Ce poème se trouve à la fin de la partie





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date de publication01.05.2017
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« Spleen » ( poème 78 )

Baudelaire

Présentation :

Ce poème se trouve à la fin de la partie spleen et idéal où se trouve les poèmes les plus lugubres de Baudelaire. Cette partie se termine en effet dans la souffrance, la douleur et le pessimisme. « Spleen » est un mot anglais qui signifie mélancolie, nostalgie… C’est un mal moral sans cause précise mais pourtant fort dérangeant. Baudelaire a été marqué par un certain goût pour la souffrance car il s’est intéressé très jeune au romantisme, courant dans lequel il fallait souffrir et paraître mal.
Hypothèse de lecture :

Par ce poème, Baudelaire veut communiquer l’aspect négatif de l’ennui qui concerne absolument tout le monde. On se trouve donc dans un moment très négatif et pessimiste, dans un moment de désespérance, d’angoisse insoutenable qui provoque une révolte puis un abattement. Cette douleur s’accompagne de nombreuses sensations ( à mettre en relation avec « Correspondances » ) : « …pèse comme un couvercle sur l’esprit gémissant » « …et qu’un peuple muet… » « des cloches tout à coup…un affreux hurlement » «…qui se mettent à geindre… » « …sans tambours ni musique » « …plante son drapeau noir »

Baudelaire sent l’oppression et il évoque son expérience douloureuse liée au monde extérieur mais aussi au niveau intérieur. Le monde extérieur semble avoir trop d’influence sur le monde intérieur. « Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle sur l’esprit gémissant en proie à de longs ennuis »

L’auteur ne s’appartient plus, c’est sa douleur qui le maîtrise ( images d’emprisonnement, d’aliénation ). Il va réagir à la souffrance par des cris puis il va s’abattre en attendant la défaite. « un affreux hurlement » « se mettent à geindre » > « …plante son drapeau noir »

En fait, ce poème traduit une petite mort de l’auteur, une dépression profonde d’où il semble ne pas pouvoir sortir. Il traduit ses impressions, sa souffrance concrètement ce qui montre qu’il est réellement dominé par son angoisse.
Axes :

  1. La structure, la syntaxe :

 1e Strophe :

« Quand le ciel …aux longs ennuis »  Subordonnée temporelle

« Et que de l’horizon…plus triste que les nuits »  Subordonnée temporelle juxtaposée
 2e Strophe :

« Quand la terre…un cachot humide »  Subordonnée temporelle

« Où l’Espérance…à des plafonds pourris »  Subordonnée relative
 3e Strophe :

« Quand la pluie étalant…imite les barreaux »  Subordonnée temporelle

« Et qu’un peuple muet…au fond de nos cerveaux »  Subordonnée temporelle
 4e Strophe :

« Des cloches …un affreux hurlement »  Proposition principale

« Ainsi que des esprits…geindre opiniâtrement »  Subordonnée de comparaison

 5e Strophe :

« Et de longs corbillards…dans mon âme »  Proposition indépendante

« L’Espoir, vaincu, pleure »  Proposition indépendante

« …et l’angoisse atroce…son drapeau noir »  Proposition indépendante


  • Les temporelles et la principale des quatre premières strophes se voient renforcées par les trois indépendantes de la 5e strophe.

On peut observer l’image de la défaite à travers l’allégorie de l’Espoir mais aussi la victoire de la mort et de l’angoisse qui s’approprient l’esprit du poète. C’est son aboutissement, il ne s’appartient plus. On peut remarquer que les temporelles sont utilisées pour indiquer le moment de la défaite mais surtout pour en définir la cause ( ennui, temps, plus d’espérance ). Le poème doit donc être pris dans son ensemble et non strophe par strophe puisqu’il est construit sur un système de cause/conséquence.

 Procédures d’énonciation :

« Il nous verse un jour noir… »

« Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux »

« Défilent lentement dans mon âme…sur mon crâne incliné… »
 Texte relativement impersonnel.

Le nous montre que le poète assimile le lecteur à son expérience douloureuse lorsqu’il

en décrit les causes. Le lecteur est tout aussi bien concerné par cette souffrance. En

revanche, le point d’aboutissement du poème voit l’auteur subir seul sa défaite.

