Les differences et les discriminations raciales





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date de publication22.04.2017
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LES DIFFERENCES ET LES DISCRIMINATIONS RACIALES
Introduction :

L’exposé qui va suivre traite des différences et des discriminations raciales. La notion de racisme y sera donc évoquée.

Ce sont, malheureusement, des notions hautement d’actualité (par exemple avec l’assassinat d’Ilan ou la volonté de développer le CV anonyme).

Qu’est-ce que le racisme ?

Si l’on prend la définition du Larousse, c’est une « idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains »

Plus largement, c’est une attitude hostile systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes.

Le racisme est donc le rejet de la différence.

Que ce soit la couleur de peau, la langue parlée, la religion, l’origine géographique ou le mode de vie, tout ce qui parait différent est susceptible d’une telle réaction de rejet.

Le racisme et l’école :

Alors qu’il progressait dans toutes les couches de la société, le racisme est resté pendant longtemps, contrairement à d’autres problèmes de société, un sujet maintenu hors des murs de l’école.

Avec l’émergence en force de la lutte contre le racisme auprès des jeunes, les langues semblent se délier et une volonté d’agir semble naître au sein de l’Education Nationale (cette volonté est visible dans les programmes au travers du vivre ensemble et de l’éducation civique).

Comment procéder ?

Dans cette volonté-là, il faut faire un sort particulier et traiter à part la littérature de jeunesse qui fait preuve d’audace et d’inventivité : approches variées, réalisme, registres divers,…

Le livre semble, en quelque sorte, court-circuiter un peu la parole de l’enseignant qui est parfois ressentie comme trop institutionnelle.

Plan :

Dans une première partie, nous vous présenterons une brève histoire du racisme d’hier et d’aujourd’hui faisant écho aux thèmes développés dans la littérature de jeunesse d’aujourd’hui. Dans une seconde partie, nous dévoilerons le corpus de livres choisis. Enfin, dans une troisième partie, nous développerons quelques pistes pédagogiques autour de ce thème.

I- Petite (?) histoire du racisme d’hier et d’aujourd’hui.

Pour comprendre pourquoi, depuis plusieurs années, le thème du racisme fait son apparition en littérature de jeunesse et pour pouvoir comprendre les thèmes et les contextes abordés dans la deuxième partie, il faut se tourner vers l’Histoire.

Les thèmes traités en littérature de jeunesse sont liés à des faits historiques.

Les Indiens d’Amérique :

1492 : date symbolique : découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Première rencontre entre les Européens et les habitants du Nouveau Monde.

Les Européens vont considérer les Indiens comme des êtres dépourvus d’humanité (1550 : Controverse de Valladolid : les Indiens sont-ils des créatures de Dieu ? Ont-ils une âme ou doit-on les considérer comme des animaux ?).

Génocide et esclavage au nom d’enjeux économiques (soif de l’or et de l’argent) et religieux (évangélisation).

L’esclavage, les négriers et le Code Noir :

XVIIème et XVIIIème siècles.

Nécessités économiques liées à la conquête du Nouveau Monde

Les Indiens d’Amérique du nord :

Au XVIIIème siècle, Anglais, Français et Hollandais vont anéantir et décimer les tribus. Pour eux, « un bon Indien est un Indien mort ».

La ruée vers l’or et la conquête de l’Ouest par les Etats-Unis, affranchis de la tutelle anglaise, achèvent le processus d’extermination.

Les Noirs d’Amérique :

L’histoire des Etats-Unis est indissociable de celle de l’esclavage des Noirs dans les états du sud (révoltes, alliances Indiens-Noirs,…).

La guerre de Sécession (1861-1865) va permettre l’émancipation des esclaves, notamment par l’action d’Abraham Lincoln.

1865 : apparition du Ku Klux Klan.

