References liturgiques jean 21, 1-19 axes et visees theologiques





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Communauté Paroissiale St Tugdual Trame Caté dimanche 14 Avril

2012-2013




Dimanche 14 Avril 2013

«Dieu Père »

Thème d’Année : « Se laisser guider par Jésus sur le chemin de ma vie »

  • 1ère rencontre : « S’abandonner comme un enfant », jeu de lancement de l’année

  • 2e rencontre : « Se mettre à la suite de Jésus »

  • 3eme rencontre : « Se convertir pour accueillir Dieu »

  • 4eme rencontre : « Accueillir Dieu en Jésus-Christ »

  • 5eme rencontre : "Parler à Jésus"

  • 6eme rencontre : ‘’Choisir le bien’’

  • 7eme rencontre : "Reconnaître en Jésus le Messie d’Israël "

  • 8eme rencontre : La Pêche miraculeuse


  1. REFERENCES LITURGIQUES

Jean 21, 1-19 

  1. AXES ET VISEES THEOLOGIQUES


 Par la mort et la Résurrection de Jésus, la Vie, nouvelle et éternelle, est donnée en surabondance, c’est ce que nous signifient les eaux du baptême par lesquelles nous devenons chrétiens recevant l’Esprit de Jésus.

 Avec les 7 occupants de la barque, nous sommes invités à reconnaître le Christ qui nous attend sur l’autre rive et à amener notre "pêche" pour participer au Repas du Seigneur : un Pain et un Poisson déjà prêts sur un feu de braises.
  1. OBJECTIFS PEDAGOGIQUES


  1. Qu'ils " accueillent la Parole de Dieu : notre oreille et la leur ont besoin d'être façonnées par elle. " Et pour cela les enfants mémoriseront ce récit et seront capables de le raconter.

Ils se familiariseront donc avec le vocabulaire biblique et théologique de ce récit :

    • MER, SEPT, PECHER, NUIT, BARQUE, MATIN, RIVE, ENFANTS, FILET, COTE DROIT, POISSONS, FEU, PAIN, AIMER, BERGER, SUIVRE.

  1. Qu'ils fassent jouer, vibrer " la Symphonie des Ecritures " car " d'un bout à l'autre de la Bible, les textes se répondent et s'éclairent mutuellement ".

  2. Qu'ils "habitent" ce récit.

Et pour cela, ils en approfondiront la compréhension grâce aux activités et au questionnement-réflexion.

Que les enfants ne restent pas à une lecture anecdotique et " magique " de ce texte mais qu'ils en perçoivent la dimension symbolique. Ils passeront (personnellement et à leur rythme) du sens littéral (d'un terme ou d'une expression) aux sens spirituels (le filet pour l'Eglise, les poissons pour les baptisés etc…).

  1. Qu'ils entrent en dialogue, avec le Christ, avec les autres.

Et pour cela, chacun d'entre eux cherchera le sens que peut avoir pour lui et aujourd'hui cette Parole, car :

" Invitation nous est faite de répondre à la Parole entendue ".

Puissent les enfants entendre chacun pour eux cette question du Christ à Pierre : " M’aimes-tu ? ", et y répondre personnellement.

Ils actualiseront la Parole de Dieu dans leur vie et l'exprimeront dans et par la prière.

  1. Réflexion pour les adultes

  1. Chez les Pères de l’Eglise

" Comme poissons sur l’hameçon, vous avez été tirés par la Parole de Dieu des eaux tumultueuses de ce monde. Les poissons meurent quand on les sort de l’océan, mais les apôtres nous ont péchés de l’océan pour nous faire passer de la mort à la vie. "

(St Jérôme, aux nouveaux baptisés)

" Il y eut un matin. Et Jésus se tint sur le bord du rivage et ses disciples ne reconnurent pas Jésus. L’univers avait été tellement ébranlé en ses bases et son ordre bouleversé qu’ils croyaient être ramenés par la mort du Seigneur aux ténèbres originelles et à l’antique chaos. Alors, le Seigneur, par la lumière de sa Résurrection, ramena le jour et reforma le monde entier en un seul corps afin de ressusciter avec lui dans la gloire. Selon la parole de l’Evangile : " Et il y eut un matin ", c’est-à-dire la nuit de la Passion étant achevée, " Jésus se tint sur le rivage "... afin que l’Eglise dans laquelle les disciples étaient secoués par les flots de la mer retrouve sa stabilité dans la foi.

Jésus trouve, en effet, ses disciples sans vigueur dans leur foi et dénués de force et de courage. C’est pourquoi il les appelle " petits "... " Petits, avez-vous quelque chose à manger ? " ; ces petits, ce sont : Pierre qui avait nié, Thomas qui avait douté, Jean qui avait fui...

Et lui qui nourrit toute créature demande à manger ; lui, le pain, mange car il n’a pas faim de leurs plats, mais de leur amour.

" Quand il entendit que c’était le Seigneur, Pierre prit une tunique car il était nu " Pierre, après sa chute, comme Adam, cherche à cacher sa nudité, il se revêt d’une tunique et se jette à la mer comme pour s’y laver des souillures de son reniement. "

(St Pierre Chrysologue, Sermon 78, dans Bouchet p.215-217)

" La croix fut sa route ", la route de Pierre.

(Bienheureux Aelred de Rielvaux, dans Bouchet p. 452)

" Au lieu de promettre à Pierre ce qu’il lui enseignerait, le Christ se portait garant d’une chose que l’apôtre ignorait complètement : dans cette même barque, au lieu de poissons frétillants, remuerait une foule d’hommes auxquels il redonnerait vie... Pierre va donc redonner vie aux hommes meurtris par les tourbillons du monde, étouffés par les flots du siècle : ainsi, celui qui admirait la barque pleine à ras bord de poissons palpitants admirera davantage encore l’Eglise chargée d’une foule d’hommes vivants... Pierre a effectivement souffert de la nuit, jusqu’à ce que le jour, qui est le Christ, vienne à son secours. "

(St Maxime de Turin, dans Année liturgique 39, 1-2)

" Mène au large, c’est-à-dire dans la haute mer des controverses... L’Eglise est conduite par Pierre au large des controverses, pour voir d’une part le Fils de Dieu ressuscité, de l’autre la diffusion de l’Esprit Saint.

