L’opposition lumière-ténèbres constitue un symbole universel. Pour en esquisser l’enjeu symbolique, on peut introduire trois grandes acceptions de la lumière





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LUMIÈRE ET TÉNÈBRES :

L’opposition lumière-ténèbres constitue un symbole universel. Pour en esquisser l’enjeu symbolique, on peut introduire trois grandes acceptions de la lumière sur le plan de l’imaginaire: la lumière-séparation, la lumière-orientation, la lumière-transformation. Ces trois aspects de la lumière comme symbole se définissent par rapport à trois altérités ou trois formes de ténèbres, soit, respectivement: l’abîme; l’obscurité; l’ombre et l’opacité. Lumière-séparation et abîme s’opposent dans une symbolique de la création. Lumière-orientation et obscurité structurent la symbolique de la connaissance. La lumière-transformation se heurte à une double altérité : s’opposant à l’opacité, elle est le symbole de la manifestation, se confrontant à l’ombre, elle devient le symbole de la purification (catharsis). La dimension proprement démiurgique de cette opposition se retrouve à la racine de toutes les grandes cosmogonies. Du sein d’un abîme préalable (chaos, tehom, tohu-bohu), sans fond, sans forme, va brusquement émerger l’ordre, c’est-à-dire la séparation-archétype originelle. Deux principes opposés sont ainsi différenciés: la  lumière et les  ténèbres. Trois séparations démiurgiques vont en procéder. Elles engendrent le cosmos dans sa totalité. Une première séparation opère la création des grandes oppositions cosmogoniques fondamentales: l’avant et l’après, le haut et le bas, la nuit et le jour. Elle correspond à la croisée horizontale et verticale du ciel et de la terre. Il s’agit du symbolisme lié à la lumière-répartition . Celle-ci déploie l’inter-monde où vont jouer les forces fécondantes Ouraniennes et les forces matricielles chtoniennes. La deuxième séparation est liée à la genèse de la vie. Elle joue sur les variations régulières nuit-jour qui déterminent les saisons. Création des cycles de mort et de renaissance, de lumière croissante et décroissante entre solstice d’hiver et solstice d’été. Cette séparation règle donc le jeu d’équilibre et de conflit entre eau et feu. Lui correspondent tous les symboles de la lumière-fécondation : lumière souterraine et psychopompe d’Anubis, «soleil vert» de l’émeraude qui est sang et fécondité chez les Mayas comme dans le symbole du Graal, soleil chtonien comme dieu-grain qui meurt à l’automne et ressuscite au printemps, etc. La troisième séparation cosmogonique a lieu entre zénith et nadir. Au-dessus de la fertilité végétale et de l’âme lunaire et aquatique se différencie le symbolisme de l’esprit et de la lumière-illumination . Ce symbolisme oppose les images ascensionnelles de l’air et du vent aux images de la pesanteur de la terre. Au soleil terrestre et à ses cycles de fécondation se sur-ordonne la permanence du soleil céleste, porteur de la clarté de l’intellect symbolisée par la lumière éclatante de la foudre. La dimension spécifique de la lumière-orientation se donne à travers l’image-archétype du chemin. Chemin ascendant peuplé d’images lumineuses, aériennes, portant allégresse et éveil; chemin descendant jalonné d’images sombres, étouffantes, lourdes de toutes les peurs et de tous les tourments. Symbole d’un combat éternellement recommencé entre l’élan spirituel vers la lumière et l’inertie matérielle qui fait régresser dans les obscurités de l’âme. Toutes les gnoses reposent sur ce conflit latent. D’une part règne le constat effrayant de l’obscurité du vécu de l’âme — «Sauve-moi de la matière et des ténèbres», supplie la Pistis Sophia . D’autre part lui répond la lueur d’espoir née de ce constat même — universellement, l’étoile est l’image symbolique de la lumière salvatrice. Dans la nuit de l’âme, seule brille l’étoile-guide (étoile polaire, étoile des bergers, des Rois mages, «étincelle» des alchimistes, etc.). Si certains gnostiques accentuent le dualisme à l’extrême, la plupart des gnoses présentent le chemin de retour de l’âme vers la lumière, comme constitué d’alternances entre phases sombres et phases claires. Ce chemin se donne alors dans les symboles «noirs et blancs» des damiers et des échiquiers, des pavements sacrés, des labyrinthes sur le sol des cathédrales, du côté noir et du côté blanc de l’ouroboros, etc. L’orientation symbolique est une conversion à la lumière: de la connaissance lunaire (réfléchie, cyclique, rationnelle), le regard se retourne vers la connaissance solaire (jaillissante, irradiante, intuitive). Le symbolisme de la lumière-orientation joue sur l’opposition montagne-caverne (cf. le mythe de la caverne de La République  de Platon). Le héros ou l’âme exilée, tel Gilgamesh, doit affronter l’obscurité du monde souterrain, pour sortir de «l’autre côté» de la montagne dans la lumière de l’aurore. Que ce soit l’orphisme, le poème de Parménide, la gnose valentinienne, les actes de Thomas, les récits visionnaires de Sohrawardi, Avicenne ou Attar, il s’agit toujours d’un voyage vers la lumière de la connaissance, par la distinction initiale entre la droite (lumineuse, aurorale) et la gauche (obscure, crépusculaire). Ces deux directions se révèlent être l’Orient et l’Occident de l’âme (cf. H. Corbin). Si l’aurore symbolise la sortie de la nuit de l’inconscient (cf. C. G. Jung), c’est en plein midi qu’a lieu la délivrance de l’agnoia  (l’inconnaissance). «Soudain, une lumière, comme un feu jaillissant, surgira dans l’âme» (Platon, Lettre VII ); «Tout à coup, vers midi, une vive lumière venant du ciel resplendit autour de moi» (Actes des Apôtres, XXII, 6); «Pour le connaissant, il est toujours midi» (Chandogya Upanishad , III, XI, 3). Tout au bout du chemin de connaissance (Gnôsis , Jnana ), la lumière-orientation symbolise finalement la brusque éclaircie de la contemplation, comme ouverture de l’instant sur l’éternité (cf. A. Coomaraswamy), disparition de la durée du moi, apparition de la présence du soi.

