Emmanuel Debuire Baratz





télécharger 204.65 Kb.
titreEmmanuel Debuire Baratz
date de publication11.07.2019
taille204.65 Kb.
typeManuel
l.20-bal.com > droit > Manuel
1 Rencontre Patrick Depecker

Un petit banc
Un petit banc… j’ai rencontré

Il m’a dit s’appeler « Amour »

Me précisant que pour aimer

C’était gratuit depuis toujours
Un petit banc…j’ai rencontré

Il m’a dit s’appeler « Espoir »

C’était par un beau soir d’été

J’étais sur lui, venu(e) m’asseoir


Un petit banc…j’ai rencontré

Il m’a dit s’appeler « La paix »

Autour du monde il voyageait

Il la semait sans se lasser…
Un petit banc… j’ai rencontré

Là, dans un parc fait pour lui

Il avait l’air bien fatigué

Mais fier du travail accompli

Il m’a invité(e) à m’asseoir


Voulant jusqu’au bout partager

Ses mots d’Amour, ses mots dEspoir

Pour que sur terre règne la Paix
Dans tous les parcs ou dans les squares

Il y a toujours un banc pour moi

Un messager d’Amour, d’Espoir

M’offrant la Paix à chaque fois !
Marie David, ambassadrice de la paix à l’ONU

2 Le banc-cale

Lycée Professionnel Jean Monnet d’Yzeure

Emmanuel Debuire Baratz

Vers pour les lieux
De ce siège si mal tourné

Qu'il fait s'embrouiller mes entrailles,

Le trou dut être maçonné

Par de véritables canailles.
Quand le fameux Tropmann détruisit Henri Kink

Cet assassin avait dû s'asseoir sur ce siège

Car le con de Badingue et le con d'Henri V

Sont bien dignes vraiment de cet état de siège.

Arthur Rimbaud

(extrait de l’ «Album Zutique»)


3 Si tu t'imagines
Patrice MICHEL


Si tu t'imagines
si tu t'imagines
fillette fillette
si tu t'imagines
xa va xa va xa
va durer toujours
la saison des za
la saison des za
saison des amours
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures

Si tu crois petite
si tu crois ah ah
que ton teint de rose
ta taille de guêpe
tes mignons biceps
tes ongles d'émail
ta cuisse de nymphe
et ton pied léger
si tu crois petite

xa va xa va xa
va durer toujours
ce que tu te goures
fillette fillette

ce que tu te goures

Les beaux jours s'en vont
les beaux jours de fête
soleils et planètes
tournent tous en rond
mais toi ma petite
tu marches tout droit
vers sque tu vois pas
très sournois s'approchent
la ride véloce
la pesante graisse
le menton triplé
le muscle avachi
allons cueille cueille
les roses les roses
roses de la vie
et que leurs pétales
soient la mer étale
de tous les bonheurs
allons cueille cueille
si tu le fais pas
ce que tu te goures
fillette fillette
ce que tu te goures


Raymond Queneau (L’instant fatal)

4 Musette Patrice Michel

En vérité, j’aime qu’on m’ouvre grand la porte, à cause du geste, un geste esquissé n’est pas un geste, une porte entr’ouverte n’incite pas à entrer… J’aime qu’on m’offre à serrer une main, une main bien large, sourire au pas de porte et table partagée… Visiteur du soir, j’ai dans ma poche le roseau chantant d’un bord d’étang, je vous le dis, jeunes gens, faut-il attendre encore pour que la maison s’emplisse de cotillons tournants ? J’aime que virevolte au fond de moi ce qui doit virevolter, les musettes et leurs soleils, le chagrin du matin, la croisée des chemins, mon chapelet de mélancolie…
Jacques Paris (Récit d’argile)

5 Micro-sphère Serge Borgogno
Assis sur mon banc-sphère

Je goûte l’instant présent

Finis la tyrannie du passé, les remords, les regrets

Et l’obsession de l’avenir.
Pas question d’ennui,

Ni de stress.
J’écoute le silence.
Le calme m’envahit.
Le temps devient espace.
Je perçois l’essentiel de l’accessoire,

Je me perçois, enfin, vraiment.


