Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence





télécharger 170.63 Kb.
titreCette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence
page4/4
date de publication25.04.2017
taille170.63 Kb.
typeDocumentos
l.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4

I. UNE METAPHORISATION DES YEUX (= procédé qui consiste à mettre en métaphores) Comment s’organise-t-elle ?

1) A travers la thématique de la courbe et du cercle.

2) Renforcée par la structure et le rythme du poème.

3) Pour créer une intimité.

1) La thématique de la courbe et du cercle :

1-1 Evoquée à travers un champ lexical très riche : - par une dénotation claire de la courbe : « courbe », « tour », « rond ».

- par connotation, à travers des éléments qui la suggèrent : « auréole », « berceau », « feuilles », « roseaux », « ailes », « bateaux », « couvée », « astres ».

1-2 Liée aux yeux de la femme: - annoncée par le titre et désignant le contour son œil.

- désignant également son regard circulaire qui enveloppe le « cœur » du poète, le siège de ses sentiments.


Accent mis sur les 2 éléments les plus importants : les yeux et le cœur par la longueur du 1er vers (alexandrin), deux images très fréquentes chez Eluard et les surréalistes.
2) Renforcée par la structure et le rythme du poème :

2-1 Une structure circulaire :- le poème progresse de façon spiroïdale, du tout petit au très grand : la courbe des yeux  le monde.

- le dernier vers ferme le poème par un retour au premier : regard de la femme fait battre le cœur du poète // le sang du poète s’écoule dans le regard de la femme  = cycle de la vie, symbiose totale : la vie de chacun des deux est source de vie pour l’autre.

2-2 Un rythme souple et ondoyant : - de nombreuses assonances en [u] (=ou) et en [o] d’une part et en [ã] (=an, en), en [5] (=on), qui se font écho, créant une cadence circulaire : « courbe / tour /douceur / tout / toujours », « jour / mousse », « sources / couleurs » ; « auréole / berceau », « rosée / roseaux / bateaux » ; « mon / rond / danse / temps / mon», « vent / couvrant / monde », « dépend / innocence /monde / entier / dépend / sang ». 

- de nombreux jeux mélodieux : répétition d’une allitération dans un même vers : vers 2 en [d], rimes intérieures en [y] : « plus / vécu » (vers 4), en [eur] : « Chasseurs / couleurs », répétition d’une même sonorité : « nocturne / sûr » (vers 3), décomposition de la rime [mière] du vers 8 entre [iel] de ciel et [mer] au vers suivant.  impression de fluidité.

- des rimes plates très souples sur une seule sonorité : [r] pour les 3 premiers vers, les vers 8-9-10 et les deux derniers ; [y] (=u) (vers 4-5) ; [3] (=é) (vers 6-7) ; [e) (vers 11-12-13).  impression de légèreté.
3) Crée une intimité entre les deux personnages :

3-1 Intimité à connotation maternelle : - rondeur qui suggère la matrice, le ventre maternel, justifié par les images successives de « rond de danse et de douceur » qui enveloppe le foetus, « berceau nocturne et sûr », univers protégé dans lequel la lumière ne pénètre pas.

- sentiment de sécurité, offert par la protection des « ailes » qui couvrent, des « chasseurs » qui éloignent les « bruits », suggéré par le nom « couvée » qui évoque la chaleur et la protection du nid.



Femme comme mère protectrice
3-2 Intimité due à l’amour réciproque: - amour donné par la femme, à travers le regard qui émane de ses yeux, et reçu par le poète (« cœur), exprimé dans le jeu des adj. possessifs et des pronoms personnels : « tes »/ « mon » (vers 1), « je » / « tes » / « m’ » (vers 4-5).

- amour rendu par le poète, à travers la connotation de « sang », source de vie, à la femme aimée (« regards »), exprimé dans le jeu des possessifs : « tes » / « mon » / « leurs ».

Femme comme amante


Les yeux et le regard sont au centre du poème et constituent une synecdoque, car ils désignent la femme aimée.  Ce poème est un blason (= poème versifié, à rimes plates, qui fait un éloge d’un être ou d’un objet - le plus souvent le corps féminin - à partir d’un de ses constituants. A la mode au XVIème siècle, il est revenu en vogue au XXème siècle avec Eluard, Breton, Brassens).
II. DES YEUX, MIROIRS DU MONDE en tant que 1) Fenêtres ouvertes sur la nature

2) Ouvertures vers la lumière
1) Des yeux = fenêtres ouvertes sur la nature :

- 2ème et 3ème strophe = une seule phrase, constituée de 10 décasyllabes, (# 1ère strophe), construite sur des juxtapositions pour les vers 6 à 11, qui évoquent le monde.

- Les 4 éléments sont représentés : la terre dans les feuilles et la mousse, l’eau dans la mer, le feu dans la lumière et l’air dans le ciel et le vent.

