L’Art d’être grand-père





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titreL’Art d’être grand-père
date de publication20.04.2017
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Préparation CAPES D. Luzzati



TEXTE 2

5

10

15

20

Jeanne était au pain sec dans le cabinet noir,

Pour un crime quelconque, et, manquant au devoir,

J'allai voir la proscrite en pleine forfaiture,

Et lui glissai dans l'ombre un pot de confiture

Contraire aux lois. Tous ceux sur qui, dans ma cité,

Repose le salut de la société

S'indignèrent, et Jeanne a dit d'une voix douce :

- Je ne toucherai plus mon nez avec mon pouce ;

Je ne me ferai plus griffer par le minet.

Mais on s'est récrié : - Cette enfant vous connaît ;

Elle sait à quel point vous êtes faible et lâche.

Elle vous voit toujours rire quand on se fâche.

Pas de gouvernement possible. À chaque instant

L'ordre est troublé par vous ; le pouvoir se détend ;

Plus de règle. L'enfant n'a plus rien qui l'arrête.

Vous démolissez tout. - Et j'ai baissé la tête,

Et j'ai dit : - Je n'ai rien à répondre à cela,

J'ai tort. Oui, c'est avec ces indulgences-là

Qu'on a toujours conduit les peuples à leur perte.

Qu'on me mette au pain sec. - Vous le méritez, certes,

On vous y mettra. - Jeanne alors, dans son coin noir,

M'a dit tout bas, levant ses yeux si beaux à voir,

Pleins de l'autorité des douces créatures :

- Eh bien moi, je t'irai porter des confitures.



21 octobre 1876
V. Hugo

L’Art d’être grand-père





  1. Lexicologie : mots en gras /3

  2. Passage souligné /3

  3. Syntaxe : versification /4

  1. Lexicologie : mots en gras

gouvernement:


  • Composition/famille : de gouverner, renvoie à des termes appartenant au domaine de l’éducation (gouvernante), mais également à gouvernail (marine) ou gouvernable, gouverneur (politique).

  • Sens : V. Hugo joue sur l’ambiguïté métonymique « diriger quelqu’un » (vs « éduquer »), « diriger un état » (vs « gouverner »). Le comportement éducatif du grand-père poète est condamnable, au nom de son extrapolation : son laxisme, s’il était toléré, conduirait la société toute entière à l’anarchie.

  • synonymes/antonymes : ordre, pouvoir, règle font partie du même champ sém de l’exercice de l’autorité. La nécessité du gouvernement se trouve dans la lutte contre les antonymes : désordre, anarchie

  • Syntaxe : l’abs de dét se justifie par la négation (inutile d’actualiser un subst dont on nie l’existence). Ce qui est intéressant, c’est le choix de la forme de la nég, qui aurait pu être : gouvernement impossible ou aucun gouvernement n’est possible. La nég, absolue, porte ainsi totalement sur le subst et ne supporte aucune contestation possible. Dire que le gouvernement est impossible ne nie pas l’existence du gouvernement en question : on est dans le désordre, et la restauration de l’ordre est envisageable. Ici, c’est l’existence de tout gouvernement qui est niée : on est dans l’anarchie, et c’est la possibilité même de la restauration de l’ordre qui est en cause.

  • Contexte : VH joue sur l’ambiguïté « diriger l’éducation d’un enfant/un état », ce qui établit un lien voulu entre particulier et général, entre l’éducation d’un enfant et les principes d’éducation des parents

  • Etymologie : < gubernare « diriger un navire » puis par métaph « diriger la conduite de qqch ou de qqun » et, par métonymie, « exercer le pouvoir politique ». Le subst prend le sens d’ « action de… » mais il faut attendre le 16ème et la constitution de l’Etat pour qu’il prenne en sens moderne, qui renvoie à la direction non d’une ville ou d’une province (cf gouverneur), mais à celle d’un pays.



Indulgences :


  • Composition/famille : l’adj indugence, mais également en droit canon indult ou indulgencier, sans compter indulgemment, sorti d’usage.

  • Sens : le pl à valeur générale laisse l’ambiguïté quant au sens, religieux ou commun. S’agit-il simplement d’une forme excessive de « clémence », qui vire à la « complaisance », ou bien est-ce un « pardon » excessif, coupable et intéressé, qui se rapproche de la « corruption » ? L’interprétation positive (« bonté, charité… ») est en tout cas exclue et constituerait un contresens.

  • synonymes/antonymes : les syn sont à chercher du côté des subst connoté – (complaisance, laxisme…) et les ant du côté des subst connotés + (rigueur, sévérité…).