Serge Borgogno

6
Le banc invisible Andrew Mollo et Chandra Masoliver
Calm down

What happens
Happens mostly
Without you


Soyez tranquille

Ce qui arrive

Arrive le plus souvent

Sans vous

Josef Albers

7 Portraits Marc Enjalbert
Eloge du portrait
Fascination des visages, de tous les visages,

Interrogation du mystère de la vie,

Portraits souriants, portraits tristes, de face, de profil,

Ombres fugitives, regards obsédants, forts, appuyés, fuyants,

Portraits d’enfants,

Portraits en traits, portraits en courbes,

Portraits en couleurs, portraits en ombres,

Portraits en taches inversées,

Expressions de douleur, de sérénité, émotions,

Des milliers, des milliards de visages,

Réels, imaginaires, imaginés,

Fascination des regards,

Textures de la peau, des cheveux, des dents,

Orifices des yeux, des narines, de la bouche,

Tous les âges de la vie, vies-âges.
Visage, quintessence de la vie.
Pascale Preston

8 Révolte Jan Peter Langkamp
« Et l’âme, remontant à sa beauté première,

Va de l’ombre fatale à la libre lumière. »

Victor Hugo (Les Contemplations)


9 Arbre de vie

Philippe Jeangeorges

Prière de l’arbre

Je suis la chaleur de ton foyer

par les froides nuits d'hiver,

l'ombrage ami

lorsque brûle le soleil de l'été.

Je suis la charpente de ta maison,

la planche de ta table.

Je suis le lit dans lequel tu dors

et le bois dont on fait les navires.

Je suis le manche de ta houe

et la porte de ton enclos.

Je suis le bois de ton berceau

et celui de ton cercueil.

Je suis le pain de ta bonté,

la fleur de beauté.

Entends ma prière,

ne me détruis pas.


Anonyme

10 Banc flambé Eric Robbiola
INVITATION au BANC
Il s’est arrêté,

A posé ses fesses,

Les a mises au r’pos.

Avec elles, tout lui.

Puis a observé…

Puis a écouté…

A laissé passer

Toutes ses pensées

Sans s’y accrocher

Avec force douceurs

Délices,  joies, bonheur…

Quand il s’est levé

Il a remarqué

Que le banc si blanc

S’était transformé

S’était consumé.

Vous, mes frères et sœurs

qui passez sans cesse

Qui passez si près,

sans l’effleurer d’une fesse

Venez y déposer,

vos peines,

vos larmes

Vos peurs,

vos armes

Et laissez-vous bercer

A écouter

Le chant du silence,

le chant du bonheur,

Le chant de votre cœur. 

Eric Thabké


11 Je vous envoie un bouquet…

Patrice Michel

Je vous envoye un bouquet, que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies,
Qui ne les eust à ce vespre cueillies,
Cheutes à terre elles fussent demain.

Cela vous soit un exemple certain,
Que vos beautez, bien qu'elles soient fleuries,
En peu de tems cherront toutes fletries,
Et, comme fleurs, periront tout soudain.

Le tems s'en va, le tems s'en va, ma Dame,
Las ! le tems non, mais nous nous en allons,
Et tost serons estendus sous la lame,

Et des amours, desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n'en sera plus nouvelle.
Pource aimez moy, cependant qu'estes belle.

Pierre de Ronsard

12 Conversation intime  Gilles Coltel

La vie est un mystère
Semblable à Vénus

Au sortir du bain,

La chevelure abondante

Plus folle

Donne le caractère rugissant,

Avec le bout de leur nez

Pointé,

A deux petits seins emprisonnés

Dans la douceur

Et l’obscurité,

Pulpeux

Et généreux

De larmes d’amour.
Les mains timides

Posées sur ses lèvres

Lentement accompagnent

L’amplitude de son corps

Encore plus chaud

Et ruisselant de gouttelettes

Qui enferment l’éclat

De la blancheur de sa peau.


Je m’approche

Plein de flamme

Mais elle devient transparente

Pareille à une méduse

Inexplicable et piquante

Avant d’aller

Chercher

La liberté.
Dans l’ombre puis le bleu

Bleu profond

Sans lumière

Mais heureux

Les yeux pleins de souvenirs

Je dois partir.
Ô femmes impénétrables

Qui gardent en elles

L’ouverture vers l’immensité

Des vulves gravées dans la terre

Le sang qui guide la vie
Ô jusqu’au bout de mon temps

Mes démangeaisons

Valent un incendie.