Mais quels sont les filets des apôtres, que l’on ordonne de jeter ? N’est-ce pas l’enchaînement des paroles, les profondeurs des discussions... Il est bien que les instruments de pêche des apôtres soient les filets, qui ne font point périr leur prise, mais la conservent et la retirent des abîmes à la lumière, qui transportent ceux qui flottaient des bas-fonds sur les hauteurs... Ceux que Pierre prend sur une parole, il les remet à la Parole. "

(St Ambroise de Milan, IV, 71-79)

" J’ai posé la nasse de la Parole... Pierre sait comment prendre ceux qui sont épars : ceux qu’il prend sur une parole, il les remet à la Parole. "

(Ambroise de Milan, IV, 72,76)

  1. Dans la revue Initiales, CNER, mars 1987 ;

CE MATIN-LÀ…

" C'était déjà le matin ; Jésus se tint là sur le rivage, mais les disciples ne savaient pas que c'était lui. " (Jn 21,4)

Ils n'ont pas vu flamber le buisson... Tout simplement un feu de braise. Ils n'étaient pas bergers, mais pêcheurs du lac.

C'était en ces jours où le Seigneur se manifestait à eux. Pas de tonnerre ni d'ouragan. Pas de nuée épaisse.

Peut-être une brise légère, juste avant le lever du soleil. Leur peur s'était relâchée et ils commençaient à sortir.

Deux fois déjà, Il avait surgi au milieu d'eux dans la pièce close, corps et cœur ouverts, chemin lumineux dans l'épaisseur de leur nuit. La brise de son Souffle avait fait merveille.

Paix, Pardon, Puissance de régénération en travail ; ils avaient reçu mission.

Ils étaient envoyés, avec pouvoir d'opérer, pour casser le cercle vicieux du mal et arracher l'homme à son terrible enfermement.

Ce matin-là venait au bout d'une nuit de pêche.

Ils étaient aussi vides que leur bateau, pêcheurs bredouilles et déroutés, mal guéris du terrible ouragan de sa Passion et de sa mort, ramassés sur la blessure de leur impuissance. C'est du rivage que son appel est venu. Sa voix a fait vibrer leurs cœurs. Il les a remis au travail, prenant la direction de l'entreprise.

La pêche fut magnifique. Ils sortirent de l'eau assez de poissons pour nourrir des centaines de personnes.

Moïse avait reçu mission de faire sortir d'Égypte les enfants d'Israël.

En ces jours de Pâques, tout le pays avait revécu l'Exode et célébré le Dieu qui sauve. On avait préparé l'Agneau pascal, et on l'avait mangé en famille, prenant la suite des ancêtres que Moïse avait entraînés vers la montagne de l'Alliance et la terre des promesses.

Ce matin-là, il les a appelés : " Enfants "

Comprenaient-ils qu'il les avait mis au monde de la résurrection ? Un seul, semble-t-il, l'avait suivi jusqu'au bout, sur la colline où il fut élevé de la terre, portant la vie à son achèvement. Celui-là a témoigné : il l'a vu incliner la tête pour transmettre l'Esprit.

Chagall, vrai fils d’Israël en notre temps, a présenté, par delà le Buisson Ardent, le peuple naissant des eaux de la mer rouge, Moïse en tête, déjà éclairé de la loi de l'Alliance.

Appelé à devenir berger de ce peuple pour le conduire aux terres de la promesse, en cette Palestine où étaient nés et vivaient ces hommes du bord de lac, Moïse a demandé au Seigneur de révéler son nom le plus intime : " Je Suis "...

Ceux-ci n'osèrent pas demander : " Qui es-tu ? " à celui qui les avait réunis ce matin-là, près d'un feu de braise.

Ils savaient bien que c'était lui, le Seigneur..., Jésus, celui qui leur avait fait entendre : " Si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos péchés. "

Ce matin-là, il ne s'est pas manifesté à eux dans l'incandescence d'un buisson. Il leur a donné à manger du poisson et du pain cuits au feu de braise. Il était comme un père tout occupé de nourrir et d'alimenter et de faire vivre.

Avec Moïse au désert, les ancêtres avaient été nourris de manne.

Quand il avait fait manger toute la foule, à partir de cinq pains et de quelques poissons, au moment de Pâque de l'année d'avant, Jésus avait déclaré : " Le pain vivant, le pain de Dieu, c'est moi ! Le pain de Dieu, c'est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. "

Ils n'ont pas osé le questionner. Ils ont mangé. Ils se sont nourris du pain et du poisson. Ils avaient, pour le cœur et pour l'esprit, le goût de sa présence.

Ce matin-là, le tombeau du monde s'était ouvert. Ils mangeaient et buvaient à la table de la Vie.

Nous ne savons pas s'ils se sont souvenus d'Elie, endormi dans une tristesse mortelle au cours de sa fuite à travers le désert, touché par un ange... " Lève-toi et mange ". Il y avait à ses côtés une galette cuite sur les pierres et une gourde d'eau. " Lève-toi et mange, autrement le chemin sera trop long pour toi. " Eveillés par lui en un matin de résurrection, restaurés à la table des grands voyages, réchauffés au feu vif et secret qui couve la terre, cœurs allumés, ils l'écoutaient. Ce qu'il disait, ressemblait à ceci : " Simon, Fils de Jean, pêcheur du lac en Galilée, puisque je sais que tu m'aimes plus que tous, je t'en donne l'ordre : sois berger. " Je t'ordonne au service de la subsistance de mes brebis et de mes agneaux, laisse-toi conduire pour être en mesure de conduire. Je suis ta route. Suis-moi. Nourris-toi de la force d'être faible, jusqu'à laisser prendre ta vie. Sois élevé à l'ordre de l'amour qui veut que l'autre vive. Conduis mes brebis aux rivages des promesses, en ces terres d'alliance où fructifient les arbres de vie.