Il faut attendre 1960 et les divers mouvements noirs américains, pacifistes ou violents (le pasteur Martin Luther King et son fameux « I have a dream », Malcolm X ou encore les Black Panthers), pour provoquer des changements. Phénomènes toujours existants aux USA : tensions entre noirs et blancs : on peut citer toute la polémique suscitée lors de l’élection présidentielle (Bush/Kerry) et la sortie des livres et des films de Michael Moore ou encore la façon de gérer la catastrophe due à l’ouragan Katrina.

Hitler et le nazisme :

Dans Mein Kampf (1925), Hitler distingue une « race supérieure » composée d’Aryens.

On ne peut pas, bien sur, ne pas parler de la tragédie de la 2ème Guerre Mondiale : les camps de concentration : déportation et extermination non seulement des Juifs mais aussi des Tziganes, des homosexuels (voir le film Bent), des prostituées, des Témoins de Jéhovah, des résistants de toutes les nationalités, des prisonniers politiques, des communistes,….

L’Afrique du Sud au temps de l’apartheid :

L’apartheid (mot afrikaans signifiant « le fait de tenir à part ») dure en Afrique du Sud de 1948 à 1992.

Nelson Mandela : prisonnier politique, il passe 27 ans en prison (alors qu’il avait été condamne à perpétuité pour « activités politiques clandestines » au sein de l’ANC). En 1994, il devient président de la république d’Afrique du Sud et ce jusqu’en 1999.

Concernant les lois de l’apartheid : http://fr.wikipedia.org/wiki/Apartheid
La France : immigration, intégration, le racisme au quotidien :

On nous parle de plus en plus, dans l’actualité, de l’augmentation des violences à caractère raciste. On peut citer, par exemple, l’assassinat d’Ilan, du racisme dans le sport (cris de singe quand un joueur de couleur touche le ballon), la montée de l’extrême droite, la crise entre Juifs et Musulmans,….On peut donc se demander si l'on va un jour s'affranchir du racisme? On a pu voir que le racisme peut être une affaire d'individus mais aussi une affaire d'état (Afrique du Sud du temps de l'apartheid, Allemagne nazie,...).

Aujourd'hui encore, l'actualité est faite de purifications ethniques par exemple dans l'ex-Yougoslavie ou de génocides tribaux au Rwanda. Un profond malaise semble s'installer à l'échelle nationale avec par exemple le débat qu'a suscité la volonté d'affirmer le « rôle positif de la colonisation ». Cependant, il nous est important de rappeler que l'on ne naît pas raciste, on le devient.

Il semble aujourd'hui nécessaire à l'école de s'impliquer dans cette lutte contre le racisme. Jean-Paul Tauvel dans son papier « Antiracisme: sortir des incantations rituelles » (http://www.ecoledemocratique.org/article.php3?id_article=177)

donne quelques pistes d'interventions et félicite notamment la littérature de jeunesse.

Les grands mouvements que l'on vient d'aborder sont autant de sujets développés dans la littérature de jeunesse en matière de racisme.

II-Le réseau:

L'éventail d’œuvres qui s'est offert à nous lors du choix de ce thème était extrêmement large. La sélection a donc été très difficile à faire. Afin d'ouvrir l'horizon des possibilités, nous avons délibérément choisi de ne pas présenter les livres faisant partie des listes « officielles » comme Trèfle d'or, Deux graines de cacao ou Otto (à l'exception de Léon) ou de ne pas prendre des livres qui nous semblaient évidents comme Le vilain petit canard ou La Case de l'oncle Tom.

Nos choix se sont portés sur des coups de cœur, des oeuvres qui nous ont réellement plu.

Nous les avons classés en 4 catégories:

* Les albums.

* Les romans (cycle 2 puis cycle 3).

* Les bandes dessinées.

* La poésie.
Les albums:

Six milliards de visages de Peter Spier, sorti en 2005 à L'école des loisirs.

C'est la réactualisation de Cinq milliards de visages (1980).

Pour tous les cycles.

Ce livre fait un inventaire (non exhaustif) des différences entre les humains pour mieux les comprendre et les accepter.

