Sens de l’art et art du sens





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date de publication16.01.2018
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SENS DE L’ART ET ART DU SENS


Idée thématique transversale aux trois séquences :

  • Faire comprendre aux élèves l’importance du sens, de sa conception à sa perception, au service d’un message véhiculé et amplifié par la musique.

  • Montrer l’identité de réflexion expressive entre cinéma et opéra avec des recherches analogues de la part des compositeurs pour transcrire par leur musique les sentiments des personnages.



Objectif principal de l’étude :

Mettre en relation le son et l’image dans la relation d’enrichissement qu’ils entretiennent à travers la peinture, la littérature, l’opéra et le cinéma afin d’amener les élèves à improviser sur une séquence de la Mort aux trousses d’A. Hitchcock. 
Niveau concerné :

Classe de 3e CHAM
Développement du travail :

3 séquences consécutives dont 2 sont reliées par l’idée commune à toutes les œuvres choisies d’observer de quelles manières sont traduits les sentiments humains de tension intérieure face à un dilemme. L’observation portera sur quatre personnages féminins :

  • Armide à travers les œuvres de N. Poussin (Renaud et Armide [v. 1625]), Ph. Quinault et J.-B. Lully (Armide [1686])

  • Le personnage féminin de la Voix humaine [1953] de J. Cocteau dans la mise en musique de F. Poulenc

  • Le personnage de Marion dans Psychose [1960] d’A. Hitchcock

  • Le personnage d’Eve dans la Mort aux trousses [1959] d’A. Hitchcock


Contenu et déroulement
Objectifs 

  • Comprendre le besoin du sens dans la relation la plus fréquente initiée avec l’Art

  • Etre mis en présence du concept inverse : la recherche de non-sens comme élément de libération du sens créatif

  • Entrer dans l’analyse des œuvres par la compréhension d’une émotion et mettre le langage technique au service de l’expression et de la captation de cette émotion

  • Comparer des œuvres et des genres à travers le temps et des champs artistiques différents afin de constater une certaine identité des ressorts utilisés pour transmettre un message.


  1. faire la démonstration du sens par l’expérience du non-sens


Œuvre principale : Les Récitations (1978) de G. Aperghis

  • Théâtre musical

  • Expérience d’un texte où la perception du sens est perturbée par la composition du texte et le jeu d’interprétation

  • La réflexion sur la notion de récitation servira de lien avec la notion de Récitatif d’opéra dans la 2e séquence de ce travail

  • L’observation de la partition portera l’attention sur le mode de construction de l’œuvre en rapport avec la forme de celle-ci

  • Les élèves seront amenés à créer un « à-la-manière-de » mettant en œuvre l’écriture d’une phrase juxtaposant sens et non-sens, disposée sur le papier dans une forme géométrique permettant la construction par cumulation ; ils procèderont à une interprétation de cette partition en choisissant des modes originaux d’émission vocale.


Chant : Ta Katie t’a quitté de B. Lapointe

  • Travail sur le texte qui fonctionne à partir de calembours et d’allitérations tout en intégrant des parties de prise de parole direct des personnages et le bruitage d’un réveil

  • L’ensemble de ces éléments tend à distraire l’attention du sens pour ne plus jouer que sur la musicalité du verbe en lui-même

  • L’interprétation pourra être un moyen de clarifier la perception du sens présent dans le texte


Contextualisation artistique:

  • Freud et les découvertes sur l’Inconscient

  • Les Surréalistes et l’écriture des cadavres exquis (A. Breton – le Manifeste du Surréalisme – 1924)

  • L’Oulipo (R. Queneau – 1960) avec Cent mille milliards de poèmes (concept de l’œuvre) et les Exercices de style (importance de l’interprétation des textes lus en fonction de l’intention à mettre en parallèle avec par exemple « la Tirade du nez »[1897] extrait de Cyrano de Bergerac d’E. Rostand)

  • Stimmung (1968) de K. Stockhausen avec le principe de l’Œuvre ouverte comme concept d’écriture aléatoire en musique – réflexion sur la multiplicité des interprétations possibles en fonction du ressenti des interprètes et de l’interaction avec le hasard pour la construction de l’œuvre.

  • J. Pollock et M. Cunningham


  1. confronter les arts entre eux par l’émotion qui fait sens


Thème principal : Armide à travers la peinture de N. Poussin (1625) et l’opéra de Ph. Quinault et J.-B. Lully (1686)

  • La réflexion est menée à partir de 4 questions transversales prenant appui en tout premier lieu sur l’observation de la peinture (comment le silence est-il capable de suggérer un univers de sens et de sons) :





    • Qui sont les personnages en présence et comment sont-ils représentés ?

    • Que font-ils dans cette scène ?

    • Dans quel environnement se trouvent-ils et quelle ambiance sonore cela suppose-t-il ?

    • Quels sont les éléments du langage artistique qui soulignent les sentiments des personnages ?


  • Elle est ensuite poursuivie par l’étude du texte du récitatif d’Armide écrit par le librettiste Ph. Quinault sachant qu’à l’époque baroque le texte est premier sur la musique : on cite l’auteur avant le compositeur (on pourra également faire allusion à la problématique de la querelle des Bouffons [1752] qui défendait chez les français, et Lully en tête, une musique plus respectueuse du texte et plus mesurée dans la façon de traiter le sentiment véhiculé par le mot comparativement aux italiens)






Les élèves pratiqueront une lecture de ce court extrait afin d’en ressentir l’expression et de le théâtraliser par le ton de voix.
Pour ce faire, il s’agira de catégoriser chaque phrase par rapport aux trois émotions mises en évidence dans le tableau de N. Poussin (l’amour [en route] – la colère vengeresse [en bleu] – l’hésitation [en vert])
Une fois enregistrée, la meilleure interprétation permettra de percevoir ce que sont les inflexions de la voix en correspondance avec chaque sentiment et de les caractériser.