Ils ne le virent plus. Ils le suivirent. Ils ont rompu le pain sur tous les rivages du monde. Ils ont fait jaillir sa parole de leurs cœurs. Et la brise de son passage faisait luire les braises sur l'autre rive de la nuit.

Revue Initiales CNER, mars 1987, n° spécial Célébrer,

C) Dans "Laisse-toi réconcilier", Editions du Signe

Pécheur et pêcheur

Le filet de pêche est une image de ce salut que Dieu veut pour tous les hommes : les retirer des eaux de la mort, des forces du mal où ils sont plongés. Tous ces fils qui nous relient les uns aux autres sont comme ce filet que Dieu lance. Dieu ne nous sauve pas les uns sans les autres. Il nous sauve les uns par les autres. Mais imagine que, quelque part, un fil est rompu : le filet laisse passer des poissons… ils sont perdus ! Le plan de Dieu est contrecarré.

Le péché, c'est un peu cela :

rompre un lien…
délier ce que Dieu lie…
dénouer ce qu'il noue…
contribuer à ce que le filet rompe et que les forces de mal gagnent.

Le péché ne se réduit pas à " Dieu et moi "… Il met en péril tout un ensemble. " Nul n'est une île ".

Pour que le projet de Dieu aboutisse il y a donc un fil à renouer, un lien à retisser, un filet à réparer…

La réconciliation c'est un peu cela.

Extrait du Document : "Laisse-toi réconcilier"
Editions du Signe
BP 94 67038 Strasbourg Cedex
d) catéchèse adulte (diocèsaine)
Dans cette fiche, vous trouverez les 3 rubriques suivantes :

  • L’intention et l’objectif de la rencontre

  • Le déroulement

  • Des éclairages possibles


Intentions et Objectifs 
S’approprier le texte d’évangile du jour pour en faire une expérience personnelle et communautaire.

Comme nous le dit le document ressource de Robert Josse, on retrouve dans ce passage les trois dimensions habituelles dans les récits évangéliques d’apparition du Ressuscité : l’initiative de Jésus (21,1. 4-6), sa reconnaissance par les témoins (21,7-13), la mission qui leur est confiée (21,15-23).

Nous chercherons à rapprocher ces 3 dimensions de la doxologie de la prière eucharistique : « Par Lui, avec Lui et en Lui » proclamée à chaque célébration eucharistique.
Déroulement 


  1. PAR LUI

Des pistes pour l’animateur

Dans ce passage d’Evangile, l’initiative vient de Jésus (Verset 1, 4-6).

Il nous aide à le reconnaître. Pour ça, nous devons nous décentrer, reconnaître que nous ne sommes pas tout puissants. Alors il devient source de vie et nourriture.
Les apôtres qui ont pêché toute la nuit sans rien prendre acceptent les conseils d’un inconnu !

Ce n’est pas si facile que ça de se recevoir d’un autre ! C’est pourtant ce qui va permettre la rencontre. Jésus prend l’initiative d’appeler ses amis. D’un autre côté, si Pierre n’avait pas accepté le conseil du monsieur sur la berge, (= de Jésus), il ne se serait rien passé !

Aujourd’hui aussi, c’est Lui qui vient le premier à notre rencontre, c’est Lui qui nous appelle à Le suivre. C'est Dieu qui, foncièrement, cherche et recherche sans trêve l'homme plus que l'homme ne Le cherche.

Laisser l’initiative à Dieu c’est accepter de se décentrer de soi-même, c’est accepter une certaine pauvreté, une certaine humilité.

C’est reconnaître ses limites.
Finalement, c’est reconnaître que, comme Jésus est sur le rivage tandis que ses amis sont sur le plan d’eau, je ne suis pas sur la même plan que Dieu! Il est le créateur, moi, je suis sa créature ; si je suis créé, je ne peux me sauver tout seul ! C’est le Christ qui me sauve et aujourd’hui il continue son œuvre à travers son Eglise, en particulier dans les sacrements où l’initiative de Dieu est première.

Les sacrements sont le signe par lequel Dieu se rend présent et actif dans son Eglise. C’est par eux que je suis nourri.

...« Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ? » Ils lui répondent : « Non. »....

« Jetez le filet ».... 

Ils n'arrivaient pas à le ramener, tellement il y avait de poisson !!!...

« Venez déjeuner ». Jésus prend le pain et le leur donne, ainsi que les poissons...

Des questions possibles

  • Comment dans ma vie, je laisse le Christ avoir l’initiative ?

  • Est-ce que je sais me décentrer de moi-même ?

  • Il n’est pas facile de recevoir les conseils, les dons d’un autre... ! Comment, dans nos communautés, nous laissons-nous bousculer par les nouveaux arrivants (néophytes, étrangers, jeunes, …) et parfois même catéchiser par eux ?


Une expérience possible :

  • Un temps d’adoration (« je me tiens là, Seigneur, en silence, pour te laisser l’initiative ! »)

  • Poser la main sur le livre de la Parole (« C’est sur Toi que je m’appuie, Seigneur ; Tu es ma force, ta parole me nourrit comme ces poissons que tu offres à tes disciples ! »)

  • Cette scène se passe au lever du jour. Ca rappelle le matin de Pâques. Rendre grâce pour chaque matin de ma vie.


