Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui





télécharger 37.3 Kb.
titreAu Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui
date de publication01.05.2017
taille37.3 Kb.
typeDocumentos
l.20-bal.com > loi > Documentos
Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui qui désire devenir clerc. Elle permet également d’accéder à des carrières administratives. De fait, seul le garçon va à l’école. Il y entre alors vers l’âge de neuf ans. Selon qu’il soit rural ou urbain, qu’il désire vouer sa vie à Dieu ou non, l’enfant dispose d’une liberté relative concernant le choix de son école. Si l’enseignement dispensé se ressemble, la qualité des maîtres varient fortement.

I. Les différentes écoles.
Les premières écoles existantes au Moyen Age sont les écoles des monastères. Celles ci sont diverses : elles n’ont pas toutes la même fonction.

Il existe d’abord les écoles d’oblats. Les oblats sont des enfants donnés au monastère par leurs parents. Ils reçoivent une formation élémentaire avant d’être définitivement admis comme moines. Ces écoles sont souvent ouvertes aux clercs et aux laïcs, surtout aux enfants aristocrates. Ainsi les ducs de Normandie font leurs études à l’abbaye de Fécamp. Au XIIIe siècle, Thomas d’Aquin, confié à l’abbaye du Mont-Cassin en tant qu’oblat par ses parents, y effectue ses premières études.

L’encadrement des écoliers y est strict. Trois ou quatre maîtres sont désignés pour s’occuper de dix enfants. La Règle fixe à trois le nombre d’heures d’enseignement quotidien. Les coutumiers interdisent aux enfants de parler ou de se faire des signes durant les cours. La journée est rude car il faut également assister aux offices qui rythment la vie du moine mais elle est tempérées par des moments de détente et de jeux. Si des punitions physiques doivent être données, les moines considèrent que la surveillance a été mal faite.

Ces écoles d’oblats déclinent progressivement car les canonistes sont de plus en plus opposés à l’oblation. Avant 1100, Cluny y renonce. L’oblation est définitivement interdite au XVe siècle.

Il existe également les écoles dites « internes ». Elles sont réservées à l’usage des moines pour leur permettre d’approfondir leur connaissance de la Bible et également du chant. Pour y accéder, il faut avoir des connaissances grammaticales et littéraires acquises, le plus souvent, au monastère.

La Règle de Benoît de Nursie invite le moine à la lecture et une culture littéraire est donc nécessaire. Vers 555, Cassiodiore fonde le monastère de Vivarium qu’il souhaite être un grand centre intellectuel. Il fait apprendre aux moines les règles de l’orthographe et de la ponctuation et fait copier les manuscrits des auteurs antiques. Il compose lui même un manuel destiné à aider les moines à comprendre les notions élémentaires de la culture profane et de la culture sacrée. Le savoir profane est englobé dans le savoir religieux. Il faut y voir la volonté de faire de la Bible l’ouvrage où tous les savoirs sont présents.

Les écoles monastiques sont très dynamiques durant le haut Moyen Age, notamment en Irlande où il n’existe pas encore de ville : les monastères sont les seuls lieux d’enseignement et contribuent à l’évangélisation des contrées insuffisamment christianisées. En Normandie, l’abbaye du Bec devient, au XIe siècle, sous la direction de Lanfranc de Pavie, une des écoles les plus réputées d’Occident. Le canoniste Yves de Chartres qui participera à la querelle des investitures entre la papauté et l’empereur germanique y est formé.

Dès le XIe siècle, certains réformateurs jugent l’enseignement incompatible avec le renoncement au monde que le moine embrasse. Si certains monastères maintiennent leur enseignement, beaucoup y renoncent à tenir des écoles extérieures. Même les écoles internes périclitent. Au lieu de parfaire les connaissances des jeunes moines en matière théologique, les monastères décident que leur formation serait exclusivement ascétique, puisée dans les instructions spirituelles, la lecture et la méditation. Les plus anciens perdent leur rayonnement intellectuel comme le Bec. De leur côté, certains membres du clergé séculier ont aussi dénié aux moines le soin de s'occuper d'enseignement. Tel Anselme de Laon pour qui les clercs séculiers ont été institués pour prêcher et enseigner, les moines pour prier. Quand Pierre Abélard prit l'habit monastique à Saint-Denis et qu'il y tint école, Roscelin lui rappellera la parole de saint Jérôme selon laquelle " le moine n'est pas fait pour donner des cours, mais pour se mortifier " et ajouta : " puisque tu enseignes, tu as cessé d'être moine ".