THÉOLOGIE HÉLIOPOLITAINE :

La théologie égyptienne entreprit un effort de classement de ses mythes, notamment en groupant les dieux en collèges. Le plus célèbre de ces groupements est l’ennéade, ainsi appelée parce qu’elle se composait primitivement de neuf dieux. Inventée à Héliopolis, l’ennéade fut adoptée peu à peu par un grand nombre de clergés, qui la transformèrent selon leurs besoins. La théologie héliopolitaine était centrée sur le dieu Soleil adoré sous les trois formes de Rê, d’Atoum et de Khépri. Atoum était supposé avoir créé le monde à partir d’une pierre qui, à l’origine des temps, aurait surgi du chaos: le Noun. Cette pierre était nommée pierre Benben (d’une racine égyptienne qui signifie surgir), et devait inspirer la construction des obélisques. Le démiurge qui s’était «créé lui-même» fit surgir de lui le premier couple divin: Shou (l’air) et Tefnout (l’humidité). Shou et Tefnout mirent au monde Geb (la terre) et Nout (le ciel ). Une représentation égyptienne montre Nout en arc de cercle, s’appuyant des pieds et des mains sur Geb allongé, Nout étant séparée de celui-ci par Shou. Shou aurait également mis au monde les Hehou, étais du ciel, symbolisant des éléments primordiaux, telle l’Ogdoade hermopolitaine. Puis furent engendrés les couples bien connus: Osiris et Isis, Seth et Nephtys, principaux acteurs du drame osirien. L’ennéade constitue une seule émanation du démiurge. Le seul personnage vraiment actif de l’ennéade est Shou, la lumière, qui sépare le ciel (Nout) de la terre (Geb). Selon certaines traditions, la voûte céleste aurait été soutenue par des divinités particulières: les Hehou (ce qu’on peut traduire par «Infini»), qui seraient nés de Shou et qui constituent quatre éléments primordiaux, chacun ayant un aspect masculin et un aspect féminin. Le papyrus Bremner Rhind  contient un texte théologique traitant du problème de la création et conçu dans une optique héliopolitaine: «Ainsi parla le Seigneur de l’Univers: «Quand je me fus manifesté à l’existence, l’existence exista. Je vins à l’existence sous la forme de l’Existant, qui est venu à l’existence, en la Première Fois. Venu à l’existence sous le mode d’existence de l’Existant, j’existai donc. Et c’est ainsi que l’existence vint à l’existence, car j’étais antérieur aux dieux antérieurs que je fis, car j’avais l’antériorité sur ces dieux antérieurs, car mon nom fut antérieur au leur, car je fis l’ère antérieure ainsi que les dieux antérieurs. Je fis tout ce que je désirai en ce monde et je me dilatai en lui. Je nouai ma propre main, tout seul, avant qu’ils ne fussent nés, avant que je n’eusse craché Shou et expectoré Tefnout.». Dans la religion égyptienne, Khépri est le soleil du matin, c’est-à-dire une forme du dieu-Soleil, avec Rê (le soleil dans son zénith) et Atoum (le soleil couchant), constitue le grand dieu d’Héliopolis qui vint à l’existence «sous la forme de l’existant». Kheper  signifie en égyptien «devenir», «exister», mais ce mot désigne aussi les scarabées, qui pondent dans une boule d’excréments «qu’ils roulent en la poussant de leurs pattes de derrière imitant en cela la course du soleil» (Plutarque). Ainsi Khépri signifie «l’existant». Symbolisé par le scarabée Kheper, il est représenté fréquemment sous la forme de sceaux et d’amulettes