  1. AVEC LUI ET EN LUI


Des pistes pour l’animateur

    • Avec Lui : Dans cet épisode, Jésus fait de nous ses collaborateurs : « Apportez de ce poisson que vous venez de prendre». (verset 10)

Jésus avait déjà des poissons. En demandant d’apporter du poisson qu’ils viennent de prendre, Il fait participer ses disciples à la pêche, signifiant ainsi que ce sera maintenant à ses disciples de se faire pêcheurs d’hommes, à sa suite. Ce n’est pas à Lui de tout faire. « Fais tout ton possible : Il fera l’impossible !  Car le métier de Dieu est de faire l’impossible, et le métier de l’homme est de faire son possible ». Cf homélie G. Le Tourneur

Sans le Christ, la pêche n’aurait pas été bonne ! Notre mission est de continuer ce qu’il a commencé. Jésus a déjà cuit les premiers poissons…

Seule la Parole du ressuscité rend l’action des disciples efficace. Encore faut-il que l’on se reconnaisse de Lui. Les ouvriers apostoliques ne peuvent rien obtenir s'ils ne sont pas unis à Jésus, nous dit Robert Josse.


    • En Lui : Dans ce passage d’évangile, le filet rempli de poissons, que Pierre remonte avec difficulté, ne se déchire pas. Il représente l’unité de l’Eglise. Si nous appartenons à cette Eglise, nous nous reconnaissons d’elle et nous ne quittons pas la barque en pleine tempête. Par le baptême, nous faisons pleinement partie du troupeau du Seigneur. Nous sommes en lien avec Lui. Nous sommes ses agneaux si nous sommes de son Eglise. Nous avons donc à faire corps avec l’Eglise.

« Sois le berger de mes agneaux », dit le Seigneur à Pierre. MES agneaux, cela veut dire qu’ils n’appartiennent pas à Pierre. Ce sont les agneaux du Seigneur. Nous sommes toujours tentés de nous appropriés les gens, les paroissiens, les jeunes, les catéchumènes… Méfions-nous de cette idolâtrie ! Nous devenons des écrans à la rencontre du Christ. Notre seule mission est de se mettre à son service. Comme Pierre, nous avons à trouver l’humilité suffisante pour nous mettre au service de notre Eglise, imparfaite, bancale, exigeante, mais …nous sommes envoyés en mission pour faire advenir le règne de Dieu.

Des questions possibles :

« ...Le filet ne s’était pas déchiré ... » Jn 21,11

    • Comment travaillons-nous à l’unité de l’Eglise ? Sommes-nous dedans mais dehors quand elle nous dérange ?




    • Sommes-nous des « propriétaires » dans nos missions ou faisons-nous preuve d’humilité à l’image de Pierre ?

    • Dans la vie de tous les jours,

    • Si je suis père ou mère, comment est-ce que je vis ma relation avec mon/mes enfant(s). Est-ce que je n’oublie pas les limites de ma situation ? (cf. le poème de K Gibran „vos enfants ne sont pas vos enfants“ ).

    • En Eglise, personne n’appartient à personne. Nous appartenons tous au Christ. Ne m’arrive-t-il pas d’oublier que nous sommes tous frères ?

    • Comment accueillons-nous ceux qui sont sur la berge, ceux qui sont « au bord », dans le doute ou en recherche de la foi ? Quel regard avons-nous sur eux ?

Des expériences possibles :

  • Redécouvrir le AMEN de la doxologie comme «  On se reconnaît de Toi pour que Tu viennes en nous ». AMEN, c’est-à-dire « Je crois, c’est du solide ». Cet AMEN est suivi du Notre Père « C’est le Seigneur ». Il s’agit de Ton règne de Ta volonté.




  • Vivre l’Eucharistie riche de tout ce que nous avons partagé en Eglise. C’est la présence de Lui en moi. (« Venez manger du poisson » V. 12). En particulier, être attentif au geste que je ferai lorsqu’en communiant, je tendrai les mains pour recevoir le corps du Christ, conscient que ces simples mots (« le Corps du Christ » me disent « deviens le corps du Christ ». Alors le « Amen » que je dirai aura du poids : « oui, je crois en cette invitation à devenir le corps du Christ, c ‘est du solide ! »


En conclusion : PAR LUI, AVEC LUI ET EN LUI : Avec mes frères et avec le Christ : Lien au Notre Père

Des éclairages possibles


    • Lien avec le Notre Père.

    • Texte de Robert Josse

    • Homélie du Père Gilles Le Tourneur

    • Thème de la miséricorde, du pardon : Il a fallu que Pierre affirme 3 fois son amour de Jésus (en résonance avec sa triple trahison), pour qu'il se voie confier la mission de pasteur. et le dernier mot du texte: "Suis-moi!", qui veut dire qu'il nous précède! Et ça, c'est rassurant!



Robert JOSSE
Dans la (première) conclusion de Jean 20,30-31, l'évangéliste précisait le but dans lequel était rédigé son livre. Le récit reprend néanmoins au chapitre 21 : le Seigneur vivant apparaît une nouvelle fois à ses disciples, non plus à Jérusalem mais en Galilée.

Le chapitre 21 comporte deux sections majeures étroitement liées.

. La première section raconte l'apparition au groupe des disciples, elle culmine sur le repas convivial, offert par le Seigneur, après qu'une pêche miraculeuse a conduit les disciples à reconnaître son identité (21,1-13).

. Dans la seconde section, Jésus confie son troupeau à Simon-Pierre et il lui prédit qu'il mourra martyr ; puis il lui laisse entendre le rôle permanent du ‘disciple que Jésus aimait’, la figure du vrai disciple (21,15-23). L'œuvre de ce dernier est authentifiée au v. 24 par le «nous» de la communauté croyante. Un dernier verset clôt l'ensemble de l'évangile actuel, qui célèbre l'oeuvre accomplie par Jésus.

. Une note du narrateur  précise au v 14 : «Ce fut la troisième fois que Jésus se manifesta aux disciples, après qu'il fut ressuscité d'entre les morts ». Dans l'intention de raccorder son récit à ce qui précède, il évoque ainsi les deux apparitions en faveur des disciples, qui ont été racontées en 20,19-29.

L’apparition au bord du lac (v 1-14)

On retrouve dans ce passage les trois dimensions habituelles dans les récits évangéliques d’apparition du Ressuscité : l’initiative de Jésus (21,1. 4-6), sa reconnaissance par les témoins (21,7-13), la mission qui leur est confiée (21,15-23).