Malgré le déclin de leurs écoles, les abbayes ne perdent pas toute vie intellectuelle. Elles restent des centres importants de culture religieuse, en marge néanmoins des écoles urbaines où se développent de nouvelles techniques et où s'épanouissent et s'enrichissent les connaissances. Parfois, la direction de l'école extérieure est retirée aux moines et confiée à un chanoine, à un clerc non moine, membre de la familia du monastère. Ainsi, en 1184, l'abbé de Saint-Bertin retire aux moines et confia à des clercs l'enseignement dans l'église paroissiale.

Au XIIe siècle, les écoles monastiques déclinent au profit des écoles urbaines. Les écoles urbaines se distinguent par davantage d’ouverture sociale et intellectuelle. L’enseignement y est dispensé par les chanoines réguliers et les clercs séculiers.

En ville, l’école cathédrale dépend de l’évêque. Les fonctions d’enseignement sont le plus souvent déléguées. L’école est alors installée dans les bâtiments de l’évêché et placée sous le contrôle du chapitre des chanoines qui aident l’évêque dans sa tâche pastorale. L’archidiacre est chargé de la formation des élèves qui sont, le plus souvent, des candidats à la prêtrise. Le chantre enseigne le chant et la musique.

Les écoles épiscopales existent en théorie dès le haut Moyen Age. L’oeuvre encyclopédique d’Isidore de Séville fait la réputation des écoles épiscopales de l’Espagne wisigothique. L’Admonitio Generalis promulguée en 789 par Charlemagne se soucie de l’éducation du futur prêtre. L’enseignement reçu doit pouvoir permettre de comprendre la Bible et d’assurer le service de la messe. Théodulf, évêque d’Orléans, demande même aux prêtres de paroisse d’ouvrir une école. Le capitulaire d’Aix-la-Chapelle de 816 qui organise la vie commune des chanoines autour d’un cloître contribue à la mise en place de ces écoles. Les écoles épiscopales se développent encore à partir du XIe siècle. Lors du concile de 1079, le pape Grégoire VII exige que chaque évêque fasse enseigner les arts littéraires dans son évêché. En 1179, le concile de Latran III ordonne que chaque cathédrale ait un maître qui enseigne gratuitement à tous les enfants qui le désirent. En France, il existe très peu d’écoles cathédrales jusqu’au XIIe siècle.

Certaines écoles relèvent des ordres de chanoines réguliers non attachés à la cathédrale. A Paris, Guillaume de Champeaux, ancien chanoine et écolâtre de Notre-Dame, fonde, en 1108 la collégiale Saint-Victor de Paris qui devient rapidement un établissement prestigieux. De grands théologiens et exégètes y sont formés tels Hugues et André de Saint-Victor.

Il existe également en ville des écoles indépendantes. Des clercs ouvrent des écoles indépendantes et concurrentes. Les élèves s’attachent alors à un maître et le suivent dans ses pérégrinations. L’école n’a alors pas de local fixe. L’enseignement se fait le plus souvent en plein air, parfois dans la maison du maître. Les études poursuivies y sont souvent rudimentaires, le matériel fait défaut et les élèves laissent rapidement leur place à d’autres.

La densification du réseau scolaire à partir du XIIe siècle n'est pas homogène. Il existe de fortes disparités au niveau régional : les régions situées au Nord de la Loire, la Normandie et le Bassin parisien sont les principaux bénéficiaires de cet essor. La France méridionale et centrale est restée quelque peu à l'écart du mouvement, même si certaines villes sortent du lot.
Parmi les écoles les plus célèbres de France, on trouve Paris, Chartres, Laon, Reims, Angers, Tours… Quelques unes acquièrent une renommée dans toute la chrétienté occidentale.

