Devoir maison 1ère – Objet d'étude : théâtre (texte et représentation)





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Devoir maison 1ère – Objet d'étude : théâtre (texte et représentation)
1) Vous répondrez d'abord à la question suivante (4 points) : Quels sont les points communs aux trois textes ?

2) Vous traiterez ensuite un des sujets suivants au choix (16 points) :


  • Invention : Imaginez un monologue dans lequel un personnage prépare la déclaration d'amour mensongère qu'il s'apprête à faire à un autre. Il en juge, au fur et à mesure, la qualité et en prévoit les effets. Vous n'oublierez pas de donner, au fil du texte, les indications de mise en scène que vous jugez nécessaires.




  • Dissertation : Assister à une représentation théâtrale permet-il d'apprécier davantage une pièce et de mieux la comprendre ?


Texte A - Molière (1622 - 1673), extrait de Dom Juan (1665), acte II, scène 4

Pour obtenir les faveurs d'une jeune paysanne, Charlotte, Dom Juan, un grand seigneur, lui a promis qu'il l'épouserait. Mais Mathurine, une autre paysanne à qui il a fait la même promesse, survient.


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MATHURINE, à Dom Juan - Monsieur, que faites-vous donc là avec Charlotte ? Est-ce que vous lui parlez d'amour aussi ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Non, au contraire, c'est elle qui me témoignait une envie d'être ma femme, et je lui répondais que j'étais engagé à vous.

CHARLOTTE, à Dom Juan - Qu'est-ce que c'est donc que vous veut Mathurine ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Tout ce que vous direz sera inutile ; elle s'est mis cela dans la tête.

CHARLOTTE - Quement donc ? Mathurine ...

DOM JUAN, bas à Charlotte - C'est en vain que vous lui parlerez ; vous ne lui ôterez point cette fantaisie.

MATHURINE - Est-ce que... ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Il n'y a pas moyen de lui faire entendre raison.

CHARLOTTE - Je voudrais...

DOM JUAN, bas à Charlotte - Elle est obstinée comme tous les diables.

MATHURINE - Vrament...

DOM JUAN, bas à Mathurine - Ne lui dites rien, c'est une folle.

CHARLOTTE - Je pense...

DOM JUAN, bas à Charlotte - Laissez-la là, c'est une extravagante.

MATHURINE - Non, non : il faut que je lui parle.

CHARLOTTE - Je veux voir un peu ses raisons.

MATHURINE - Quoi ?

DOM JUAN, bas à Mathurine - Gageons qu'elle va vous dire que je lui ai promis de l'épouser.


Texte B - Beaumarchais (1732 - 1799), extrait de Le Mariage de Figaro (1781), acte V, scène 7

Suzanne, suivante de la comtesse Almaviva, va épouser le valet Figaro. Mais le comte Almaviva, qui la désire, veut obtenir ses faveurs. Suzanne avertit sa maîtresse et son fiancé. Pour ramener à elle son époux, la comtesse décide de prendre la place de Suzanne, lors d'un rendez-vous que le comte lui a fixé dans le jardin, à la tombée de la nuit. Figaro, mis au courant de la rencontre, assiste à la scène.


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LE COMTE prend la main de la femme : Mais quelle peau fine et douce, et qu'il s'en faut que la Comtesse ait la main aussi belle !

LA COMTESSE, à part : Oh ! la prévention !

LE COMTE : A-t-elle ce bras ferme et rondelet ? ces jolis doigts pleins de grâce et d'espièglerie ?

LA COMTESSE, de la voix de Suzanne : Ainsi l'amour ?...

LE COMTE : L'amour... n'est que le roman du cœur : c'est le plaisir qui en est l'histoire; il m'amène à vos genoux.

LA COMTESSE : Vous ne l'aimez plus ?

LE COMTE : Je l'aime beaucoup ; mais trois ans d'union rendent l'hymen1 si respectable !

LA COMTESSE : Que vouliez-vous en elle ?

LE COMTE, la caressant : Ce que je trouve en toi, ma beauté...

LA COMTESSE : Mais dites donc.

LE COMTE : ... Je ne sais : moins d'uniformité peut-être, plus de piquant dans les manières ; un je ne sais quoi, qui fait le charme ; quelquefois un refus, que sais-je ? Nos femmes croient tout accomplir en nous aimant ; cela dit une fois, elles nous aiment, nous aiment ! (quand elles nous aiment), et sont si complaisantes, et si constamment obligeantes, et toujours, et sans relâche, qu'on est tout surpris, un beau soir, de trouver la satiété2, où l'on recherchait le bonheur !

LA COMTESSE, à part : Ah ! quelle leçon !

LE COMTE : En vérité, Suzon, j'ai pensé mille fois que si nous poursuivons ailleurs ce plaisir qui nous fuit chez elles, c'est qu'elles n'étudient pas assez l'art de soutenir notre goût, de se renouveler à l'amour, de ranimer, pour ainsi dire, le charme de leur possession, par celui de la variété.