Le verbe « se manifester», utilisé dans les v. 1 et 14, est inhabituel pour dire une apparition du Ressuscité.

Cette manifestation est située au bord du lac de Tibériade, l’évangéliste a nommé ce lieu dans l'épisode des pains en Jean 6,1. En contraste avec les données du chapitre précédent, qui montrent les disciples enfermés par peur des juifs (20,19.26), voici des hommes revenus, comme si de rien n'était, dans leur terre d'origine et à leur ancien métier.

Les trois premiers noms de la liste sont familiers au lecteur de Jean ; les « fils de Zébédée » ne sont pas mentionnés dans le IVème évangile ; deux autres disciples restent anonymes, dont l'un est sans doute le disciple que Jésus aimait. Certains auteurs veulent trouver ici au nombre de «sept » une valeur symbolique de totalité. Notons au moins qu'ils ne sont pas Onze.

La mission apostolique de l’Eglise

Sur une initiative de Simon-Pierre, tous s'embarquent pour la pêche, d'un commun accord. Mais « ils passèrent la nuit sans rien prendre». Cette notation fait écho au constat du récit de la pêche en Luc 5,5 : « Nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre.» En effet, seul Luc parmi les Synoptiques a raconté une pêche miraculeuse ; il la rapporte au début du ministère galiléen ; il la conclut par l'appel des premiers disciples à suivre Jésus et il rejoint ainsi les récits de vocation selon Matthieu (4,18-22) et Marc (1,16-20). Dans les Synoptiques, l'activité de la pêche devient une image pour dire le travail apostolique que Jésus confiera aux siens : « Je ferai de vous des pêcheurs d'hommes. » Ce symbolisme traditionnel se retrouve ici dans ce récit de Jean.

L'échec de la nuit laisse le champ libre à l'intervention miraculeuse. Le contraste entre la nuit et le lever du jour prend une valeur symbolique. Tandis qu'au petit matin rentrent des pêcheurs fort déçus, un autre personnage se tient là sur le rivage. Le lecteur sait qu'il est le Ressuscité, mais non les disciples : ils peuvent le voir et l'entendre, ils «ne savaient pas que c'était le Seigneur Jésus ». Cette notation reviendra au v. 12, mais inversée. Il a l’initiative.

‘Un jour nouveau commence’, celui de la reconnaissance et de la rencontre. Jésus ne se fait pas immédiatement reconnaître, par exemple en donnant la paix comme en 20, 19 ; il interpelle ses disciples comme à l'entrée du premier Discours d'adieu (13, 33) et leur demande, comme s'il avait faim : « Les enfants, auriez-vous un peu de poisson ( à manger) ? » Cette interrogation, formulée en grec en vue d'une réponse négative, s'adresse à des hommes qui n'ont pas réussi à obtenir le fruit de leur travail. Jésus sait que les disciples n'ont rien pris…

Mais il veut renouer avec eux à l'occasion de leur vie professionnelle. D'où le conseil surprenant : « Jetez le filet à droite de la barque, et vous trouverez ! ». L'ordre donné par l’inconnu est suivi de son exécution, il obtient son effet. Le filet est si rempli de poissons qu'ils n'arrivent pas à le hisser à bord : une telle surabondance peut évoquer le miracle des pains donnés à profusion (6,5-13).

La présence du Ressuscité et sa reconnaissance

Dans ce récit d'apparition, le signe permet d’abord la reconnaissance du Ressuscité (cf. 21,7. 12). En même temps, sur l'arrière-fond de la symbolique où la pêche préfigure l'activité des «pêcheurs d'hommes », le récit montre que l'oeuvre d'évangélisation, menée sur la parole du Ressuscité, est le résultat de la présence de Jésus : seule, elle rend efficace l'action des disciples. Les ouvriers apostoliques ne peuvent rien obtenir s'ils ne sont pas unis à Jésus, comme il l'avait dit à partir de l'image des sarments greffés sur la vigne (15,4-5) ; ils portent du fruit lorsqu'ils sont reliés au Fils vivant.

L’'intérêt se porte sur la réaction du Disciple, puis sur celle de Pierre : dès ce verset, le narrateur réunit les deux figures dont traitera la seconde partie du récit. (v 15-23). En les associant, Jean a déjà montré le Disciple supérieur à Pierre dans la compréhension du mystère de Jésus. Celui qui, devant les linges du tombeau déserté par le Seigneur, «vit et crut» (20,8), celui-là est le premier à reconnaître Jésus dans l'étranger sur le rivage. Il dit à Pierre : « C'est le Seigneur ! » Sa proclamation, répétée par le narrateur, motive la réaction de Pierre qui, sans se soucier de la pêche prodigieuse, se jette à l'eau pour rejoindre immédiatement son Maître.

Selon X. Léon-Dufour, le narrateur dit littéralement que Pierre «serra [sur lui] le survêtement » que, comme pêcheur, il portait à même la peau (« car il était nu »). Il ne pouvait l'enlever, car se présenter nu aurait été un manque de respect inadmissible aux yeux d'un juif. C'est pourquoi il « serre» son sarrau autour du corps afin de n'être pas gêné dans la nage. Ce détail narratif prépare l'image qui lui fait écho au v. 18, quand Jésus annonce à Pierre « Un autre te mettra ta ceinture »; au geste aujourd’hui autonome du disciple correspondra plus tard la passivité forcée du martyre. S'il se jette maintenant à l'eau, c'est parce qu'il lui faut franchir le lac pour rejoindre le Seigneur ; c'est aussi parce qu'il devra aussi traverser les eaux de la mort.

Le récit revient au groupe entier. Ils remarquent sur le sol «un feu de braise avec du poisson posé dessus, et du pain ». Jésus aurait-il préparé pour les disciples un repas ? L’inconnu a disparu à nos regards jusqu'au moment où, sur le rivage, Simon-Pierre va tirer le filet pour amener les poissons de la pêche. Le narrateur souligne ainsi le rôle de Pierre : à la place du groupe entier des disciples qui n'avait pas réussi à hisser à bord le filet, c'est Simon-Pierre qui, seul, monte (dans le bateau) et le ramène. Il se comporte en patron de la barque. Tenant compte de la symbolique du travail apostolique, Pierre apparaît le chef de la troupe des missionnaires : ainsi se prépare encore le dialogue où Jésus chargera Pierre de paître ses brebis (v 15s).