L'école cathédrale de Laon est surtout réputée pour l'enseignement de l'Ecriture sainte. L'école cathédrale d'Orléans est d'abord réputée pour son enseignement de la poésie et de la grammaire avec Hugues d'Orléans surnommé Primat (v. 1093-1160), puis Amoul dit de Saint-Euverte célèbre pour ses commentaires des poèmes d'Ovide. Après 1150, Orléans se démarque par son enseignement du dictamen (le dictamen étant l'art de la composition écrite latine, en prose ou en vers, selon des règles rhétoriques déterminées). L'un de ses grands maîtres est Bernard de Meung. Angers doit sa réputation à son enseignement grammatical et rhétorique grâce aux écolâtres Marbode (écolâtre puis archidiacre de la cathédrale entre 1069 et 1096, † 1123), puis Geoffroi Babion et Ulger. Un enseignement de la médecine apparaît à Montpellier vers le milieu du siècle. L'école canoniale de Saint-Ruf est connue pour être l'une des plus anciennes écoles de droit canon où on l'enseigne vers 1140.

L’école cathédrale la plus célèbre du XIIe siècle est celle de Chartres. Les maîtres chartrains font preuve d’une grande curiosité concernant les sciences que l’on redécouvre alors et ils tentent d’en faire profiter leurs élèves. Cet intérêt consterne ceux qui refusent de s’intéresser à ces sciences. L’étude des arts littéraires y demeurent cependant prépondérante. L’évêque Yves de chartres y dispensent des cours de droit canonique, Bernard y enseigne la grammaire.

Au contraire, une école peut ne pas avoir grande réputation. Ainsi, à Rouen, l’école reçoit de moins en moins d’enfants malgré les efforts entrepris par les chanoines à partir du XIIe siècle pour restaurer une discipline plus stricte. Les évêques normands qui dépendent de l’archevêché de Rouen préfèrent envoyer leurs élèves dans d’autres écoles cathédrales plus réputées.

Beaucoup d'écoles ne durent pas. Ainsi, Laon dont l'âge d'or se situe entre 1070 et 1120 à l'époque où s'y trouvent Anselme de Laon et son frère Raoul, sombre après leur mort. L'école cathédrale de Reims doit son rayonnement éphémère à la présence du seul Albéric de Reims, ancien élève d'Anselme, maître entre 1118 et 1136. Même Chartes n'est pas épargnée après l’enseignement de Thierry de Chartres. L'école de Tours brille surtout à l'époque de Bérenger de Tours et de Roscelin.

Passé leur âge d'or, ces centres scolaires ont retrouvé leur fonction première : la formation du clergé diocésain, et plus particulièrement du personnel de la cathédrale.

Les raisons de ces déclins sont multiples. Certains centres scolaires très réputés ont connu de réelles difficultés pour accueillir les écoliers qui n'arrivaient pas à se loger. D'autres n'ont pas su se doter des outils indispensables à l'enseignement, en l'occurrence les livres. Il y a aussi et surtout la qualité de l'enseignement dispensé. Le rayonnement d'une école tenait à la renommée d'un ou de plusieurs maîtres.

Peu à peu Paris réussit à imposer sa supériorité. A partir de la seconde moitié du XIIe siècle, Paris figure comme le centre intellectuel majeur du royaume et même de l'Occident. - La théologie y est enseignée au sein de l'école cathédrale, de l'école canoniale de Saint-Victor, et par quelques maîtres indépendants comme Pierre Abélard, Gautier de Montagne installés tous deux sur la montagne Sainte-Geneviève. Les arts libéraux sont enseignés par Pierre Abélard (dialectique), l'Anglais Robert de Melun, chez les Victorins. L'école cathédrale se distingue par l'étude de la rhétorique et de la dialectique sous Guillaume de Champeaux, puis de la grammaire sous son successeur. Le droit s'enseigne également à Paris. Etienne de Tournai, abbé de Sainte-Geneviève, atteste que le droit canon y était enseigné avant 1165. Vers 1190, Guy de Bazoches, dans une lettre descriptive de Paris signale qu'on y enseigne aussi le droit civil.

