Un plaisir de lire qui dévore des dizaines de milliers de pages…





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Paris aller-retour

Guide littéraire de France

Un plaisir de lire qui dévore des dizaines de milliers de pages…

et presque autant de kilomètres

de

Bart Van Loo

Anvers/Amsterdam, Meulenhoff/Manteau, 2006, 416 p. (photos et cartes incluses)



Maison d’édition Meulenhoff/Manteau

Harold Polis - harold.polis@standaarduitgeverij.be

Mechelse Steenweg 203- 2018 Antwerpen - 0032.3.285.73.55

Traduction : Isabelle Piette (isabelle.piette@skynet.be)

Auteur : bart@bartvanloo.info
Table des matières

1. quatrième de couverture - synopsis

2. tables des matières de Paris aller-retour 

3. l’avant-propos du livre

4. début du chaptre sur Victor Hugo

5. extraits de presse

1. Quatrième de couverture

Lire, c'est voyager sur le papier. Certes ! Mais pourquoi ne pas joindre le geste à la parole ? Pourquoi ne pas se lancer, livres en main, sur les traces de ses écrivains préférés ? C’est ce qu’a fait Bart Van Loo, parti à la recherche des endroits, célèbres ou insolites, où ont travaillé et vécu les plus grands auteurs français du XIXe siècle. Et voilà que ces lieux habités renaissent à un jour nouveau sous le regard et la plume de ce jeune « étranger du Nord » dévoré de passion pour les lettres françaises. Ses aventures de lecture et de voyage font surgir un passé littéraire revivifié qui se révèle le meilleur compagnon de route qui soit.

Bart Van Loo marche ainsi sur les traces de Victor Hugo, d’Alexandre Dumas père, de George Sand, d’Honoré de Balzac, d’émile Zola, d’Alphonse Daudet, de Guy de Maupassant et de Gustave Flaubert. Il décrit le cours souvent bouleversant et tumultueux de leur vie et révèle en même temps la richesse littéraire de leurs œuvres. Mais qu’on ne s’y trompe pas : le tout, parsemé de digressions personnelles, tantôt émues, tantôt drôles, inspirées par les péripéties de ce voyage entre les siècles, n’a de la poussière que celle qui tombe des semelles ! Au fil des étapes et des chapitres, le bourlingueur érudit brosse un portrait surprenant de la littérature française du XIXe siècle. Et bien évidemment, c’est à Paris, capitale par excellence de la littérature de l’époque que commence et se termine son périple.

Paris aller-retour est à la fois un livre de lecture et un guide. L’ouvrage comprend de nombreux conseils uniques qui vous aideront à parcourir la France sur mode inédit. Pourquoi ne pas lire Hugo à Villequier, Dumas à Villers-Cotterêts, Balzac à Tours, Zola à Aix-en-Provence, Maupassant à Antibes ou Flaubert à Rouen ? Ou les lire tous à Paris ? Comme le disait si bien Victor Hugo : « Lire, c'est voyager ; voyager, c'est lire. »

2. Table des matières de « Paris aller-retour »

– Avant-propos
– Chapitre 1 : « Je veux être Chateaubriand ou rien. »

Victor Hugo (1802-1885)

Besançon (France-Comté) – Paris – Villequier (Normandie) – Bruxelles – îles anglo-normandes – Paris
– Chapitre 2 : La fantaisie débridée du nègre

Alexandre Dumas père (1802-1870)

Villers-Cotterêts (Picardie) –Paris
– Chapitre 3 : « J’aime, donc je suis. »

Avec George Sand (1804-1876) au cœur de la France

Paris – Bercy
– Chapitre 4 : Le Napoléon du roman

Honoré de Balzac (1799-1850)

Touraine – Paris
– Chapitre 5 : D’Aix-en-Provence au firmament de la littérature

émile Zola (1840-1902)

Aix-en-Provence (Provence) – Paris – Médan (île de France) – Paris
– Chapitre 6 : Un Provençal à Paris

Alphonse Daudet (1840-1897)

Provence/Languedoc – Paris – Champrosay – Paris
– Chapitre 7 : Un Flaubert détendu

Guy de Maupassant (1850-1893)

Normandie – Seine (île de France) – Paris – Côte d’Azur– Paris
– Chapitre 8 : « Je me grise avec de l’encre comme d’autres avec du vin. »

