L’origine nationale des déportés s’élargit





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date de publication08.11.2019
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Histoire des arts : Nuit et brouillard
Nuit et brouillard est un documentaire réalisé par Alain Resnais paru en 1956. Il s’agit de la première tentative de retracer l’horreur de la déportation et de l’extermination. Ce film sert le devoir de mémoire faire connaître aux jeunes générations ce que fut le génocide juif.
Durée : 32 minutes
Le titre :

Il est tiré d’un décret «  Nacht und Nebel » qui date du 7 décembre 1941. Ce dernier règle le sort des opposants à l’Allemagne : ils sont soit condamnés à mort, soit déportés en Allemagne.
Réalisation du film :

Ce documentaire a été réalisé à partir :

  • d’images tournées en 1955 à Auschwitz

  • d’archives nazies

  • d’archives des alliés qui ont libérés les camps et qui ont tournés différentes séquences dans l’objectif du procès des Allemands.


Contexte de réalisation :

Contexte des années 1950 : le film est réalisé 10 ans après la fin de la guerre.

L'auteur du commentaire, Jean Cayrol, en est un rescapé des camps. Cela donne encore plus de force au texte. Le film a donc été réalisé alors que la découverte des camps est encore un grand choc pour les sociétés occidentales.

Il s’agit du début du devoir de mémoire.

Chronologie des persécutions nazies
1933- 1941 : les principaux camps de concentration sont crées : Dachau (1933), ils sont destinés aux opposants politiques (ex : communistes)

1939 : Les handicapés mentaux sont gazés.

Avec le début de la 2nd guerre mondiale, l’origine nationale des déportés s’élargit.

Janvier 1942 : conférence de Wannsee décide de la « solution finale » : mise en place des camps d’extermination.
Vocabulaire :
Camp d’extermination : camp destiné à exterminer rapidement les juifs et les Tziganes qui, dès leur arrivée, sont envoyés dans des chambres à gaz. Ces camps ont été crées à partir de 1941.

Camp de concentration : camp où sont enfermés les opposants politiques, puis les Juifs. Les conditions de vie y sont très difficiles et les prisonniers y sont maltraités.

Ghetto : quartier juif. Ce terme désigne les quartiers des villes de Pologne où sont parqués les juifs à partir de 1940.

Crime contre l’humanité : notion juridique lors du procès de Nuremberg pour juger les «  actes inhumains et les persécutions systématiques »

Shoah : désigne spécifiquement le massacre des Juifs pendant la 2nd guerre mondiale.
Correction Questionnaire sur le film :


  1. D’où viennent les déportés ?

Les déportés viennent de toute l’Europe. Les juifs des pays occupés par l’Allemagne sont stigmatisés, enfermés dans des ghettos en Europe centrale puis déportés


  1. Dans quelles conditions, les juifs sont-ils transportés ? ( conditions et moyen de transport)

Les Juifs sont transportés dans des wagons de marchandises, entassés à plus de 100 par wagon. Ils manquent d’air, suffoquent, n’ont ni eau ni nourriture et beaucoup meurent avant d’arriver dans les camps «  la mort fait son premier choix »


  1. Qu’arrivent-ils aux déportés lors de leur arrivée dans les camps ?

Ils sont triés à la sortie du train en fonction de leur forme physique, leur âge, leur sexe. Certains sont exterminés directement dans les chambres à gaz. Les autres vont travailler dans le camp : on leur prend tout ce qu’il possède, ils sont rasés, tatoués et revêtent un uniforme rayé.
Nous avons vite appris que les occupants du Lager se répartissent en trois catégories :

(1)les prisonniers de Droit commun, (2) les prisonniers politiques et (3)les juifs. Tous sont vêtus de l’uniforme rayé, mais les droits communs portent à côté du numéro, cousu sur leur veste, un triangle vert ; les politiques un triangle rouge ; les juifs, qui sont la grande majorité, portent l’étoile jaune. Quant aux SS, il y en a, mais pas beaucoup, ils n’habitent pas dans le camp et on les voit rarement. Nos véritables maîtres, ce sont les triangles verts (les kapos) qui peuvent faire de nous ce qu’ils veulent, et puis tous ceux des deux autres catégories qui acceptent de les seconder, et ils sont légions.