Inventaire des différences de taille, couleur des yeux, couleur de peau, forme du nez, des oreilles, vêtements, jeux, habitats, nourriture, religion, métiers, grandes inventions,......

Au niveau de l'illustration, la première chose que l'on remarque est la couleur: le livre est très coloré pour mieux signaler les différences mais les couleurs étant très vives, c'est une impression de bonheur qui prime.

La première page nous montre la Terre en gros plan alors que sur la dernière elle ne nous apparaît que comme un point dans l'Univers: chaque être humain n'est qu'un tout petit point dans l'immensité de l'Univers et aucun n'a le droit de se sentir supérieur. C'est tous ensemble que nous formons notre planète. L'illustration de la page de titre nous renvoie au Jardin d'Eden et à Adam et Eve, couple originel dont nous descendons tous.

Dans tout le livre, l'illustration est le reflet du texte.

La morale de ce livre est qu'il faut prendre conscience que la diversité des habitants fait la merveille de cette Terre (p. 43 à 45: « imaginez comme ce monde, le nôtre, serait horriblement triste si tout le monde ressemblait à tout le monde, si chacun mangeait, s’habillait et agissait de la même façon ! Alors, n’est-ce pas merveilleux un monde où personne ne ressemble à personne ? »).
Réglisse et Calisson de Steff, sorti en 2004 chez Gründ.

Le narrateur nous raconte les journées de Calisson, un petit mouton blanc : dans son champ, il mange, il court après les papillons, il dort,…. Un jour, il aperçoit un autre mouton, un mouton noir. Il a peur, « peut-être est-il méchant ? ». Il va prendre son courage « à deux pattes » et commence à l’observer à la jumelle. Il se rend compte qu’ils font la même chose (manger, gambader, dormir). Un lien se crée. Calisson et Réglisse deviennent amis et font les mêmes choses ensemble.

Ici, on aborde la différence comme génératrice de peur. On s’imagine que « différent » signifie peut-être méchant. Idée du racisme qui effraie. Peur de la différence.

Morale : « Peu importe la couleur, blanche ou noire, jaune ou bleue, Réglisse et Calisson sont les meilleurs amis du monde ».
L’intrus de Claude Boujon, publié en 1993 dans la collection Lutin poche de L’école des loisirs.



Cet ouvrage peut être proposé dès le cycle 1.

Les Ratinos (personnages récurrents chez Boujon) sont dérangés, un matin, par un éléphant qui ne veut qu’être leur ami. Le pachyderme les suit partout ce qui provoque la réaction raciste des rats (« tu nous déranges, tu ferais mieux de rentrer chez toi », « horreur, horreur, rentre chez toi »). Mais le soir, l’éléphant les débarrasse de leur ennemi le serpent et est accepté par les rats.

Ce livre traite du rejet puis de l’acceptation, malgré la différence.

Morale humoristique : « on a toujours besoin d’un plus gros que soit » : référence à la morale du Lion et le Rat de Jean de la Fontaine. L’illustration est en pastel ce qui nous fait penser à des dessins d’enfants. L’originalité réside dans la couverture qui, une fois le livre déplié, nous montre l’éléphant dans son intégralité.
Noire comme le café, blanc comme la lune de Pili Mandelbaum, 1988, L’école des loisirs. Utilisable dès le cycle 1.

