Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





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André Durand présente
Alfred de MUSSET
(France)
(1810-1857)


Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées

(surtout ‘’Lorenzaccio’’, ‘’Le chandelier’’

et ‘’La confession d’un enfant du siècle’’

qui sont étudiés dans des fichiers à part).

Puis est tentée une synthèse finale.
Bonne lecture !

Louis Charles Alfred de Musset-Pathay naquit le 11 décembre 1810 à Paris, au seuil du quartier Latin, 33 rue des Noyers (aujourd’hui, 57 boulevard Saint-Germain). Appartenant à une famille de toute petite noblesse, il était le fils du vicomte Victor-Donatien de Musset-Pathay, chef de bureau au ministère de la guerre, et d’Edmée-Claudette-Christine Guyot-Desherbiers. Il avait un frère aîné, Paul, et une jeune sœur, Charlotte-Amélie-Hermine. Un premier enfant, Louise-Jenny, née en 1802, était morte en 1805, et en 1814, allait naître Oscar, qui allait décéder en 1818.

Enfant nerveux, à I'intelligence précoce, Alfred fut aimé et protégé par ses parents. Sa mère, pleine d'admiration pour sa vivacité et ses talents, excusa avec indulgence ses débordements. Il grandit dans un milieu cultivé, aux traditions intellectuelles, où le goût des vers bien faits et de la prose spirituelle demeurait comme I'héritage précieux du XVIIIe siècle : son grand-père maternel, Guyot-Desherbiers, avait été l'ami et l’admirateur de nombreux écrivains du XVIIIe siècle, dont Carmontelle (qui fut l’auteur de ‘’Proverbes’’), et fut lui-même un conteur plein de verve, un poète et un éditeur ; son père, connu sous le nom de Musset-Pathay, passionné de littérature, avait publié ou allait publier de nombreux ouvrages (romans, récits de voyage, essais de critique littéraire dont une ‘’Histoire de la vie et des ouvrages de Jean-Jacques Rousseau’’ (1821) et une édition monumentale des œuvres du philosophe, commencée en 1824, il communiqua ce culte à son fils qui allait lui rendre hommage à plusieurs reprises, attaquant au contraire violemment Voltaire) ; il avait pour parrain l’écrivain Musset de Cogners, chez qui il passait des vacances dans la lumière douce du Vendômois. Il séjournait aussi alors au Mans chez son oncle maternel, rencontrant alors «deux sœurs pleines d’esprit et de grâces, qu’il appelait ses premières danseuses» : les demoiselles Le Douairin, Louise et Zoé.

Son enfance fut tranquille et régulière auprès d'un père respecté et affectueux, d'une mère aimante, dans un foyer uni et gai. Les bouleversements politiques de la France semblent ne pas avoir ébranlé la situation assez aisée de la famille, mais les deux frères auraient, en 1814, arraché des murs les proclamations de Louis XVIII qui était pressé de monter sur le trône ; auraient, en 1815, assisté frémissants au retour de Napoléon aux Tuileries ; se seraient, pensionnaires dans un établissement religieux, heurté à des condisciples royalistes, une bienheureuse rougeole les ramenant dans leur foyer où ils découvrirent ‘’Les mille et une nuits’’.

Enfant prodige, Alfred fut, en octobre 1819, alors qu'il n'avait pas encore neuf ans, inscrit en classe de sixième au collège Henri-IV où il fit des études sérieuses, obtenant sans effort de brillants succès scolaires, suscitant I'intérêt de ses maîtres et I'irritation de ses confrères qui se plaignaient de ce «blondin toujours premier», couronné de lauriers, et lui faisaient subir des brimades. Mais, en 1824, il s’y lia d’amitié avec Ferdinand-Philippe d’Orléans, duc de Chartres, fils aîné du duc d'Orléans, le futur roi Louis-Philippe. Il acquit une connaissance approfondie des classiques, mais aussi de Shakespeare, Goethe, Schiller, dont la lecture éveilla très tôt sa vocation de dramaturge. Dès 1824, il commença à écrire des vers :

_________________________________________________________________________________
‘’À ma mère’’

(16 septembre 1824)
Poème
Commentaire
Cette chanson, les plus anciens vers conservés du poète, fut composée à l’occasion de l’anniversaire de sa mère.