- Nature évoquée à travers le champ lexical des sens : la vue (« lumières », « couleurs », « aurores »), l’ouïe (« bruits »), l’odorat (« parfumés », « parfums »), le toucher (« mousse », « vent », « couvée »).
2) Des yeux, comme ouvertures vers la lumière :

- comme une envolée : du plus bas au plus haut : . humble nature : « feuilles », « mousse », « rosée ». . + haut : « roseaux »

. infini de l’air : « vent »

. le monde : vers 8, centre du poème

. horizon et au-dessus : « mer », « ciel »

. puissance originelle : « source des couleurs », « couvée d’aurores ». . cosmos : « astres »

- traduit par une envolée de la voix : juxtaposition des GN et enchaînement avec les 3 derniers vers ininterrompu grâce à l’absence de rupture provoquée par l’absence de signes de ponctuation  sorte d’ivresse qui s’achève dans le dernier vers.



Découverte du monde par le poète à travers les yeux de la femme aimée.
III. LA FEMME SUBLIMEE car 1) Femme créatrice

2) Femme égérie

3) Femme : être solaire
1) Femme créatrice :

- génitrice, donne vie au poète, désigné jusque là comme un être de l’instant, sans passé, et évoqué à travers une amnésie totale, traduite par la tournure négative du présent « je ne sais plus » et le pronom quantitatif « tout », que souligne l’aspect achevé du verbe « ai vécu » dans le second hémistiche.

- lui donne consistance en l’installant dans une durée, suggérée en contrepoint par l’adverbe de temps « toujours ».


Femme qui fait naître le poète au monde et à lui-même.
2) Femme égérie du poète: car

- lui révèle le monde, à travers les éléments de la nature, évoqués dans les énumérations de la deuxième et de la troisième strophes (« Feuilles », « roseaux », « ailes »…)

- lui donne l’inspiration pour créer un univers de correspondances entre le concret et l’abstrait, exprimé par les métaphores (« Feuilles de jour », « Roseaux du vent », « Bateaux chargés du ciel »...), entre les sensations visuelles, auditives, olfactives et tactiles (« mousses de rosée », « sourires parfumés », « Chasseurs des bruits et source des couleurs »…).



Femme qui stimule le génie du poète, femme à l’origine de la création poétique.
3) Femme : un être solaire 

- être de pureté, évoqué par le GN « tes yeux purs » et connoté dans les noms « innocence » et « sang », à la fin du poème.

- « mère » du monde, caractérisée par des termes qui désignent la naissance comme « éclos », « couvée », « la paille » de la crèche ou l’origine marquée par la répétition du verbe « dépend » et sa mise en valeur au centre des deux décasyllabes.

- être de lumière, évoqué par le champ lexical de la lumière et des couleurs (« Auréole », lumière », « ciel », « couleurs », « aurores », « astres »).


Etre divin, à l’origine (et à la fin) de toute réalité.

CONCLUSION : Véritable hymne à la vie, le poème « La courbe de tes yeux » rend grâce au pouvoir de la femme aimée et aimante, qui, de par son regard, donne formes, couleurs et mouvements à l’univers. En révélant l’univers au poète, elle est sa source d’inspiration, à l’origine de son génie et, par ce fait, à l’origine de la création poétique.


« IL N’AURAIT FALLU… » de L. ARAGON : COMMENTAIRE
Il n’aurait fallu

Qu’un moment de plus

Pour que la mort vienne

Mais une main nue

Alors est venue

Qui a pris la mienne
Qui donc a rendu

Leurs couleurs perdues

Aux jours aux semaines

Sa réalité

A l’immense été

Des choses humaines
Moi qui frémissais

Toujours je ne sais

De quelle colère

Deux bras ont suffi

Pour faire à ma vie

Un grand collier d’air
Rien qu’un mouvement

Ce geste en dormant

Léger qui me frôle

Un souffle posé

Moins Une rosée

Contre mon épaule
Un front qui s’appuie

A moi dans la nuit

Deux grands yeux ouverts

Et tout m’a semblé

Comme un champ de blé

Dans cet univers
Un tendre jardin

Dans l’herbe où soudain

La verveine pousse

Et mon cœur défunt

Renaît au parfum

Qui fait l’ombre douce
Louis Aragon, Le Roman inachevé (1956)


Deux propositions succinctes de plan pour le commentaire :
1er plan :


  1. Une femme mystérieuse :


1) Non nommée

2) Évoquée par les parties de son corps
3) Évoquée par sa présence physique


  1. Une femme salvatrice :




  1. Par son amour

  2. Amour plus fort que la mort

  3. Amour plus fort que le désespoir




  1. Une femme initiatrice du monde :




  1. Qui recrée le monde

  2. Qui redonne naissance au poète

  3. Qui recrée la poésie


2ème plan :