Primo Levi, Si c’est un homme, Pocket 1990



  1. Quels sont les membres de la hiérarchie du camp ?

Les Juifs sont en bas de la hiérarchie du camp. Au dessus d’eux, on trouve les kapo, des droits communs, qui ont un certain nombre d’avantages, puis les SS, les « dieux » du camp et enfin le commandant du camp que l’on ne voit quasiment jamais

  1. Quels étaient les avantages des camps pour les industriels ?

Les prisonniers servent de cobayes et de main d’œuvre. Ils ne coûtent pas chers et il s’agit d’une main d’œuvre renouvelable.

  1. A quoi est comparé un camp d’’extermination (prison, hôpital..) ?

Le camp est comparé à une ville on y trouve une prison, un hôpital et même un orphelinat. Les familles des SS s’organisent aussi pour y avoir une vie sociale se recevant les uns, les autres

L’exemple d’Auschwitz. Un camp de Concentration et un camp d’extermination.
Sources Georges Wellers
Total des déportés : 1 613 455 dont 1 433 405 juifs, 21 665 tsiganes
Total des morts : 1 471 595 dont 1 352 980 juifs, 20 255 tsiganes

L’exemple de Treblinka. Un centre de mise à mort " industrielle " 6 chambres à gaz .
Sources Ch. Bachelier
750 000 juifs internés et gazés. Taux de mortalité 99.9 %


  1. Quelle catégorie de population exterminée dans les camps n’est pas citée dans le documentaire ? Ce documentaire peut être critiqué car il ne mentionne pas les tziganes, autre catégorie de population exterminée dans les camps




  1. Pourquoi, selon le narrateur, est-il nécessaire de montrer ces images ?

Il est nécessaire de montrer ces images, qui sont des images d’archives, pour que les générations n’oublient pas ce qui s’est passé On parle du devoir de mémoire.
Compléments pour l’épreuve histoire des arts
Nuit et Brouillard est un film documentaire réalisé par Alain Resnais sorti en 1956. Il traite de la déportation et des camps de concentration nazis, en application des dispositions dites « Nuit et brouillard » (décret du 7 décembre 1941). Le film tire son titre du nom donné aux déportés aux camps de concentration par les nazis, les NN (Nacht und Nebel).

Nuit et Brouillard a été commandée par  un organisme gouvernemental. Un film n’est donc jamais une œuvre d’art totalement libre. Un film à base d’archives a des défauts. Les images sont abîmées, volées, elles peuvent servir de preuve (ex: contre la participation de la SNCF). Il  dure trente-deux minutes, le film est un mélange d'archives en noir et blanc et d'images tournées en couleur.  Ce contraste permet des flash-backs entre passé et présent au cours du film. Le texte, est écrit par Jean Cayrol, et est dit par Michel Bouquet
Il permet de lutter contre le négationnisme (le fait de nier l'existence des chambres à gaz), ainsi qu'un avertissement sur les risques que présenterait une banalisation, voire le retour en Europe, de l'antisémitisme, du racisme ou encore du totalitarisme.
Ce film montre tour à tour comment les lieux des camps de concentration ainsi ce que le travail d'extermination pouvaient avoir une allure ordinaire,comment cette extermination était organisée de façon rationnelle et sans état d'âme, « technique » en un mot, et comment l'état dans lequel ont été conservés les lieux est loin d'indiquer ce qui jadis s'y perpétrait.

Les images sont accompagnées de la lecture d'un texte de l'écrivain français Jean Cayrol, résistant français déporté dans le KZ Mauthausen en 1943.

 

 

Portée du film:

 

Les images choquent et interpellent. Le monologue  final de Jean Cayrol est d'une portée considérable: 
« Qui de nous veille de cet étrange observatoire, pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? Quelque part parmi nous il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus …

Il y a tous ceux qui n’y croyaient pas, ou seulement de temps en temps.

Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays,

et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »

 

 

Les camps de concentration, la torture, l'humiliation, la terreur, l'extermination existent encore aujourd'hui. Ils ne sont pas d'un temps révolu.

 

 

Ce film interroge sur la responsabilité de chacun (qu’aurais-je fait ?). Il pose aussi la question de la capacité technique.

Où s’arrête la morale, l’éthique face à la capacité militaire ? Hiroshima, Nagasaki.  Est-ce que la fin vaut les moyens ?

 

Critiques envers le film:

Ce film  distingue mal « camps de concentration » et « camps d'extermination ». Il est conforme à la vision de la déportation qu'on a dans les années 1950-1960. Le mot « juif » n'est prononcé qu'une seule fois dans tout le commentaire : dans une liste de victimes de l'extermination, « Stern, étudiant juif d'Amsterdam » est évoqué ; mais les autres victimes, dans cette liste, comme cette « Annette, lycéenne de Bordeaux », ne se voient pas reconnaître leur statut de Juif. Le désir antiraciste de l'auteur est de fondre les victimes dans un grand ensemble, sans insister sur la spécificité de la Shoah, qui sera dominante après les années 1970. Le documentaire ne mentionne pas les tziganes, autre catégorie exterminée par les Nazis.

 

 

 

Censure:

 



Image censurée d'un gendarme français dans le camp de Pithiviers pour éviter d'associer l'état français à la déportation dans les camps.

 

 

Liens vers la littérature

 

-   Primo Lévi "Si c'est un homme".

-    Hans peter Richter, "Mon ami Frédéric".

- Kathrine Kressmann Taylor, "Inconnu à cette adresse". 

Liens vers la musique ( non étudiés en cours)
Nuit et Brouillard est une chanson de Jean Ferrat sortie en décembre 1963.
Jean Ferrat né Jean Tenenbaum le 26 décembre 1930 à Vaucresson (Seine-et-Oise) et mort le 13 mars 2010 à Aubenas en Ardèche, est un parolier, musicien, compositeur et chanteur français engagé.
Nuit et Brouillard est une chanson en mémoire des victimes des camps de concentration nazis de la Seconde Guerre mondiale, et en particulier en mémoire de son père, Juif émigré de Russie mort à Auschwitz.
Pour cette chanson Jean Ferrat reçut "le grand prix du disque de l'Académie Charles-Cros" en 1963. Ce fut le début du succès pour le chanteur.

Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent

Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés

Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
Ils ne devaient jamais plus revoir un été

La fuite monotone et sans hâte du temps
Survivre encore un jour, une heure, obstinément
Combien de tours de roues, d'arrêts et de départs
Qui n'en finissent pas de distiller l'espoir

Ils s'appelaient Jean-Pierre, Natacha ou Samuel
Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vichnou
D'autres ne priaient pas, mais qu'importe le ciel
Ils voulaient simplement ne plus vivre à genoux

Ils n'arrivaient pas tous à la fin du voyage
Ceux qui sont revenus peuvent-ils être heureux
Ils essaient d'oublier, étonnés qu'à leur âge
Les veines de leurs bras soient devenues si bleues

Les Allemands guettaient du haut des miradors
La lune se taisait comme vous vous taisiez
En regardant au loin, en regardant dehors
Votre chair était tendre à leurs chiens policiers

On me dit à présent que ces mots n'ont plus cours
Qu'il vaut mieux ne chanter que des chansons d'amour
Que le sang sèche vite en entrant dans l'histoire
Et qu'il ne sert à rien de prendre une guitare

Mais qui donc est de taille à pouvoir m'arrêter ?
L'ombre s'est faite humaine, aujourd'hui c'est l'été
Je twisterais les mots s'il fallait les twister
Pour qu'un jour les enfants sachent qui vous étiez


Vous étiez vingt et cent, vous étiez des milliers
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés
Qui déchiriez la nuit de vos ongles battants
Vous étiez des milliers, vous étiez vingt et cent

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