Quelques écoles y périclitent. Après avoir connu son âge d'or avec Hugues de Saint-Victor et ses successeurs immédiats, l'école canoniale de Saint-Victor décline vers la fin du XIIe siècle. D'autres connaissent leur éclat dans la seconde moitié du XIIe siècle comme l'école de Sainte-Geneviève pendant l'abbatiat d'Etienne de Tournai.
II. Maîtres et écoliers.
Maîtres et écoliers sont des clercs. Hommes d'Eglise, ils sont soumis à son droit, sa juridiction et à ses privilèges. Clercs, ils n'ont pas pour autant reçu les ordres sacrés. La tonsure reçue, signe extérieur de la cléricature, n'engage à rien, pas même à faire carrière dans l'Eglise. Comme en témoigne Philippe de Hargent, l’abbé de Bonne-Espérance, dans son traité De institutione clericorum, le terme «  lettré » est synonyme de « clerc ».
Face à la multiplication des écoles et donc des maîtres, il apparaît rapidement nécessaire de contrôler les aptitudes des enseignants. L’Eglise instaure la licence, la licencia docendi qui autorise le clerc à enseigner. Celle-ci est accordée par l’écolâtre. Le contrôle ecclésiastique sur les maîtres est variable selon les lieux. A Bologne, ce sont les maîtres eux-mêmes qui confèrent l’autorisation d’enseigner. A Paris, des maîtres s’installent sur la montagne Sainte-Geneviève qui dépend de l’abbaye Sainte-Geneviève et échappent ainsi à la juridiction et donc au contrôle de l’évêque. C’est là que Pierre Abélard enseigne à plusieurs reprises. Abélard s’est en effet vu refuser la licence par le chancelier Guillaume de Champeaux dont il suivait les leçons dans le cloître de Notre-Dame.

La papauté, par l’intermédiaire d'Alexandre III, doit intervenir pour faire appliquer le système. Tout en confirmant la juridiction de l'écolâtre et son monopole, il n'hésita pas à intervenir pour rappeler à l'ordre quelques clercs récalcitrants. En 1167, il reproche au doyen et au chapitre de Châlons-sur-Marne leur refus de donner la licence. En 1170, il écrit aux évêques de France pour se plaindre de la vente de la licence et institua le principe de la gratuité lors du concile du Latran III de 1179, décision incorporée dans le Corpus juris canonici. Le 18e décret du concile du Latran III instaure officiellement le système de la licentia docendi. Elle doit permettre à quiconque jugé apte et qui le demande de professer.

Malgré le principe canonique de la gratuité de l'enseignement, les études sont payantes, dans les écoles collégiales et canoniales pour les auditeurs extérieurs et surtout dans les écoles libres. En effet, le maître a en charge toute l'organisation matérielle. Il doit s'occuper de leur logement, de leur nourriture, leur fournir livres et parchemins.

Les études sont souvent très longues et se poursuivent sans ordre véritablement établi. Il n'y a pas d'examen, ni de collations de grades, ni de cursus officiel. Ainsi Jean de Salisbury arrive à Paris en 1135, à l’âge de quatorze ans. Il y étudie toutes les disciplines pendant près de douze ans sous la direction de plus de dix maîtres. Il n’est pas rare de voyager. Ainsi, Guillaume de Tyr, né en Orient, étudie les arts libéraux puis la théologie en France, de 1146 à 1165, avant d’étudier le droit en Italie.

Les écoliers sont souvent mobiles, suivant leur maître là où il enseigne ou changeant de maître afin de progresser. Les écoles cathédrales et canoniales sont ouvertes aux auditeurs extérieurs. Ainsi Pierre Abélard suit les leçons de Roscelin à l'école collégiale de Loches et celles de Guillaume de Champeaux à l'école canoniale de Saint-Victor.

La mobilité des écoliers pose parfois problème. Ainsi, au XIIe siècle, certains écoliers n’ont pas bonne réputation : les goliards. Ce sont des écoliers pauvres et vagabonds, sans attache scolaire. On leur reproche d’être ivrognes et bagarreurs. Eux même vantent le jeu, le vin et l’amour et non l’étude. Ils développent un immoralisme provocateur qui contredit l’enseignement moral de l’Eglise. Leurs cibles favorites sont le pape, l’évêque et le moine qu’ils accusent d’hypocrisie et de simonie. Dans les poèmes récités par les goliards, le pape est représenté sous la forme d’un lion qui dévore tout sur son passage tandis que l’évêque est représenté sous la forme d’un veau qui avale l’herbe de ses brebis. Les goliards critiquent également le paysan, jugé grossier et le noble qui ne pense qu’à la guerre. Par leur refus de l’ordre établi, les goliards sont, malgré leur importance numérique, rejetés aux marges de la société.
III. Les méthodes pédagogiques.
Le premier apprentissage concerne le latin. Le choix de l’Eglise, à l’époque carolingienne, de faire du latin la langue liturgique entraîne la nécessité de son apprentissage.

