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Les Métamorphoses, d’OVIDE (Livres X, XI, XII) — Vocabulaire et allusions

Les références des pages sont celles de l'édition Folio (n° 2404), dont les notes n’ont pas été doublées

———————— Livre X ————————

Page 320

"De là, Hyménée" :

Aux derniers vers du Livre précédent, Hyménée, le dieu qui préside aux mariages, était en Crète, pour la célébration des noces d’Iphis et d’Ianthé.

"son manteau couleur de safran" :

Les jeunes mariées, à Rome, portaient un voile jaune safran.

"la contrée des Ciconiens" :

Les Ciconiens, ou Cicones, habitaient les côtes méridionales de la Thrace, la patrie d’Orphée (au nord de la Grèce).

"la torche même qu’il tient" :

Il s'agit de la torche nuptiale, tenue par le dieu Hyménée conformément aux rites du mariage ; mais ici elle brûle mal, se consume sans flamme en faisant beaucoup de fumée : c’est un mauvais présage.

"la nouvelle épouse" :

Il s'agit d’Eurydice.

"une troupe de Naïades" :

Les Naïades sont des divinités des eaux, fleuves ou fontaines ; Eurydice est elle-même une dryade, c'est-à-dire une divinité des chênes et par métonymie des forêts. Naïades, dryades, oréades (divinités protectrices des montagnes) sont toutes des nymphes, divinités féminines familières qui peuplent la nature.

"le chantre du Rhodope" :

Périphrase qui désigne Orphée. Le mot latin vates désigne un poète inspiré, un chanteur prophète. Le Rhodope est le principal massif montagneux de la Thrace (aujourd'hui en Bulgarie).

"la porte du Ténare" :

Le promontoire du Ténare est une presqu’île du sud du Péloponnèse (aujourd'hui le cap Matapan) ; là, dans une grotte, se trouvait selon les Anciens l’une des entrées des Enfers (« le séjour des ombres »), ici désignés métonymiquement par « le Styx », un des fleuves qui les entourent.

"des fantômes qui ont reçu les honneurs de la sépulture" :

Les Anciens croyaient que seuls étaient admis aux Enfers les défunts auxquels on avait offert des funérailles selon les rites ; les autres erraient misérablement sur les bords de l’Achéron (autre fleuve des Enfers) en attendant que le nocher Charon voulût bien les faire traverser.

"Perséphone et le maître du lugubre royaume…" :

Perséphone (en latin Proserpine) est l’épouse du dieu des Enfers, Hadès (en latin Pluton), ici désigné par une double périphrase [cf. Livre V, vers 332 et suiv.].

Page 321

"le ténébreux Tartare" :

Il s'agit de la partie la plus reculée des Enfers, où sont censés être emprisonnés les plus grands criminels ; par métonymie, le mot désigne souvent les Enfers en général.

"le monstre qu’enfanta Méduse" :

Périphrase pour désigner Cerbère, le chien à trois têtes gardien des Enfers. Méduse est l’une des trois Gorgones, monstres aux têtes entourées de serpents et aux yeux étincelants, qui pétrifient ceux qu’elles regardent. Le chien Cerbère, fils d’Échidna et de Typhon, est un descendant de Méduse. Il a trois têtes, une queue terminée par un serpent, et un dos hérissé de têtes de serpents (bref, il n’est pas vraiment beau…).

"dans les régions supérieures" :

C'est-à-dire sur terre, à l’air libre, par opposition aux Enfers ; étymologiquement, le mot latin Inferi (les Enfers) renvoie aux dieux "d’en dessous", par opposition à Superi (les dieux "d’en haut") ; cf. en français l’opposition "inférieur" / "supérieur".

"par cet immense Chaos" :

Le Chaos, c’est le vide primordial, antérieur à l’ordre des "dieux d’en haut" ; d’après la Théogonie d’Hésiode, c’est lui qui aurait engendré l’Érèbe et la Nuit.