Le nombre de cent cinquante-trois poissons a suscité la sagacité des critiques. Il ne correspond clairement à aucun symbolisme connu ; certains maintiennent la possibilité que ce chiffre évoque l'idée d'universalité.

Dans notre récit, ce filet contenant de gros poissons est l'objet d'une attention spéciale : on ne parvient pas à le hisser à bord (21,6), on le tire (21,8), et Pierre l’amène jusqu'à terre (21,11) ; l’on constate enfin qu'il ne s'est pas déchiré. La mission apostolique symbolisée par la pêche vise à unifier les hommes ; Jean l’avait annoncé, Jésus devait mourir afin de «rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés » (11,52). N'avait-il pas dit lui-même également : « J'attirerai tous les hommes à moi» (12,32) ? A présent, c'est Pierre qui « tire » le filet plein de poissons, sans qu'il se déchire. Symboliquement, Pierre se montre le pasteur responsable des fruits obtenus par l'activité de Jésus ressuscité qui se poursuit dans le travail apostolique.
Le repas du Ressuscité

Celui qui, tout à l'heure, a donné le succès aux disciples se présente maintenant comme l'ordonnateur du repas : il convoque ses disciples à recevoir la nourriture qu'il donne. A cette parole fait suite une remarque étonnante : les disciples n'osent pas questionner leur hôte, car ils savent que cet inconnu est le Seigneur. Le narrateur laisse entendre que tous ont partagé la reconnaissance faite par le Disciple.

En réponse à la silencieuse confession de ses disciples, le Seigneur Jésus procède à l'acte de communion, que l’on pourrait qualifier comme ré-instauratrice. Les éléments du repas - le pain unique et le poisson - ne proviennent pas de ce qu'ont apporté les disciples. Jésus, au centre du récit, est celui qui invite et qui donne. Son geste est décrit avec les mêmes termes que dans le récit des pains en Jean 6 : l'horizon est manifestement eucharistique. Cette évocation est analogue à celle que présentait Luc 24 où les deux pèlerins d’Emmaus reconnaissent le Christ à la fraction du pain. Dans notre récit, la reconnaissance a déjà eu lieu ; dès lors, le repas atteste d'abord la pleine réconciliation entre le Seigneur et les disciples qui l'avaient laissé seul (16,32) et il rétablit la communion que la mort avait brisée. L'accent mis sur « ressuscité d'entre les morts» complète à dessein l'évocation eucharistique que présente le v. 13. En raison de cette tonalité, le repas partagé signifie que le Christ est présent à la communauté ecclésiale.
Des tâches au sein de la communauté croyante (v 15-24)

La suite du récit concerne non pas la mission des disciples dans leur ensemble comme lors de l'apparition à Jérusalem (20,21), mais celles de Pierre et du Disciple à l'intérieur de la communauté chrétienne.

+ En dialogue avec le seul Pierre dont l’évangile a raconté le triple reniement, le Seigneur lui confie, sur la base d’un amour confessé et vécu, la charge de pasteur du troupeau et il lui annonce son martyre (21,15-19). La prééminence de Pierre, évoquée d'abord en image, s'inscrit dans la perspective de l'unité du groupe ecclésial relié à la présence du Ressuscité. Parmi les ouvriers apostoliques, le Seigneur le charge de paître le troupeau unique : les brebis de Jésus sont unies sous la houlette de Pierre, appelé personnellement à « suivre » le Maître qu'il aime.

+ Puis, aux v 20-24, Jésus répondra à la question concernant l'avenir du Disciple. La parole de Jésus à son sujet est répercutée par le narrateur afin d'écarter une méprise sur sa teneur : le disciple bien-aimé assure pour toujours à la communauté ecclésiale le témoignage de la révélation qu’il a reçue en plénitude et que son évangile lui restitue en vérité. La communauté johannique unanime atteste enfin le rôle du témoin qui demeure.

Une Eglise ancrée dans la présence du Ressuscité

Cette manifestation du Ressuscité aux disciples, on l’aura perçu, n’est pas présentée dans un souci de réalisme, mais d'évocation symbolique. Le narrateur a montré d'abord la communion retrouvée entre Jésus désormais ressuscité et le groupe des disciples, puis il s’est concentré sur les rôles que Jésus attribue à Pierre et au « disciple qu'il aimait » à l'intérieur de la communauté croyante Tout est orienté vers une signification à la fois christologique et ecclésiale : la présence de Jésus, dispensateur de dons, à la communauté croyante.

Le cadre de l'épisode devient lui-même symbolique : la mer est le lieu périlleux de l'action terrestre et le rivage, le lieu du Ressuscité. La troisième manifestation du Seigneur apporte une révélation nouvelle par rapport aux précédentes : le Vivant, qui est retourné au Père, qui donne aux siens de prolonger sa mission et leur a insufflé l'Esprit Saint pour l'accomplir, est là tout proche de l'existence quotidienne de ses disciples. C'est la nuit quand, en dépit de leur projet et de leurs efforts, les pêcheurs ne prennent rien : on ne peut travailler durant la «nuit» (9,4), sans Jésus on ne peut rien faire (15,5). Mais au lever du jour, le Ressuscité, par sa présence, par sa Parole et dans ses sacrements, rend efficace l'action des disciples. C'est de lui que dépend le succès de leur travail, c’est à lui qu'en est amené le fruit, symbolisé par le filet qui ne se déchire pas. Le Ressuscité donne aux siens de se rassembler auprès de lui-même dans l'intimité du repas où, par le pain eucharistique, il leur communique la vie.