L’enfant apprend à lire dans le Psautier. Il l’apprend par cœur. Il doit y reconnaître les lettres et les voyelles. Ensuite, il peut apprendre à écrire. L’apprentissage de l’écrit ne va pas de soi. Celui qui apprend à lire peut ne pas apprendre à écrire. Ecrire est une activité difficile qui nécessite de la patience. En effet, il faut poser sur un parchemin pas toujours bien préparé, avec l’aide d’une plume que l’on doit retailler sans cesse et d’une encre qui parfois se fixe mal, des lettres régulières. Pour économiser le support, l’enfant utilise des abréviations dont les deux principales «  »pour « et » et « g » pour « cum », figurent à la suite des abécédaires utilisés. L’écrit ne se développe vraiment qu’à partir du XIIIe siècle.

Jusqu’au XIIe siècle surtout, l’enfant peut, s’il décide de recevoir un enseignement plus poussé, rester y étudier les sept arts libéraux. On compte quatre arts scientifiques, le quadrivium, et trois arts littéraires, le trivium. Les arts scientifiques sont : l’arithmétique, la géométrie, la musique et l’astronomie. Les arts littéraires sont : la grammaire, la rhétorique et la logique. Les arts scientifiques enseignent les connaissances des règles de construction et d’harmonie. La grammaire est la connaissance des auteurs sur lesquels appuyer sa pensée, la rhétorique est l’art du discours, la dialectique est l’art du raisonnement. Selon le traité De la doctrine chrétienne d’Augustin d’Hippone, charte fondamentale de la culture chrétienne au Moyen Age, ces sciences sont indispensables pour comprendre la Bible. Ainsi Fulbert de Chartres enseigne les sept arts libéraux qu’il complète avec quelques éléments sur la médecine.

L’enseignement consiste surtout à lire et commenter les textes. La lecture commence par une analyse grammaticale du texte. Celle-ci en donne d’abord le sens le plus apparent puis les multiples significations possibles des différents termes. La pensée de l’auteur est dégagée. A la lecture succède une critique de la pensée exprimée. Celle-ci est confrontée à la pensée d’autres auteurs. Les élèves tentent ainsi de dégager leur propre pensée sous couvert de l’autorité d’auteurs renommés. Le commentaire de document débouche ainsi sur l’élaboration d’une doctrine. L’élève accède à un savoir théorique, issu de l’antiquité, qui est dans les livres et nulle part ailleurs. L’expérimentation y tient peu de place. Cet enseignement doit mener à la contemplation.

Le Disdacalicon d’Hugues de Saint-Victor renseigne sur l’organisation et la finalité de l’enseignement dans les écoles médiévales. Il est à la fois un programme pour professeur et un manuel pour les étudiants. Il précise ce qu’il faut lire, dans quel ordre et de quelle manière. Pour Hugues, il existe une unité essentielle des savoirs. Organisant ses connaissances, ordonnées vers le vrai, l’homme s’oriente peu à peu vers Dieu. L’enseignement selon Hugues de Saint-Victor ne se comprend que dans une perspective de rachat, d’un effort de l’homme pour effacer les conséquences du péché originel en restaurant en lui, par l’étude, la ressemblance divine. Hugues distingue cinq étapes dans la vie spirituelle : « La lecture procure une matière pour connaître la vérité, la méditation lui donne une adaptation cohérente, la prière la soulève, l’opération la compose, la contemplation exulte en elle ».

L’enseignement s’appuie sur des lectures aussi bien chrétiennes que profanes. Les bibliothèques comportent de nombreux ouvrages. Ainsi, l’abbaye du Bec, en Normandie, possède presque intégralement les œuvres morales et philosophiques de Cicéron. Au XIIe siècle, Guibert de Nogent confie qu’il préfère la lecture des auteurs profanes à celle plus austère des Pères de l’Eglise.

