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A N N E X E S

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ANNEXE 1 : Évocation d’un objet (voir page 16)

Un texte : La Bougie

La nuit parfois ravive une plante singulière dont la lueur

décompose les chambres meublées en massifs d’ombre.

Sa feuille d’or tient impassible au creux d’une colonnette

d’albâtre par un pédoncule très noir.

Les papillons miteux l’assaillent de préférence à la lune

trop haute, qui vaporise les bois. Mais brûlés aussitôt ou vannés

dans la bagarre, tous frémissent au bord d’une frénésie voisine

de la stupeur.

Cependant la bougie, par le vacillement des clartés sur

le livre au brusque dégagement des fumées originales encourage

le lecteur, - puis s’incline sur son assiette et se noie dans son aliment.

(Francis PONGE)

Des textes d’enfants inspirés de ces poèmes (plaquette éditée par « Communes Mesures », 1977,

sous le titre : « Enfants Objets ») :

Le Crayon : Des grands bois où il est né jusqu’à la petite boîte où il finira ses jours, cet

objet, simple et utile, de voyage en voyage, de traitements en traitements, se

retrouve parmi nous, traverse le grand champ blanc de la page blanche, et il

travaille et il travaille... Pourtant il ne se plaint pas, il ne pleure pas, il ne crie pas,

bien que ce soit avec nostalgie qu’il doit songer à ses grands bois ; et de dentelle

en dentelle, il agonise jusqu’à la mort.

La boîte de peinture : Cette petite usine emploie et renferme huit ouvrières toutes

rondelettes qui s’épuisent pour rendre service. Un petit balai très exigeant fait son

choix entre toutes ces demoiselles pomponnées, pommadées ou même outrageusement

maquillées. Après leurs derniers bavardages colorés, l’usine ferme sa porte émaillée.

La gomme : Je ne connais pas d’objet plus charitable que cet ange gardien élastique : il

s’efface en effaçant. Tout au long de son chemin de croix sur le papier quadrillé il

se charge de tous les péchés de l’écolier.

Le clou : D’ordinaire, il vit en colonie, mais si l’on en exile un, c’est toujours pour le

punir : frappé à la tête on l’enfonce dans les ténèbres, et s’il sort du droit chemin

c’est par la tête encore qu’il est arraché ; malheureusement pour lui, même si sa

dureté lui permet de survivre, il restera bossu jusqu’à la fin de ses jours.

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ANNEXE 2 : « Continuer un début de poème

Les poèmes de référence (« début de poème » : voir page 17)

Nous endormir n’efface Seul au monde Votre cri

Rien, larmes ni espace Tristesse ! seul avec accompagne le bruit de la mer

Ni mentir. Ma bouillotte votre silence

(Bernard VARGAFTIG) (Shikô) accompagne la nuit de la mer

votre regard

accompagne le vert de la mer

Rêves Choeurs d’enfants votre sommeil

accompagne la pluie de la mer

Un enfant court Tout ça qui a commencé moi aussi

Autour de marbres il faut bien que ça finisse j’ai pris vague sur la mer

Une voix sourd (Jean CAYROL)

Des hauts parages... la maison zon sous l’orage

le bateau dans le naufrage

Les yeux si graves le voyageur chez les sauvages

De ceux qui t’aiment

Songent et passent Ce qui s’est manifesté L’arithmétique

Entre les arbres... il faut que ça disparaisse: Est une mécanique

Qui donne la colique

Aux grandes orgues feuilles vertes de l’été Aux catholiques,

De quelque gare espoir jeunesse et beauté Le mal de dents

Grande la vague an-ci-en-nes vérités Aux protestants,

Des vieux départs... Le mal de coeur

Moralité Aux enfants de choeur,

Dans un vieux rêve Si vous ne voulez rien finir Et le mal de nez

Au pays vague évitez de rien commencer. Aux curés.

Des choses brèves Si vous ne voulez pas mourir, (Comptines

Qui meurent sages... quelques mois avant de naître de langue française)

(Léon- Paul FARGUE) faites vous décommander.