Nana, une petite fille métisse, est triste car elle ne se trouve pas jolie. Elle n’aime pas la couleur de sa peau et elle voudrait être blanche comme son père. Avec son papa, ils vont jouer à un jeu : ils vont échanger leur tête (il se met du marc de café sur les joues et elle, de la farine). Ils vont ensuite à la rencontre de la maman dans la rue. Le papa veut prouver à sa fille que personne n’est satisfait de sa tête. Dans cette œuvre, on a une enfant qui rejette sa couleur, sa différence. Elle voudrait être comme tout le monde. On parle donc de la différence qui provoque la gène. Cependant, on ne peut occulter la touche humoristique de ce texte : « - Dis, maman, un morceau de lune qui tombe dans du café, ça fait quoi ? – ça fait « plouf ». – Non…ça fait moi ! »

A ces albums, on peut rajouter :

Petit-bond et l’étranger de Max Velthuijs,

Elmer et l’étranger de David McKee,

La saison des bannis de Stibane,

Les loups noirs de Béatrice Deru-Renard,

Côté cœur de Rascal,

Poulailler blanc de Michèle Daufresne,

Mon ami Jim de Kitty Crowther,

Little Lou et Little Lou et la route du sud de Jean Claverie,

La grande peur sous les étoiles de Jo Hoestlandt,

Ami ! Ami ? de Chris Raschka,

Homme de couleur de Jérôme Ruillier,

Noirs et blancs de David McKee,

Peau noire, peau blanche de Yves Bichet,

Patates ! de Lionel Néouanic,

……





Les romans:

Cycle 2 :

Réveillon en sous-sol de Virginie Gaucher et Gwen Kéraval, 2003, Magnard jeunesse.

Antoinette Michon, vendeuse au magasin Chip et Nip des Arcades, a sa clientèle en horreur. Abdel, Kévin, Loïc et leur bande ne sont pour elle que des ados arrogants, des vauriens mal élevés. Et Banania, comme elle l’a surnommé, est encore pire que les autres ! Autant dire qu’en cette veille de réveillon, Antoinette se réjouit de ne pas les voir pendant deux jours. L’ascenseur de la galerie marchande, lui, ne l’entend pas de cette oreille. Jean-Patrick (alias Banania) va l’aider à s’en sortir et Antoinette va lui rendre la pareille lorsqu’il va se heurter au vigile.

Traitement du sujet : C’est la France d’aujourd’hui, même dans la façon de parler (tutoiement,….) : banlieue parisienne, centres commerciaux,….

Cette œuvre traite des différences de cultures et de générations, des préjugés, des problèmes de société (chômage, pauvreté,…). Phrase clé : « A COMPLETER
Coup de théâtre à l’école de Jo Hoestlandt, Claude et Denise Millet, collection J’aime lire chez Bayard Poche.

La classe de Mora doit monter un spectacle mais tout le monde veut être Blanche-Neige ou le prince charmant. On tire donc au sort les rôles. C'est Mora qui est censée incarner Blanche-Neige. Tout le monde est hilare même Mora car elle a la peau noire. La maîtresse se met en colère et Mora doit jouer son rôle. Sa meilleure amie Flore est vexée. Mora, malgré ses efforts, n'arrive pas à assumer le rôle car elle le trouve inadapté. Jules, un camarade, a une bonne idée: il faut adapter les rôles. Blanche-Neige devient donc Perle noire. Grâce à ce changement, de nouvelles amitiés se créent ou se recréent.

« Ma mère m'a appelée Blanche-Neige parce qu'elle souhaitait une fille à la peau noire comme neige.... » De nouveau, nous sommes dans un cadre familier: l'école. Les élèves peuvent facilement s'identifier aux personnages de cette histoire.
Vive la France! de Thierry Lenain et Delphine Durand chez Nathan.

Lucien est seul dans la cour. Pourtant, avant, il avait plein d'amis. Il était même le chef d'une bande. Pourquoi les a-t-il perdus? Le roman va expliquer ce qu'il s'est passé. Un matin, une nouvelle est arrivée, c'est Khelifa. Cette arrivée va révéler le racisme de Lucien qui va refuser qu'elle entre dans la bande. Les uns après les autres, ses copains vont le quitter car ils ne correspondent pas aux critères voulus par Lucien (grand-père qui ne parle pas français, ....).

