Corrige du dm de lecture





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date de publication28.04.2017
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CORRIGE DU DM DE LECTURE :

LA LITTERATURE ET LA PREMIERE GUERRE MONDIALE

Louis ARAGON, Aurélien
I. Le genre du texte
1. Ce texte appartient au genre du roman.
Leçon (rappel) : les genres d’écrits

La littérature compte 5 genres, eux-mêmes divisés en sous-genres : le roman (ou récit qui rassemble roman, nouvelle, conte), le théâtre, la poésie, l’essai (ou le document) et la bande dessinée.

Parmi les sous-genres du roman, on peut citer le roman de guerre, le roman historique, le fantastique, la science-fiction, le roman épistolaire…
Méthode : attention à ne pas confondre genre d’écrit et type de texte. Il y a cinq types de textes : le texte narratif (qui raconte), le texte descriptif (description et portrait), le texte explicatif, le texte impératif, le texte argumentatif.
2. Le narrateur ne fait pas partie de l’histoire, il utilise la 3ème personne comme à la première ligne du texte «Bizarre qu’il se sentît si peu un vainqueur. ».
3. Le narrateur adopte un point de vue omniscient puisqu’il connait les pensées, sensations et sentiments du personnage. Ainsi, il sait ce qu’  « il semblait à Aurélien, non qu’il se le formulât » (l.4).
Méthode : la citation utilisée pour la 1ère question conviendrait pour cette réponse. Mais il est préférable de varier autant que possible les citations du texte. Cela évite de donner la fâcheuse impression de n’avoir lu que quelques lignes du texte…
4. Ligne 19, le pronom « on » désigne l’armée. Ce pronom, qui est indéfini, est employé par l’auteur car il lui permet de désigner l’armée sans la nommer explicitement. En même temps, ce pronom lui permet de souligner l’anonymat de l’armée, comme si, dans l’armée, il n’y avait pas d’individualités, de personnalités mais un ensemble innommable.
Leçon : le pronom « on » relève du langage courant ou familier. Son emploi dans un texte littéraire n’est jamais anodin. Il est toujours révélateur et souvent utilisé pour « l’anonymat » qu’il entraîne.
Méthode : attention à l’emploi des pronoms, essayez de bien identifier la/les personne(s) qu’ils désignent.

II. La vie après la guerre
1. Le héros, Aurélien, est âgé de 32 ans (l.22 « Il venait d’avoir trente-deux ans, oui ça les avait comptés en juin. »). Toutefois, nous pouvons remarquer que l’auteur dit aussi « trente ans » (l. 29).

De sa jeunesse, on sait seulement qu’il a été un « collégien débarqué de sa famille au Quartier Latin » et qu’ensuite il n’a connu que les casernes et la guerre. En effet, « il était de cette classe qui avait fait trois ans, et qui se sentait libérable quand survint août 1914 ».
Méthode : relevez, s’il y en a, les incohérences d’un texte. Elles sont toujours significatives. La suite des questions vous aidera à vous interroger sur leurs sens.
2. Le héros est démobilisé depuis « trois ans ». Depuis « trois ans qu’il était libre », Aurélien n’a rien fait : « La vie pas commencée », « il flânait ».
3. Il a passé huit ans sous les drapeaux car la guerre a été déclarée au moment où il finissait ses classes (l. 7-8 : « Il était de cette classe qui avait fait trois ans, et qui se sentait libérable quand survint août 1914. »).  Aragon livre peu d’éléments sur le passé d’Aurélien, on sait seulement qu’il a été collégien avant d’être soldat.
4. Aurélien a fini la guerre sur le front d’Orient. Aragon écrit ainsi : « Il n’avait rapporté que le paludisme de l’armée d’Orient où il avait fini la campagne. »
5. Aurélien ne se sent pas vainqueur car il pense n’avoir pas battu ses opposants mais il croit « qu’il avait été battu, là, bien battu par la vie » (l. 5).