Le CYCLE SOLAIRE :

Les légendes solaires se rattachent à la théologie héliopolitaine qui a donné naissance à la Grande Ennéade d’Héliopolis. Dans l’une d’entre elles, Rê, le dieu soleil, devenu vieux, est en butte à un complot des hommes. Sur les conseils de son ennéade, Rê décide de diriger contre ceux-ci son «œil», qui prend la forme de la déesse Hathor sous l’aspect d’une lionne qui massacre les rebelles réfugiés dans le désert. Quand Rê juge que la tuerie a assez duré, il profite du sommeil de la lionne divine pour répandre auprès d’elle un liquide enivrant, couleur de sang. Après s’y être regardée, Hathor goûte du liquide, s’enivre, et oublie la poursuite. Toutefois, Rê, dégoûté de l’humanité, refuse de s’occuper désormais de sa conduite. Ses successeurs, Shou et Geb, vont à leur tour connaître des difficultés que la légende retrace. L’œil divin qui se transforme tantôt en déesse lionne, tantôt en urœus , le cobra au souffle brûlant et dévastateur, provient lui-même d’un mythe encore plus ancien dans lequel le dieu du Ciel avait le Soleil et la Lune pour yeux. Ce dieu du Ciel, le faucon Horus, fut identifié à Rê par le clergé d’Héliopolis; son œil solaire devint la propriété de Rê, Horus ne gardant pour sa part que l’œil lunaire.

ATON :
Dieu égyptien, identifié au «disque solaire», Aton est au centre de la réforme religieuse instaurée par Aménophis IV, qui régna de ~ 1372 à ~ 1354 environ, et désignée souvent comme l’hérésie amarnienne (du nom actuel Tell el-Amarna). Les Égyptiens avaient jusqu’alors maintenu la multiplicité des approches des grands principes de la vie, la durée et la force se retrouvant à travers la multiplicité des neterou , selon une doctrine qui, dans sa souplesse, tendait au panthéisme chez les intellectuels et au polythéisme chez les paysans et qui leur permettait aussi d’adorer leurs dieux locaux et de les placer sur le même pied que les grands dieux de l’Empire. Cependant, par réaction contre cet aspect traditionnel de la religion, on en vint à privilégier la simple apparence matérielle du soleil, «le disque» , aux dépens des autres aspects, selon une démarche fort éloignée, en réalité, du monothéisme sémitique. Le disque fut divinisé sous Aménophis III, pharaon de la XVIIIe dynastie, qui régna de ~ 1408 à ~ 1372 env.; cela correspondait peut-être, d’autre part, au souci de trouver un dieu qui pût être adoré aussi bien par les Égyptiens que par les Asiatiques et à une tendance de la religion de l’époque qui, par exemple, faisait perdre peu à peu à Amon son caractère guerrier pour lui conférer un aspect de plus en plus marqué de créateur et de démiurge solaire. On retrouve dans les fameux hymnes composés par le roi Aménophis IV bien des éléments qui se réfèrent à cette époque. Par ailleurs, dans les grands livres funéraires de la Vallée des Rois, le soleil acquiert un rôle de plus en plus prépondérant et devient le principal personnage de ces ouvrages. Il fait revivre les défunts lorsqu’il passe dans l’au-delà en traversant les douze heures de la nuit. La théologie amarnienne, d’une part, reprend les thèmes héliopolitains très anciens (le dieu Aton n’est pas défini comme Rê Horakhti et l’architecture amarnienne recourt de nouveau à la vieille tradition solaire caractérisée par les cours à ciel ouvert), d’autre part, s’inscrit dans le mouvement des idées du Nouvel Empire. On peut se poser à propos de la période amarnienne le problème des origines de ce changement: la puissance des prêtres d’Amon était alors si grande, semble-t-il, qu’elle pouvait porter atteinte à l’absolutisme pharaonique, et la rupture avec eux aurait été un moyen utilisé par le pharaon pour étendre sa domination sur l’ensemble des biens possédés par les différents temples d’Amon; le souverain, pour cela, se serait appuyé sur l’armée, qui joua un rôle très important durant cette période. Cette explication permet de comprendre aussi la place centrale occupée par le roi dans la conception amarnienne: c’est lui qui définit la norme; la bonne conduite pour ses sujets consiste à se conformer aux désirs du roi. Le disque, divinisé sous Aménophis III, devint, sous son successeur Aménophis IV, la seule forme d’apparition du divin. Ce dernier pharaon prit le nom d’Akhenaton et fonda une nouvelle capitale, Akhet-Aton, c’est-à-dire l’horizon d’Aton. La réforme eut de profondes conséquences sur l’art, dans le sens d’une certaine liberté et du réalisme, sur la littérature, avec l’emploi de la langue parlée, et sur la mentalité, en raison de l’accent mis sur le rôle du soleil. Le roi lui-même composa un hymne, qui est à l’origine du psaume biblique 104(103). Mais l’hérésie amarnienne ne survécut pas à son fondateur et Toutankhaton, en prenant le nom de Tout-ankh-Amon, devait rétablir le culte d’Amon.