Lettres à Gustave Flaubert (1821-1880)

Paris – Normandie
+ DOSSIER PRATIQUE. CARTES. ADRESSES. REGISTRE
3. Avant-propos
Je cours à en perdre haleine le long de la Seine. La sueur ruisselle de mon menton ; l’affolement me gagne peu à peu. C’est ma dernière campagne littéraire dans la capitale française. Mon livre est déjà bien avancé, mais, pour couronner le tout, Patrick, mon ami parisien, devait m’entraîner dans un circuit de petits coins cachés de la littérature. Et voilà que tout ça tombe à l’eau.

Tout a commencé à mon arrivée à la Gare du Nord. Alors que je m’avance tranquillement sur le quai de la gare, je réalise soudain que je ne sais plus où nous avons fixé notre rendez-vous. Je me creuse la cervelle. Quelque chose me dit que la promenade, à laquelle d’autres Parisiens doivent se joindre, commence place Saint-Michel, près de la fontaine, à deux pas de la Seine. Mon intuition m’a souvent sauvé en pareille situation. Rassuré, je prends le métro, m’installe dans un café de la Place, commande un petit-déjeuner et goûte la saveur d’une aube typiquement parisienne. Le parfum des croissants chauds, ces hommes et ces femmes qui boivent un café noir « sur le zinc » en lisant leur journal. J’attends, j’attends… Pas de Patrick.

à 10 heures et quart, je mets un terme à mon attente et je me précipite dans un cybercafé de la rue Saint-André-des-Arts, pour dénicher son numéro. Car, bien entendu, je l’ai aussi oublié. Je le trouve et, de retour sur la place, je me précipite aussitôt dans le premier café. L’escalier vers les toilettes. Comme je n’ai pas de carte de téléphone, je dois chercher un appareil à pièces. Ce que, la plupart du temps, on trouve près des urinoirs. Je forme son numéro et j’ai en ligne élisabeth, sa femme : il se fait que je me suis trompé, que je suis en retard, que je ne sais pas où je suis censé être. Pas la « place », mais le « quai » Saint-Michel ! Les bras m’en tombent. C’est pour ainsi dire l’endroit où je l’ai rencontré pour la première fois. Pas de temps pour les effusions mélancoliques : en route ! Trop tard, naturellement… Je me précipite à nouveau dans les caves de l’un ou l’autre bistro. Elisabeth encore, m’explique que la halte suivante se trouve quai Malaquais et que le groupe doit ensuite emprunter la rue de Seine en direction de la rue de Condé. Je ne pouvais pas le demander tout de suite ?

Et c’est là que je cours à en perdre haleine. Un peu plus loin : personne sur le quai Malaquais. Mon moteur commence peu à peu à crachoter, mais je tiens bon courageusement et m’engouffre dans la rue de Seine. Les yeux grands ouverts. à présent, cela ne peut plus durer longtemps. Dans ma course, je laisse à ma droite l’étroite rue Visconti et j’entrevois dans un éclair la maison où Balzac a essayé de mettre sur pied une imprimerie. Peut-être est-ce lui, le plus grand dans ce livre. Le stakhanoviste des lettres françaises, le premier écrivain que je suis vraiment arrivé à aimer. Et tout en courant, je pense à sa singulière chambre d’écrivain à Saché, dans le quartier de l’Indre sinueuse, à la « scène de l’épaule », une des scènes les plus délicieuses de la littérature universelle dans Le Lys dans la vallée, à son amour impossible avec la tout aussi impossible Madame Hanska et, naturellement, à ses descriptions piquantes de Paris dans Illusions perdues. Plongé dans mes méditations, j’en perds le fil de ma course, j’en oublie de tourner à gauche et je fais un détour par la rue de Tournon où j’aperçois le panneau indiquant l’Hôtel du Sénat. Là où Alphonse Daudet, jeune Provençal, vint tenter sa chance littéraire. Obscur, inconnu. Une découverte ! Voilà non seulement le guide tout désigné pour (re)découvrir la Provence, mais aussi l’auteur de beaux romans qui ont Paris pour cadre. Et le propriétaire d’une villa dans l’Essonne où j’ai passé quelques nuits dans sa chambre à coucher. Au bout de la rue, je prends à gauche. En route vers la rue de Condé. à ma droite s’étend l’incomparable Jardin du Luxembourg. Je sais que je peux y découvrir une statue de George Sand, mais, dans mon imagination, j’y vois surtout, arpentant ses allées, le jeune Victor Hugo. Amoureux fou. Ses rendez-vous galants avec Adèle, sous les platanes. Et plus tard le Marius des Misérables, tout aussi épris, qui, à son tour, y séduira Cosette. Voilà un roman parisien monumental qui, à ma grande surprise, a été écrit pour sa plus grande partie durant l’exil d’Hugo dans les îles anglo-normandes. Je m’y revois à vélo. Nez au vent, à la poursuite de Hugo. Les hortensias de Jersey, la villa Hauteville à Guernesey. Mal de mer à bord du bateau vers Sark… Je m’engouffre dans la rue de Condé. Droit devant moi, j’aperçois le dôme du Panthéon. Le toit du mausolée des célèbres héros de la France. Je m’y trouvais, quelques années plus tôt, lorsque Alexandre Dumas père, le père spirituel des Trois mousquetaires, y connut son heure de gloire posthume. Comme il se doit, les Français tirent leurs grands écrivains de leur tombe pour leur rendre les honneurs. Une soirée étrange, mais inoubliable. Coincé dans la foule. Avec, à la main, son Vingt ans après. Chair de poule.

