La musique, qu'est-ce que c'est ?





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date de publication16.07.2019
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La musique, qu'est-ce que c'est ?
Pour Henri Heine, poète du XIXe siècle, « c'est une étrange chose que la musique ; je dirais volontiers qu'elle est un miracle. Elle est entre la pensée et le phénomène : comme une médiatrice crépusculaire, elle plane entre l'esprit et la matière, apparentée à tous deux, et pourtant différente de tous deux ; elle est esprit, qui a besoin de la mesure du temps ; elle matière, mais qui peut se passer de l'espace ».
La musique, c'est d'abord la durée organisée de façon sonore et le premier élément fondamental en est le rythme. Il organise à lui seul la dimension de la musique dans le sens où c'est un mouvement réglé et mesuré. Il traduit la musique comme en témoignent des musiques réduites au seul élément rythmique.
Au rythme peut s'ajouter une suite de sons ou d'objets sonores qui emmènent la mélodie, elle-même constituée d'une suite de sons ou d'objets sonores. Mais n'importe quelle suite de sons ne sera pas perçue par les uns ou les autres comme mélodie. L'ordre mélodique ne peut suffire à établir une mélodie pour cela il faut qu'il s'inscrive dans un système commun à celui qui écoute, comme celui qui joue.
Sans rythme, rien n'est possible, pour marcher personne n'attaque la marche du pied droit et s'arrête, arrivé à mi-chemin, pour attaquer du pied gauche.
Quand on parle, on parle en mesure, quand on marche, on marche en mesure et tous les gestes se font en mesure ; sans rythme rien n'est possible et en musique encore moins.

Tout ce qui existe possède un rythme que cela soit les mouvements des planètes, ou les vibrations des plus infimes particules. Nous vivons aux rythmes de l'inspiration, de l'expiration et du jour et de la nuit.
Les rythmes sont les images et les sons récurrents dans lesquels s'inscrit notre existence. Ils sont les motifs que nous discernons dans le cours du temps.

Nous avons une pulsation et avec la dernière pulsation s'achève notre vie. Ainsi la vie est directement liée aux rythmes.
Quiconque se met en quête de l'origine du rythme dans la musique suit inévitablement les traces du tambour. Sur presque tous les continents ses traces s'imprègnent de mythes et légendes. Quand on étudie ce que représente le tambour, on découvre que cela est variable d'une culture à une autre. Pour le moine zen, c'est un exercice d'immersion dans l'ici et maintenant et dans le silence total. Pour les « Sambistas » du Brésil, c'est l'explosion de la joie de vivre. Pour le chaman de Corée, c'est le cheval qui lui permet de passer dans d'autres mondes.
Le tambour a été et restera un instrument puissant chargé de magie qui dans de nombreuses cultures parle son propre langage. Ses battements rythment la danse et le deuil qui amènent les hommes à la guerre et la prière.
Pour les stagiaires et les formateurs que je rencontre, mon souhait est de leur permettre d'entamer une réflexion autour de l'activité musicale en Accueil Collectif de Mineurs (ACM).

Et bien entendu prendre du plaisir dans la découverte de la mise en situation rythmique.

Ma pratique de la musique est empreinte d'une part, de la France et de l'Afrique d'autre part. Ce melting-pot musical est à l'origine de ma sonorité musicale.

Le secret des rythmes africains à mon sens réside dans leur portée sociale. Ils parviennent à faire participer les hommes, à les faire bouger au vrai sens du terme et à les rapprocher.

John Chernons, expert en musique africaine, écrit à ce propos :

«  Le rythme dans la musique africaine est un élément socialisant qui structure l'interaction des individus et génère un sentiment de cohésion auquel participent non seulement les musiciens et les danseurs qui transforment cette musique en mouvement, mais aussi les auditeurs qui par une sorte de perception cinétique suivent ce rythme de base ».

le stage de formation BAFA reste un lieu d'expérimentation et d'enrichissement personnel. La diversité des individus qui le composent, par leurs pratiques et leurs cultures musicales, me permettent un perpétuel questionnement sur ma propre pratique.

En ce sens, pour ma part, je reste persuadé qu'une pratique musicale ne peut être figée. Elle se doit d'évoluer jusqu'à approcher la perfection... et c'est sûrement là que nous obtenons la jubilation.

Le rythme transcende la musique et finit par faire oublier la technique.
Pour quiconque souhaitant se perfectionner en musique, je reste persuadé que la technique seule n'est pas suffisante. Et ce malgré l'évidence du passage obligé par l'apprentissage des techniques liées au solfège.
D'autres éléments, les sentiments, les émotions que l'on donne à la musique seront déterminants dans le dépassement de soi-même.
Au préalable, ses rencontres et les stages n'ont pas la prétention de former des musiciens chevronnés, sachant que malgré tout, certains formateurs et stagiaires possèdent déjà une pratique musicale qui s'apparente à celle des professionnels. Les objectifs spécifiques de cette formation et rencontres sont de permettre aux stagiaires et formateurs de :


  • prendre conscience de la richesse sonore de l'environnement, de ne s'arrêter aux gammes diatoniques ;

  • penser l'activité musicale et/ou sonore dans l'activité en général ;

  • réfléchir à la triangulation entre production sonore, joueur et le sens que chacun d'eux donne à l'activité ;

  • construire son propre instrument, de se familiariser avec celui-ci et de tenter de rentrer en contact avec les autres ;

  • se créer des fiches techniques (chants, construction d'instruments, jeux, projets...).

