murza a pu, à notre époque, constituer des ouvrages conceptuels tels que Les Russes célèbres parlent de Florence, de Venise, et de Rome.

L’avènement du pouvoir soviétique, la stricte restriction des déplacements poussèrent de nombreux acteurs culturels de Russie à choisir l’émigration. Pour ceux qui réussirent à partir, ce fut le salut physique, mais ils ne décrivirent bien évidemment pas leur déménagement forcé à l’étranger comme un voyage littéraire. Les écrivains-émigrants entamèrent le genre du voyage dans le temps – car il est délicat de qualifier de mémoires la prose de Marina Cvetaeva. Ce genre fut illustré par Bunin, Zajcev, Šmelev, etc.

Le genre du voyage d’écrivain se développe mal sous la contrainte. Pourtant l’écrivain essaie toujours de venir à bout de la fermeture de l’espace et de trouver une sortie à sa cellule. Pour Osip Mandel’štam, la sortie fut l’Arménie au début des années 1930 (Voyage en Arménie), pour Pasternak ce fut la Géorgie (cycle de poèmes intitulé « Les Vagues », traduction de poèmes géorgiens, ainsi que Hommes et positions), pour Ahmatova ce fut l’Asie (lors de son séjour à Taškent pendant l’évacuation). L’intérêt pour les thèmes « provinciaux », exotiques fut stimulé par l’idéographie de l’empire soviétique, formulée ainsi par Brodskij : « Si le sort a voulu que l’on naisse au sein de l’Empire, / Mieux vaut y vivre en province et au bord de la mer ». Et si ce n’est pas le cas ? Alors on s’y rend dès que l’occasion s’en présente. « Il n’y a rien de plus instructif et de plus réjouissant que de s’immerger dans la compagnie de gens d’une race entièrement différence, que l’on respecte, avec laquelle on compatit, et dont on est fier, tout étranger qu’on lui soit », écrit Osip Mandel’štam dans le Voyage en Arménie. Dans ce texte Mandel’štam ne bat nul tambour à la gloire de l’« unité » des peuples soviétiques. Il est plus que perspicace : « La philanthropie n’est pas au nombre de nos vertus. Les peuples de l’URSS cohabitent à la manière des écoliers. Ils ne se connaissent qu’en fonction du pupitre de chacun dans la classe, et ne se parlent que pendant la récréation, tandis que la craie s’effrite ». Mais le besoin de faire plus amplement connaissance, d’en savoir plus sur la géographie, le climat, la culture, la littérature, les hommes, est ressenti de Mandel’štam à Pasternak (Quelques positions, chapitres 4 à 7), de Vassilij Grossman (La Paix soit avec vous !) à Andrej Bitov (Leçons d’Arménie, Album géorgien).

Chez Mandel’štam, la description en tant que telle du voyage et de l’Arménie n’occupe pas plus d’un tiers du texte. Tel Robinson Crusoë, l’auteur rassemble sur l’île de son texte tout ce qu’il peut retirer du vaisseau naufragé qu’est la culture. Pasternak, dans Sauf-Conduit, voyageant à la fois dans l’espace et dans le temps, ne va jamais au-delà de ses convictions personnelles. C’est une prose libre, y compris dans sa poétique. Tandis que les voyages d’Il’f et Petrov dans L’Amérique de plain-pied ont une orientation clairement idéologique, comparant l’Ouest au sain pays des Soviets en pleine croissance.

Mais si un écrivain venait à enfreindre l’équilibre prescrit d’impressions de voyage, l’affaire se terminait mal ; c’est ce qu’il advint, par exemple, dans l’article Le Touriste à la canne, qui fit écho à la publication dans Novyj Mir du journal de Viktor Nekrasov relatant son voyage en Europe.

L’écrivain soviétique pouvait franchir la frontière à condition d’accomplir ses missions idéologiques ; être un agent d’influence, ici et là-bas. Être le propagandiste du mode de vie soviétique, sur le fond duquel on laissait précautionneusement filtrer, (afin qu’elles ne produisent pas de forte impression), quelles images de la réalité occidentale. On avait le droit de s’extasier des fruits du travail des ouvriers et des paysans ordinaires. On avait droit à une dose mesurée d’enthousiasme au sujet de l’art populaire ou traditionnel. Mais dans l’ensemble il fallait dénoncer les mensonges de l’Ouest, et les écrivains soviétiques, respectant les règles du jeu, s’y appliquaient… pour mériter d’un voyage à l’Ouest ! Mais il serait ennuyeux d’énumérer les noms de tous ceux qui ont volontiers parcouru le monde pour ensuite répandre à son sujet un raffinement de calomnies.

Aux voyages à l’Ouest, édités en prose et en vers par la génération des années 1960 afin de montrer aux lecteurs, sous couleurs de dénonciation, de nouveaux témoignages sur le monde et sur l’art, les écrivains-paysans préférèrent une autre direction géographique et idéologique : le voyage en Russie.