  1. La vision de la femme :


1) Une femme présentée comme un mystère

2) Une présence physique marquée par la douceur et la légèreté

3) Un univers de sensations


  1. La renaissance du poète au monde :



  1. Un avant négatif

  2. Un bouleversement

  3. Une promesse de bonheur


Correction du commentaire de « Il n’aurait fallu … » d’Aragon (à partir d’extraits de copies d’élèves relevés ci-dessous)
« La femme est montrée anonymement par l’auteur. Ses seules descriptions peuvent être appliquées à tout le monde : « une main nue », « deux bras », « un front », « deux grands yeux ouverts ». Ces mots, seuls traits physiques de cette femme, sont plus que vagues. L’auteur utilise même une interrogation pour l’évoquer : « Qui donc… ».
« Toutes ces parties du corps évoquées rendent cette femme plus concrète, mais si elles lui appartiennent, on ne parle pas de « sa main », mais d’ « une main », de « son front », mais d’ « un front »…
« Elle est évoquée à travers les parties du corps, elle est morcelée : « une main », « deux bras »…Sa présence est uniquement physique, mais elle lui procure un bien-être intérieur. Elle semble pourtant immatérielle, tant elle est morcelée. »
« Le poème est orienté vers la description et l’évocation de l’aspect d’une femme aimée par le poète. Cependant la description est subtile car toujours détournée et l’on a l’impression de l’ébauche d’un dessin, effectuée de telle manière que le dessinateur laisserait le spectateur deviner progressivement ce qu’il cherche à montrer. Cet effet est produit par l’usage de synecdoques, telles que « une main nue » où la main désigne le corps de la femme, mais aussi son caractère salvateur (on parle d’ « une main tendue » par exemple). »
« Elle est représentée par des gestes affectueux ». «  Par ses actes, elle montre son amour pour le narrateur, son désir de protection, de rapprochement ». «  La main de la femme qui prend celle du poète évoque une invitation, alors que ses deux bras l’enserrent, comme un signe de protection, d’affection. Le « souffle posé », comme le « front qui s’appuie », montre le rapprochement physique de deux personnes. »
« Cette femme, par ses actes, redonne la vie, la vue et le bonheur au poète ».
« Cette femme est présentée comme étant celle qui a sauvé le poète. En effet, les trois premiers vers présentent celui-ci au bord de la mort, personnifiée dans la proposition « pour que la mort vienne » et dont la proximité est évoquée par la restriction « ne…que ».
« La conjonction de coordination « mais » souligne l’opposition entre la mort et la main salvatrice de la femme. » «  La mort est aussi présente par euphémisme au vers 8, dans le groupe nominal « aux couleurs perdues » qui évoque un monde en noir et blanc. » « Cette victoire remportée sur la mort est traduite par l’opposition entre l’épithète « défunt » et le verbe d’action « renaît », qui caractérisent les deux états successifs par lesquels est passé le poète. »
« Cette femme aimée répare les douleurs du poète pas sa simple présence, comme le montre l’importance du champ lexical du toucher : « me frôle », « ce geste », « un souffle », « léger », « s’appuie »…et par des expressions qui souligne un pouvoir magique d’apaisement, comme « rien que » ou « ont suffi ».

En vous aidant des extraits relevés ci-dessus, rédigez en expliquant et en justifiant avec précision, les trois sous-parties suivantes :
« Sa présence se caractérise par sa légèreté. »
« Non seulement, cette femme sauve le poète de la mort, mais aussi elle redonne un sens à sa vie par l’intermédiaire de son regard. »
« La place accordée à l’évocation de la nature dans les deux derniers sizains témoigne, par analogie, du retour à la vie du poète. »  
EVALUATION : SYNTHESE DE LA SEQUENCE SUR LA POESIE

1) En confrontant les cinq poèmes étudiés, vous dégagerez les différents aspects de la femme dont les poètes font l’éloge.
2) Quels sont les principaux procédés mis en œuvre par les poètes pour la célébrer ?
3) Que représente la femme pour Baudelaire ? Vous justifierez votre réponse en vous référant aux poèmes sélectionnés dans la section « Spleen et Idéal ».

1   2   3   4

similaire:

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne...
...

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCette séquence a été réalisée par M. Carlos guerreiro, Certifié de...
«type» ou la visée symbolique du passage entrent en tension avec la représentation de la stricte réalité

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCette séquence sur Un Roi sans divertissement de giono, a été réalisée...
«sans divertissement» confère un tour négatif, voire paradoxal, au titre. Qu’entend-on par «divertissement» ? Si la référence cultivée...

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCe document pédagogique a été préparé par Madame Christèle dufour,...

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCette séquence a été réalisée par Mme dardalhon, professeur certifié...

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCette séquence a été réalisée par Mme Vicky ponza dimitriou, professeur...

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCette séquence sur la poésie a été réalisée par Franck legaud agrégé...
«art poétique» à l’infinitif, qui utilisera des verbes des trois groupes appartenant au lexique de la cuisine; des poèmes au présent...

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCette séquence sur la poésie a été réalisée par Madame Isabelle boyer,...
«Elle avait pris ce pli dans son âge enfantin», Les Contemplations, «Pauca meae» V p. 49-50

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconCe devoir type eaf a été élaboré par Christian ferre, agrégé de Lettres...

Cette séquence sur l’objet d’étude «Poésie» a été réalisée par Evelyne duisit, agrégée de Lettres Modernes, pour ses élèves de 1ère s du Lycée Cézanne à Aix en Provence iconSéquence proposée par Mme Florence Charravin, professeure agrégée...
«morts pour la France», soit 27% d’une classe d’âge entre 18 et 27 ans. Destruction dans toute l’Europe





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com