  • L’étape suivante s’oriente alors sur l’apport du compositeur à ce texte, sur sa façon de transcrire en musique la dynamique déclamatoire propre au théâtre


On s’aperçoit que le travail du compositeur respecte en tout point la suggestion de l’auteur, que ce soit dans les courbes mélodiques, la progression rythmique ou encore l’utilisation de silences suggestifs.



  • Suivie enfin d’une écoute de l’interprétation incluant l’introduction à ce récitatif, l’élève est amené à réfléchir sur ce qu’un interprète peut apporter d’expression supplémentaire à la transmission du sens du message. L’adjonction de l’introduction instrumentale, traduisant par un effet d’orage tout le chaos qui règne alors dans l’esprit d’Armide, est un point important qui montre comment une musique, sans le secours d’un texte, peut également transcrire des éléments de l’ordre du sentiment.



Œuvre d’évaluation : extrait de la Voix humaine (1930) de J. Cocteau, monologue adapté en tragédie lyrique par F. Poulenc en 1958.

L’extrait choisi met en scène une femme aux prises avec ses émotions passionnelles et contradictoires dans un dialogue simulé par la présence des instruments, lesquels traduisent tour à tour ce qu’elle ressent comme la colère, la panique, ou bien le ton de conversation de ses interlocuteurs, le tout dans une spatialisation sonore suggérée par un jeu sur le panoramique stéréo. Le sujet nous ramène à la traduction d’un conflit psychologique féminin et les moyens musicaux procèdent de la même cohérence que ce qui a été vu dans les œuvres précédemment citées.

On retrouve aussi la notion de liberté expressive en relation avec celle du récitatif dans une forme au déroulement linéaire.



  1. application a la relation musique et cinéma


Œuvre préparatoire : Psychose (1960) – générique de début – scène des billets – scène de la douche - film d’A. Hitchcock sur une musique de Bernard Hermann

L’idée fut de mettre en évidence afin de rapprocher ce travail de l’opéra précédemment vu, la notion de thème leitmotiv associé à un objet ou à une situation encore une fois conflictuelle. Un peu plus loin, la scène de la douche donnera l’occasion d’aborder le découpage d’une scène et d’associer ce découpage à celui de la musique, l’impact de l’ensemble s’en trouvant ainsi sémantiquement renforcé.


  • Rôle du générique = ouverture d’opéra (présentation d’un ou de plusieurs thèmes musicaux principaux: le thème principal de ce générique repose sur celui associé à la fuite de Marion en voiture, lequel thème contient en germe le thème des billets)




  • Scène des billets : extrait où l’on voit Marion confrontée à ses hésitations, là aussi cornéliennes, autour des billets qui finalement signeront son arrêt de mort. Procédé du leitmotiv (vient de l’opéra wagnérien) = les billets sont associés à l’élément perturbateur suscitant le doute dans l’esprit de Marion (ce motif d’allure tournante disparaît après le meurtre de Marion)





  • Découpage formel de la scène de la douche (découpage musical en fonction de l’action [introduction = eau / A: le meurtre = suraigu / B: la mort = chute dans le grave et arrêt cardiaque / coda = eau, le tout sur une ambiance d’écoulement d’eau de type « ostinato »): bruitages et musique font partie du tout sonore !



Œuvre principale : La Mort aux trousses (1959) – scène des cabines téléphoniques dans la gare – film d’A. Hitchcock sur une musique de Bernard Hermann




L’ensemble des éléments étudiés auparavant entrent à ce moment en totale résonance pour achever le puzzle et prépare l’élève à son propre travail de création sonore dans ce que la scène de la gare, scène où Eve passe un appel au fameux Caplan pour « vendre » Roger Thornhill juste avant la scène de l’avion dans les champs, suggère d’hésitation et de réflexion conflictuelle pour le personnage féminin. Dans cet extrait, Eve est en effet écartelée entre son devoir et son amour naissant. Outre cette traduction émotionnelle, les élèves auront également à penser à l’environnement sonore de la gare qui devra apparaître en parfaite synchronisation avec les différentes actions ou les sons off imaginés (annonces de gare, bruit des trains, pas des voyageurs qui marchent ou courent, son des portes des cabines téléphoniques…).
Une première analyse de la scène, diffusée en muet, permettra de mettre en évidence les points suivants :


    • Environnement: une gare (train, annonces, personnes qui marchent, courent…)

    • Émotions des personnages:

      • Ève: dilemme du choix entre deux émotions contradictoires

      • Roger: stress modéré par la confiance qu’il a en Ève et par son caractère enjoué.

    • Forme en 3 parties:

      • 1. À l’intérieur des cabines téléphoniques

      • 2. Sortie des cabines (Ève) et des toilettes (Roger)

      • 3. Déplacement des personnages


L’ambiance créée devra donc tenir compte à la fois du contexte sonore réel et de la transcription des sentiments du personnage principal et du climat de tension induit ainsi que des changements de caractère en fonction des mouvements d’ensemble.




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