HÉLIOS :
Descendant d’Ouranos et de Gaia par ses parents, le Titan Hypérion et la Titanide Thèia, Hélios, le Soleil, est frère de l’Aurore (Éos) et de la Lune (Séléné). D’une génération antérieure aux Olympiens, il est quelque peu éclipsé par ces derniers, et ce dès Homère: si, dans L’Iliade , son nom est associé à ceux de Zeus et de Gê dans de vieilles formules de serment (III, 227; XIX, 259), il apparaît en général comme une divinité subalterne, une sorte de fonctionnaire au service des dieux, et qui est obligé de leur demander assistance pour tirer vengeance des affronts reçus; ainsi, dans L’Odyssée , menace-t-il de faire grève s’il n’obtient pas réparation après que les compagnons d’Ulysse lui ont dévoré les bœufs aux cornes d’or de l’île de Thrinacie (Sicile) sur lesquels veillaient ses filles, les Héliades (XII, 374, sqq.). À partir du ~ Ve siècle, il finira par être de plus en plus souvent assimilé à Apollon, Séléné tendant parallèlement à se confondre avec Artémis. Avec Persèis, son épouse, Hélios engendre Circé, la magicienne, Æétès, roi de Colchide, Pasiphaé, femme de Minos, et Persès, qui détrôna Æétès avant d’être tué par sa nièce Médée; c’est d’Hélios que celle-ci tient d’ailleurs son attelage ailé de serpents (cf. Euripide, Médée , v. 1321). Avec la nymphe Rhodos, il a sept fils, les Héliades. Avec Clymène, la sœur de Persèis, il a, outre les Héliades filles, Phaéton. Hélios est un jeune homme d’une très grande beauté, à la chevelure d’or. Chaque matin, précédé par le char de l’Aurore, il s’élance sur son attelage de feu, entraîné par des coursiers rapides (Pyroïs, Éoos, Aéthon et Phlégon), depuis le pays des Indiens, sur une route étroite qui suit le milieu du ciel. Au soir, il baigne ses chevaux fatigués dans l’Océan, tandis que lui-même se repose dans un palais d’or. La nuit, il regagne l’Orient sous la Terre ou encore sur l’Océan qui entoure le monde (pour les relations d’Hélios avec le monde souterrain, Hadès, dont l’entrée est nommée «la porte du Soleil», cf. Mircea Eliade et Kerenyi). Si le culte d’Hélios n’est vraiment attesté qu’à Rhodes et à Corinthe, où les jeux Isthmiques célébraient, selon Pausanias (II, I, 6), sa réconciliation avec Poséidon, celui-ci semble avoir été une divinité très populaire (Platon, Apologie , 26 d; Lois , X, 887 c). Il est celui qui voit tout, l’œil du monde, et à ce titre il guérit la cécité d’Orion.