  • Syntaxe : l’ambiguïté sens religieux/commun existe au sg comme au pl, mais elle est plus saillante ici car c’est un pl à valeur générale (il s’agit non de plusieurs indulgences, mais d’une indulgence d’un certain type dont celle-ci peut être extraite). par rapport à ci marque l’éloignement, par opposition avec la proximité. L’éloignement est ici métaphorique : c’est ce avec quoi on veut marquer une distance parce qu’on désapprouve.

  • Contexte : l’ambiguïté du terme renvoie à la « simonie », la vente par l’église de biens spirituels moralement discutables ». Le poète apparaît ainsi comme un corrupteur dont l’indignité augmente avec la fonction : plus il est grand-père, pus la faute serait grave.

  • Etymologie : < indulgentia « bonté, complaisance bienveillance ». Dans l’église, il prend le sens de « pardon » puis, par métonymie, de « remise de la peine due aux pêchés ». Au 16ème, le mot (au pl notamment) est aux centre des conflits religieux (cf « querelle des indulgences »), dans la mesure où c’est notamment la pratique des indulgences qui est au centre des critiques faites à l’Eglise romaine.



  1. Passage souligné :

Eh bien' moi, je t'irai porter des confitures

méthode :

  • identification

  • opérations ling (substitution –suppression – commutation + pronominalisation – détachement)

  • commentaire linguistique

  • liaison au texte (si possible)

  • Eh bien : connecteur (morphème simple ou complexe qui est ou non recensé parmi les partie du discours, et qui contribue à la structuration du discours en marquant les relations sémantico-logiques) qui exprime d’une part, comme ben (valeur explicative), la conséquence (moi, j’irai donc), et d’autre part, comme mais (valeur argumentative), l’opposition Jeanne/les autres (mais moi, contrairement aux autres…). L’emploi de eh bien est rare en poésie (cf La Fontaine : Vous chantiez, j’en suis fort aise, Eh bien dansez maintenant) car il relève non pas d’un « registre » familier mais de l’oral. Il fait d’ailleurs ici partie d’un vers au style direct.

  • Moi, je… : phénomène de clivage, en l’occurrence une topicalisation du pn S tonique moi. Cette topicalisation s’inscrit + eh bien dans l’opposition Jeanne/les autres.

  • Je t’irai porter (vs j’irai te porter) :pb de la place du pn CO atone d’un inf + semi aux. Jusqu’au 16ème s on antéposait le pn au semi aux ; au 18ème on l’antépose à l’inf (cf La Fontaine : L’un voulait le garder, l’autre le voulait vendre). On peut avancer 2 explications à ce choix : métrique (respecter la césure à l’hémistique qui disparaît dans Eh bien moi, j’irai te porter…) et sémantique (dans la périphrase verbale, aller véhicule l’essentiel de l’action, et non pas porter). Il est à noter qu’ici te est COI et non COD.




  1. versification : façon de se jouer des règles, de les utiliser, de transformer la contrainte en force

  1. les rimes : noter en particulier le retour inversé des 4 rimes initiales à la fin, reposant sur l'opposition noir / confiture

    1. disposition

  • rimes plates alternées

    1. richesse : pas de recherche particulière

  • pauvre :

  • suffisante : 1-2, 5-6, 7-8, 9-10, 11-12, 13-14, 15-16, 21-22

  • riche : 3-4, 19-20, 23-24

  • léonine : 17-18

  • enrichissement : ma cité/sla société [é,s i], l’arrête/la tête [l,a]

  • remarque : rimes 3-4 = 23-24 av 1 mot commun peu « poétique «  (confiture), ce qui en fait un des centres du poème.

    1. originalité

  • volumique (en syll) : 1-2 (1/2), 5-6 (2/4), 1-2 (1/2),

  • syntaxique : 1-2 (adj-subst), 3-4 (G adv-subst), 5-6 (dét poss+subst-dét dér+subst)… => originalité synt systématique des rimes

  • sémantique : originalité systématique également, avec notamment rimes 3-4 et 23-24 où l’alliance forfaiture-confiture et, dans une moindre mesure, créature-confiture relève du burlesque1 et produisent un effet cocasse.