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‘’À Melle Zoé le Douairin’’

(1826)
Poème

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‘’La nuit’’

(1826)
Poème
Commentaire
Dans cette ballade, Musset s’était essayé à une virtuosité rythmique qui n’était pas sans rappeler celle de Hugo.

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Le 17 août 1827, à la distribution des prix du collège Henri-IV, alors qu’il était, à l’âge de dix-sept ans, élève en classe de philosophie, il reçut le premier prix de dissertation latine et le deuxième prix de dissertation française. Il obtint la même année, au concours général, le deuxième prix de dissertation latine, ce qui fit pleurer de joie sa mère.

Le 23 septembre, à propos de son avenir, il écrivit à son ami et condisciple, Paul Foucher, le beau-frère de Victor Hugo : «Je ne voudrais pas écrire ou je voudrais être Shakespeare ou Schiller ; je ne fais donc rien !» En fait, il rimait comme tant d'autres, et ce goût naturel aurait pu rapidement avorter si Paul Foucher ne l’avait introduit dans le salon de Charles Nodier, à la bibliothèque de l’Arsenal, et dans le «cénacle» de Victor Hugo, rue Notre-Dame-des-Champs, où on faisait la promotion du romantisme. En plus du «maître», il rencontra Alfred de Vigny, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Eugène Delacroix, Achille Devéria (qui fit de lui un portrait en costume de page pour une soirée travestie). Ils accueillirent avec faveur la nouvelle recrue qui, svelte et fort joli garçon, était doté d’une séduction naturelle comme d’une grande indépendance intellectuelle, de la délicatesse d'une psychologie déjà perspicace, d’une rare précocité dans l’expression poétique, de la maîtrise d'une facture aisée, de l'élégance et de la souplesse de la forme. On le considéra comme l’enfant prodige du romantisme, mais il allait prendre très rapidement ses distances avec le culte porté au «maître» par les jeunes écrivains de sa génération, se refusa à l’aduler, se moqua notamment des promenades nocturnes que les romantiques faisaient sur les tours de Notre-Dame.

D’ailleurs, dans ses premières œuvres, il n’y avait rien de personnel, rien d'intime du moins. Nulle teinte de mélancolie lamartinienne, de révolte byronienne ; rien qui pose ou suggère une idée philosophique ou morale.

En fait, il était alors (comme il allait toujours être) bien moins un homme de lettres qu'un homme du monde, un jeune dandy qui promenait dans Paris son dédain d'aristocrate (il se donnait du vicomte !), qui, dans les salons, éblouissait les dames par son joli visage d'ange, aux beaux cheveux blonds, où s’allumaient des yeux rieurs et doux, sa svelte élégance, son frac pincé à la taille qui moulait ses hanches rondes. C’est ainsi que I'a représenté, déguisé en page, une gravure célèbre d'Achille Devéria. Il garda toujours, dans sa personne et dans son oeuvre, quelque chose de cet adolescent désinvolte et charmant, volontiers cynique à la manière d'un libertin du XVIIIe siècle, avide de plaire, d'aimer et d'être aimé, confiant en ses dons, mais sensible au moindre revers, et si fragile, au moral comme au physique : un adolescent perpétuel, qui ne parvint jamais à assumer sa condition d'homme.

