Gaston Couté, père de tous les Brassens titrait Théodore Bérégi pour un article paru en 1961 dans la revue Démocratie 61. Les éditions du vieux Saint-Ouen, en





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date de publication30.05.2017
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Gaston Couté, père de tous les Brassens titrait Théodore Bérégi pour un article paru en 1961 dans la revue Démocratie 61. Les éditions du vieux Saint-Ouen, en 1966, intitulaient la première partie du livre : Gaston Couté, l’enfant perdu de la révolte. De Gaston Couté à Georges Brassens. Michel Desproges voit l’œuvre de Couté « annoncer celle de Brassens ».

Cette filiation n’était pas du goût de ton le monde. Ainsi, Henry Poulaille, dans un article paru en 1967 dans le Bulletin Trimestriel du Centre Ouvrier France Interlingua (COFI), s’emportait et redonnait à l’un et l’autre leurs justes places.


J’ai lu avec plaisir l’article de Jeanne Humbert sur le bouquin de Ringeas et Coutant et suis d’accord avec elle dans son étonnement qu’un lien puisse être établi entre Couté et Brassens.

Ce doit être une idée « lumineuse » de Ringeas, idée publicitairement valable, je le veux bien mais non seyante dans le cas présent. Qu’a à foutre de cette publicité le poète qui a claqué à l’hôpital ?

Déjà la démonstration a été accueillie par des journaux, des lettres, aussi lui font écho. Dans les amis de Couté même, dans le dernier cahier un correspondant belge, applaudit à tour de bras : « le parallèle avec Georges Brassens est extraordinaire et très heureux ».
Or ce n’est ni heureux ni extraordinaire et ce billet de satisfaction n’eut pas du être donné dans le bulletin. J’avais écrit à Ringeas au reçu du bouquin et lui disait déplorer son rapprochement de deux poètes qui n’avaient aucun point commun. Il y a surtout que l’un est un rimeur comme cent autres et le disparu était un très grand poète.

Un des rares poètes vrais et le seul peut-être ayant su rendre dans toute son authenticité la vie populaire. A travers des images vibrantes, le relief du dessin de ses descriptions, l’âpreté de ses diatribes c’est le frisson même de la vie que son art nous restitue.

Ses paysans sont bien devant nous quand ils s’agitent en parlant, et cela est exposé dans un ton si exact qu’on chercherait en vain l’équivalence dans les meilleures pages de Gaston Roupnel, Marc Stéphane, Vallès , Nazzi, Pouget, Ramuz. (1)

Les meilleurs scripteurs régionalistes n’ont rien à lui opposer, Desrousseaux, Mousseron, ni les argotiers, Léon de Bercy, Bruant, certes il y a quelques textes à glaner. Chez Couté c’est l’œuvre en entier qui est sous le signe de l’authenticité, qualité rare car ni le métier ni l’art ne peuvent se substituer à elle. L’œuvre de Couté à un accent et cela eut été plus intéressant à montrer que de vouloir accrocher le rouleur de routes au chariot d’un Prince de la chansonnette.

Dans le livre de Ringeas et Coutant, on nous affirme que leur inspiration est identique, la tâche qu’ils accomplissent, leurs buts, leur cheminements sont les mêmes. Ils ont nous dit-on en commun la toile de fond, leur révolte, leur angoisses, ils ont aussi cette générosité, qui jeunes les a poussés l’un et l’autre vers les milieux libertaires. Ils se rejoignent dans le tragique, mais ils ont choisi un mode d’expression différent.

Ce ne sont que des phrases. Brassens lui, lit-on encore, a crée un style, une manière bien à lui de faire éclater la morale, de bousculer les préjugés. Je ne vois pas qu’il y ait le moindre style personnel chez Brassens. En vérité cette biographie est alourdie par l’insolite présence de trop de Brassens et la proposition d’accoupler ces deux noms frise l’aberration. Couté n’avait pas besoin de béquilles. Le livre est encombré d’une trentaine d’échantillons de vermicellerie pariétaire, dont aucune citation ne se justifie.