Dans la culture soviétique, les voyages littéraires hors de Russie sont en relation avec l’opposition de types idéologiques et culturels. Ce qui est à nous est saint, ce qui est à eux est diabolique.

Les voyages littéraires en Russie étaient aussi fondés sur une opposition, celle d’une culture urbaine dévoyée et d’une culture paysanne sanctifiée. Le héros cherchait (et trouvait) une maison en Russie, ou bien on assiste à la perte de la maison, comparée à une Apocalypse (V. Rasputin, l'Adieu à Matëra, L’Incendie).
***
La chronologie des renaissances ou des extinctions du genre du récit de voyage dans la littérature contemporaine suit les changements du pays et des individus pris à part. Aujourd’hui, l’émigration est replacée par le voyage, court ou long, pour affaires, touristique, ou de vacances reposantes et culturellement enrichissantes. Aussi, depuis la chute du rideau de fer, le genre du voyage russe à l’Ouest acquiert-il de nouveaux traits. L’écrivain voyageur traverse la frontière des temps et se retrouve « dans l’autre monde », y rencontre des personnes avec lesquelles toute communication était auparavant interdite. Le résultat des premières rencontres libres avec l’Ouest et avec les collègues émigrés fut le plus souvent un mélange de choc et d’euphorie.

La traversée de la frontière au moment du début de la Perestroïka est décrite sur un mode à la fois documentaire et fantastique par Evgenij Popov dans son roman Chaos. L’élément documentaire est lié au motif du voyage : l’invitation d’un auteur à un congrès ayant lieu à l’Ouest. Son passeport accomplit un voyage qui devient fantastique, quitte son propriétaire et traverse seul la frontière dans les deux sens. Le rêve du narrateur est de s’installer sur le pont, pour ne vivre ni dans sa patrie ni à l’étranger. Sur le pont, sur la frontière, le héros est introuvable, hors de portée des pouvoirs de son pays comme des politiciens occidentaux qui veulent l’utiliser d’une manière ou d’une autre. C’est là la plus confortable des situations : « Je m’installe sur le pont. Je me fais une petite île qui baigne dans la saleté. Je me prépare de la soupe dans une boîte de conserve. J’établis des relations diplomatiques d’abord avec la Pologne et l’Allemagne, puis avec ma Russie bien-aimée. On écrit des articles sur moi dans les journaux. Je m’enrichis. Je construis une maison verticale, avec au rez-de-chaussée une banque off-shore, et au premier étage, vous devinez quoi. J’aide mon pays natal et sa "démocratie encore mal implantée". Et ainsi de suite… » Ce rêve n’est jamais réalisé. Mais le narrateur énumère tous les pays qui lui sont désormais ouverts, et décrit en détail l’île de Gotland où il réside en tant qu’invité du Centre des écrivains et des traducteurs de la Baltique – auquel l’auteur, à la fin du livre, exprime sa reconnaissance pour son séjour non fictif là-bas.

Après le choc et l’euphorie des débuts et l’accumulation des impressions, les écrivains se sont mis à décrire le séjour à l’Ouest comme une brèche temporaire et féerique dans leur mode de vie. C’est un déplacement dans l’univers du conte de fées. Igor’ Kleh décrit le retour dans la patrie sur le mode sentimental : à la dernière page de son récit Hibernie. Germa.1, il assimile la larme d’émotion versée au moment du retour au goût acquis là-bas du luxe gastronomique, en l’occurrence, des huîtres :
Tu sentiras à nouveau, dans les fosses nasales, sur les muqueuses du larynx, ressurgi d’on ne sait où, le goût de l’huître - montée du rhume, sel, amertume. […] Le conte d’hiver touchait à sa fin. Tout fondait et coulait. Une pluie fine se mit à tomber. Sur le quai et dans la gare, et dans la cohue de la ville, il était difficile de toucher à quoi que ce fût.

Bon retour à la décharge, Herr Voyageur…
Le voyage littéraire du début des années 1990 a pour fond un problème unique et constant : la fin de l’URSS, et son résultat, la chute de l’Empire soviétique.
Il faudrait appeler les gens touchés par ce processus des émigrants passifs : ce ne sont pas eux qui sont partis, ce sont leurs pays. […] Toi, on t’a donné une chance, gratuitement on t’a offert […] une vie après la mort, quarante jours entiers ; alors que dans ton autre vie, celle d’ici, tu étais déjà complètement fichu, momentanément tu t’es sauvé.
L’auteur considère son escapade en Allemagne comme « une fête tardive ».