LA COMTESSE, piquée : Donc elles doivent tout ?...

LE COMTE, riant : Et l'homme rien ? Changerons-nous la marche de la nature ? Notre tâche, à nous, fut de les obtenir : la leur...

LA COMTESSE : La leur ?

LE COMTE : Est de nous retenir : on l'oublie trop.

LA COMTESSE : Ce ne sera pas moi.

FIGARO, à part : Ni moi.

SUZANNE, à part : Ni moi.

LE COMTE prend la main de sa femme : Il y a de l'écho ici; parlons plus bas.


1. l'hymen : le mariage.

2. la satiété : état d'une personne totalement rassasiée
Texte C - Edmond Rostand (1866 - 1918), extrait de Cyrano de Bergerac (1897), acte III, scène 10 (vers 1504 - 1539)

La scène se passe à Paris, au XVIIème siècle. Cyrano, aussi célèbre pour ses prouesses militaires que pour son physique disgracieux, aime sa cousine Roxane. Mais celle-ci lui a confié qu'elle aime le beau Christian et en est aimée. Elle reproche cependant à ce dernier de ne pas savoir lui parler d'amour. Prêt à se sacrifier, Cyrano, poète à ses heures, décide d'aider Christian. Ainsi, quand celui-ci, dissimulé avec Cyrano sous le balcon de Roxane, la désespère par la maladresse de son discours amoureux, Cyrano décide de venir en aide à son rival en se faisant passer pour lui.



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ROXANE, s'avançant sur le balcon

C'est vous ?

Nous parlions de... de... d'un...

CYRANO

Baiser. Le mot est doux !

Je ne vois pas pourquoi votre lèvre ne l'ose ;

S'il la brûle déjà, que sera-ce la chose ?

Ne vous en faites pas un épouvantement :

N'avez-vous pas tantôt, presque insensiblement,

Quitté le badinage et glissé sans alarmes

Du sourire au soupir, et du soupir aux larmes !

Glissez encore un peu d'insensible façon :

Des larmes au baiser il n'y a qu'un frisson !

ROXANE

Taisez-vous !

CYRANO

Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce ?

Un serment fait d'un peu plus près, une promesse

Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,

Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer;

C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,

Un instant d'infini qui fait un bruit d'abeille,

Une communion ayant un goût de fleur,

Une façon d'un peu se respirer le cœur,

Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !

ROXANE

Taisez-vous !

CYRANO

Un baiser, c'est si noble, madame,

Que la reine de France, au plus heureux des lords,

En a laissé prendre un, la reine même !

ROXANE

Alors !

CYRANO, s'exaltant.

J'eus comme Buckingham1 des souffrances muettes,


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J'adore comme lui la reine que vous êtes,

Comme lui je suis triste et fidèle...

ROXANE

Et tu es

Beau comme lui !

CYRANO, à part, dégrisé.

C'est vrai, je suis beau, j'oubliais !

ROXANE

Eh bien ! montez cueillir cette fleur sans pareille...

CYRANO, poussant Christian vers le balcon

Monte !

ROXANE

Ce goût de cœur...

CYRANO

Monte !

ROXANE

Ce bruit d'abeille...

CYRANO

Monte !

CHRISTIAN, hésitant

Mais il me semble, à présent, que c'est mal !

ROXANE

Cet instant d'infini !...

CYRANO

Monte donc, animal !

Christian s'élance, et par le banc, le feuillage, les piliers, atteint les balustres qu'il enjambe.

CHRISTIAN

Ah ! Roxane !

Il l'enlace et se penche sur ses lèvres.

CYRANO

Aïe ! au cœur, quel pincement bizarre !

Baiser, festin d'amour, dont je suis le Lazare2 !



1. Duc anglais, amant de la reine de France dans Les Trois mousquetaires d'Alexandre Dumas.

2. Personnage de l'évangile, pauvre et malade, qui vivait des restes de festin de la table d'un riche.

Devoir maison : pistes de correction



Question

Il s'agit dans les trois textes d'une situation théâtrale fondée sur le mensonge où s'opère une séduction amoureuse dans un trio de personnages (pour être parfaitement exact, le texte B met aussi en scène la vraie Suzanne, mais de manière très discrète). Les personnages se partagent donc en deux catégories : trompeurs et trompés. Dom Juan (dupeur) ment à Charlotte et à Mathurine (dupées) pour s'attirer leurs faveurs, de la même façon que la comtesse Almaviva (dupeuse) déguisée en Suzanne (et sous le regard complice de Figaro, caché) trompe le comte (dupé) qui tente de la séduire, et que Cyrano (dupeur) abuse Roxane (dupée) avec la complicité passive de Christian.