Ce chapitre 21 nous apparaît moins comme un appendice que comme un « épilogue », qui correspond en quelque sorte au « prologue» de l'évangile. Selon l'heureuse formule de J. Zumstein, « le chapitre 21 recadre l'ensemble de l'évangile ». Sa perspective envisage la réalité de l’Eglise, tout en demeurant ancrée dans le mystère de la présence aux siens du Christ vivant....

Ressource de cette étude : Xavier LEON-DUFOUR, Lecture du quatrième évangile, tome IV, Seuil 1996, p. 269-285.305-306

Robert JOSSE
Annexes
1èreANNEXE

Homélie du Père gilles Le Tourneur

La guérison de l’imagination blessée de Pierre


Mais pourquoi donc Jésus repose trois fois la même question à Pierre : M’aimes-tu ? Pierre avait bien compris, c’est bon ! Quand on dit : C’est bon, il ne faut pas insister, vous savez. Là, je crois que Jésus veut guérir l’imagination blessée de Pierre. Vous avez remarqué cette chose curieuse : il y a un feu, c’est le petit matin, et c’est trois fois de suite la même question. Ca ne vous rappelle rien ? un certain jeudi saint ? Pierre rejette catégoriquement Jésus par trois fois ; et puis, il y a aussi un feu : le feu terrible et horrible dehors, devant le tribunal ; et puis enfin, c’était la nuit. Là, Jésus veut aller jusqu’au plus profond, jusque dans l’imagination blessée de Pierre.

L’aurore suit toujours l’horreur !

La nuit du jeudi est remplacée par le matin, pour suggérer l’aurore : et vous savez que l’aurore suit toujours l’horreur. Il n’y a pas de nuit si noire qui ne pas suivie d’un matin clair, dit un proverbe vietnamien. Cette parole a toujours été pour moi un soutien.
Le feu, c’est maintenant le feu du petit déjeuner, que Jésus a allumé lui-même ! C’est toujours Jésus qui met le feu partout ! Il faut mettre le feu à la boutique, dit Saint François de Sales. Et enfin, les trois fois où Pierre va dire : Tu sais bien que je t’aime, sont là pour reconstruire le cœur et l’imagination blessée de Pierre. Dans chaque réconciliation, dans chaque sacrement de réconciliation, c’est toujours la même chose : la confession, bien vécue, ne guérit pas seulement de la faute, mais de la blessure qui est à l’origine de la faute. Car on est tous un peu blessés, et la paix nous envahit.

Si on savait le sujet du bac à l’avance ...


Le jour du bac, si on savait le sujet à l’avance, mettons un mois avant, je suis certain que ça simplifierait les choses, non ? Vous ne croyez pas ? Le jour de la fin de notre vie, on sait tous à l’avance, qu’on sera questionnés sur la même question, sur le même thème : Est-ce que tu aimes ? Est-ce que tu as essayé d’aimer les autres, et Dieu ?

Ce sera le thème de l’examen final. Saint Jean de la Croix dit qu’au soir de notre vie, on sera jugés sur l’amour, pas sur les grâces reçues, pas sur les charismes, non ! Pas sur les états mystiques ! Mais sur l’AMOUR ! Moi j’ajouterai sur l’amour, et ... : " Par l’Amour ", heureusement, parce que sinon, j’aurais de quoi avoir peur, vue ma tiédeur, mon manque de cœur et de ferveur !

Imaginez une minute que vous passez en cour d’Assises. Vous entrez, et on vous annonce : Le juge ne peut pas venir : il vient de mourir pour vous !
Non ! Il ne fallait pas ! , vous pourriez répondre. Mais ça vous ferait un grand effet ! Il vient de mourir d’amour pour vous ! C’est exactement ce qui se passe pendant la Passion. Le juge est mort : il n’y plus de jugement. Il n’y a plus que la miséricorde.

Jésus, c’est du solide ! Jean a de bons yeux : il a les yeux du cœur !


Mais revenons à la pêche miraculeuse. Jésus est là sur le rivage. Jésus est toujours sur la terre ferme, après Pâques. C’est du solide, Jésus ! Ce n’est pas du toc, c’est du roc !

Et puis, il n’y en a qu’un qui Le reconnaît : c’est le disciple que Jésus aimait. C’était Saint Jean. Pourquoi ? Parce qu’il a les yeux du cœur, tout simplement. L’amour ne voit pas avec les yeux, mais avec le cœur, dit Shakespeare. Pierre n’a encore rien vu : Jean a devancé Pierre, comme au tombeau vide. Parce que Jean, il aime ! Il est intuitif. Le symbole de Jean, c’est l’aigle. Car l’aigle, il a une bonne vue. À 3OOO mètres d’altitude, il voit un lapin ! Pierre, qui n’a rien sur lui, plonge dans l’eau tout habillé ; si on avait tout inventé, on aurait dit : Pierre enlève ses vêtements, mais là, non ! Moi, quand je plonge, je ne plonge pas tout habillé, c’est bien un témoin qui a écrit ce passage.

Ce ne sont pas les poissons qui sont pêchés, mais les apôtres qui sont repêchés, au dernier moment !

Ce ne sont pas des poissons qui sont pêchés, c’est les apôtres, qui sont repêchés. Car ils avaient tout laissé tomber, après la mort de Jésus. Ils s’étaient remis à leur ancien métier de pêcheurs. Nous aussi, nous sommes souvent repêchés. À l’occasion d’une retraite, d’un pèlerinage. Jésus ? La foi ? Avant ? C’était mort : et puis, ça y est, tout a repris vie en nous ! Dieu revit en nous, Jésus ressuscite en nous. Ca grouille ! Comme les poissons. Il y en avait 153 !
Mais juste avant, il faut se jeter à l’eau. Il faut plonger. Baptême, ça veut dire : plongeon.

L’acte de foi des premiers chrétiens


Vous savez que le Christ dans les catacombes romaines n’était jamais représenté sur la croix, c’était l’horreur de l’horreur, à l’époque. Censure ! Alors on Le représentait par le symbole du poisson, car en grec, le mot poisson, c’est les initiales des 5 mots qui définissent Jésus : Ichthus : "Jésus Christ fils de Dieu, sauveur", l’acte de foi des chrétiens…

L’Église ne peut accepter aucune division : le filet qui ne se déchire pas.