Gilles Coltel


13 Traversée

François Monnet

Un mot

- une pierre

dans une rivière froide

une autre pierre encore -

il me faut plus de pierres

pour traverser.


Olav H. Hauge

14 Banlançoire Chantal Bessac et Eric Robbiola

Printemps
Je bêcherai le long des allées

la terre grasse du jardin,

j'y mêlerai mon âme et ses idées,

afin qu'au plein de l'espace,

il pousse les fruits de l'esprit

et les légumes à potage !


Jacques Paris (Vent couleur)


15

Banc et arrière banc - pose paysage
CAUE Allier

De brique et de bois

De terre et de toit
De paille et de copeau

De chanvre et de chaux
De plume et de laine

De pierre et de chêne
De tuile et de vent

D'argile est le banc.

CAUE

(Conseil d'Architecture, d'Urbanisme

et d'Environnement de l’Allier)
16 Cadaqués  Michel Glénat

Les lames de schiste

Comme des étraves géantes

Aux proues des navires de pierre

Repoussent l’invasion liquide.

Une invincible armada

Protège à jamais la perle Cadaqués.
Les cargaisons de lande catalane

Traînent du brun sur l’eau marine

Et le peintre accroche tant de lumière

Aux façades immaculées

Que sa toile reprend sa virginité originelle.
L’œil nouveau

Recompose à l’infini l’œuvre d’art

La fait sienne

Expression du sentiment intime

Révélé par le maître.


Michel Glénat

17 Petit homme Jérôme Danikowski





Jacques Paris (Vent couleur)


  1. Clin d'œil Marc Enjalbert



D’où il veut

le vent
amassant

les tourbillons d’eaux basses

à l’orient de jardins ensevelis
Cognent les sèves

A notre insu
Il est encore très tôt

Nulle blancheur ne se hâte
Juin émarge une migration

Délivre une trajectoire
L’écarlate tressaille

A perte de moissons
Et pèse de quelque miracle

à qui ose un commencement

Christiane Keller

(Le Don de l’été)

19 Bambous Marc Enjalbert
A Ilianis
Nulle cisaille

sur le trille de l’alouette.

Même la fenêtre

ne pèse plus sur la couleur du ciel.

Appel à devenir lumière.
Le jardin palissé d’anciennes questions

donne ses premiers fruits.
Le fil du fond de soi

retient son battement

sur l’inflexion de l’horizon.

De glaise et de souffle

est revenu le geste :

doux levain qui monte dans l’argile
et la main soudain démoule une présence.
Christiane Keller


2
0 Monument aux vivants Brigitte Pelen


Jacques Paris (Vent couleur )

21 Inter-acteurs Féfé

Un poème qui existe,

ou pas...

Je suis,

moi non plus...
Anonimo

22 Fibres Anne Eiché



Les arbres sont des poèmes

que la terre dessine dans le ciel.
Nous les abattons et les transformons en papier afin d'y tracer l'empreinte de notre vide.

Khalil Gibran

23 Les souvenirs Jean-Marc Misiaszek

Les toiles 

Palettes de couleurs

Dans un cadre de lumières

Bruissements des pinceaux

Sur la musique des thèmes.

.

L’artiste sur sa toile

Plonge dans le tableau,

Les couleurs voguent,

Sur la forme de l’être.

.

Paysages de voiles,

Mouvements de corps,

Sous le chant des pinceaux

Le style trouve sa pose.

.

Les crayons des fantasmes

Revoient le clair obscur

Des images intérieures

En un trait clair et sûr. 

Sylvia 

26 Matières

Jérôme Danikowski
Le poète cherche sa vie

et raconte le monde

avec ses mots de brume

ses couleurs inconnues.