(Jean TARDIEU)

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Il n’aurait fallu Moi qui frémissais Un front qui s’appuie

Qu’un moment de plus Toujours je ne sais À moi dans la nuit

Pour que la mort vienne De quelle colère Deux grands yeux ouverts

Mais une main nue Deux bras ont suffi Et tout m’a semblé

Alors est venue Pour faire à ma vie Comme un champ de blé

Qui a pris la mienne Un grand collier d’air Dans cet univers

Qui donc a rendu Rien qu’un mouvement Un tendre jardin

Leurs couleurs perdues Ce geste en dormant Dans l’herbe où soudain

Aux jours aux semaines Léger qui me frôle La verveine pousse

Sa réalité Un souffle posé Et mon coeur défunt

À l’immense été Moins une rosée Renaît au parfum

Des choses humaines Contre mon épaule Qui fait l’ombre douce

(Louis ARAGON)

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Si tu étais près de moi maintenant

je pourrais peut-être pleurer À une passante

ma solitude

dans ton giron J’ai un jour en passant

comme crève l’averse Vu un douloureux visage,

dans la mer Il me parut profondément, secrètement proche.

... je pourrais peut-être te prendre dans mes bras Envoyé par Dieu

comme l’arbre étreint Et passa son chemin et s’évanouit.

le poids du soir

... je pourrais peut-être te donner J’ai un jour en passant

mes étoiles, les forêts Vu un douloureux visage,

et la mer ? Il m’a fasciné

Comme si j’avais reconnu celle

Mais tu es partie loin... Qu’en rêve un jour j’ai nommée mon amour

et la tempête Dans une existence depuis longtemps évanouie.

a effacé tes traces dans la neige. (Georg TRALK - Autriche)

(Knut ØDEGARD - Norvège)

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ANNEXE 3 : Schémas d’imitation de poèmes (voir page 17)

Chanson: « Si j’étais...» (Suzanne FRANÇOIS)

Si j’étais un oiseau Si j’étais - - -

Je serais un oiseau Je serais - - -

de Noël ! Schéma : De Noël !

Avec des plumes d’or Avec - - - -

qui brilleraient très fort qui - - - - -

Car j’aime Noël (3 fois) Car j’aime Noël (3 fois)

(Exemple : une fleur de Noël avec des pétales d’or, un camion de Noël avec des roues en or, etc...)

NB: Cette chanson interactive est particulièrement appréciée des enfants en cycles 1 et 2. En voici donc la partition,

accompagnée d’une illustration audio pour les non lecteurs -lien en page html-.

Notre regrettée Amie Suzanne FRANÇOIS, conseillère pédagogique de musique des écoles de Dordogne, a composé un très

grand nombre de chansons, dont son « tube », le fameux : « Doucement, doucement, doucement s’en va le jour… à pas de

velours ».

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Chanson : « Les Mensonges » (Folklore canadien)

Ah! J’ai vu, j’ai vu Ah! J’ai vu j’ai vu

Compèr’ qu’as-tu vu? Compèr’ qu’as-tu vu?

J’ai vu une grenouille Schéma : J’ai vu - - -

Qui faisait la patrouille Qui - - - -

Le sabre au côté - - - - - [é]

Compèr’ vous mentez. Compèr’ vous mentez.

(un gros rat qui fendait du bois avec son nez carré / une anguille qui coiffait sa fille pour s’aller marier)

La fourmi (Robert DESNOS)

Une fourmi de dix-huit mètres - - - - - - - -

Avec un chapeau sur la tête, - - - - - - - -

Ça n’existe pas, ça n’existe pas Ça n’existe pas, ça n’existe pas

Une fourmi traînant un char - - - - - - - -

Plein de pingouins et de canards, Schéma: - - - - - - - -

Ça n’existe pas, ça n’existe pas Ça n’existe pas, ça n’existe pas

Une fourmi parlant français, - - - - - - - -

Parlant latin et javanais - - - - - - - -

Ça n’existe pas, ça n’existe pas. Ça n’existe pas, ça n’existe pas

Et pourquoi pas? Et pourquoi pas?

L’Esquimau (Pierre GAMARRA)

Un Esquimau sur un Éléphant Un - - - sur un - - -

C’est original et c’est amusant C’est- - - - et c’est - - -

Car l’un vient du froid et l’autre du chaud Schéma : Car - - - - - - - - -

Mais un Éléphant sur un Esquimau Mais un - - - - sur un - - -

C’est dangereux car ça pèse trop C’est - - - car - - - -

Même si ce n’est qu’un éléphanteau. Même si - - - - - - - -

Pirouettes (Pierre GAMARRA)

J’ai vu trois lapins J’ai vu trois fourmis

Faisant du patin qui comptaient des mies

sur un vert sapin derrière un tamis J’ai vu - - -

.................. .................. Schéma : Qui - - - -

J’ai vu trois moineaux et trois chatons gris - - - - -

jouant du piano parlant de Paris

au pied d’un ormeau près d’un sac de riz.