Igor’ Kleh décrit avant tout le choc reçu lors de l’immersion dans un milieu culturel et une civilisation étrangers. Un homme qui n’a jamais passé les frontières de son pays en quarante ans se sent perdu, au point presque d’avoir peur ; la tête lui tourne devant tant de choses insolites, étranges ; à l’euphorie succède quasiment la dépression. Après quarante années de prison, voici qu’on l’a libéré et qu’on lui dit : « promène-toi donc tout seul ! » « On t’a donné une chance, gratuitement on t’a offert […] cette tardive fête. Car rien ne sera plus jamais comme avant. » Le voyage est apprécié à sa juste valeur d’initiation unique par les sentiments qu’il fait éprouver. Kleh trouve ses propres réactions « reptiliennes », lorsqu’il se décrit comme « un nourrisson aux extrémités outrageusement développées, contenant un adolescent intellectuel et ondulant ». Une fois tombé dans l’« autre monde », l’auteur-héros n’essaie même pas de deviner comment fonctionne le miracle : « Laisse donc le pauvre débris soviétique qui te tient lieu de corps se promener un peu devant toi, et observe, et souris… ». Le résultat : un choc. D’abord parce qu’il se découvre un complexe d’infériorité : « C’est vrai, tu n’as rien mérité de tout ça. Même pas les portes qui se referment toutes seules derrière toi, ni les pissoirs avec appareil photo intégré ». Puis au fur et à mesure de la matérialisation des noms, du coup que donne la réalisation même, incroyable de puissance, de l’Europe, de la culture de ses villes et de ses musées. Troisième élément du choc : Kleh s’était rendu en Europe grâce à une bourse de la fondation Tëpferovskij, qui remet chaque année le prix Puškin. Voyager était sa seule obligation.

Mais plus grandit l’enthousiasme pour la culture occidentale, plus s’approfondit l’autoréflexion. Le goût des larmes qui rattrape le narrateur dans le final, rappelant tant celui des huîtres récemment découvertes, lève enfin la tension.

L’action de la dernière nouvelle de Kleh, Les crocodiles ne rêvent pas, se passe également en Allemagne. Mais le choc est passé, et la narration, devenue plus littéraire, a fané, perdu son énergie. Le héros, « l’habitant », loue une chambre à Berlin et irrite constamment son entourage. La nouveauté, l’enthousiasme admiratif, ont disparu, à sa place restent des histoires quotidiennes peu attirantes. Le principal coloris émotionnel est la nostalgie : « La rue sous les Chênes, la rue sous les Tilleuls. Des piverts en culotte bouffante traversent l’air. Penché à sa fenêtre, l’habitant dit soudain à l’un d’eux, la voix empreinte d’une lointaine nostalgie : "toi au moins, frère, tu n’es pas allemand !" » La conscience de « l’habitant » est sans cesse tournée vers la vie qu’il menait dans sa patrie.

Le voyage n’est plus ici le thème ordonnateur du genre du texte, il est son fond obligé, et d’ailleurs irritant. La réflexion à laquelle se livre « l’habitant » au sujet de l’Ouest en devient ambivalente : le propriétaire irrite « l’habitant », qui de son côté n’assimile pas les leçons civilisatrices (« occidentales ») de « l’hôte ». Ce qui, du voyage, demeure incrusté profondément dans le sujet, c’est le problème du héros-pèlerin, qui doit choisir une voie. Le voyage s’achève en boucle, revenant à son point de départ. Mais il arrive aussi que le voyage provoque un mouvement de répulsion vis-à-vis du milieu natal, et l’immersion dans les profondeurs du Moi.
***
Dans les écrits des auteurs qui se retrouvaient hors des frontières nationales pour la première fois, l’Occident est un espace radicalement autre, sacral, où agissent des forces et des lois inconnues. Pour Elena Švarc, écrire de façon réaliste et détaillée son séjour dans un tel espace n’a pas de sens, aussi appelle-t-elle son voyage littéraire « nouvelle fantastique »2. En effet, le voyageur est autre qu’elle-même.