  • élargir son espace d'écoute musicale en entrant en contact avec un monde musicale sonore différent du sien (vidéo, cd audio, etc.) ;

  • réaliser des projets individuels et d'équipe et de les socialiser, de les analyser.

  • réfléchir à l'implication des activités dans les ACM.


Lors de notre rencontre du 14 novembre à 18 h 00 au CEMEA, nous nous sommes posés la question fatidique : que souhaitez-vous pour ces rencontres musiques et chants ?

Voilà quelques unes des envies du groupe qui était présent à cette soirée :
Perfectionner certains chants, apprendre d'autres chants et améliorer le répertoire Ceméatique ;

Construire des instruments qui fonctionnent ;

Jouer avec son corps, avec des objets et avec des instruments accordés ;

Apprendre et de créer des jeux musicaux.
Pour une entrée en matière je leur ai proposé de vivre quelques phases activités sonores pratiquées en stage perfectionnement « activité sonore et musicale ».
Phase 1: Echauffement du corps chacun à son rythme (doigts, mains, poignets, bras, épaules, cou, jambes, chevilles, etc.)
5 à 10 mn
Pour finir cet échauffement, je joue une phrase rythmique. Le groupe reproduit cette phrase en passant des mains au pied. L'important étant d'utiliser tout le corps.
Phase 2 : Travailler une phrase rythmique

10 à 20 mn
Exemple : tou tou ta ta tou tou ta. Ceci peut se traduire par : poitrine main droite, poitrine main gauche ; cuisse main droite, cuisse main gauche ; pied droit, pied gauche et frappe sur les mains. Un temps est nécessaire pour que chacun puisse maîtriser un minimum la rythmique. Nous sommes en cercle et nous jouons ensemble la phrase rythmique tout en effectuant une ronde de droite à gauche. Lorsque le groupe est en rythme un individu qui le souhaite entre dans le milieu du cercle effectue un solo puis reviens dans le cercle en reprenant le rythme des autres.
Phase 3 : dans le même principe une phrase rythmique tiré des « GAMEBOOTS » danse d’Afrique du sud des « zoulous » en France.
10 à 20 mn


Ta Ta Toum Ta toum Ta Ta Toum ou (pa pa poum pa poum pa pa poum)

Peut se traduire par : botte droite, main droite, main gauche, main pied (1, 2, 3), botte droite, main droite, pied droit, botte gauche, main droite, main gauche, pied gauche. Pour tout cela et afin de ne pas se blesser, il est nécessaire de plier sur les jambes, de lever le pied si l'on n'est pas chaud (ou pas souple...). Cela peut faire mal au dos.

Lors de l'orchestration, une des mes pratiques est de mettre en cercle le groupe, de façon à permettre une communication circulaire. De plus, lorsque le groupe joue, une pulsation régulière (phrase rythme simple ou un tambour) rythme le jeu et permet au groupe d'avoir un élément stabilisateur. Le groupe est perturbé par une fréquente entrée en scène d'un autre membre de l'équipe. Les individus du groupe passent sans cesse de l'ordre au chaos, de perte du rythme au retour dans le rythme, ce qui produit chez eux des mécanismes de contrôle. Par ce phénomène, l'individu découvre qu'il est porté par le rythme du groupe.
Phase 4 : chacun membre du groupe va chercher un objet qui fait du brut (un morceau de bois, de fer ou un bidon...)

30 mn à 1 h 00

Idem que pour la phase 3. On se trouve en cercle mais, cette fois, assis. Chacun de nous fait écouter les possibilités de l'objet choisi (quelquefois il possède un nom spécifique, mais ce n’est pas nécessaire).