"la trame du destin d’Eurydice" :

Allusion au travail des Parques, implacables divinités du destin, qui filaient la vie des mortels et en coupaient le fil à leur gré.

"les ombres exsangues" :

Étymologiquement, exsangue signifie vidé de son sang.

"Tantale" :

Ovide évoque les condamnés les plus célèbres des Enfers. Tantale avait été condamné à une faim et une soif insatiables, parce qu’il avait offert en festin aux dieux son propre fils Pélops, immolé et préparé en ragoût.

"la roue d’Ixion" :

Ixion, roi des Lapithes, avait été condamné par Zeus à tourner sans arrêt sur une roue enflammée pour avoir successivement commis un meurtre sur un membre de sa famille et cherché à violer Héra, la propre épouse de Zeus…

"déchirer le foie de leur victime" :

Allusion à la légende de Tityos, qui avait outragé Latone sur l’impulsion d’Héra et avait été condamné à avoir le foie éternellement dévoré par des rapaces.

"les petites-filles de Bélus" :

Périphrase qui désigne les Danaïdes, filles de Danaos et petites-filles de Bélos, roi d’Égypte. Pour avoir, sur l’ordre de leur père, assassiné leurs époux le soir même de leurs noces, elles avaient été condamnées à la tâche impossible de remplir des récipients percés (les "urnes" dont il est ici question).

"Sisyphe" :

Sisyphe, roi de Corinthe, avait attiré la colère de Zeus en révélant au fleuve Asopos que c’était précisément Zeus qui avait enlevé sa fille ; il était condamné à rouler vers le sommet d’une pente un rocher qui retombait toujours en bas.

"les Euménides" :

En grec, Euménides signifie "les Bienveillantes" ; il s'agit en fait d’un euphémisme pour désigner les Érinyes (en latin les Furies), redoutables déesses de la vengeance, qui poursuivent les criminels de leurs torches et de leurs fouets là où la justice humaine est impuissante. Au nombre de trois (Alecto, Tisiphone et Mégère), elles portent une chevelure de serpents et sont spécialement chargées de torturer aux Enfers les âmes des injustes.

Page 322

"l’Averne" :

Orphée ne revient pas par le même chemin. Le lac Averne, aux environs de Cumes (près de Naples), était voisin d’une autre entrée des Enfers. C’est par là qu’y pénètrent Énée et la Sibylle, au chant VI de l’Énéide de Virgile.

"celui qui vit… ; […] Olénos… Léthéa" :

Allusions à des légendes inconnues. Le mont Ida est proche de la ville de Troie.

"le péager" :

Le nocher Charon, le passeur des Enfers, vieillard hirsute et hideux. Pour accéder au royaume des morts, sur l’autre rive de l’Achéron, il fallait lui payer le passage en barque ; mais la traversée ne se faisait que dans un sens…

Page 323

"les dons de Cérès" :

Périphrase pour signifier qu’Orphée se prive de nourriture, Cérès étant la déesse des moissons et des récoltes.

"l’Érèbe" :

Érèbe, fils du Chaos et frère de la Nuit, personnifie en poésie les ténèbres les plus profondes du monde infernal.

"l’Hémus battu des Aquilons" :

Comme le Rhodope, l’Hémus est une montagne de Thrace. Les Aquilons sont les vents (froids et pluvieux) du nord-ouest.

"le Titan" :

C’est toujours ainsi qu’Ovide désigne le dieu Hélios (en grec « le Soleil »), fils du Titan Hypérion. C’est en effet lui qui « met fin à l’année », au terme d’un cycle qui s’achève, dans le calendrier romain, sous le signe zodiacal des « Poissons ».

"l’arbre de Chaonie…" :

Pour tout ce qui concerne l’énumération des vingt-six arbres qui viennent de partout se rassembler autour d’Orphée, consulter la note de la page 561. Ovide passe ici en revue l’essentiel des arbres appartenant à la flore méditerranéenne.