Par ailleurs, chacun des trois textes tire parti du mécanisme de la double énonciation à l'oeuvre au théâtre (rappelons que l'on désigne ainsi le fait que toute parole prononcée sur scène a un double destinataire : les autres personnages et le public). Ainsi, si toutes les paroles prononcées sur scène sont entendues du public, elles ne le sont pas toujours des autres personnages. Ce mécanisme se manifeste avec le plus d'évidence dans les apartés. Dans le texte A, la didascalie « bas à Mathurine » indique que les paroles de Dom Juan ne sont pas perçues par Charlotte (et réciproquement avec « Bas à Charlotte »). La didascalie « à part » des textes B et C indique que les propos tenus ne sont entendus que du public. Ceci crée un forme de complicité avec le spectateur, placé dans une position de supériorité vis à vis des personnages, car il est le seul à posséder toutes les données de la situation : le public sait que Dom Juan trompe les deux paysannes, que la comtesse est déguisée, que Figaro est caché sur scène, que Cyrano parle à la place de Christian, alors que les paysannes, le comte et Roxane l'ignorent. Ce procédé, à l'oeuvre dans les trois passages, produit des effets différents : il est source de comique dans les textes A et B et plutôt producteur d'ironie tragique dans le dernier texte où l'envolée lyrique de la séduction laisse bientôt la place au pathétique de la souffrance de Cyrano (puisqu'il devient en quelque sorte le dupeur dupé, le grand perdant de sa propre victoire).
Écriture d'invention
Il est indispensable de respecter scrupuleusement les consignes :

    • La forme : un « monologue » (un seul personnage sur scène, pas de dialogue)

    • Le contenu du discours : une « déclaration d'amour mensongère » (le personnage s'apprête à abuser sa victime en feignant de l'aimer : évitez les contresens, cet amour n'a rien de sincère !)

    • « Il en juge » : le personnage doit mesurer lui-même la qualité, le degré de perfection de son futur mensonge, en le modifiant éventuellement « au fur et à mesure »

    • « Il en prévoit les effets » : le personnage doit imaginer les réactions de sa victime (il est sans doute préférable que celle-ci se laisse berner ...)

    • Présence de didascalies.


Quelques erreurs trouvées ci et là dans vos copies et quelques conseils :

    • Les verbes dans les didascalies se conjuguent au présent (et non pas à l'imparfait comme certains l'ont fait)

    • Matérialisez clairement les didascalies (par exemple avec des parenthèses) : la lecture du correcteur doit être rendue la plus aisée possible.

    • Attention au respect du sujet : il ne s'agissait pas d'écrire une lettre (quelques élèves sont concernés) mais de la préparation d'une déclaration d'amour qui devra se faire en présence de l'intéréssé(e) : c'est une lecture légèrement biaisée du sujet (pénalisée) car elle ne permet pas les mêmes effets de théâtralisation.

    • Attention au choix des prénoms : certains semblent tout droit venus d'une mauvaise série américaine ! (à éviter)

    • Évitez les clichés !

    • Les copies qui ont su théâtraliser le monologue ont été valorisées (on pouvait, en effet, imaginer un jeu de scène qui reproduisait par anticipation la déclaration d'amour).


Dissertation – proposition de plan
Les deux défauts les plus fréquents :

    • La structure du devoir n'est pas matérialisée clairement : il faut marquer de manière évidente les grandes parties (saut de ligne) et les sous-parties (alinéa)

    • Trop peu d'exemples sont cités (parfois aucun) et aucun n'est emprunté au corpus du devoir, ni même à Ruy Blas. Vous devez citer au moins un exemple par sous-partie pour illustrer l'argument que vous avancez.


Voici un plan qu'il convient de compléter à l'aide d'exemples.
I) La lecture présente certains avantages ...
a) le seul moyen d’accès au théâtre à défaut de représentation
b) une lecture préalable pour aider à la compréhension paraît nécessaire, surtout quand la langue est ardue et lointaine

c) lire, c’est aussi relire, et mieux comprendre alors que la représentation est par nature éphémère
d) lire, c’est laisser son imagination investir la scène intérieure de son esprit (surtout lorsque les didascalies sont très pauvres, comme dans le théâtre classique)
II) Mais, le texte de théâtre implique par nature la représentation
a) le théâtre : un texte spécifique auquel la représentation donne vie
b) le théâtre : un spectacle total
c) assister à une représentation pour mieux comprendre une pièce et ressentir des émotions plus vives (p. ex : pathétique, comique, ...)
III) L’incomplétude du texte théâtral rend sa représentation, à la fois nécessaire et problématique
a) l’incomplétude du texte théâtral implique le travail de mise en scène (cf. Anne Ubersfleld : « texte troué »)
b) la représentation est une œuvre d’art en elle-même qui permet de livrer une interprétation de la pièce
c) les interprétations d’une pièce peuvent être multiples, privilégier certains aspects, parfois trahir le

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