  • cas particuliers : 17-18, 19-20 : l’originalité n’est pas seulement syntaxique, sémantique et/ou volumique, mais également par les signes auxiliaires (ponctuation, tirets) ou par la répartition des phonèmes sur 2 lexies

    1. rimes internes

  • assonances et allitérations : 1 [k], 2 [r], 3 [l, i], 9 [r], 11 [l], 14 [r], 22 [r, z, i]

  • figures de répétition : 8 (mon, et non je ne me toucherai plus le nez avec le pouce), 8-9 (anaphore + polyptote : je ne…plus), 10-11-12 (anadiplose sur vous), 14-16 (épanadiplose sur vous), 17-18 (anaphore + polyptote sur et j’ai / je n’ai rien), 20-21 (anaphore sur qu’on)




  1. le rythme

    1. diérèse et synérèse 

  • la diérèse : 6 (société)

  • synérèse : 17 (rien), dans la mesure où on fait rarement la diérèse lorsqu’on a des phonèmes comme –oi- qui intègrent glide+voyelle, leur prononciation en 1 syll ne constitue pas une synérèse.

    1. césures (//) et coupes (/) : il y a très peu de vers réguliers. Hugo bouscule sans arrêt le rythme, par des trimètres réguliers et irréguliers, en épousant le rythme de la parole, véhémente pour les adultes, haché pour Jeanne.

  • 1 : 3/3//5/1 => noir est mis en exergue 

  • 2 :3/3//1/2/3 => et reste en suspension, qui appelle la suite 

  • 3-4 : 3/3//2/4-4/2//2/4

  • 5-7 : 4/4/4 => trimètres, vs alexandrins romantiques

  • 6-8-9 : 2/4//2/4

  • 10-11 : 2/4//3/3-3/3//2/4 (vous ê/tes faible et lâche me paraît préférable à vous êtes faible/ et lâche, dans la mesure où les 2 adj forment une redondance)

  • 12 : 4/2//1/5 => rejet à l’hémistiche (rire)

  • 13 : 1/5//2/4 (pour l’hémistiche 1, l’accent sur pas me paraît préférable à un accent sur de) => rejet à l’hémistiche (possible), en opposition avec l’accent sur pas

  • 14 : 4/3//3/3

  • 15 : 4/2//2/4 (la ponctuation crée un nébenton ou contre accent sur la syll 2 de règle, ce qui met le mot en relief) => contre-rejet à l’hémistiche (l’enfant)

  • 16 : 5/1//2/4 (on pourrait couper 1/5//4/2, mais l’effet serait différent) => les deux accents consécutifs font ressortir tout, et la coupe après j’ai constitue un écho à son absence de réponse possible

  • 17 : 3/3//3/3 (+ contre-enjambement à l’hémistiche)

  • 18 : 2/1/3//4/2 (la ponctuation crée un trimètre sur le 1er hémistiche, renforcé par un contre-enjambement) => c’est avec implique un contenu focalisé qui apparaît, du fait du rythme, comme un des multiples contenus possibles

  • 19 : 4/2//2/4 (on pourrait couper 2/4//2/4, mais l’insistance sur toujours paraît plus forte)

  • 20 : 3/3//5/1 (la , avant certes oblige à couper ainsi) => renforcement de l’effet du discours direct, certes devient ainsi davantage un connecteur oral qu’un adverbe d’appréciation

  • 21-22 : 5/3/4-4/4/4 (trimètres, irrégulier pour le premier, régulier pour le second)

  • 22 : 2/4//2/4 (seul rythme régulier du poème, qui en soutient la « douceur »)

  • 23 :soit 3/5/4, soit 3/3//2/4 (cad soit trimètre irrégulier, soit contre-enjambement à l’hémistiche) => dans ce dernier casla possiblité de faire du groupe porter des confitures un groupe coalescent, pourvu d’une valeur symbolique, au lieu de suspendre le rythme après porter, confitures étant une réalisation parmi d’autres de ce que Jeanne pourrait porter à son grand-père

    1. rejets et enjambements : les non concordance entre mètre et syntaxe sont nombreux et variés, en fin de vers comme à l’hémistiche, avec détachement à droite (rejet, enjambement) ou à gauche (contre-rejet, contre-enjambement). Si on ajoute à cela l’abondance des trimètres, on aboutit à une poétique de l’emploi d’un mètre pour en valoriser l’infraction.

  • rejets à l’hémistiche : 12 (rire) ; 12 (possible)

  • contre rejet à l’hémistiche : 15 (l’enfant)

  • contre-enjambement à l’hémistiche : 17 (Je n’ai rien), 18 (c’est avec)

  • rejet : 6-7 (S’indignèrent)

  • enjambement : 4-5 (Contraire aux lois)

  • contre-enjambement : 13-14 (A chaque instant)

    1. les alexandrins

  • Si on ajoute à cela l’abondance des trimètres, on aboutit à une poétique de l’emploi d’un mètre pour en valoriser l’infraction.




  1. le poème

  • grande liberté, un peu comme La Fontaine, avec une apparente facilité et un recours fréquent au discours direct. A la différence de ce dernier, Hugo ne varie toutefois pas le mètre, il le bouscule.