A partir du XIIe siècle, l’enseignement des sept arts libéraux tombe en désuétude. Les matières à enseigner deviennent trop nombreuses. Hugues de Saint-Victor en répertorie vingt et une. Les écoles urbaines accordent une part plus grande à la rhétorique, c’est à dire à la mise en forme des textes. Les études se spécialisent progressivement. L’idéal contemplatif de l’enseignement monastique n’est plus dominant. A Paris, Pierre Abélard privilégie la logique et le doute méthodique pour faire face aux questions philosophiques. Son point de départ n’est plus la foi ni les données scripturaires mais la raison. Abélard met au point une nouvelle technique d’enseignement : il oppose les données philosophiques concernant un problème et apporte la solution. L'accès à toute la logique d'Aristote permet à Adam du Petit-Pont ou à Gilbert de la Porée de donner des cours de dialectique encore plus complets que ceux d'Abélard.


Tout au long du Moyen Age, les écoliers se font de plus en plus nombreux et l’acquisition des connaissances scolaires progresse. Les écoliers sont attirés par le prestige du maître auquel ils s’attachent et espèrent une promotion sociale à travers les études. La mutation des écoles est permanente. Elles doivent sans cesse adapter leur organisation et leur enseignement aux besoins. Au XIIIe siècle, les écoles vont subir une nouvelle transformation qui les conduit à se regrouper en université. L’organisation des études va être de nouveau bouleversée.


BIBLIOGRAPHIE
HUGUES DE SAINT-VICTOR, Didascalicon, L’art de lire, M. Lemoine (éd), Cerf, Paris, 1991.
M.-D. CHENU, La théologie au XIIe siècle, Vrin, Paris, 1957.

P. DELHAYE, « La place des arts libéraux dans les programmes scolaires du XIIe siècle » in Arts libéraux et philosophie au Moyen Age, Paris, 1969, p. 161-173.

O. DOBIACHE-RODJESVENSKY, La poésie des goliards, Paris, 1981.

E. JAUNEAU, L’âge d’or des écoles de Chartres, Editions Houvet, Chartres, 1995.

B. LAURIOUX, L. MOULINIER, Education et cultures dans l’Occident chrétien. Du début du douzième au milieu du quinzième siècle, Editions Messene, Paris, 1998.

J. PAUL, Histoire intellectuelle de l’Occident médiéval, Armand Colin, Paris, 1998.

P. SICARD, Hugues de Saint-Victor et son école, Brepols, 1991.

J. VERGER, « Des écoles aux universités. La mutation institutionnelle » in La France de Philippe Auguste. Le temps des mutations, Paris, 1984, p. 817-846.

-La renaissance du XIIe siècle, Cerf, Paris, 1997.

similaire:

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconLa notion de responsabilité
«le collège accueille tous les élèves ayant suivi leur scolarité élémentaire. IL leur assure, dans le cadre de la scolarité obligatoire,...

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconRepères chronologiques et spatiaux qui devront être connus à la fin de la scolarité obligatoire

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconBibliographie : Michel zink, Introduction à la littérature française...

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconPour les familles : Les renseigner sur ce qu’apprend leur enfant...
«bonnes affaires», se repérer dans l’emploi du temps, prévoir le travail à faire, s’avancer etc…

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconEn quoi l’écriture littéraire sous toutes ses formes est-elle particulièrement...
«Poète est celui-là qui rompt pour nous l’accoutumance. Et c’est ainsi que le poète se trouve aussi lié, malgré lui, à l’événement...

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconLe poète n’est pas seulement celui qui exprime l’univers (l’univers...
«L’œuvre poétique ressemble à un lac qui condense et reflète le monde alentour.» La poésie se veut au xvie comme au xviie une peinture...

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconTextes en argumentation utiles pour la dissertation
«l’abbaye de Thélème» où IL prône un mode d’éducation proche du Moyen-âge et aristocratique, est resté célèbre (manuel)

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconProgramme et invention dans l’art de la Renaissance
«La collection de Giacomo Contarini», Mélanges de l'Ecole française de Rome, Moyen Age, Temps modernes, 1987-1, p. 447-489

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconProgramme et invention dans l’art de la Renaissance
«La collection de Giacomo Contarini», Mélanges de l'Ecole française de Rome, Moyen Age, Temps modernes, 1987-1, p. 447-489

Au Moyen Age, l’enfant n’a aucune obligation légale d’aller à l’école malgré les recommandations de l’Eglise. La scolarité est seulement obligatoire pour celui iconSifat salat ar-Rassoul du cheikh el Albany (la description de la prière du Prophète)
«…le jour ou ni les biens ni les enfants ne seront d’aucune utilité sauf pour celui qui viendra avec un cœur sain.» Sourate les Poètes...





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com