Dans les salons, il s'initia aux plus subtiles manifestations de l'amour romantique, un jeu social où les moins doués se brûlent les ailes. Il pouvait faire valser deux jeunes filles amoureuses de lui, brouillant les pistes pour que chacune se croie l'élue. Les marquises, les duchesses et les princesses d'âge mûr le prenaient en affection. Hôte assidu du salon d’une des femmes les plus spirituelles de Paris, Mme Caroline d'Althon Shée Jaubert, l’épouse d'un juriste qui aurait pu être son père et la sœur d'Edmond d'Alton-Shée, pair de France et son ami, qu'il appelait «la petite fée blonde» (alors qu’elle avait sept ans de plus que lui), tandis qu’elle lui donna le surnom de «Prince Phosphore de coeur volant», il fit d’elle sa «marraine» et sa confidente, notamment tout au long de leur correspondance, qui allait s'étaler sur vingt-deux années.

Pourtant, il aurait déjà alors connu un premier grand amour où il aurait été trahi, qui aurait définitivement ruiné sa faculté d'aimer, introduit dans son cœur un scepticisme douloureux, et dont il allait garder le souvenir, une défiance invincible gâtant désormais ses plus belles amours.

Comme il avait terminé ses études secondaires, on pressa ce brillant enfant terrible de choisir un métier et de s'y préparer. Lui qui, au sortir de I'enfance, avait déjà confié à son frère, Paul, son incapacité à devenir «une espèce d'homme particulière», ses aptitudes, peut-être trop nombreuses, lui ouvrant toutes les voies sans qu'il en choisisse aucune, hésita : il dessinait fort joliment ; il goûtait fort la musique. En automne, il s’inscrivit en droit. Puis il passa à la médecine, avant d’entamer une formation d’artiste peintre et de se consacrer à la musique, jusqu’en 1829. Ainsi, à chaque fois, il n’alla pas au bout de son cursus. Car le collégien sérieux était devenu un étudiant plus que dilettante. La sortie du cocon familial fut une expérience de la rupture, qui s'imprima profondément dans la conscience du futur poète : I'adolescent débauché garda toujours en lui l’image de I'enfant pur et plein d'espoirs. Assoiffé de liberté, il se précipita vers les plaisirs, courut les cafés à la mode et côtoya une jeunesse dorée dont il n'avait ni I'entregent ni les moyens financiers. C'est dans ce monde séduisant préoccupé d'art mais surtout de toilettes, de chevaux et d'aventures amoureuses qu’il se forgea une personnalité de dandy arrogant, et rencontra ceux qui allaient rester ses amis : Alfred Tattet, un jeune homme riche, élégant, cultivé, bon vivant ; Ulrich Guttinguer, un poète et romancier beaucoup plus âgé et auréolé par une passion malheureuse qui avait traversé comme un éclair une vie riche en plaisirs ; Roger de Beauvoir ; le comte de Belgiojoso ; le comte d'Alton-Shée. Avec eux, il menait une vie très libre, parsemée d'amours passagères sans noblesse. Auprès d'eux et sous leur influence, rivalisant d'esprit et de cynisme, il ne pouvait célébrer qu'une muse plus légère que chaste.

Comme, décidément, la poésie était sa seule vocation, on le laissa libre de s'y consacrer. Mais il ne s'y livra qu’à ses heures, sans grande volonté de percer, bien décidé, déjà, à ne pas forcer son talent. On a conservé peu de chose de ces premiers essais poétiques ; ce sont de petits poèmes à la mode où on trouve de la couleur historique, du mystère, de la couleur locale, du macabre, des rythmes acrobatiques, toutes modes que pouvait emprunter au Victor Hugo des ‘’Odes et ballades’’, puis des ‘’Orientales’’, un jeune admirateur de son talent poétique ; mais aussi des madrigaux d'un style tout classique, de pures évocations grecques à la manière de Chénier, des couplets humoristiques.

Il publia :

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‘’Un rêve’’

(1828)
Poème
Commentaire
Cette ballade, signée «ADM», où Musset imitait Hugo, fut publiée, le 31 août 1828, dans les colonnes du ‘’Provincial’’ de Dijon, le journal d'Aloysius Bertrand.