Soudain, je réalise que cette course infernale ne tient pas du hasard. Il semblerait que le destin soit lancé à mes trousses, au fil de mes aventures de lecture et de voyage de ces dernières années. Dix mille pages. Mille kilomètres. Et me voilà soudain hors d’haleine. Rien ne va plus. Comme si, d’un coup, les kilomètres et les pages me réclamaient leur péage. Ce fut splendide, mais je ne suis pas fâché d’en voir le terme. Comment tout cela a-t-il commencé ? Un livre consacré aux monstres sacrés de la littérature française. David contre une multitude de Goliath. Pas à tort et à travers, mais en suivant du doigt leur œuvre et leur vie et en allongeant la jambe pour glisser mes propres pas dans leurs empreintes. De temps à autre, j’ai pensé renoncer, mais au bout d’un moment, le virus têtu m’est revenu. Lire, écrire, voyager : l’association, il faut aussi le dire, ne se refuse pas. Mais je me reporte à nouveau rue de Seine. Et, à bout de forces, j’y tombe sur Patrick. Soulagé, il appelle sa femme : « élisabeth, nous l’avons récupéré ! » Exactement comme on dirait d’un chien qui se serait échappé. Vaillamment, j’entame mes derniers kilomètres à travers Paris. Quelqu’un s’est-il jamais musclé à ce point les mollets à coup de littérature ?
***

Lire, c’est voyager dans sa tête. Et pourquoi ne pas joindre le geste à la parole et se lancer sur les traces de ses écrivains favoris, en l’occurrence, ici, les célèbres romanciers du XIXe siècle français ? « Le XIXe siècle ? Ces écrivains français morts et enterrés ? Ces gros bouquins illisibles ? », direz-vous… On n’a cessé, ces dernières années, de soulever la question, et de hausser le sourcil. à tort ! La plupart des œuvres en prose du XIXe siècle français appartiennent en effet à une littérature de tout premier ordre qui se dévore avec délices. Pour ma part, je suis parti à la recherche des lieux où les auteurs avaient vécu et travaillé, mais aussi des sites qui, aujourd’hui encore, peuvent se visiter leurs romans à la main. Victor Hugo, Alexandre Dumas père, George Sand, Honoré de Balzac, émile Zola, Alphonse Daudet, Guy de Maupassant et Gustave Flaubert m’ont ainsi conduit dans les coins les plus divers de la France et, naturellement, à Paris, la capitale par excellence de la littérature au XIXsiècle.