« Lucien resta seul avec l'unique enfant pareil que lui: lui. »

On traite dans cet ouvrage du racisme au sens large (rejet de la différence, de l'étranger, du sexe opposé,...). On considère l'autre comme différent de soi de part sa couleur de peau, ses origines,...Les enfants peuvent facilement s'identifier aux personnages. Ils peuvent être confrontés à cela dans leur vie de tous les jours.
Comme des frères de François David et Frédéric Rébéna chez Nathan.

Ce livre raconte les pensées d'un jeune enfant à propos des différences. Il raconte son amitié avec Maxime Blanco, son ami noir, et la colère qui le submerge quand il se trouve confronté au racisme car lui ne voit pas de différence entre « Maxime Blanco qui est noir, Daniel Noiraud qui est blanc, Guillaume Leroux qui est châtain, Pierre Leblond qui est brun et Jean-Paul Lebrun qui est chauve ».

Livre humoristique fait de jeux de mots. On voit ici un enfant qui se bat contre le racisme. Les gens voient des différences là où il n'y en a pas.
Le chat de Tigali de Didier Daenincks dans la collection Mini souris noire chez Syros jeunesse.

Ce livre existe à la fois sous forme de roman et d'album.

De retour d'Algérie, François Huet, sa femme Sonia et leur fille Vanessa s'installent à St Martin (près de Marseille) avec Amchiche leur chat de Kabylie. Rapidement, ils reçoivent des menaces de la part d'un corbeau: ils doivent se débarrasser de leur « sale bestiole » qui ose « passer du bon temps avec leurs femelles ». N'ayant rien fait, les Huet récupèrent quelques jours plus tard le cadavre de leur chat. C'est le maire, le président du syndicat d'initiative, le dresseur de chiens d'attaque et une blonde (probablement sympathisante FN) qui ont fait le coup. Le jour de Noël, tous les enfants du village, y compris le fils du maire, apportent à Vanessa des petits chatons qui ont, étrangement, les mêmes caractéristiques qu'Amchiche. Il n'y a pas d'illustrations mais on peut souligner une forme originale: c'est le journal du père de famille. Ce roman traite de la bêtise du racisme et des racistes car Amchiche n'est qu'un chat.
Cycle 3:

Léon de Leon Walter Tillage sorti chez l'Ecole des loisirs.

Dans cette autobiographie, Léon nous raconte sa vie, celle d'un enfant noir né en 1936 dans un état du sud des Etats-Unis où sévissent encore les lois racistes et où les Noirs n'ont aucun droit. Il nous relate des moments heureux de sa vie (comme la vie dans sa famille) mais aussi et surtout des moments malheureux et douloureux (notamment dus au racisme et à la bêtise des Blancs). Ce livre est extrêmement riche sur le plan historique (lois racistes et restrictives, ségrégation raciale, Ku Klux Klan, Martin Luther King) mais aussi sur le plan humain (la bêtise de l'homme face à la différence y est décrite sublimement). La violence de certains incidents (par exemple la mort du père écrasé par la voiture d'un jeune blanc passablement éméché) peut être un élément perturbateur pour certains élèves mais la véracité des faits montre toute la cruauté de cette époque.
Les deux moitiés de l'amitié de Suzie Morgenstern sorti en 1989 chez Rageot Editeur. Il est actuellement disponible chez L'école des loisirs.

Salah, jeune algérien arrivé en France, n'a pas d'amis mais il a le téléphone. Au hasard d'un numéro composé, il tombe su Sarah, jeune fille juive elle aussi très solitaire. S'en suivent de nombreuses conversations téléphoniques. Les deux amis découvrent ensemble, sans jamais se rencontrer, les différences mais surtout les nombreux points communs de leurs vies.

Points communs : difficulté d’adaptation, insultes (« sale juive », « sale bougnoule »), similitudes dans le langage (Salam Alaïkoum / Shalom aleichem), les deux ne mangent pas de porc,…Différences : dans les coutumes, dans l’éducation (recherches sur la Bible, sur le Coran, sur la Shoah, intertextualité avec Le Journal d’Anne Franck).
L’enfant du zoo de Didier Daenincks chez Rue du monde (2004).