J’ai parlé plus haut d’aberration ! Mais brisons là…

Couté est notre ami et nous devons défendre nos amis contre les amis au besoin. Quelqu’un qui comparerait Benjamin Rabier à Daumier ferait rire. La comparaison des deux poètes est de même justesse. Pour une fois ou un chansonnier s’est haussé et tenu à la plus haute poésie, c’est risqué de lui donner un double. Couté n’est pas un souffleur de vers. C’est un grand bonhomme.

Les gourgandines, l’Ecole, la Toinon, Le champ de naviot, Le christ en bois, Idylles des grands gars comme il faut, Le foin qui presse,… peuvent être mises en regard de ce qu’ont pu donner les plus grands et les plus virils artistes. Je suis sur que Tailhade eut signé de bon cœur « Les conscrits » et Verlaine eut été content de « Va danser ».



Je reviens à Brassens. J’ai été l’un des premiers à applaudir sa venue comme celle de Ferré. Dans ces temps « zéroïques » où zéro est la norme pour tout et partout, leur voix à quelque poids et je suis heureux de leur réussite. Mais qu’on les laisse dans leur fief. Les confusions sont déjà trop faciles sans qu’on ait à les proposer. Ici nous sommes en plein droit de nous rebiffer. Une double raison, car de même que leur poèsie, les deux hommes sont d’espèce différente. Quant à leur comportement il est diamétralement en opposition.

Brassens met de la musique sur des vers du pieux Francis Jammes. Une chorale religieuse dirigée par un prêtre, crée et lance avec son accord des disques de Brassens. Couté n’eut point cette chance d’intéresser une chorale socialiste. Couté était rebelle à tout embrigadement. Brassens palabre volontiers publiquement avec des calotins bon teint. Aussi vit-on le gars qu’a mal tourné en perpétuelle difficulté, dans la dèche toujours. Brassens a fait ses affaires et il est aujourd’hui un vrais millionnaire (millionnaire en francs de Gaulle).

Ringeas n’a-t-il pas eu connaissance de tout cela ? Où voit-il que leur cheminements sont les mêmes. Voici quelques lignes d’un récent article paru dans Arts sous le titre « La France de Brassens ». M. Monteaux nous y dit que son œuvre « est adoptée par les libres-penseurs comme par les catholiques, par la droite et par la gauche ; elle touche les enfants comme les adultes. Elle est écoutée dans les cafés comme à la maison. Et elle remplit les salles. Je n’en connaît pas, ajoute-t-il, qui réalise une telle unanimité ».

Cela ne rappelle en rien la carrière de notre Couté. On pourrait s’étonner de l’élasticité de l’anti-conformisme de Brassens, mais nous entrons là dans le domaine courant et l’anar Ferré pour se gagner le public communiste adjoint à ses programmes des chansons de Louis Aragon. Personne n’y voit malice. Quand Brassens bavarde philosophiquement avec les curetons, il obéit aux lois de la fée publicité. Il est à la remorque de sa gloire laquelle est soumise à la vente. Et plus la vente est grosse moins on ne peut se dégager. On voit mal Couté à la place de Brassens…
Henry Poulaille.


(1) c’est volontairement que je ne cite pas, L.F. Céline, Alfred Marchard, Rictus, leur pseudo langage populaire est de fabrication littéraire.

Note du Vent du Ch’min.

Dans cet article Henry Poulaille s’en prend nommément à notre compagnon René Ringeas. Le livre Gaston Couté, l’enfant perdu de la révolte a été écrit par René Ringeas et Gaston Coutant, secrétaire de l’association Les amis de Gaston Couté.

Nos recherches nous ont permis d’en retrouver le manuscrit. Il s’avère que la première partie incriminée à été écrite par Gaston Coutant.

La seconde partie, Du moulin de Clan au moulin de la galette, le fut par René Ringeas. Cette seconde partie, ne fait pas référence à cette filiation entre Brassens et Couté.

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