Paris aller-retour doit donc se lire comme une modeste tentative pour déloger ce qu’on appelle « les Belles-Lettres » de ce coin d’intellectualisme mal placé et de monotonie poussiéreuse où on les a reléguées, sans pour autant tomber dans le simplisme et les lieux communs. Il va de soi que la lecture en constitue l’alpha et l’omega : j’ai lu, j’ai voyagé et je continuerai à lire. Mais, après avoir couru sur les talons de Hugo, Balzac et Zola, je vois Paris d’un autre œil, et après de nombreuses randonnées dans la capitale française, je porte sur chaque (nouveau) roman que je lis d’eux un regard tout différent. Vagabonder sur les îles anglo-normandes m’a permis de mieux comprendre l’exil de Hugo. Relire en Provence Les Lettres de mon moulin de Daudet, cette prose qui titille les sens, fut, à tous points de vue, une expérience savoureuse. Si vous avez jamais traîné votre cœur brisé en mille morceaux le long de rues désertes, vous ne manquerez pas d’être sincèrement ému en contemplant les châteaux chers à Félix de Vandenesse, héros de Balzac, en Touraine. à la deuxième lecture, Le Lys dans la vallée ressuscitera alors entre vos mains, comme un roman flambant neuf. Et ainsi de suite… Les uns après les autres, les écrivains et leurs œuvres se sont faits plus proches par l’entremise de fidèles éclats du passé. Voilà pourquoi des phrases telles que « je sens Hugo tout proche de moi » ou « l’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être Félix de Vandenesse » jaillissent ici ou là de mon texte. Ce ne sont pas des fanfaronnades gratuites. La recherche de vestiges du passé parfois oubliés a débouché sur bien plus que quelques instants éphémères d’excitation et d’émoi. Au terme ultime, je me suis vraiment surpris moi-même à laisser couler de ma plume quelques lettres adressées à Gustave Flaubert. L’aboutissement purificatoire d’années de lectures et de voyages.

S’il est clair que je n’ai pas voulu écrire un livre académique, j’ai cependant tenté d’associer à des anecdotes biographiques et des notes de voyages personnelles quelques analyses de textes pertinentes sur les œuvres. En outre, je ne sais que trop que, depuis belle lurette, l’enthousiasme a tiédi : on a écrit sur ces auteurs des bibliothèques entières, ce qui ne signifie pas qu’on les lit encore volontiers. C’est la raison pour laquelle j’aimerais rompre une lance en leur faveur. Enfin, Paris aller-retour se veut avant tout un voyage sans prétention à travers la vie et l’œuvre de quelques grands écrivains français, mais aussi un guide qui, en lui fournissant des cartes et des adresses, aidera le lecteur à parcourir la France sur un mode différent. Lire, c’est toujours voyager. Voyager, c’est toujours lire.
Bart Van Loo

Anvers, printemps 2006

4. Début du chapitre sur Victor Hugo
« Tu me crois peut-être

Un homme comme tous les autres, un être

Intelligent, qui court droit au but qu’il rêva.

Détrompe-toi. Je suis une force qui va !

Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !

Une âme de malheur faite avec des ténèbres !

Où vais-je ? Je ne sais pas. Mais je me sens poussé

D’un souffle impétueux, d’un destin insensé. »

Hernani


« Je veux être Chateaubriand, ou rien. »

Victor Hugo (1802-1885)