Ce récit est d’abord un livre-mémoire : celui d’Eve, une gamine de dix ans qui habite Laval. Pour son anniversaire, ses parents lui offrent le train pour la première fois. Direction : Paris et l’Exposition coloniale (l’oncle d’Eve a participé à sa préparation). Lors de sa visite, l’enfant est attirée par mille merveilles, toutes plus exotiques les unes que les autres. Mais ce fabuleux voyage s’arrête lorsque Eve rencontre un jeune garçon kanak derrière des barreaux, nommé Iataï. Le garçon est montré, avec sa famille, comme une tribu cannibale. Eve va alors tenter de lutter contre les préjugés et la discrimination. Grâce à l’aide de son oncle, elle réussira à faire libérer le jeune kanak. Ils passeront quelques jours de vacances à Laval, avant le grand départ, où Eve promet qu’un jour elle ira à son tour à Canala. La seconde partie du récit, plus courte, est aussi plus émouvante. Nous sommes en mars 2004, Eve a bientôt quatre-vingt-trois ans. En rangeant le grenier, elle retrouve un vieux cahier et confie l’histoire de cette rencontre à sa petite-fille. Celle-ci, avec l’aide de sa famille, va alors organiser ce grand voyage pour l’autre bout du monde. Eve, « femme de parole », tiendra alors sa promesse et pourra rencontrer de nouveau Iataï.
On peut rajouter à cette liste (non exhaustive) :

pour le cycle 2 :

On a volé mon vélo de Eric Simard,

Ma princesse africaine de Christine Palluy,

Loin des yeux, près du cœur de Thierry Lenain

La ballade d’Aicha de Robert Boudet,


pour le cycle 3 :

Ouled Roumia de Claire Ubac,

Le silence et la haine : racisme, de l’injure au meurtre de Marie-Agnès Combesque,

Stationnement interdit de Bertrand Solet,

Tant pis pour le sud de Christian Lehmann,

Sans raison particulière de Yaël Hassan,

Café au lait et pain aux raisins de Carolin Philipps,

En pleine lucarne de Philippe Delerm, ……




La bande dessinée:

Max et Koffi sont copains de Dominique de Saint Mars et Serge Bloch, collection Ainsi va la vie, Calligram chez Christian Gallimard. BD sortie en 1995.

A la récréation, Koffi (littéralement « celui qui est né un vendredi »), un des meilleurs amis de Max, est victime de propos racistes pour avoir bousculé Michel, un camarade. Max lui prête main forte et décide de découvrir davantage l’univers de son copain (notamment grâce aux parents). Il comprend alors pourquoi la peau est noire et que tous les êtres vivants ont des ancêtres communs. Voyant que les racistes sont des gens bêtes, ils décident de se venger mais au dernier moment, ils aident Michel à se débarrasser de « grands ». Ils deviennent donc tous amis.

Avec cette œuvre, les élèves retrouvent un personnages qui leur est généralement familier : Max. La partie la plus intéressante de ce livre se situe à la fin. Il s’agit d’une liste de questions autour du racisme (« Trouves-tu que les différences des autres sont une richesse et pas une menace ? », « Connais-tu des exemples de racisme dans l’histoire ? »,…). On peut les utiliser en classe pour faire des débats.
La poésie:

La cour couleur de Jean-Marie Henry. Ouvrage publié chez Rue du Monde, dans la catégorie poésie, en 1997.

Comme le précise le sous-titre, c’est une « anthologie de poèmes contre le racisme ».

Ces poèmes traitent des différences de couleur, de religion, de pays d’origine, de modes de vie. Ce livre permet de montrer aux enfants que l’on peut parler du racisme autrement que par des romans.

Exemple de poème : « Les juments blanches »

En breton, pour dire « La jument blanche », on dit « Ar gazeg wenn ».

En arabe, on dit « El fâras lè bêda ».