Innocentines (René de OBALDIA)

Chez moi, dit la petite fille Chez moi, dit la petite fille Chez moi, dit la petite fille

On élève un éléphant Notre vaisselle est en or - - - - - - -

Le dimanche son oeil brille Quand on mange des lentilles - - - - - - -[ille]

Quand papa le peint en blanc On croit manger un trésor - - - - - - -

.................... ............................. ...................................

Chez moi, dit le petit garçon Chez moi, dit le petit garçon Chez moi, dit le petit garçon

On élève une tortue Vit un empereur chinois - - - - - - -

Elle chante des chansons Il dort sur le paillasson - - - - - - -[on]

En latin et en laitue Aussi bien qu’un Iroquois. - - - - - - -

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Poèmes à forme fixe

On peut ainsi aboutir à utiliser les formes fixes - - - - - (A)

« classiques » : rondeau, sonnet, ballade, etc... - - - - - (A)

Le modèle existe, ce qui débloque l’initiative. - - - - - (B)

Voire à titre de curiosité la FATRASIE du - - - - - (A)

Moyen-Âge : 11 vers, dont les 6 premiers sont - - - - - (A)

de 5 syllabes, les 5 suivants de 7 syllabes, - - - - - (B)

avec alternance de rimes : AABAAB BABAB - - - - - - - (B)

- - - - - - - (A)

- - - - - - - (B)

- - - - - - - (A)

- - - - - - - (B)

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ANNEXE 4 : « Correspondances » (voir page 18)

L’oeuvre d’art incitatrice

Voici un exemple d’activité de stage d’enseignants (voir page 19) :

Les oeuvres qui se prêtent favorablement à ces activités sont peu « figuratives », tels lestableaux de KLEE, ou de PICASSO ou autres, que nous avons souvent utilisés. Cette fois-là, ils’agissait d’une sculpture en terre crue extrêmement tourmentée, qui a conduit au corpus de motssuivant (soulignés : les mots élus par les participants comme les plus significatifs) :

douleur - misère humaine - inquiétant - souffrance - accablement et lutte - soubresaut -résignation - chute - appel au secours - malaise - tyran déchu - antipathie - rejet - battu -

défiguré - torturé - ailes de la nuit - enfantement - étreinte du néant - fatalité - vivant -

triste - douceur des lignes - cri - handicapé - hydrocéphale - au secours! - à l’aide! - Non! -

enlacé - pitié - préhistoire - vieux - mutant - bizarre - sévère - foetus - grenouille sur

fontaine

Ce qui a donné des poèmes prenant de préférence leurs mots dans ce tableau, donc mettantlibrement en forme les impressions du groupe. L’un d’eux, par exemple :

Sorti d’un néant de misère humaine

douleur défigurée d’un foetus torturé

malaise palpitant étrangement

aux marges de l’inconscient

c’est le surgissement d’un mutant de la nuit

l’ébauche monstrueuse de la fatalité.

Pourtant du fond du gouffre

le vivant se relève

sursaut de lutte

et douceur d’être.

La souffrance pliera sous la tendresse

et l’homme renaîtra de son orgueil.

Certes, un tel thème est pour un stage d’adultes. Mais dans cette direction, toutes activités

d’expression sont imaginables. De beaux après-midi peuvent leur être consacrés, et les classes doivent

y trouver, à l’évidence, une richesse inoubliable pour les enfants.

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ANNEXE 5 : Mots inventés (voir page 21)

Deux exemples :

Le Grand Combat

Il l’emparouille et l’endosque contre terre

Il le rague et le roupète jusqu’à son drâle

Il le pratèle et le libucque et lui barufle les ouillais ;

Il le tocarde et le marmine.

Le manage rape à ri et ripe à ra.

Enfin, il l’écorcobalisse.

L’autre hésite, s’espudrine, se défaisse, se torse et se ruine.

C’en sera bientôt fini de lui ;

Il se reprise et s’emmargine... Mais en vain.......