Dans ses Tournées littéraires Švarc délègue ses sensations au personnage narrateur, allant jusqu’à lui donner un autre nom :
[…] Le héros de ma nouvelle fantastique, ce n’est pas moi, ce n’est pas moi, c’est une certaine Tina Brilliant ! Elle est poète. Elle a mon âge, on se ressemble comme deux gouttes d’eau. Mais elle n’est pas moi ! […] La vie de l’héroïne est coupée en deux : la première moitié est sous le signe de la solitude et de la concentration, dédiée entièrement à la composition de poèmes. […] Et la deuxième moitié, comme si elle était vécue par une autre personne, est remplie par tout ce qu’ignore la première : impressions venues du dehors, connaissances, amitiés et inimitiés courtes ou longues. Et ces deux vies ont chacune leur propre chronologie quotidienne : d’habitude elle se réveille au moment où la nuit tombe, c’est la nuit qu’elle lit et qu’elle écrit, le jour elle dort profondément. Dans l’autre vie, à l’étranger, elle se réveille tôt le matin, et, mue par la curiosité, elle court et court, peut importe où, et la nuit devient, comme pour tout le monde, sommeil. La vie à l’étranger – foncièrement hors des frontières de ses propres habitudes.
Le déplacement géographique est appréhendé comme un changement métaphysique radical et du monde et de l’homme qui voyage. La voyageuse qui s’envole pour le festival des « Enfants de l’Europe » prend ce nom au pied de la lettre, réalisant la métaphore : « lorsqu’en bas sous les nuages apparurent les cercles réguliers des villes allemandes illuminées, au contraire – l’Europe naquit pour moi. Puis, lorsque le plat d’or de Londres crépitant dans la nuit s’inclina jusqu’à devenir vertical, quelque chose au fond de moi changea brutalement, et définitivement. Une métamorphose qui arrive à quiconque s’en va errer dans un autre monde. » De fait, cette description se trouve dans un chapitre intitulé « Initiation ».

En matière d’appréhension du monde, on peut dans une certaine mesure comparer l’homme soviétique ayant passé sa vie dans un monde fermé à l’homme médiéval qui « considérait y compris le voyage géographique comme un déplacement sur la carte des systèmes moraux et religieux : dans tel pays on pensait comme des hérétiques, dans tel autre comme des païens, ou comme des saints ». Elena Švarc fait coïncider son « initiation » avec un moment historique capital : « Je traversai pour la première fois la frontière aérienne de mon encore immense patrie l’année de la chute du mur de Berlin. Le pouvoir soviétique penchait toujours plus irrémédiablement vers son lit de mort, et l’un des symptômes, l’un des signes de son incurabilité, était qu’on avait autorisé un poète non-officiel à répondre à cette invitation et à participer au festival ». Le voyage du poète (figure déjà sacrale, au régime de vie particulier et opposé au quotidien) à une fête, dans l’autre monde, a un caractère triplement sacré. En tout cas E. Švarc ne lui en reconnaît pas d’autre. « Et soudain advient un événement sans précédent et on se retrouve à contempler les olives dans le jardin de Gethsémani ».

Le personnage d’origine soviétique se retrouvera à nouveau à l’étranger au moment où sa patrie disparaîtra. Ce qui appellera la métaphore de la « barque », du « vaisseau », et du tourbillon, image récurrente de la catastrophe, qui engloutit de vaisseau mais par miracle sauve le poète.

L’itinéraire des Tournées commence au paradis slave qu’est « Okhrid, un lac semblable à une mer, l’énorme placenta originel de notre langue », et sur ses bords « le monastère où Cyrille et Méthode entamèrent leur carrière avant d’aller porter l’écriture aux slaves sauvages et hirsutes ». Paradis, lieu d’engendrement puis de naissance de la langue. Puis c’est le jardin de Gethsémani, qui « ressemblait à ce que j’imaginais du Paradis » ; le ton est empreint de plaisanterie, sur fond de visite de la grotte de Sainte Hélène ; puis vient un monastère serbe ; puis l’Amérique – un enfer : « Il n’est rien de plus infernal et de plus sale que le métro de New York […] On aurait dit que la mort nous courait après » ; enfin, le « twilight », fantastique navire, dont le mystérieux propriétaire nain rassemble les poètes du monde. « … La frontière qui sépare ces deux espaces, que ne peuvent franchir ni les gens ni les objets, peut être transcendée au moyen d’un bateau », écrit Ju. M. Lotman. « Le bateau, élément mobile, autorise à pénétrer dans les espaces interdits ». Cet itinéraire entre enfer et paradis, entre la nuit et le jour, le péché et la sainteté, s’achève dans l’indécision, dans le crépuscule de la vie. La traversée de la frontière est un acte à la fois réel et métaphysique.

Dans son Voyage à Tartu3, Ol’ga Sedakova décrit les funérailles de Jurij Mihajlovič Lotman à Tartu, Estonie, où se trouve son université, célèbre, y compris à l’époque soviétique, pour son indépendance. « La ville de Tartu, autrefois Derpt, autrefois encore Jur’jev, n’était pas pour la première fois à l’étranger ». Afin de s’y rendre, il fallait à l’auteur un visa estonien estampillé par le Ministère russe des Affaires étrangères. Ce dernier n’ayant pas apposé son tampon à temps, Sedakova prit donc le risque de partir sans que ses papiers fussent en règle. Elle fut obligée de descendre du train à la frontière, qu’elle traversa néanmoins, en toute illégalité. Ce fut la même chose au retour. Des collègues et compagnons de voyage plus heureux abandonnèrent les autres sur le quai en leur conseillant, moquerie cruelle, d’invoquer les « droits de l’homme » pour leur défense. Le récit s’achève par le retour chez soi du narrateur excédé d’avoir dû payer une amende et subir les brimades habituelles.