Neuf heures du matin, on sonne à la porte. Encore engourdi de sommeil, je me dirige vers l’interphone. à trois reprises, je m’entends répondre un « oui » grognon. « Si je suis bien Bart Van Loo ? » « Si je donne bien une conférence sur Victor Hugo à Lier cette semaine ? » et « S’il peut entrer deux minutes ? » Je réalise tout à coup que je ne suis encore que très peu habillé, je m’enveloppe vite dans une robe de chambre et fais entrer un homme gris d’un certain âge. Côté tempérament, rien à redire : une poignée de main énergique, un coup d’œil admiratif, assorti de commentaires tonitruants, en direction de ma bibliothèque. Je m’affale sur une chaise. « Si, éventuellement, il pourrait collaborer à ma conférence ? » Pas le temps d’émettre le moindre avis sur la question : l’homme arrache son manteau, prend une pose à la Napoléon, plante ses yeux droit dans les miens et se lance : « Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! Morne plaine ! / Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine. » à peu de chose près les vers les plus connus de la littérature française. Ici, dans ma bibliothèque ! De grand matin ! Et par un inconnu qui, maintenant que je suis tout à fait réveillé, ressemble vaguement à Hugo. L’aurore a la bouche pleine de poésie. « D’un côté, c’est l’Europe et de l’autre la France. » Sur « l’Europe », il fait mine de cracher par terre ; sur « la France », son visage rayonne tel le soleil brûlant d’un après-midi d’été. Et me voilà soudain transporté avec lui sur le champ de bataille de Waterloo. Je vois Napoléon « sa lunette à la main », j’espère moi aussi l’arrivée en renfort des troupes du maréchal Grouchy et me lamente sur cet espoir vain. « C’était Blücher ! », le feld-maréchal prussien qui allait imposer au combat un tournant décisif. Cependant, la bannière de l’aigle ne se laisse pas gagner aussi facilement. Les soldats de la Grande Armée savent bien qu’ils vont mourir à Waterloo, mais ils mourront la tête haute. Un seul cri jaillit de leur bouche : « Vive l’Empereur ! » L’homme atteint l’extase. Ma robe de chambre en tombe bouche bée d’étonnement. Et le voilà qui saisit soudain ma chaise de bureau, la fait virevolter comme une bannière. Il EST Napoléon à présent. Pas de doute. « Moi vaincu ! Mon empire brisé comme verre. / Est-ce le châtiment cette fois, Dieu sévère ? – / Alors parmi les cris, les rumeurs, le canon, / Il entendit la voix qui lui répondait : non ! » L’homme s’écroule en sueur sur la chaise qu’il a déposée devant lui. J’ai compté : quatre-vingt-huit vers archidifficiles. De tête. Ou mieux, « par cœur », comme disent les Français. « Si, éventuellement, il pourrait collaborer à ma conférence ? » Cette semaine, c’est sans peine qu’il va réanimer dans la ville flamande de Lier ce vénérable mais néanmoins de temps à autre illisible Hugo. Chair de poule et applaudissements. Merci, Lieven. Hugo n’est pas mort. Il est bel et bien vivant.

Tout comme chaque patelin flamand a son avenue Guido Gezelle, les plus petits bleds de France ont quelque part une route ou une place baptisée du nom de Victor Hugo. Hugo est LE monstre sacré de la littérature française. Personne n’a jamais été placé sur plus haut piédestal. Aucun de ses collègues français, mort ou vif, ne récolte à ce jour plus d’occurrences sur Internet. Son nom est associé au combat contre la peine de mort, à la comédie musicale la plus populaire de tous les temps, aux célèbres photos de son exil, au romantisme littéraire, à la maison d’écrivain la plus excentrique de la littérature mondiale… et naturellement à la barbe blanche qui lui donnait, à la fin de sa vie, des allures de demi-saint. à sa mort, il sera d’ailleurs canonisé : un aller simple pour le Panthéon. Alexandre Dumas, émile Zola ou André Malraux ne le rejoindront dans ce mausolée français des héros que quelques années après leur trépas et un bout de carrière politique. Et pourtant… Hugo n’est plus dans le vent. L’œuvre de ce poète amant, dessinateur, pamphlétaire, politicien, mégalomane se traîne de plus en plus, au fil des ans, à l’arrière-plan. Des kilomètres de poésie, de pièces de théâtre, d’essais, d’impressions de voyage et, naturellement, de romans. Qui ne connaît pas Notre-Dame de Paris ou Les Misérables ? Les connaître, peut-être. Mais qui les a lus ? D’accord, certains passages, dans son œuvre, passent aujourd’hui encore pour verbeux et pathétiques, mais en la replaçant dans son contexte et dans l’atmosphère appropriée, on peut néanmoins faire jaillir des étincelles de sa poésie en apparence indigeste. C’est plus facile pour Les Misérables, dont les 1 500 pages m’ont sans peine tenu enfermé dans leur poigne de fer durant deux semaines. Quel singulier défi que d’errer dans Paris ce roman à la main ! Mais la période la plus captivante de la vie de Hugo est certainement l’exil, un exil qui l’a naturellement conduit à Bruxelles, mais aussi sur les îles anglo-normandes où il séjourna environ 18 ans, et où j’ai là aussi suivi ses traces. Mais commençons par le commencement : en Franche-Comté.

"J'ai tracé ton nom sur le sable : DIDI. La vague de la haute mer l'effacera cette nuit, mais ce que rien n'effacera, c'est l'amour que ton père a pour toi.'' Lettre à sa fille Léopoldine. étaples, 1837
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