(Henri MICHAUX , « Qui je fus »)

Réponse d’un père, quel qu’il soit, à une lettre de sa fille, quelle qu’elle soit,

en vacances au bord de la mer.

Ma pénique filochelle chélie,

Ton escribourne m’a pitrament fait chapouille ! J’arlique pas de penqler à tes loisances et ça me

chatifougnait dric de ne pas avoir d’osbeille à t’enlirber. Mais je graspe pas suffiance, hélas !

C’est bien d’avoir colpé une grebette et une dormouille à la ploube. Mais la mer doit être si

emmercadée que ces bestiarles doivent pas être iquoines à mastigner ! À la rapiode, un porte

parole a annoncé qu’il y avait mille sétilépoques à la palmée, alors si t’en galbes un dans tes

mirdelles ou si t’en espontilles chupette, t’es bonne pour carniper chez le médicine te faire

dranquer une orcinante où la Soséricu Sépiale me graspera nirque !

Ici, le zédrillon du sud a boustiflé toute la journique, y ponquait trente cinq degrés à la

plombirne, tu lirques chouille ce que ça pionquait en plein fanar ! Alors à la nictiole, crac, zisnirs,

torcrolles, bref un bombourdapionge pas lopé des chniles !

J’espiarle que t’as la dermiole broussolée, et que tu t’esgorbilles bien avec tes copignolles. Ici,

je traliquaille, je phontifone, j’esquirgne des scribournes, je pertifonque dans des cardosses tous

aussi mierdes les uns que les autres.

À la mitol, je vais mastifrer une choulette de porchon aux varlicots berts, et puis traliquailler

bis à florque. Enfin, je m’escamperle à la cabugne où je lirlique la tupalésion. Et puis dormiotte.

Je t’emberniquiote, ma péquinille

Ton papiorle

(Philippe de BOISSY, « Balladoèmes du farlipin quert », 1982)

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ANNEXE 6 : Litanies (voir page 21)

Quelques exemples divers : Le crapaud Dingo Tu viens de Lhassa

Frédo numéro zéro À dos de boa,

J’ai un ami indien s’en va-t’en chameau

c’est un petit malin! visiter Bordeaux Tu pars pour Paris

J’ai un copain chinois, Sur un âne gris,

une vraie tête de bois! Le crapaud Bilbo

J’ai une amie cafrine, sur un cachalot Tu vas à Lima

une sacrée coquine! pipo ratapo Au trot d’un lama,

Et mon copain Frédo pêche le turbot

qui habite les Hauts. À Valparaíso

Le crapaud Gongo Au pas d’un chameau

J’aime mon ami indien, go go ostrogo

il est si malin! circule en métro Tu cours à Moscou

J’aime mon copain chinois, quand il a trop chaud Sur un kangourou,

malgré sa tête de bois!

J’aime mon amie cafrine, Le crapaud Quito Dors à Téhéran

une si jolie coquine! paramaribo Près d’un éléphant,

Mais je préfère Frédo porte sur son dos

qui habite les Hauts. vingt cinq escargots Suis le Bramapoutre

(Madeleine MALET) En radeau de loutres

Le crapaud Banco

Vague Le roi de l’île tolokilibo Reviens à Berlin

roule Est-ce un raisin boit du cacao Sur un pangolin,

sur la mer Est-ce un poisson rue des trois corbeaux.

chuchotant Est-ce un nuage ? (C. et J. HELD) Rentres à Bruxelles

Sur une gazelle

vague Le roi de l’île La mer s’est retirée,

coule Est-ce un caillou Qui la ramènera? Mais jamais, Merlin,

sur le sable Est-ce un marin La mer s’est démontée, Tu ne prends le train.

en chantant Est-ce un soleil ? Qui la remontera? (Maurice CARÊME)

La mer est emportée,

vague Le roi de l’île Qui la rapportera?

roucoule Est-ce un pied nu La mer est déchaînée,

en chuchotant Est-ce un navire Qui la rattachera?

Est-ce un silence ? Un enfant joue sur la plage

vague Avec un collier de coquillage.

s’écroule Le roi de l’île (Jacques CHARPENTREAU) Il y a

en chantant. Est-ce l’été Il y a des petits ponts épatants

(Andrée CHEDID) Est-ce le chant Il y a mon coeur qui bat pour toi

Est-ce l’amour ? Il y a un beau petit cottage dans le jardin

Il y a mes yeux qui cherchent ton image

Le roi de l’île Il y a un petit bois charmant sur la colline

Serait-ce lui Il y a un berger qui paît ses moutons

Serait-ce toi Il y a un rideau de peupliers délicat, délicat

Serait-ce moi ? Il y a toute la vie ...