« La Russie touche à Dieu », dit Sedakova, rappelant les mots de Rilke. C’est cette frontière qu’elle étudie aujourd’hui, en en ôtant le pathos, par la comparaison de la Russie et de l’Occident autour des rites funèbres, de l’enterrement du Maître. Dans les observations du voyageur, les gens sont rangés en deux groupes : nous et eux.
Les Estoniens se tenaient avec grâce, s’inclinaient avec grâce sur la tombe, et avec grâce ils y laissaient tomber leurs fleurs. Les Russes, recroquevillés, ne savaient pas quoi faire de leurs dos et de leurs épaules. L’héraldique rituelle des poses et des mimiques est depuis longtemps absente du quotidien de notre société ; dans cette langue étrangère de l’étiquette du corps ils ne pouvaient pas dire un seul mot.
Ju. Lotman avait écrit que « la position dans laquelle se trouve la personne qui décrit la scène, la culture à laquelle elle appartient, définissent la métalangue de toute description, dont la base est formée par des opposition de type psychologique, religieux, national, historique ou social »4. De fait le regard intérieur de Sedakova est constamment configuré pour la comparaison. La tension de l’enterrement tient à la comparaison entre la Russie et l’Europe. À « la dureté, la solidité monacales de l’Europe », à « la commune instruction de la latinité », aux « serviteurs des arts libéraux, prêtres de la seule beauté », s’oppose la Russie : « en Russie, tout le monde, pas seulement les savants et les poètes, mais jusqu’aux moines et aux ermites, servait la Russie ». Le résultat n’est pas flatteur pour la Russie : « … là où le philosophe se préoccupe de la vérité, pas de l’Allemagne, où le peintre s’occupe de son clair-obscur, pas de la France, là où personne ne jure ses grands dieux, comme dans le conte "Le Cafard", qu’il se sacrifie soi-même, et ses enfants, et toute son œuvre, pour la Patrie, c’est là seulement que les pays deviennent plus forts et plus soignés… Messieurs ! Mes amis ! Vous n’avez pas remarqué ? Qu’il y a quelque chose dans notre service qui a complètement échoué… » En Russie « chaque personne, prise séparément, n’est connue de personne, n’est nécessaire à personne, ni à son médecin, ni à son professeur, ni au chauffeur, ni au tailleur, ni au cuisinier, ni au président ». Sedakova, en quittant Tartu, fait ses adieux à la « vieille Europe » comme à la « dernière Russie ». Le voyage n’aura pas été seulement un moment de tension ayant révélé bien des aspects de l’Europe, il aura aussi été la plus radicale des opérations de la cataracte qui voilait le regard sur la Russie.

Afin d’atténuer la douleur qui s’en dégage, l’auteur, pour conclure, mène le lecteur dans les catacombes du monastère de Pskovo-Pečorskij. Là, sous la terre, « il n’y a pas de gardien sur la frontière, nul n’est plus besoin de l’ange armé d’une épée de feu ». Le voyage s’est déroulé pendant l’Avent, sous un épigraphe tiré de l’Évangile de Thomas : « Le royaume des cieux est encore semblable à un sac percé de trous ».

***
Les motifs évangéliques, l’opposition entre ange et démon, enfer et paradis, sont constants dans les « voyages littéraires » des années 1990. Andrej Bitov ouvre son essai Descendant du 29 Avril5 par la précision suivante : « Le 29 avril me trouva à Berlin au premier étage d’un autobus qui roulait sur le Kuddam ». Sur cette même page apparaît le motif du Jugement dernier : « Comment ai-je pu oublier ! Le jour que c’est aujourd’hui ! Seigneur, prends pitié, sauve-moi ! Ce jour-là, le jour de l’année ! Vendredi Saint !… » Le narrateur doit obtenir un visa pour la France et la Suisse ; à Paris l’attend une conférence, à laquelle il participe pour « juger, paraît-il, si l’Europe peut compter ou pas sur sa culture ». Ainsi, sur fond de vanité du quotidien (l’Occident respire ennui et lassitude), c’est la quête du Temple orthodoxe qui devient le sujet de l’essai de Bitov : le narrateur vient à s’arrêter près d’un peintre ayant exposé sur un panneau un dessin inspiré du Jardin des délices de Bosch. Il doit surmonter les obstacles que le diable sème sur son chemin ; une jeune femme chauffeur de taxi lui vient en aide, ainsi que « quelqu’un qui battait des ailes, deux ailes fatiguées, dépenaillées, qu’il avait dans le dos ». Le Malin tente alors à nouveau le narrateur : « Il y avait beaucoup plus de bistrots que d’églises le long du chemin, et l’envie le démangeait d’envoyer promener le divin projet salvateur, de préférence dans la direction de celui-là même qui l’empêchait d’entrer dans le temple ». À bout de forces, Bitov parvient tout de même jusqu’à une église très modeste ; là, il s’agenouille et reçoit le pardon de ses péchés. Néanmoins, il entre un peu plus tard dans le bar le plus proche, le Bistrot des Anesses. Sa pensée progresse par cercles : il tourne dans Berlin, éclairé par « un lampadaire tout rond », pour finalement retrouver ses éternelles considérations, « ces pensées russes sur ce qui est russe ! Elles sont toutes les mêmes, semblables. Qu’on soit dans un village russe ou à Paris. Elles tournent comme ce campagnard égaré, sans logis, dans Berlin ; qu’est-ce qui nous arrive, pourquoi sommes-nous là ? Quand nous sommes chez nous, nous regardons de tous côtés en nous demandant où est notre patrie ; tandis qu’à l’Ouest, elle perce en nous comme un pieu ».