Il chante la matière

avec les mains d'un aveugle

et ses gestes dans l'ombre

sculptent le vent d'ailleurs.
Jérôme Danikowski
27 Banc cocon

Lycée Professionnel Jean Monnet d’Yzeure

Manon Quéret Podesta

[…]

Je ne mets pas ma main sur ma bouche,

Je parle avec autant de délicatesse des entrailles,

Que de la tête et du cœur,

Le coït n’est pas plus obscène pour moi que n’est la mort.
Je crois en la chair et les appétits,

Voir, entendre, toucher, sont des miracles, et chaque partie et bout de moi est un miracle.

Je suis divin dehors comme dedans et je sanctifie tout ce que je touche ou qui me touche,

La senteur de mes aisselles est arôme plus exquis que la prière.

Ma tête vaut plus que les églises et les bibles et que tous les crédo du monde.

[…]

Une belle-de-jour à ma fenêtre me satisfait davantage que la métaphysique des livres.

[…]

Walt Whitman Feuilles d’herbes

(Extrait de « Chant de moi-même »)


28 Toi et moi Thierry Desmas
La mort d’un chêne
Mais n’est-il rien de toi qui subsiste et qui dure ?

Où s’en vont ces esprits d’écorce recouverts ?

Et n’est-il de vivant que l’immense nature,

Une au fond, mais s’ornant de mille aspects divers ?
Quel qu’il soit, cependant, ma voix bénit ton être

Pour le divin repos qu’à tes pieds j’ai goûtés…

Dans un jeune univers, si tu dois y renaître,

Puisses-tu retrouver ta force et ta beauté !
[…]


29 Chantier permanent Jérôme Danikowski



Pour faire un banc

Prendre

Une planche de bois

…………………………blanc

Ou deux

 

Prendre

Un clou de fer

………………..  blanc

ou deux

Et…

 

Pour faire un banc

Inviter un

Ou une

Et

S’asseoir

 

Pour faire un poème

S’asseoir

Sur le banc de bois

………………………… blanc

Et

Rêver

 

Et attendre

Attendre que l’un ou l’une dise

« ce banc, c’est tout un poème » 

Marie Bouchon

  1. Le conteur

Jérôme Danikowski


Quand je mourrai, fiston
Quand je mourrai, fiston,

Que ce soit moi l'enfant, le plus petit.

Et toi, prends-moi dans tes bras

Et emmène-moi au-dedans de chez toi.

Déshabille mon être humain et fatigué

Et couche-moi dans ton lit.

Et raconte-moi des histoires, au cas où je me réveillerais,

Pour que je puisse me rendormir.

Et donne-moi des rêves à toi pour que j'en joue

Jusqu'à ce que naisse certain jour

Dont toi seul sais bien ce qu'il est.
Fernando Pessoa

(Alberto Caeiro Le gardeur de troupeaux)


  1. Le jardin de l’amour Jan Peter Langkamp

Marcia Broekarts
Je suis allé au jardin de l’amour

Et j’y ai vu ce que je n’avais jamais vu :

Une chapelle était construite au milieu,

Là où je jouais autrefois dans l’herbe.

Les portes de la chapelle étaient fermées


Et « tu ne dois pas » était écrit sur la porte

Alors, je me tournais vers le jardin de l’amour

D’où naissaient tant de jolies fleurs.

Et je vis qu’il était envahi de sépultures


Et de tombeaux là où il devrait y avoir des fleurs ;

Et que des prêtres en soutane noire y faisaient leur ronde,

Enchaînant avec des ronces mes joies et mes désirs.
William Blake (Chants de l’expérience)
32 Le banc chat Josiane Mercier
La Java des Pussy-Cats
Sur un vieux toit en zingue

Y avait des pussy-cats

Qui dansaient comme des dingues

En f’sant du bruit avec leurs pattes
Alertés, les voisingues,

S’écriaient ça n’a rien d’bath

Y a d’quoi dev’nir sourdingue

On ne peut plus travailler ses maths
Le matou du marchand d’volailles

Une sardine en bandoulière

Avait enlacé par la taille

La chatte de la cuisinière
Chacun faisait du gringue

A la siamoise de l’épicier

C’était un vrai dancingue

A tout l’monde ils cassaient les pieds
Au bout d’une demi-plombe

Ecœurés par ce raffut

Les flics s’amènent en trombe

En faisant tourner leur massue
Et c’est une hécatombe

Les ardoises volent en éclats

On aurait cru des bombes

Mais y avait déjà plus un chat

Réfugiés au fond d’une cave

Les pussy-cats pas dégonflés

Sirotant d’l’alcool de betterave

S’étaient remis à gambiller
Toute la nuit ils dansèrent

En usant des kilos d’savates

Pour leur anniversaire

La java des pussy-cats.
Boris Vian
32bis Le chat revint Josiane Mercier

Patrice Michel

Grand-papa Nicolas voulait tuer son chat.