En anglais, on dit « The white mare ».

En esquimau, on ne dit rien parce que chez eux il n’y a pas de juments blanches.

En espagnol, on dit « le yegua blanca »

En flamand, on dit « De witte merrie ».

Comme vous pouvez le voir, toutes ces juments sont très différentes. Mais ce sont toutes des juments blanches.

Paul André

Le théâtre:

Nous n’avons pas trouvé d’œuvres théâtrales traitant du racisme pour l’école primaire.

Cependant, si le sujet vous intéresse, il existe pour le collège l’œuvre Les crocodiles ne pleurent plus de Guillaume Le Touze qui traite de l’apartheid et de l’amitié entre un garçon blanc et une famille noire.


III- Les pistes pédagogiques.

Elles sont très nombreuses car on peut traiter ce sujet dans la majorité des disciplines.

* Le français : comme on vient de la voir, la littérature de jeunesse regorge de titres sur le racisme.

* L’éducation civique : « formation du citoyen » et « vivre ensemble » : il peut être fait dans la classe voire même dans l’école une exposition. Ce peut être le moyen d’intégrer les parents au projet car il est rare que tous les enfants d’une même classe aient la même origine. Pour monter ce genre d’exposition, on peut s’aider d’ouvrage comme Le racisme expliqué à ma fille, Savoir faire face au racisme, Le racisme, de la traite des Noirs à nos jours, Le grand livre contre le racisme ou Pour dire non à l’intolérance et au racisme.



On peut aussi faire appel à des associations comme la LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme), SOS Racisme ou Les Enfants et Petits-enfants de Déportés.

* L’éducation musicale : nombreuses sont les chansons contre le racisme. On peut citer par exemple :

Lily de Pierre Perret

(http://www.paroles.net/chansons/17476.htm)

Je crois que ça va pas être possible de Zebda (http://www.paroles.net/chansons/16568.htm)

Clandestino de Manu Chao

(http://www.paroles.net/lyrics/chansons/24966.htm)

Armstrong de Claude Nougaro (http://www.vertpomme.net/pages/deux_vies_une_chanson/nougaro_armstrong.htm)

L’Aziza de Daniel Balavoine

(http://www.paroles.net/chansons/11240.htm).

Couleur café de Serge Gainsbourg (http://www.paroles.net/chansons/13308.htm)

Noir et blanc de Bernard Lavilliers (http://www.paroles.net/chansons/19054.htm)

La ballade des gens qui sont nés quelque part de George Brassens. (http://www.paroles.net/chansons/11334.htm)

Né en 17 à Leidenstadt de JJ Goldman (http://www.paroles.net/chansons/27466.htm)

Tam tam de l’Afrique de IAM

(http://fr.lyrics-copy.com/iam/tam-tam-de-lafrique.htm)

* L’histoire géographie : étude de l’esclavage, de l’apartheid (transdisciplinarité avec l’éducation musicale : utilisation de chansons de Johny Clegg).

* Les langues étrangères : là aussi en transdisciplinarité avec l’éducation musicale.

Pour l’anglais: Steve Wonder et Paul McCartney: Ebony and Ivory.

Pour l’espagnol: Manu Chao: Clandestino.
Conclusion :

Le thème de la discrimination et du racisme est, malheureusement, d’actualité. Il est traité en littérature de jeunesse sous plusieurs angles comme l’esclavage, les Noirs aux Etats-Unis, l’apartheid, l’immigration, l’intégration, le racisme au quotidien,…

On remarque que dans la majorité des œuvres la victime est un enfant, ce qui permet une meilleure identification des élèves lecteurs.

Cependant, on peut émettre un petit bémol : la victime fait toujours une bonne action envers le héros et ce n’est que suite à cette bonne action qu’elle est acceptée. On peut se demander pourquoi : volonté de montrer que l’amitié est quelque chose qui se travaille ou simple nécessité narrative : s’il n’y a pas conflit, il n’y a pas récit.

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