Il semble être désespéré, perdu car il ne connait rien de la vie « il n’avait ni aimé ni vécu ».
6. Lignes 8 à 15, le sujet des verbes « l’avait pris », « l’avait enlevé », « le rendait » est « elle » c’est-à-dire la guerre. Cette figure de style est l’allégorie puisque la guerre est personnifiée. Elle souligne le fait que la guerre a dirigé toute la vie d’Aurélien : « la guerre l’avait enlevé à la caserne et le rendait à la vie après ces années interminables ».

Leçon : l’allégorie

L’allégorie est une forme de personnification. Elle consiste à donner des caractéristiques humaines (notamment la capacité d’action) à une idée.

 

7. La passivité d’Aurélien face à la vie est visible car « il n’avait qu’à se débrouiller, (…) on ne lui préparait plus sa pitance tous les jours avec celle d’autres gens, moyennant quoi il ne saluait plus personne ». Cette passivité se manifeste dans le fait qu’  « il remett(e) au lendemain l’heure des décisions » et qu’ « il ne sa(it) faire autrement que flâner ».
8. Aurélien regrette le temps de la guerre car, à cette époque, il savait quoi faire puisqu’on le lui disait. A son retour, « on ne lui demandait plus rien » (l. 19-20), il devait faire des projets mais « il continuait l’au-jour-le-jour d’alors » (l.24).
9. A la caserne et à la guerre, il a pris l’habitude qu’on lui « prépar(e) sa pitance », qu’on s’occupe de lui. ? Il pas à se défaire de ces habitudes car il n’est pas préparé à la vie (l.20-21 : « Il n’avait jamais retrouvé le rythme de la vie. Il continuait l’au-jour-le-jour d’alors. Malgré lui. »).
10. La guerre est assimilée à une maladie dans la phrase « il ne s’en était jamais remis » (l.25).
11. La guerre n’a pas eu de conséquences physiques, « il n’était pas mort », « son corps (est) intact ». En revanche, les conséquences psychologiques sont importantes puisque la guerre a volé la jeunesse d’Aurélien. Il n’est pas préparé à la vie adulte. D’ailleurs, quand il pense à lui, il se voit comme « Un grand garçon. Il ne p(eut) pas tout à fait se prendre au sérieux et penser : un homme » (l. 22-23).
Bilan : L’intention du texte.
12. Aragon souhaite revenir et analyser l’après-guerre, le retour à la vie civile. Pour cela, il met en scène un personnage perdu. « Il flânait », ce qui signifie qu’il n’a pas de but. Il est inadapté à la vie civile, il ne « s’(est) jamais remis » de la guerre. Resté plusieurs années sous les drapeaux, Aurélien est parvenu à l’âge adulte démuni car il n’a connu que la guerre. Ils est passé directement de l’enfance à la guerre, il a ainsi du mal à définir clairement son âge car son âge officiel ne correspond pas à l’âge de ses expériences. Ayant connu la guerre et la mort, il est expérimenté comme une personne plus âgée. Mais, n’ayant « ni aimé ni vécu », il est encore un enfant, un « collégien » qui ne sait que faire de sa vie. « Il ne salu(e) plus personne » car il est incompris.
Les romans portant sur une période historique, écrits par un auteur l’ayant lui-même vécue sont de précieux témoignages. A ce titre, ils participent au devoir de mémoire d’une société. Dans ce texte, Aragon dénonce l’effet destructeur de la guerre sur l’individu. Il met aussi en lumière la difficulté de la réinsertion des anciens combattants et l’absence de soutien apporté aux soldats lors de leur retour à la vie civile. Aurélien est donc un exemple de cette génération sacrifiée, qui a grandit avec la guerre. Il fait partie de « ces vieillards de vingt ans » (citation de Jean Rouaud, Les champs d’honneurs, voir textes de la séance 3).
Rédigé en 1944, soit pendant la seconde guerre mondiale, ce texte peut être considéré comme le questionnement de son auteur sur son propre retour à la vie après la guerre qu’il est en train de vivre.
Méthode : un bilan demande de synthétiser les réponses déjà données et d’aller plus loin dans la réflexion. Il faut donc essayer de généraliser le propos, de vous demander ce que l’auteur vise, ce qu’il attend du lecteur. Appuyez-vous sur le thème du texte et sur les informations du paratexte.