  1. Aperçu d'une étude stylistique 

A gauche se trouvent les observations factuelles à partir desquelles une rédaction est proposée à droite

Introduction :

  • histoire + forme poétique

  • parabole des communards => au delà de l’anecdote

  • objet = conflit lois du cœur/sociales, collectif/individuel, respect/infraction de la loi…

Ce type de poésie consiste à raconter une histoire autrement que sous forme de récit. L’histoire en question relève de l’anecdote érigée en parabole (à l’époque c’en était une, interprétée comme telle, en l’occurrence sur la clémence à l’égard des communards). On a affaire à la fable de l’infraction à la règle, de la sanction bafouée par la tendresse, du conflit éternel entre l’individu et la collectivité, entre les lois du cœur et celles de la société.





  1. Les personnages

    1. Le grand-père poète : l’existence même du texte

      • Forfaiture l3 :

      • Je l3-16-17-17-18 :

      • Ds ma cité l5 :

      • Vous l10-11-12-14-16-20-21 :

      • Me l20-22 :

      • Te l24 :

      Quand il parle de lui-même en tant que S ou COD, il utilise les déictiques me ou je (la répétition de celui-ci dénotant son embarras l16-18), ou bien le poss ma, pour souligner son appartenance à la cité, dont il est citoyen, avec les devoirs qui lui incombent. Lorsque les autres le désignent, on a des anadiploses sur vous, sans polyptote, dans la mesure où il garde la même forme quelle que soit sa fonction (CA tonique l14, S l 11-17-20, COD conjoint atone l 10-12-21), ou bien une anaphore associative « en mention » avec forfaiture (l 3). Le tutoiement n’intervient qu’au dernier vers, dans la bouche de Jeanne, qui fait de son grand-père une personne et non plus un membre du groupe, contraint à se conformer aux règles. Le grand-père poète est enfin l’instance énonciative fondamentale de l’ensemble du texte, celui qui donne la parole, reproduit les propos et combine la parabole. En tant que tel il n’est pas un membre du groupe ordinaire, mais un prisme, au travers duquel l’ensemble du groupe nous parvient.

    2. Jeanne

  • Jeanne l1,7, 21 :

  • La proscrite l3 :

  • Je/mon/me l8-9 :

  • Cette enfant l10 :

  • Elle l11-12 :

  • L’enfant l15 :

  • Ses yeux l22

  • Douces créatures l23 :

  • Moi je l24 :

La dénomination de Jeanne évolue selon les instances énonciatives. Elle n’est désignée par son prénom, NP à référent unique, que par son grand-père, l1-7-21, qui, quant il en fait l’instance d’une classe, retient celle des douces créatures (l23) pourvue d’un corps beau à voir (ses yeux l22). Pour le reste de la famille, on la désigne par l’anaphorique elle (pn pers l11-12) ou par le décitique cette (dét dém l10) devant l’hyperonyme enfant, quant il ne s’agit pas d’en faire l’instance d’une classe, un exemple et non un individu, que ce soit avec l’enfant ou avec la proscrite, terme « en mention », anaphore associative placée dans la bouche du grand-père mais qui renvoie au vocabulaire et aux procédés familiaux. Quand elle parle d’elle, c’est bien sûr avec le proforme je, associé à des possessifs qui renvoient aux parties du corps. Hugo lui donne là un parler enfantin qui la rend attendrissante, lui faisant dire je ne me toucherai plus mon nez avec mon pouce (et non je ne me toucherai plus le nez…), moi, je pour parler d’elle (focalisation), et la faisant recourir à un lexique affectif (le minet et non le chat).




    1. La société

  • Tous ceux sur qui l 5 :

  • Cité l 5 :

  • Société l 6 :

  • On l 10-20 (à opp l 19)-21 :

  • Gouvernement l 13 :

  • L’ordre, le pouvoir l 14 :

  • Lois l5 :

  • Règle l 15 :

En toute logique, la société qui dénonce le forfait du grand-père se résume à la famille, et plus particulièrement aux parents de Jeanne. Il n’est toutefois jamais question d’eux, et Hugo emploie tous les moyens possibles pour ne pas les nommer : la famille est présentée métaphoriquement comme un microcosme représentatif de la société (l 6, avec insistance par la diérèse), la maison devient la cité (l 5), l’autorité, le gouvernement (l 13) ou le pouvoir (l 14), et les règles deviennent des lois (l 15). Les parents font partie de tous ceux sur qui… (l 5) et, quand ils prennent la parole, il sont masqués par des on à valeur diverses. L 10, le on est globalisant (aucun référent ne peut être indexé : il correspond à tous, et il n’est paraphrasable que par un ils au pl non moins globalisant) ; l 21 il correspond à un nous déictique qui renvoie à l’énonciateur, qui s’adjoint ainsi l’acquiescement présupposé d’autrui ; l 20, il renvoie à un vous tout autant déictique (qu’on me mette est paraphrasable par mettez-moi) ; tous s’opposent au seul on l 19 qui a réellement un rôle d’indéfini, paraphrasable par quelqu’un, peu importe qui.