Page 324

"les bornes du cirque" :

Le cirque, à Rome, désignait l’enceinte où se déroulaient les courses de chars, sur une piste très allongée, aux deux extrémités de laquelle s’élevait une borne (meta) qui rappelle le cyprès par sa forme.

"Carthée" :

Ville située au sud-est de l’île de Céos (ou Cos), une des Cyclades, à l’est du cap Sounion.

"une bulle d’argent" :

À Rome, les enfants de naissance libre portaient autour du cou une bulle, c'est-à-dire une amulette en forme de petite boule.

"Phébus" :

Épithète d’Apollon (en grec Phoïbos = « le Brillant »), qui manifeste l’aspect resplendissant de ce dieu solaire, jeune et d’une beauté éclatante.

Page 325

"ô Muse, ma mère" :

Orphée invoque sa mère Calliope, muse de la poésie épique.

"plectre plus lourd" :

Bâton court ou tuyau de plume dont le musicien frappait les cordes de la lyre de la main droite, tandis qu’il les faisait vibrer de la main gauche ; le ton "grave" (« plus lourd ») est celui qui convient à la poésie épique.

"les champs de Phlégra"  :

Il s'agit de la plaine de Phlégra, en Thrace, où, selon la légende, se serait déroulé le combat des Géants et des dieux (la gigantomachie), première épopée célébrée par le chant des Muses, disait-on. D’autres situent les « Champs Phlégréens » dans la région de Cumes, près de Naples, en Italie.

"le Phrygien Ganymède" :

Réputé pour sa beauté, le berger Ganymède était le fils de Tros, le roi fondateur de Troie, en Phrygie (riche contrée sur la côte de la mer Égée, à l’ouest de l’actuelle Turquie).

"le seul oiseau… qui pouvait porter sa foudre" :

Il s'agit de l’aigle, l’oiseau de Jupiter (en grec, Zeus).

Page 326

"le petit-fils d’Ilus" :

Périphrase pour désigner Ganymède ; selon la tradition, Ilus (grand-père de Priam) serait plutôt le frère de Ganyméde.

"le nectar" :

Breuvage des dieux olympiens, à base de miel, que leur servait Ganymède, devenu échanson de l’Olympe malgré la jalousie de Junon, épouse de Jupiter.

"le Bélier succède au Poisson pluvieux" :

Les Poissons sont la dernière des douze constellations zodiacales jalonnant la bande circulaire où se meuvent le soleil, la lune, les planètes. La première est le Bélier, par laquelle commence, avec l’équinoxe de printemps, l’année solaire. Cette périphrase évoque à la fois le changement d’année et les pluies de printemps.

"Déjà le Titan…" :

Le soleil était presque à son zénith.

"Delphes, centre du monde" :

C’est à Delphes, sanctuaire d’Apollon, que se trouvait la pierre sacrée nommée Omphalos ("nombril" en grec) censée marquer pour les Grecs le centre du monde.

"tout brillants du suc de l’huile onctueuse" :

Dans la Grèce antique, les athlètes s’enduisaient le corps d’huile d’olive avant de pratiquer leurs exercices gymniques.

"l’imprudent enfant du Ténare" :

Le Ténare est un promontoire et une ville de Laconie, près de Sparte : la périphrase désigne Hyacinthe.

Page 327

"…et où son nom se lira sur les mêmes pétales" :

Dans les zébrures de la fleur, on croyait lire les deux premières lettres (A I) du nom d’Ajax (Aiax, en grec). Cf. Livre XIII, v. 394 et suiv. (p. 420-421). En grec, « Aï, Aï » est une interjection signifiant « Hélas ! ».

"plus brillante que la pourpre de Tyr" :

Tyr, ville de Phénicie, était particulièrement réputée pour la qualité de sa pourpre, substance tinctoriale d’un grand prix, tirée du murex. Cette "fleur nouvelle" n’est pas la jacinthe, mais plutôt le lis martagon, variété de lis rose tacheté de pourpre.