Dans la conscience du narrateur de la Flûte berlinoise d’Anatolij Gavrilov tournent aussi des pensées sur la russité. Le narrateur-héros, ayant quitté la Russie pour Berlin, demeure concentré sur son monde intérieur et ses traumatismes. Sa pensée maniaque est fixée sur son pays natal. L’étranger est un espace fermé, une pièce dans laquelle tombe un rayon de soleil : « Le soleil brille à la fenêtre, les oiseaux chantent ; des meubles, des fleurs, des images »6.

Si chez Elena Švarc l’héroïne buvait du café irlandais, chez Sedakova de la vodka – pour évacuer le stress –, si le héros de Bitov préfère la bière, et sa Nastja fume du haschich, chez Gavrilov, en revanche, coule du miel apporté de Russie. En Allemagne bourdonne une guêpe stérile, les fleurs ne sont pas fécondées : « murs, fenêtre, plafond, hystérie ». Le voyage est délétère, et retourne vers les souvenirs des choses qu’on a quittées : « La lune regarde par la fenêtre, et sa lumière tombe sur un tableau dans lequel la lune éclaire un pendu dans un arbre, tandis que sous cet arbre se tient un âne, la tête penchée ». Le monde de Gavrilov est post-apocalyptique. L’Occident, c’est la mort. « Tout monte vers le registre le plus haut, mais s’interrompt aussitôt, et alors c’est un silence de mort ».
***

« De l’art pour l’art », telle est la définition que donne Brodskij de ceux de ses textes liés à ses voyages dans ses conversations avec Solomon Volkov. Ces pérégrinations, dénuées d’une curiosité purement touristique, ont donné lieu non à des essais, mais à des vers, principalement consacrés à l’Italie. Volkov : « Vous aimez voyager ? » Brodskij :
Dans le fond, oui. Mais pas tant voyager que me rendre quelque part et m’y implanter […]. On écrit des poèmes pour rendre grâce, n’est-ce pas ? C’est de là que sortent tous ceux de mes poèmes que j’ai dédiés à certains lieux dans divers pays. Un critique a écrit quelque part que cela donne un journal de bord. C’est n’importe quoi. On écrit parce qu’on a été heureux quelque part et qu’on veut rendre grâce. Remercier, si vous voulez, avec une monnaie équivalente. On paye l’art avec de l’art.
Néanmoins, P. Vajl’ a édité et publié, du vivant de Brodskij, et donc avec son accord, un livre intitulé Pays traversés : voyages avec commentaires. Vajl’ cite, dans la postface, le poème « Fin de siècle », et arrive à la conclusion que la description de ce qui a été vu est, chez Brodskij, « la motivation fondamentale de l’écriture, et l’essence du genre ; […] des choses qui passent pour d’obscures notations lyriques se révèlent être des détails très précis. […] Ces vers sont au plus haut point informatifs ». Ce qui permet de les rapporter au genre du voyage. « Les objets ainsi enfilés sur le fil conducteur en reçoivent comme une quatrième dimension, deviennent des concentrés de temps, fixant les déplacements du poète au cours du monde et de sa propre vie ». Voyageur, errant, nomade, telle est la position de l’auteur qui, dans ses vers, revient constamment vers les « endroits apprivoisés ». Chez Brodskij, l’opposition n’est pas entre patrie et étranger, mais entre nomadisme et sédentarité, route et maison. « Le voyageur est une espèce particulière de nomade, son type civilisé ».

Dans les vers de contemporains de Brodskij fondés eux aussi sur les voyages à travers le monde, par exemple dans La Bottine italienne d’Evgenij Rejn, on aboutit à tout autre chose, principalement à une collection d’impressions. La gratitude émotionnelle pour les nouvelles sensations rencontrées imprègne également les « vers de l’étranger » d’Aleksandr Kušner, et les poèmes du Gotland de Timur Kibirov dans Notations. Pour que les écrits versifiés du voyage acquièrent force et tension, les auteurs ajoutent la culture et le destin aux impressions pures.