153 poissons ! Un détail pareil, ça ne s’invente pas ! Ça prouve que là non plus, ça n’a pas été inventé. Saint Jean écrit tout ça, 7O ans après : il a à peine 2O ans, à ce moment-là : il se rappelle du nombre de poissons. Les Pères de l’Église disaient que 153, c’était en fait à l’époque le nombre d’espèces de poissons qu’il y avait dans le lac. Comme pour nous dire : toutes les espèces d’humains sont acceptées dans l’Église : on ne refuse personne. Il n’y a personne de trop dans le ciel ! On accepte tout le monde. Et le filet ne craque pas : alors, c’est l’unité de l’Église ! Elle ne peut accepter aucune division, aucun schisme. Pardon pour nos fautes contre l’unité dans nos familles, dans nos couples, dans notre paroisse. On aurait pu les éviter, non ?

Je suis un disciple de Pierre de Coubertin : l’important, c’est de participer

Jésus leur dit : Apportez le poisson ! Pourtant, Jésus en avait déjà. Jésus veut absolument qu’on participe. Ce n’est pas à Lui de tout faire. Fais tout ton possible : Il fera l’impossible ; car le métier de Dieu, c’est faire l’impossible ; mais ton métier, c’est faire ton possible. Dieu qui t’a créé sans toi, ne peut pas te sauver sans toi. Sans tes 5 pains, et tes trois poissons, Dieu ne fait rien de bon ! Les hommes d’armes combattront et Dieu donnera la victoire. (Jeanne d’Arc)

"Paix mes agneaux !"


 Mes agneaux, ça veut dire, que ces agneaux, ils ne t’appartiennent pas. C’est affreux, quand on entend un curé dire : Mes paroissiens ! Eh bien, non, ce n’est pas tes paroissiens. C’est ceux du Seigneur. On dit parfois : Mes enfants ! Non ! Ils m’ont été confiés. Ce n’est pas : Mes enfants. Voyez-vous, on peut jouer sur les mots. Mais c’est toute une attitude fondamentale, qui demande une perpétuelle conversion. Car on a très vite fait d’être propriétaires. Alors que nous, prêtres, nous ne sommes que des régisseurs, que des intendants. Et que nous recevons de Dieu cette charge pastorale : au niveau de la famille, au niveau d’un groupe de catéchèse, au niveau de visites aux malades, d’avoir une grande liberté et de savoir que nous le faisons au nom de Jésus.

Bien sûr, il y a des médiations. Et que tel prêtre, telle personne a été dans notre vie, ou pour nous, déterminante, à un certain moment de notre vie, mais il n’est pas le Seigneur !
Méfions-nous de cette idolâtrie. Dont on voit d’ailleurs les symptômes aux changements de postes, ou d’affectations. Quand on change de paroisse. Une idolâtrie fantastique. Je crois que c’est une erreur. En fait, c’est un service. Il faut prier, pour que ceux qui ont une responsabilité en Église, ne soient pas un écran à la personne du Christ. Vous vous rappelez de cette secte, où ils se sont tous suicidés, oui, il y a une douzaine d’années aux États Unis ? Bien sûr que le prêtre, que le pasteur se donne à fond, mais il faut en même temps qu’il se retire derrière le Seigneur, derrière le Christ. Lui seul paît (du verbe paître) : Mes agneaux ! Je n’aime pas Jean Paul II d’abord à cause de ses qualités personnelles (qui sont immenses), mais j’aime Jean Paul II d’abord parce que c’est lui qui le 16 octobre 78, a été choisi pour conduire la barque de l’Église : il a reçu les clés de saint Pierre.

Au milieu de tas d’ennuis !


Et c’est au milieu des tas d’ennuis, c’est quand tout est perdu, que finalement ils retrouvent Jésus ! Certains pensent qu’on ne peut vivre avec Dieu, que quand tout va bien : travail, loisirs, plaisirs. Que dans un cadre exceptionnel. On ne va à la messe qu’à Pâques, qu’aux JMJ, aux grandes fêtes. C’est d’ailleurs le danger des rassemblements ponctuels. Il faut gérer l’ordinaire, chers amis. Jésus nous atteint tous les jours, si on sait Le voir ! Du matin, jusqu’au soir ! Et dans des circonstances nettement défavorables souvent.
Mon ciel est de sourire à ce Dieu que j’adore, quand Il veut se cacher pour éprouver ma foi ; sourire en attendant qu’Il me regarde encore ; voilà mon ciel à moi ! (Sainte Thérèse de Lisieux).
Jésus apparaît et disparaît après la résurrection, pour habituer les apôtres à vivre de la vitesse de croisière habituelle : la foi, c’est à dire pas le miracle, pas l’extraordinaire. N’attendons pas d’être parfaits, pour aller à Dieu.

Si vous attendez que votre enfant soit parfait, alors vous ne l’aimerez jamais!

Dieu n’appelle que des pêcheurs ! On demande des pêcheurs. Dieu appelle des gens très ordinaires. Pierre, vous l’auriez choisi ? Allez, sûrement pas ! Il avait tout laissé tomber. Il avait renié ! Je ne Le connais pas. Bernadette de Lourdes ? La Mère supérieure a dit à l’Évêque, sur Bernadette : Elle est bonne à rien. Dieu vous appelle, Il nous appelle, chacun !

Dieu n’appelle jamais des gens capables, mais Il rend capables ceux qu’Il appelle !

Père Gilles LE TOURNEUR
HYERES
2ème ANNEXE
« ...Sois le berger de mes agneaux, ...

...Sois le pasteur de mes brebis ...

...Sois le berger de mes brebis ... » (Jn 21, 15-17)
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même.
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.

Khalil Gibran, Le prophète




Catéchèse primaires :
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