(Georges-Emmanuel CLANCIER) (Guillaume APOLLINAIRE)

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ANNEXE 7 : Improvisation musicale (voir page 21)

Voici un choix de poèmes qui se prêtent bien à une improvisation musicale : choisir le poème,

« sentir » un peu le « style », le « rythme », et se lancer aussitôt, vaillamment, à le chanter en improvisant...

La sauterelle En face L’artichaut

Saute saute sauterelle Au bord du toit L’artichaut a

Car c’est aujourd’hui jeudi Un nuage danse Cent chemises

Je sauterai, nous dit-elle Trois gouttes d’eau pendent à la gouttière Qui frisent, frisent

Du lundi au samedi. Trois étoiles Sur son dos

Des diamants Cent chemises sèches

Saute saute sauterelle Et vos yeux brillants qui regardent Archisèches.

À travers tout le quartier Le soleil derrière la vitre Chut ! ...

Sautez donc, Mademoiselle, Midi C’est l’artichaut

Puisque c’est votre métier. (Pierre REVERDY) Tout chaud

(Robert DESNOS) Qui saute en parachute.

(C.et J. HELD)

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Chanson des oiseaux Dans la nuit Aube

Avril ouvre à deux battants Dans la nuit Un invisible oiseau dans l’air pur a chanté.

Le printemps ; Dans la nuit Le ciel d’aube est d’un bleu suave et velouté.

L’été le suit, et déploie Je me suis uni à la nuit

Sur la terre un beau tapis À la nuit sans limite C’est le premier oiseau qui s’éveille et qui chante.

Fait d’épis À la nuit. Écoute! les jardins sont frémissants d’attente.

D’herbe, de fleurs et de joie

Mienne, belle, mienne. Écoute! un autre nid s’éveille, un autre nid,

Buvons, mangeons; becquetons Et c’est un pépiement éperdu qui jaillit

Les festons Nuit

De la ronce et de la vigne; Nuit de naissance Qui chanta le premier? Nul ne sait. C’est l’aurore.

Le banquet dans la forêt Qui m’emplit de mon cri Comme un abricot mûr le ciel pâli se dore.

Est tout prêt De mes épis.

Chaque branche nous fait signe. Toi qui m’envahis Qui chanta le premier? Qu’importe! On a chanté.

Qui fais houle houle Et c’est un beau matin de l’immortel été.

Les pivoines sont en feu, Qui fais houle tout autour (Cécile PÉRIN)

Le ciel bleu Et fume, es fort dense

Allume cent fleurs écloses; Et mugis

Le printemps est pour nos yeux Es la nuit.

Tout joyeux Nuit qui gît, nuit implacable

Une fournaise de roses. Et sa fanfare, et sa plage

(Victor HUGO) Sa plage en haut, sa plage partout,

Sa plage boit, son poids est roi, et tout ploie sous lui

Sous lui, sous plus ténu qu’un fil

Sous la nuit

La Nuit.

( Henri MICHAUX)

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ANNEXE 8 : Jeux lexicaux (voir page 23)

Parmi les jeux cités nous ne donnerons ici que des exemples de « mots-valises » à travers quelques

citations de l’ouvrage d’Alain FINKIELKRAUT « Ralentir : mots valises », et de « Cortège » de J. PRÉVERT.

Mots-Valises

- Bidingue : qui délire en deux langues

- Brigoler : éclater de rire en plantant un clou

- Doctambule : érudit de la vie nocturne

- Escargros : personne ventrue qui avance avec peine et à petits pas très lents

- Fliction : communiqué de la préfecture de police racontant le déroulement d’une

manifestation et chiffrant ses effectifs

- Grolétaire : ouvrier embourgeoisé

- Hépathétique : personne aux yeux si jaunes qu’elle inspire la pitié

- Kantgourou : philosophe australien, professant la doctrine de l’idéalisme transcendantal