Dans le Voyage à Istanbul, Brodskij explique qu’il est né « de la promesse faite à moi-même en quittant ma ville natale de parcourir entièrement le monde habité suivant la latitude et la longitude (le méridien de Pulkovo) auxquelles elle est située »7. Le point de départ des déplacements libres est précisément celui où le poète était privé de liberté. Et l’itinéraire des voyages projetés forme une croix dont l’intersection, le cœur, est sa ville natale. La liberté chèrement gagnée est la condition du voyage, sa motivation, et c’est aussi une croix à porter, une souffrance. Évoquant la vie et la mort de ses parents, qui ne revirent jamais leur fils après son départ, Brodskij hausse les réflexions sur la liberté et le voyage à un niveau métaphysique. Dans le dix-huitième fragment de Stambul, il décrit ainsi son séjour à Athènes :
J’errai sur une grande artère qui n’en finissait pas, envahie soit de gens, soit de véhicules, dans le mugissement des klaxons, sans comprendre un mot – et soudain l’idée m’a traversé l’esprit que c’est bien là l’autre monde, que la vie était terminée, mais que le mouvement continuait, et que c’était cela, l’éternité.
Une absence principielle d’impressions caractérise la prose non-fictionnelle de Boris Ryžij, qui porte le sous-titre de Journal de Rotterdam. La désignation (pas même la description) de son lieu de séjour n’occupe pas plus de 3 % du texte. Elle se limite à un bar, une chambre d’hôtel, une salle de conférences où se tient un congrès poétique à Rotterdam. Une seule fois est évoquée l’architecture de la ville, et c’est pour susciter une impression de « dégoût ». L’auteur est concentré sur une autre réalité, celle d’Ekaterinbourg, et sur d’autres gens, ceux de son groupe. La conscience du narrateur est centrée sur deux préoccupations principielles, la poésie et l’éternité ; deux choses dont l’idée de monument, la stèle de marbre, est l’ironique métaphore.

Dans la nouvelle Travel Agneau d’Anastasija Gosteva, auteur de la même génération, la relation à l’étranger évolue sur un vecteur inverse. La jeune voyageuse part de Moscou pour l’Inde, pays de rêves merveilleux, véritable « planète sur la planète […] Pays, non ; souffle, mirage, aura ». Le voyageur qui se rend en Inde ne cherche pas seulement ce paradis, mais aussi lui-même, devenu « une ombre exaltée, homme sans langue ni histoire, fantôme de Canterville perdu dans l’Himalaya, âme chrétienne avant l’incarnation, enchantée par la promesse du Nirvana ». Ici tous les voyageurs, Européens, Américains, Russes, Israélites, tous sont égaux car tous sont autres. Le texte est coupé en petits chapitres, tantôt correspondant à des impressions, tantôt intitulés « Conversations au haschich ». Ceux qui viennent chercher en Inde un savoir spirituel papotent sans fin, jugeant de leurs propres cultures sur fond de réalité hindoue. Tout ceci contrastant avec le quotidien moscovite frustrant. Une vie droite incite au voyage, à la quête d’une vie fondamentalement différente, où la conscience puisse se trouver élargie. Ce noble voyage est opposé au tourisme, à l’appétit de sensations extérieures : « …tous ces archétypes touristiques, les photos, les lieux à voir, la tournée rapide des monuments célèbres et hop, on repart, les ah, les oh, j’ai visité un temple absolument génial, idiote, - tous ces hameçons grâce auxquels subsiste l’industrie du tourisme et la compagnie "Kodak"… » Finalement, la narratrice comprend que l’Inde n’aidera pas celui que poursuit un sentiment d’incomplétude dans sa propre vie. L’homme veut « une énergie neuve, une révélation fraîche » et « se fiche éperdument des habitudes moscovites, quand tout le monde est en train de mariner dans son propre jus, dans de fétides macérations, quand le clou de la saison n’est justement pas quelque chose de neuf, mais au contraire quelque chose de sale, d’obscène, de scandaleux, une turpitude de plus, et prétexte à commérages ». Le voyage en Inde est un envol vers la pureté et la fraîcheur du monde et du texte, c’est la négation romantique de l’attraction qu’exerce la trivialité du monde environnant, c’est une brèche dans la répétition inlassable de mots identiques. C’est le refus coléreux de la littérature ordinaire : « Lorsque cinq nouvelles sur six commencent par "la vie est un piètre compositeur" ou "c’était une de ces histoires d’amour qui arrivent à tout le monde…" Tais-toi, si tu n’es capable de dire quoi que ce soit de nouveau ! La vie crée des miracles à chaque pas, et une histoire d’amour n’est jamais "une de celles qui…" ! »