Pour en venir à bout

Il le roua de coups.
Après bien des efforts


Il le laissa pour mort.
Nez, pattes, oreilles, poils et griffes mais…

Le chat revint

Le lendemain matin,

Le chat revint,

Le fait est certain.
Nul ne saura


Ni comment ni pourquoi,

Mais dès le chant du coq

Le chat était là.
Voilà Grand-père parti

Dans les rues d’Souvigny,

Jeter son chat fidèle

Du plus haut d’une tourelle.
Un gars qui passait d’sous


Fut tué sur le coup.
Huit orphelins, une veuve éplorée mais… le chat revint…



Grand-père n’est pas tombé

De la dernère ondée.
Il lui mangea les yeux,


Il lui mangea le nez,

Il lui mangea la queue,

La rate et l’estomac,

Nez, pattes, oreilles, poils et griffes mais…
Le chat revint,

Sous forme d’indigestion,

Nul ne saura

Ni comment ni pourquoi,

L’estomac d’Grand-papa

Ne le supporta pas,

Si bien qu’il trépassa.


Inspiré d’une vieille chanson populaire Boer (adaptée en français par Georges Renoy)






34 Moi, je rêve…

Patrice Michel


« Tu es le grand maître de tes jours, de l’air que tu respires, de l’eau que tu bois, de la terre que tu foules, de la beauté que tu vois… Ta propriété s’étend bien au-delà des horizons… Là-bas ! »

Jacques Paris

(Récit d’argile)

35

«  5

minutes

avec
toi… »


Patrice Michel


36 Toundra 

Marc Enjalbert


Humus

Humus, mousse, sveigne, lichens,

Banc herbu, barbu, banc végétal

Où s’assit l’homme pour la première fois,

Abandonnant la pierre rude et dure

Pour un petit banc tout doux et moussu.

Pascale Preston

37 Garrigue Marc Enjalbert

Ainsi

lentement

se dépouille

la célébration secrète

du feuillage
Le mot

a charge de sèves chaudes

marcheur sur la terre

où se réconcilient

le pain et la Voie


Christiane Keller

(Le Don de l’été)

38 Etoile Bernadette Leconte
Ecoutez !

Puisqu’on allume les étoiles,

c’est qu’elles sont à

quelqu’un nécessaires ?

C’est que quelqu’un désire

qu’elles soient ?

C’est que quelqu’un dit perles

ces crachats ?

Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,

iI fonce jusqu’à Dieu,

craint d’arriver trop tard, pleure,

baise sa main noueuse, implore

il lui faut une étoile !

jure qu’il ne peut supporter

son martyre sans étoiles.

Ensuite,

Il promène son angoisse,

il fait semblant d’être calme.

Il dit à quelqu’un :

« Maintenant, tu vas mieux,

n’est-ce pas ? T’as plus peur ? Dis ? »

Ecoutez !

Puisqu’on allume les étoiles,

c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ?

C’est qu’il est indispensable

que tous les soirs

au-dessus des toits

se mette à luire seule au moins

une étoile ?

Vladimir Maïakowski

39

Un parapluie ouvert

Jeroen Melkert


«Un parapluie ouvert

Est un beau ciel fermé»
Xavier Forneret


40 Racines d’Etoiles

Chantal Bessac avec la participation de René Bruneau

"Et s'en allait roulant de-ci de-là,

          La chose éternelle, une et tout,

         Toujours changée, toujours constante."

                                   
Goethe 

                            (La Métamorphose des plantes)

41

Le Témoin Silencieux

Hilario Trindade

Le Témoin Silencieux
Il était là, dans ce jardin

Observateur des gens qui passent

Reconnaissant envers certains

Rien qu’un instant de prendre place.
Il était là, dans ce jardin

En confident des plus discrets

Ecoutant du soir au matin

Petits tracas et grands secrets.
Il était là, dans ce jardin

En spectateur de chaque jour

Témoin d’indicibles chagrins

Et de touchantes histoires d’amour.
Il était là, dans ce jardin

Fidèle au poste dans son coin

Comme un ami, un bon copain

Toujours présent en cas de besoin.