Puis nous essayons de jouer ensemble, le premier principe étant l'écoute de l'autre, des autres et de soi-même. Indispensable pour que le groupe joue ensemble. Un temps de travail sur l'écoute s'avère nécessaire : la noire sur le temps. Rien que cela peut poser des difficultés pour certains d'entre nous. Ensuite nous passons aux croches, double croches et autres triolets... Lorsque ce travail est effectué et que le groupe semble avoir une base certaine, je demande aux individus du groupe de garder par deux une même phrase rythmique. De sorte que si l'un d'eux perd le rythme, il lui suffit d'écouter ou de regarder son collègue pour revenir dans le rythme. Selon moi, l’idéal consiste d’ailleurs à apprendre en regardant et en imitant dans un premier temps.
Pour les CEMEA (Cf. un certain cahier de l'animation sur la musique) : « Frapper sur deux morceaux de bois, sur un bidon d'huile, frotter deux galets l'un contre l'autre, ou écouter une pièce de monnaie qui tombe sur le carrelage apparaissent à nous comme des bruits anarchiques. Ces sont ne seront pas de simples bruits mais des situations d'activités sonores s'ils s'inscrivent dans une démarche volontaire. Ils ne sont pas le fruits d'un hasard mais bien un choix individuel qui n'aura de sens que dans un contexte particulier.»
Au bout de quelques temps de pratique, on se rend compte que -même si l'on n'a aucune connaissance musicale- nous pouvons arriver à jouer juste et avec les autres. De temps en temps, il y a même des gens qui en vous entendant se déplacent pour vous écouter. C’est le cas de passants dans la rue. C’est dans ces moments-là que vous savez que vous êtes dans la justesse du rythme.
Le batteur Mickey Hard écrit dans son livre le tambour magique : « quand le rythme est juste tu le sens avec tous tes sens, une sorte de confiance, d'envie t'envahit, tu te laisses aller au rythme, tu ne le combats pas. Tu acceptes au contraire de te laisser porter par ce sentiment pénétrant, mais agréable. Tout sens de l'instant présent disparaît. Les catégories habituelles du temps perdent leurs significations. Ton intellect est déconnecté, tu ne juges que par tes émotions. Tes sentiments affluent par tes bras ainsi que par tes jambes et jaillissent du tambour. Tu te sens léger sans pesanteur, tes bras sont comme les ailes, tu voles quand le rythme est juste ».
Beaucoup de personnes s'imaginent que la percussion « c'est du bruit ». Pour nous autres, Africains, la percussion est un langage, que cela soit les djembés, les balafons et/ou les tabalas. Ces instruments nous parlent. Le tabala, par exemple, dans le pays mandingue, était l'ancêtre du téléphone d'aujourd'hui. La musique rythme la vie des gens. Il suffit d'écouter un certain air pour se dire qu'un événement particulier se déroule dans le village.
Phase 5 : chant

15 à 30 mn

Le groupe a souhaité travail un chant de notre Pierre G. Amiot national, que dis-je, international. « La palette » vous savez un p'tyrien de rose, ou un tyrien de rose pour beaucoup un p'tit rien de rose.

Un chant à trois voix (deux voix de femme, une voix d'homme). Cette chanson fut écrite me semble-t-il à Hérouville en octobre 1969. Elle est dédiée à Robert Lelarge. Nous avons essayé-tenté de la chanter puis de la jouer et enfin de mettre la guitare, de trouver des vocalises sur ce chant.
Un p’tyrien de rose sur le bout du sein

Un p’tyrien de rose sur le bout du sein

Un sein quelque chose qui n’a l’air de rien

La La La

Un rien qui carmine, zinzoline, se mutine

Un rien qui car-mi-ne, zin-zo-li-ne

Dans un lit de vin

-dans un lit-de-vin
Un vert émeraude rode dans ses yeux

Un vert émeraude rode dans ses yeux

Un verre en marraude dans un bleu de Dieu

La La La

Un verre en malice qui se glisse qui s'imisce

Un verre en ma-li-ce qui se glisse

Jusqu'au sacre bleu

-jus-qu'au sa-cre bleu
Un rouge garence vermillonne et meurt

Un rouge garence vermillonne et meurt

La palette danse en un champs de fleurs

La La La

Rouge qui s'étire qui soupire qui chavire

Rouge qui s'é-ti-re qui sou-pi-re

En un clin de coeur

-en un clin de cœur
S'enfuir en espagne s'ennivrer de blanc

S'enfuir en espagne s'ennivrer de blanc

Jouer à qui perd gagne sans perdre de temps

La La La

Et noyer la rose bosse rose passerose

Et noyer la ro-se bo-sse ro-se

Dans un verre de blanc

-dans un verre de blanc
Et un gris de peine en ombre du lit

Et un gris de peine en ombre du lit

Et un gris de peine quand tout est fini

La La La

O terre de sienne qui fut tienne qui fut mienne

O terre de sien-ne qui fut tien-ne

Déjà c’est fini !

-dé-jà c’est fi-ni
Une fois le chant terminé, un temps de réflexion nous a permis de partager nos ressentis respectifs. Pour la plupart d‘entre nous, cette séance a surtout été l’occasion de dédramatiser l’activité musique. Ainsi, avec très peu de ressources mobilisées, nous avons pu bâtir un objet pédagogique cohérent, riche et complet.
Prochaine rencontre : Activité sonore, musicale et chant pourrait se dérouler le 23 janvier 2013 à 18h30 (la prémière de l'année). Pensez à vous signaligner.

Merci d'avance.

Pour l'équipe Animation Volontaire.
Adam.

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