Approfondir ses connaissances :

Extrait des Croix de Bois de Roland Dorgelès (1919).
Il arriva à Paris avec seulement sept francs en poche, mais, le matin même, il était embauché pour le lendemain dans une maison de Levallois. Pour la première fois depuis qu’il avait repris le veston de civil, il se sentit heureux. Quinze francs par jour ! Il supputait tout ce qu’il allait avoir de bien-être, d’aise, de bonheur, pour ses quinze francs.

C’était son tour maintenant de « se la couler douce ». Il allait se faire de bons copains – des gars qui seraient allés au front comme lui -, il dénicherait un petit bistrot convenable pour manger à midi, il trouverait une chambre pas trop loin, pour pouvoir se lever tard. Déjà, en traversant les ateliers, il avait remarqué des ouvrières, une surtout, qui riait en relevant ses cheveux d’une main noircie par la potée. Cela le faisait sourire de penser à elle.

- C’est du sérieux, ces poules-là... ça sait tenir une maison.

Il suivait son petit rêve, les yeux distraits, quand une auto remplie de grues et d’uniformes chics faillit le renverser. D’un recul brusque, il évita le capot.

- Embusqué ! lui cria celui qui était au volant.

Sulphart fit mine de s’élancer, mais il se contenta de montrer le poing à la voiture, en hurlant des injures dont les passants seuls purent bénéficier.

L’insulte reçue lui pesa sur le cœur pendant tout le déjeuner, et, pour la faire descendre, il reprit trois fois du vieux marc avec son café. Alors, ragaillardi, il alla faire un tour sur les boulevards. A la porte d’un journal où le communiqué était affiché, des gens discutaient.

- On devrait faire une grande offensive, disait d’une voix courte un gros monsieur aux yeux en boule.

- Avec ta viande, lui cria Sulphart dans le nez.

Tous ces civils qui osaient parler de la guerre le mettaient hors de lui, mais il ne détestait pas moins ceux qui n’en parlaient pas, et qu’il accusait d’égoïsme.

En flânant devant les boutiques, il aperçut à la devanture d’un bureau de tabac un tableau superbe, en couleurs, qui l’arrêta émerveillé. Formé d’une douzaine de cartes postales assemblées, ce chef d’œuvre représentait une femme géante, en cuirasse d’argent, qui tenait une palme d’une main, une torche de l’autre et semblait conduire une farandole où l’on reconnaissait des soldats gris, des soldats verts, des soldats kaki. Le soldat français, crut-il remarquer, lui ressemblait comme un frère, et cela le flatta infiniment. Il entra et demanda à la marchande :

- Combien votre truc ?

- Trois francs, dit la patronne.

Sulphart fit la grimace en pensant qu’il ne lui restait plus que trente-huit sous.

- J’en voudrais seulement une, celle du bas, insista-t-il... Où il y a un poilu qui me ressemble.

La buraliste haussa les épaules.

- On ne détaille pas, répondit-elle sèchement.

Sulphart sentit qu’il devenait tout rouge. Et d’un coup rageur, frappant le comptoir de sa main mutilée, il gronda :

- Et ma main, moi, je ne l’ai pas détaillée ?

La marchande cligna simplement des yeux, comme si ces cris lui faisaient mal, mais sans lever la tête, et elle continua à peser du tabac à priser.

Enfin, dit Sulphart en s’adressant à un monsieur qui choisissait des cigares, s’il y en a qui reviennent du front, ils doivent comprendre que je l’ai à la caille.

Le client fit un vague signe de tête, se retourna et prit du feu, à larges bouffées. Les consommateurs, à côté, regardaient le fond de leur verre et le garçon, pour ne rien entendre, avait ouvert un journal. Sulphart les ayant regardés tous, comprit et haussa les épaules, déjà résigné.

- Ca va bien, dit-il, jetant trente sous sur le comptoir. Tenez, donnez-moi un paquet de cigarettes jaunes, ça fait longtemps que je n’ai fumé que du gros.

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