Sylvie Trindade
42

Le banc bulles


Catherine Laveissiere et Jérôme Danikowski


Si les bulles étaient carrées,

Si Astérix s'appelait Réflechix,

Si les pendules tournaient à l'envers,

Si l'on écrivait de droite à gauche,

Si l'on pouvait voler,

Je pourrais emprunter la route qui mène à Mars ?

Quel ennui cet univers à l'endroit.


Gaël Laveissière, inspiré par Jean-Luc Maureau

43 Le temps attend Jérôme Danikowski

Le temps attend

comme un doigt

entre deux pages

et le vent bouge

à l'horizon rouge

le point d'interrogation

s'enroule

la fleur porte

réduction des coeurs

le tourbillon

des mondes.
Jacques Paris (Vent Couleur)

44

Le banc sauvage Cyril Richard

Le vieil étang

une grenouille y plonge,

le bruit de l'eau

Matsuo Bashô


45
Le banc de sardines
Stéphane Pichon

Attention malheureux !

Ne t'assieds par sur ce banc :

C'est un banc de sardines

Et, si tu bascules,

Tu tomberas dans l'huile !

Michèle Corti

46

Le banc des cris

Serge Borgogno

Cri de peur

Cri de douleur

Cri d’injustice

Cri de folie

Cri de surprise

Cri de joie

Cri du cœur

Cri d’espoir

Cri d’amour
Cris qui résonnent

Du plus profond de l’âme

Dans l’espace

Dignité de l’Homme

Serge Borgogno

47
Mer de l'Humanité

Lycée Professionnel Jean Monnet d’Yzeure

Julien Stéveno
Laisse-toi porter par le roulis de la mer

Elle te fera oublier la sottise de nos pères

Qui dans une folie meurtrière

Ont jugé bon souiller notre terre.

Elle t'amènera à voir l'espoir

Au creux d'une larme muée en miroir

A prendre la mesure de ce devoir

Que la conscience nous impose d'avoir

Alors ferme les yeux pour rêver ton destin

Et trouver la force de te lever demain

Car si elle t'a porté dans son sein

Toi seul peux choisir de naître pour le bien.

Julien Seveno, stagiaire Greta, CAP ferronnerie

48 Banc macadam William Preston

Couleur… macadam,

Lumière… réverbère,

Palette… industrie.
Liberté de l’âme,

Musique de l’air,

Oubli des patries.
Seul,

dans les lieux nostalgiques,

Seul,

dedans les soirs tragiques,

Au sein de l’être unique,
Sur un banc du trottoir

A la lumière de la nuit,

Je lis.

William Preston

49 Banc Présence

Serge Borgogno


Un frôlement d’aile ?

Un souffle passager ?
Une chaleur indéfinissable ?


Présence mystérieuse ?

Quelque chose s’est assis près de moi ;

Je frissonne.

Elle ne doit pas avoir de forme

Elle ne peut être palpable

Sinon comment pourrait-elle être si furtive

et si discrète ?

Je n’ose regarder de peur que ce ressenti ne s’évanouisse.
Un silence me remplit et me surprend à la fois,


Je me sens bien

Je ne suis plus Moi mais Présence.

Serge Borgogno

50

Paroles de banc

Michel Mazzoni
Je va, je vais, je vie,

Je « vie », je va, je vais

D’une façon nouvelle.
Car aucune tristesse n’imprime votre cœur

De ce qu’un jour avant, bel arbre j’étais,

Triste alors de dispararaître en fumée, j’étais…
Mais un petit frère est venu et m’a travaillé,

Et mon corps il l’a aimé par l’amour de ce que j’étais

Avec la peine des poètes devant notre mort,

Nous, les arbres.
Mais regardez, avec quelques morceaux de moi,

Me voici tout entier (arbre que j’étais) ;

Alors j’ai la joie nouvelle de vous accueillir,

En « cœur-banc », en « cœur-temps », en « cœur d’âme ».
Venez sans tristesse car je vous mènerai

D’une façon nouvelle, en un voyage autre,

Celui caché à tout regard extérieur,

Et c’est ainsi que… je vais, je va, je vie,

Je vie, je va, je vais

D’une façon nouvelle…
D’une vie nouvelle !