***
Chez tous ces auteurs, le voyage est, en fin de compte, une découverte du monde, une fermeture de ce monde, et une découverte de soi-même. La liberté a permis à l’auteur d’accomplir un cercle et se crucifier sur la croix des épreuves et des impressions, afin de trouver « le Texte-Frontière, le Texte-Seuil, au-delà duquel bat, remue, respire, s’élève et transparaît l’Autre » (A. Gosteva). Ainsi, le voyage, qui semble au départ surréel, appelé à la vie par des circonstances tout à fait réelles, devient la métaphore du chemin unique que parcourt l’homme confronté à des « circonstances extraordinaires, telles qu’il n’en est pas dans une biographie typique, normale, ordinaire ». L’auteur-héros doit éprouver souffrances, doutes et tentations.

L’itinéraire spécifique du voyage russe passe par l’Ouest, Jérusalem, la Russie, l’Est, puis la Russie. La relation du monde extérieur se fait, avec une tension plus ou moins grande, en fonction de la relation au centre. L’errance devient une épreuve. L’auteur-héros-voyageur n’est pas seulement concentré sur l’opposition du sien à l’autre, et sur la connaissance de soi à travers l’autre. Depuis la périphérie de l’essai descriptif, le genre du récit de voyage devient une forme littéraire à part entière. Par ailleurs, les questions philosophiques touchant à la vision du monde, au départ accessoires, deviennent essentielles. Le texte, comme la terre étrangère, devient le domaine de l’exterritorialité, où se déploie l’activité spirituelle du voyage russe.
Traduit du russe par Marie Delacroix

1 I. Kleh, « Zimanija.Germa », « Krokodily ne vidjat snov », Ohota na fazana, M., 2002.

2 E. Švarc, « Literaturnye gastroli », Znamja, 2001, n° 1.

3 O. Sedakova, « Putešestvie v Tartu i obratno. Zapozdalaja hronika », Znamja, 1999, n° 4.

4 Ju. M. Lotman, « O metajazyke tipologičeskih opisanij kul’tury. O ponjatii geografičeskogo prostranstva v russkih srednevekovyh tekstah », Izbrannye stat’i v 3-h tomah, t. 1, Tallin, 1992, p. 387.

5 A. Bitov, « Descendant du 29 Avril », Proza novoj Rossii v 4-h tomah, t. 1, M., 2003.

6 A. Gavrilov, « La Flûte berlinoise », Proza novoj Rossij, M., 2003, p. 302.

7 I. Brodskij, « Putešestvie v Stambul », Men’še edinicy. Izbrannye trudy, traduit de l’anglais sous la direction de V. Golyšev, M. 1999, p. 376.

Cahiers slaves, n° 10, UFR d’Études slaves, Université de Paris-Sorbonne, 2008, p. 287-303.

similaire:

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconExposition de l’amitié franco-russe 15 mai au 7 juin 2014
«qu’est-ce que l’art ?» dont nous présentons des extraits en français et en russe

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconRecherche individuelle Mise en commun Prolongement • Faire découvrir...
«Je découvre seul». Les apprenants lisent les questions et répondent par écrit dans le cahier. Réponses à faire trouver

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconDans la conception russe du monde
Incorporel D’autre part, IL est possible que, dans des situations particulières, le corps attire l’attention, mais seulement sur...

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconLitterature destabilisatrice
«Inquiéter, tel est mon rôle» (Gide)  champs pbtique de l’engagement (inquiéter = suspecter + accuser (écrivain juge et procureur)...

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconDe l’âme russe vers le corps russe ?
«De même que nous ne savons ce que c’est qu’un esprit, nous ignorons ce que c’est qu’un corps : nous voyons quelques propriétés;...

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconCommuniqué de presse
«Le Liban sera la conscience de tout l’univers. Le monde entier sera ébranlé dans ses profondeurs si par malheur IL ne parviendra...

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconLe tsar, ou La «question russe» dans l’œuvre de Victor Hugo
«Victor Hugo, Ivan Tourguéniev et les droits de l’Homme», dir. Denis Sellem et Alexandre Zviguilsky : «Le czar, ou la «question russe»...

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconRéputé dans le monde arabe pour la force poétique de ses textes,...
«hobby» qui s'est transformé en profession, ni sur la possibilité de lui substituer une autre activité

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconUtopie dans le monde / hors du monde : «la plus belle nuit du monde»
«la plus belle nuit du monde»3, «une clarté plus vive»4, «tout… si plein»13-14 + forme exclamative

L’Écrivain russe dÉcouvre et referme le monde iconOu encore écrivez lui à l'adresse
«un critique, un adage, un écrivain»etc. Autrefois, Destouches disait que «la critique est aisée, mais l?art est difficile»Qu?est-ce...





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com