( L’inclinaison représente la soumission de l’auteur envers sa douleur )

Parallélisme avec le lecteur : Baudelaire se sent privilégié dans le mal, il ressent les

choses différemment que les autres et il est en proie à une souffrance suprême, plus

importante que celle du lecteur.


  1. Champs lexicaux, vocabulaire, images :

 1e Strophe :

_ Evocation du monde extérieur : « le ciel » « l’horizon » « jour » mais surtout de l’obscurité : « un jour noir plus triste que les nuits » + oxymore ( alliance de deux mots de sens incompatibles ) c’est une forme particulière de l’antithèse avec une valeur grammaticale. Ici, elle permet un parallélisme entre le jour et la nuit : il n’y a plus de clarté : le jour devient nuit.
_ Image d’un monde clos où on est enfermé, image de l’oppression  : « Quand le ciel bas

et lourd pèse comme un couvercle… »
_ Image de la souffrance : «…sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis… »
 Ces idées de souffrance, d’oppression et de monde clos se retrouveront tout au

long du poème dans chaque strophe.
 2e Strophe :

_ Nouvelle métaphore de la prison  la terre est représenté comme un monde clos

duquel on ne peut pas sortir : « Quand la terre est changée en un cachot humide… »
_ Comparaison de l’expérience humaine et d’une chauve-souris  d’après Baudelaire

l’homme suit sa vie par tâtonnement et n’est pas capable de sortir du monde duquel il est

prisonnier. « Où l’Espérance, comme une chauve-souris, s’en va battant les murs de son

aile timide et se cognant la tête à des plafonds pourris. » + Rythme large et

enjambements pour traduire le vol aveugle de la chauve-souris et donc de l’espérance

humaine.
 3e Strophe :

_ Nouvelle évocation du monde clos, de la prison : « …d’une vaste prison imite les

barreaux… » « Vient tendre ses filets… »
_ Evocation de la pluie  obscurité : « Quand la pluie étalant ses immenses traînées… »

_ Comparaison Vie/Prison. La prison donc la vie se voit animée de monstres infâmes.

« Et d’un peuple muet d’infâmes araignées… »
_ Référence aux sentiments, au monde intérieur : « … au fond de nos cerveaux. »

4e Strophe :

 De sensations visuelles, on passe à des sensations auditives

_ Evocation du bruit insupportable des cloches + enjambement pour renforcer cette

souffrance  avant d’abandonner, l’auteur se manifeste par des cris insoutenables

« Des cloches…vers les ciel un affreux hurlement. »
_ Plainte des fantômes qui hantent l’auteur : « …qui se mettent à geindre opiniâtrement »

+ Diérèse de opini-âtrement pour marquer la douleur, le caractère insupportable.

Diérèse = Division d’une diphtongue en deux syllabes  Synérèse = Réunion en une

Syllabe de deux voyelles qui se suivent dans un mot.
 5e Strophe :

 Conséquence suprême = échec. Aboutissement causes/conséquences après une

certaine évolution, gradation de la douleur et de la souffrance
_ Image de la mort et du silence après le bruit de la 4e strophe  Aboutissement du poète

« Et de longs corbillards, sans tambours ni musique, défilent lentement dans mon âme »

_ Contre rejet de l’Espoir pour le mettre en valeur  + allégorie de l’espoir défait :

« L’espoir, vaincu, pleure… »

_ Allégorie de l’angoisse qui sort victorieuse et qui marque son territoire.

« …et l’Angoisse atroce, despotique, sur mon crâne incliné plante son drapeau noir »
_ Dernière évocation de la souffrance, de la douleur physique.

« défilent lentement dans mon âme » « pleure » « atroce » « sur mon crâne incliné »
Conclusion :

On assiste avec ce poème à une sorte de mort du poète. Les principales causes sont l’évocation d’un monde clos duquel il est prisonnier à tout jamais et duquel il n’arrive pas à sortie malgré toutes ses tentatives, une vie sans issue puisque c’est toujours la douleur et la souffrance qui sortent victorieuses. Baudelaire veut faire partager son angoisse et ses souffrances au lecteur mais pas jusqu’un bout puisque lors de l’aboutissement du poème qui représente l’échec suprême de l’humanité , il affronte seul sa douleur et la mort qui fait son esprit prisonnier.

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