Michel Mazzoni

51 Le banc clôture Michel Mazzoni

O h c e t t e v i e i l l e c l ô t u r e

t o u t e p e n c h é e d e - c i d e – l à ,

E l l e a b e s o i n d ' a v e n t u r e ,

a u s s i v a i s – j e e n f a i r e u n b a n c .
U n b a n c , d i s – j e , p i q u e t d e c l ô t u r e

m a i s f i d è l e à l ' i m a g e q u e l a v i e i l l e c l ô t u r e m' a d o n n é e  ;

j e v o u d r a i s q u e p i q u e t e n b a n c f û t f a I t

a f i n d e p a r t a g e r c e t t e a v e n t u r e d e t e r r e ,

d' h e r b e s , d e v e n t e t d e f o r ê t .
Q u 'i l s c o n t i n u e n t l e u r a v e n t u r e

c e s v i e u x p i q u e t s t o u t d é h a n c h é s .

S o y e z a s s i s s a n s i n q u i é t u d e ,

l e s v i e u x p i q u e t s o n t l e u r s e c r e t ,

a u c œ u r a t t e n t i f i l s p o u r r o n t d i r e l a v i e

p r o f o n d e d e s f o r ê t s .
C e b a n c p i q u e t q u i d ' a v e n t u r e

p a r t s u r d e s c h e m i n s o u b l i é s ,

c 'e s t l e r e p o s p o u r v o t r e c o r p s s i f a t I g u é

m a i s p o u r v o t r e â m e u n e n o u r r i t u r e

o f f e r t e s a v a m m e n t p a r l e s l u t i n s

e t p a r l e s f é e s .


Michel Mazzoni

52 A toi Patrice Michel

Qui que tu sois,

D’ où que tu viennes,

Ce banc, je l’ai fait pour toi.

Qui que tu sois,

D’ où que tu viennes,

Sache que je t’aime.


Patrice Michel

53

Green Patrice Michel

Green


Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous.
Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

J'arrive tout couvert encore de rosée
Que le vent du matin vient glacer à mon front.
Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
Rêve des chers instants qui la délasseront.

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
Toute sonore encor de vos derniers baisers;
Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.
Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

Paul Verlaine (Romances sans paroles)

similaire:

Emmanuel Debuire Baratz iconTextes d’Étude • Pierre Emmanuel, Jean Cayrol
Pierre Emmanuel et Paul Éluard) ou les éditions Seghers (Jean Cayrol). Le poème de Marianne Cohn, qui fut retrouvé après sa mort...

Emmanuel Debuire Baratz iconEmmanuel Dupraz

Emmanuel Debuire Baratz iconEmmanuel Kant

Emmanuel Debuire Baratz iconLa Fidélité Appelés Enfants de Dieu Chants de L’Emmanuel

Emmanuel Debuire Baratz iconEmmanuel Valette : (accompagné à la guitare par Dan le gaulois)

Emmanuel Debuire Baratz iconVersion du 24/08/11. Complétée par Séverine, Emmanuel, Corinne, Sophie, Laurent, Béatrice

Emmanuel Debuire Baratz iconEmmanuel haudebourg@fol37. org
«L’orchestre et les chœurs de ma bouche te diront mon amour», d’après Guillaume Apollinaire

Emmanuel Debuire Baratz iconEmmanuel de la chapelle, Collège Simone de Beauvoir (Créteil)
«Jeux et jouets», Pour en finir avec le sexisme, éditions L’échappée. (voir p. 8)

Emmanuel Debuire Baratz iconRonan prigent dit Emmanuel tugny
«Les Confidents cornéliens», sous la Direction du Professeur Jacques morel, Université Paris III

Emmanuel Debuire Baratz iconEmmanuel Gauthier (Azeo)
«ce qui nous relie» et un roman appelé «L’homme qui aimait trop travailler» (Flammarion 2015)





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com