- Luniversité : école supérieure qui propose aux bacheliers des cours de distraction, de

rêverie, ou de changement d’humeur

- Milidandysme : style « plèbe » très à l’honneur dans les milieux parisiens

- Nattemosphère : coiffure assez originale pour créer un climat

- Nuicide : le fait de se donner la mort par une nuit d’insomnie

- Pense-heures : philosophe spécialisé dans les problèmes du temps

- Phrasque : écart de langage

- Resplandistance : éclat dont brillent les êtres chers lorsqu’ils voyagent au loin

- Sentimenteur : personne hypocrite ou simplement distraite qui dit: « je t’aime » en pensant à

autre chose

- Toutriste : voyageur parti à l’aventure et auquel il n’est absolument rien arrivé

- Wagabon : voiture récalcitrante, qui se détache du train et décide de vivre hors des rails

Cortège (extraits)

Un vieillard en or avec une montre en deuil

Une reine de peine avec un homme d¹Angleterre

Et des travailleurs de la paix avec des gardiens de la mer

Un hussard de la farce avec un dindon de la mort

Un serpent à café avec un moulin à lunettes

Un maréchal d¹écume avec une pipe en retraite

Un compositeur de potence avec un gibier de musique

Un professeur de porcelaine avec un raccommodeur de philosophie

Un contrôleur de la Table Ronde avec des chevaliers de la Compagnie du Gaz

Un remorqueur de famille nombreuse avec un père de haute mer

Un membre de la prostate avec une hypertrophie de l¹Académie Française

Un gros cheval in partibus avec un grand évêque de cirque

Et le général des huîtres avec un ouvreur de jésuites.

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33

ANNEXE 9 : Les métiers imaginaires (voir page 23)

L’Essuyeur de tempêtes

L’expression « essuyer une tempête » remonte à la plus haute antiquité.

Si vous désirez qu’une tempête vous fasse de l’usage, entretenez-la convenablement. Et commencez

donc par l’essuyer.

Possesseur d’une bonne tempête d’origine (en France, les meilleures proviennent de Brest et des

environs), assurez-vous les services d’un essuyeur de qualité et ne lésinez pas sur le tarif.

Le procédé relève du bon sens : avant d’essuyer un objet, il convient de le sécher; il en va des tempêtescomme du reste.

L’essuyeur prend sa tempête, l’expose au soleil et attend qu’elle ait perdu son humidité. Il lui faut

parfois, surtout en hiver, la transporter à des distances considérables pour trouver le climat idéal - du Pasde Calais aux cirques de Saint-Raphaël. N’importe, il va son chemin, emmenant sa tempête avec lui et necessant de la surveiller.

Lorsqu’il a enfin découvert le lieu propice, il donne un peu de « mou » à la tempête, afin de la laisser

s’ébrouer à son aise. Puis, quand elle a atteint un degré de dessiccation suffisant, il l’étend bien à plat sur lesol (dans un endroit écarté, de préférence) et se met à l’oeuvre, muni de ses chiffons et de sa brosse àreluire. Une tempête de violence moyenne exige trois semaines environ pour être remise en état. Ensuite, ilne reste plus qu’à la libérer.

Mon grand père Beaujolais la Pivoine n’essuyait pas les tempêtes à proprement parler; il ne s’occupait

généralement que des « grains », des bourrasques modestes, mais il les traitait de la même manière. Unefois pourtant, entre Épineuil et Sainte-Agathe (j’avais sept ou huit ans), il me montra une tempête allongéesur une prairie et qu’il venait de « terminer ». Elle était tellement propre, briquée et transparente, que vousauriez juré qu’il n’y avait rien là, devant vous. J’écarquillais mes yeux d’enfant : Beaujolais me dit « Elle var’partir d’attaque, maint’nant, quasiment toute neuve ».

Il me parlait avec émotion des jours où les tempêtes rénovées faisaient les quatre cents coups, où ça

grondait et soufflait partout tandis que lui, dans une cabane de cantonnier, assistait à la sarabande. Il meparlait aussi des bergères qui venaient chercher protection auprès de lui, malgré sa barbe de vagabond, sesmauvaises façons et son goût pour la bouteille. Mais, comment ils passaient le temps, ensemble, à la faveurde la tempête « essuyée », je ne l’ai appris que plus tard, dans des circonstances qui ne se relient pasdirectement à cette chronique.

André HARDELLET (« L’Essuyeur de tempêtes »

Ed. Plasma, Collection « Feuilles Vives » -épuisé-)

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