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Le 4 octobre 1828, Musset, toujours sous les initiales «A.D.M.», publia ‘’L'Anglais mangeur d'opium’’, qu’il présenta comme une traduction de ‘’Confessions of an English opium eater’’, de Thomas de Quincey, alors que ce fut, en réalité, un travail de création car il résuma, supprima, ajouta même selon sa fantaisie.

En avril 1829, son père, que cette littérature inquiétait, l’obligea à prendre une place d’expéditionnaire dans les bureaux d’une entrepreneur de chauffage militaire où il le recommanda. Rien ne pouvait lui être plus antipathique, puisqu’il aimait le monde, le plaisir, l’indépendance absolue.

Le 24 décembre, son père organisa une soirée littéraire au cours de laquelle Alfred lut, devant Mérimée, Vigny et d’autres, des poèmes extraits de son recueil à paraître. Peu après, il quitta son emploi.

Fin décembre, il fit paraître un recueil qui fut daté de 1830 :

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‘’Contes d'Espagne et d'Italie’’

(1829)
Recueil de quinze poèmes

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‘’Don Paez’’
Don Paez, cavalier et officier espagnol, aime Juana, une jeune comtesse d'une incomparable beauté. Après avoir passé une nouvelle nuit d'amour avec elle, il rejoint ses compagnons dans le corps de garde débraillé d’un château fortifié. Là, au milieu des fumées du vin, chacun d'entre eux vante le charme exceptionnel de la femme qui lui accorde ses faveurs, sans en taire le nom. À son tour, I'un des cavaliers, presque un adolescent, Etur de Guadassé, nomme Juana, la femme qu'aime don Paez. Ce dernier le traite d'abord de menteur et de vantard ; mais, lorsque le jeune homme lui affirme que ce qu'il dit est la stricte vérité, il lui propose de se battre : le survivant, et c'est la promesse qu'ils se font solennellement, tuera dès le lendemain la femme infidèle. Vainqueur après avoir étouffé dans ses bras son jeune rival, don Paez se rend chez une sorcière qui lui donne un philtre qui, après avoir procuré I'ivresse à celui qui I'absorbe, cause une mort lente mais sûre. Don Paez le boit, puis se rend chez Juana. Après lui avoir reproché son infidélité, il s'unit à elle en un long embrassement voluptueux, puis, I'ayant poignardée, il reste près d'elle à attendre la mort.
Commentaire
Dans cette nouvelle naïve, ce sombre drame de la jalousie, rien ne manque à I'habituel et truculent répertoire romantique : sérénades et mandores, «chambre tigrée», ogive espagnole. La composition n'est pas dépourvue d'une certaine harmonie. Quelques vers, dépeignant Madrid au clair de lune, sont remarquables : on y pressent déjà ce qu’allait être plus tard la poésie de Musset. Mais on remarque surtout l’expression de la passion :

«Amour, fléau du monde, exécrable folie,

Toi qu'un lien si frêle à la volupté lie,

Quand par tant d'autres nœuds tu tiens à la douleur,

Si jamais, par les yeux d'une femme sans coeur,

Tu peux m'entrer au ventre et m'empoisonner l’âme,

Ainsi que d'une plaie on arrache une lame,

Plutôt que comme un lâche on me voie en souffrir,

Je t’en arracherai, quand j’en devrais mourir

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‘’Portia’’
Portia ne peut s’enfuir avec son amant, le jeune Dalti, qu’après que celui-ci a tué en duel le vieux et jaloux comte Luigi. Les voici en gondole à Venise, dont la langueur perverse cache la traîtrise et la corruption. Dalti a perdu la veille toute la fortune qu’il avait gagnée au jeu, et avoue à Portia qu’il n’est plus qu’un pauvre pêcheur. Elle accepte pourtant de le suivre, parce qu’elle l’aime et que «Dieu rassemble les amants». Mais, jusqu’à la fin, le couple est placé sous le signe de la mort : «Tu m’as fait trop heureux ; ton amour me tuera !»

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