Page 328

"Amathonte, féconde en métaux" :

Amathonte, sur la côte sud-est de l’île de Chypre, avait un temple célèbre consacré au culte d’Aphrodite (en latin Vénus) et d’Adonis. D'ailleurs, l’île entière était dédiée à Vénus (souvent elle-même qualifiée de CyprisKupris en grec). L’île, réputée pour ses mines de cuivre, prospérait grâce au travail du bronze.

"le nom de Cérastes" :

En grec, le mot ceras signifie « corne » ; d'autre part, l’ancien nom de l’île de Chypre était Cérastis (ou Kérastis), « la Cornue », sans doute en raison de ses nombreux promontoires.

"elles furent les premières qui prostituèrent leurs charmes" :

Beaucoup de temples d’Aphrodite, notamment à Chypre, abritaient des prostituées sacrées (ou hiérodules). Mais Ovide fait vraisemblablement allusion ici aux prostituées "profanes", qui encombraient les abords du lieu, le considérant comme propice à leur commerce (le temple de l’Amour…).

Page 329

"des larmes tombées de l’arbre des Héliades" :

Périphrase qui désigne l’ambre, qu’on croyait des gouttes de résine sécrétées par le peuplier, arbre né de la métamorphose des Héliades, filles du dieu Soleil (Hélios). Cf. Livre II, v. 340 et suiv. Avec l’ambre, on fabriquait des bijoux.

"la pourpre de Sidon" :

Ville de Phénicie, aussi réputée que Tyr pour sa pourpre.

Page 330

"la cire de l’Hymette" :

Le mont Hymette, à Athènes, était célèbre pour ses ruches.

"Paphos" :

Paphos, sur la côte sud-ouest de l’île de Chypre, était célèbre pour son temple de Vénus Astarté. C’est aussi une métonymie pour désigner l'ensemble de l’île (cf. le bas de la page).

"quand la lune eut neuf fois rapproché ses cornes…" :

Allusion au croissant de lune qui évolue de nuit en nuit vers la pleine lune ; les neuf mois sont bien sûr ceux de la grossesse.

Page 331

"l’Ismarie" :

Il s'agit de la région de l’Ismaros, montagne du sud de la Thrace, dont l’Hèbre (aujourd'hui la Maritza) et le Strymon (la Strouma) sont les fleuves principaux.

"la Panchaïe" :

Île fabuleuse de la mer Rouge, ici assimilée par métonymie à l’Arabie, réputée pour les plantes qui donnent les épices et les parfums : « l’amome, le cinname, le costus et l’encens ».

"Cupidon" :

Personnification du désir amoureux (en grec Éros), fils de Vénus, traditionnellement représenté les yeux bandés, armé d’un arc et de flèches.

"un brandon du Styx" :

Un brandon est une torche de paille enflammée. La mention du Styx, fleuve des Enfers, apprend que c’est l’une des Furies (soit l’une « des trois sœurs »), qui a allumé l’amour dans le cœur de Myrrha.

Page 332

"…chez qui la tendresse filiale se double d’amoureux désir" :

En Égypte, par exemple, le mariage entre frère et sœur était non seulement licite mais traditionnel chez les Pharaons.

"les trois sœurs qui ont de noirs serpents…" :

Nouvelle allusion aux Furies (ou Érinyes).

Page 333

"un grand arbre, blessé par la cognée" :

La cognée est une hache de bûcheron.

Page 334

"l’instrument du trépas qui s’apprête" :

Le lacet auquel Myrrha est décidée à se pendre.

Page 335

"de ses bras débiles" :

Affaiblis par l’âge, ayant perdu leur vigueur.

Page 336

"la reine Cenchréis" :

L’épouse de Cinyras, la mère de Myrrha.

"parmi les Trions le Bouvier avait incliné son chariot…" :

Les sept Trions sont les étoiles du Septentrion, soit la constellation du Chariot (ou Grande Ourse). Le Bouvier est une autre constellation boréale. L'ensemble de l’expression signifie qu’il est minuit…

Page 337
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