  1. Le récit

    • et l 2-7-16

    • mais l 10

    • alors l 21

    • rejet/enjambements

    Il s’agit tout au long du poème d’un récit articulé par des connecteurs () : et (l 2), et (l 7), mais (l 10), et (l 16), alors (l 21). Les et en question ne sont pas paraphrasables par et puis/ou bien, à la diff des et l 4 ou 17. Ils dénotent le passage d’une étape à une autre, mais (adversatif) que ce qui va suivre n’est pas ce qui aurait pu être présupposé, et alors qu’il s’agit de la conséquence conclusive de ce qui précède. On peut remarquer que bien souvent les transitions discursives ne correspondent pas à la syntaxe et sont le lieu de rejet (l 7) ou d’enjambements (l 16 et 21).

    1. l 1-5 : le forfait

      • temps verbe 

      • ,et, :

      • en pleine forfaiture :

      • dans l’ombre :

      • forfait/proscrite

      • crime qcq

      L’histoire commence avec un imparfait « toile de fond » qui pose un cadre sur lequel l’action s’enclenche avec 2 PS pers 1. Le crime est ainsi d’autant plus irréfutable qu’il est doublement accompli et avoué (à la suite de la suspension du et par les virgules), et qu’il s’est déroulé dans l’ombre (au sens propre et fig). Le voc juridique le tempère toutefois : il s’agit d’un forfait, infraction au devoir, ce qui présuppose que le crime en question (crime quelconque, tempéré par l’oxymore) relève davantage du statut de son auteur que des faits incriminés, dont bénéficie une proscrite (criminelle peut-être mais aussi victime, puisqu’il s’agit d’une décision sans jugement).

    2. l 5-7 : la condamnation

      • temps verbe 

      • cité/société

      • repose le salut

      • métrique

      • tous ceux sur qui

      L’indignation due au crime est présentée comme un acte au PS, avec un S à la fois pl et indéfini (on aurait pu avoir on s’indigna). Ce n’est toutefois pas une indignation collective (ce n’est pas tous s’indignèrent) car l’antécédent est restreint par le contenu de la relative. Les termes utilisés (cité, salut de la société) donnent le sentiment d’être « en mention », cad le reflet transposé des arguments employés. Ils véhiculent une démesure burlesque : cité pour famille, salut de la société pour un crime quelconque, que la métrique (enjambement + rejet) rend bancale.

    3. l 7-9 : réaction de Jeanne

      • temps verbe 

      • J a dit

      • Jeanne

      • Une voix douce

      • Style enfantin

      • Lex concret

      Face à l’indignation présentée comme collective, Jeanne apparaît dans toute la douceur dénudée de son simple prénom. Sa réaction est introduite au PC : elle ne rétorqua pas, elle a simplement dit, forme la plus neutre des verbes délocutifs, action passée qui continue a avoir un effet sur le présent (aspect inaccompli). Il ne s’agit pas d’une incise, et la prise de parole devient le thème d’un énoncé dont le prédicat est le contenu de la parole. Le discours direct permet à cette parole de refléter un langage enfantin (cf ci-dessus), absolument concret, par opposition avec celui des adultes. Le circonstant d’une voix douce, qui aurait pu être antéposé au SV ou postposé au discours direct, est enfin placé à la rime, reflet éponyme de sa douceur féminine, par opposition avec la dureté de la rime consonantique et masculine qui précède (cité/société).

    4. 10-16 : récrimination

    5. l 16-21 : faiblesse de la défense

    6. fin : réaction de Jeanne




  1. la parabole

  • au devoir :l2 le devoir de tt le m et non à mon devoir (le sien particulier)

    1. lexique

  • cabinet noir l1 : tautologie + mécanique < grp coalescent subst+adj (pain sec + c n)

  • crime quelconque l2: oxymore qui réduit le crime en question à pas grand chose



    1. burlesque





Conclusion :

1 Distinguer dans les formes du comique non seulement l’ironie de l’humour (qui peuvent relever d’un genre comme la satire ou la caricature), mais également le burlesque de l’héroi-comique (qui produisent souvent un effet cocasse).

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