HYPÉRION :
L’un des Titans, père d’Hélios (le Soleil), de Séléné (la Lune) et d’Éos (l’Aurore), identifié parfois lui-même avec le Soleil (son nom signifie en grec «celui qui va au-dessus [de la Terre]»), Hypérion n’occupe dans la mythologie ancienne qu’une place secondaire. C’est au temps du romantisme que John Keats lui confère la valeur et la beauté d’un mythe majeur en écrivant son Hypérion : la supplantation d’Hypérion, dieu solaire du titanisme originel, par Apollon, dieu solaire du nouvel âge humain, correspondant pour Keats à la nécessité pour la beauté de passer à travers la souffrance si elle veut être victorieuse; l’épopée (demeurée inachevée) marque un des sommets du projet capital de Keats: extraire de l’hellénisme ancien, contre le classicisme, tout ce qui permet l’essor romantique.

HUITZILOPOCHTLI :



Dieu du Soleil et de la Guerre chez les Aztèques se nomme Huitzilopochtli ou Uitzilopochtili (de huitzilin , oiseau-mouche ou colibri, et opochtli , gauche). Pour eux, les guerriers se réincarnaient sous la forme d’oiseaux-mouches, et le Sud représentait le côté gauche du monde; le nom de Huitzilopochtli signifiait, par conséquent, «le Guerrier ressuscité du Sud». Le dieu s’appelait encore Xiuhpilh (Prince de Turquoise) et Totec (Notre Seigneur). Son nagual , sa forme animale, était l’aigle. Traditionnellement Huitzilopochtli était censé être né dans la montagne Coatepec, près de la ville de Tula. Sa mère, Coatlicue, le conçut après avoir gardé en son sein une balle de plumes d’oiseau-mouche (c’est-à-dire l’âme d’un guerrier) qui était tombée du ciel. Ses frères, les Centzon Huitzanáua (les Quatre Cents Hommes du Sud), étoiles du ciel austral, et sa sœur, Coyolxauhqui, déesse de la nuit, décidèrent de le tuer, mais Huitzilopochtli, né armé, les extermina avec son arme, le xiuhcóatl  (serpent de turquoise).Selon d’autres mythes, Huitzilopochtli fut le chef divin de la tribu pendant la longue migration qui amena les Aztèques d’Aztlán, leur ville ancestrale, dans la vallée du Mexique. Sur leurs épaules, des prêtres portaient son image, un oiseau-mouche; et, la nuit, on pouvait entendre sa voix qui donnait des ordres. Ainsi fut fondée en 1325, suivant les commandements de Huitzilopochtli, Tenochtitlán, la capitale aztèque, sur une petite île rocheuse du lac de la vallée du Mexique. Le premier temple du dieu fut érigé en un endroit où les prêtres trouvèrent un aigle posé sur un rocher et dévorant un serpent. Sous les chefs aztèques qui se succédèrent, il subit divers agrandissements jusqu’en 1487, année des «huit roseaux», au cours de laquelle un temple impressionnant fut consacré par l’empereur Ahuitzotl. Huitzilopochtli était généralement représenté sous l’apparence d’un oiseau-mouche ou d’un guerrier portant une armure et un casque de plumes de colibri. Ses jambes, ses bras et le bas de son visage étaient peints en bleu, tandis que la partie supérieure était noire. Coiffé d’un chapeau compliqué et fait de plumes, il brandissait un bouclier rond et un serpent de turquoise. Durant le quinzième mois de l’année rituelle, la fête des drapeaux de plumes précieuses (Panquetzaliztli) se déroulait en l’honneur de Huitzilopochtli et de son lieutenant Paynal (Celui qui se hâte), ainsi nommé parce que le prêtre qui le représentait conduisait une procession autour de la ville en courant. Des guerriers et des auianime  (courtisans) dansaient, des nuits durant, sur la place; des prisonniers de guerre et des esclaves étaient plongés dans un ruisseau sacré à Huitzilopochco (aujourd’hui Churubusco, près de la ville de Mexico) et ensuite immolés, soit pendant la procession de Paynal, soit après celle-ci, sur la pierre sacrificatoire du temple principal. Le prêtre brûlait également un gigantesque serpent de papier d’écorce, symbolisant l’arme primitive du dieu. Enfin, une image de Huitzilopochtli faite de maïs broyé était rituellement tuée d’une flèche et divisée entre les prêtres et les fidèles. Les jeunes gens qui mangeaient le «corps de Huitzilopochtli» devaient servir celui-ci pendant une année. Les Aztèques croyaient aussi que le dieu du Soleil avait besoin d’une nourriture quotidienne (tlaxcaltiliztli ), c’est-à-dire du sang et des cœurs humains, et que, constituant le peuple du Soleil, ils devaient fournir au dieu ses victimes. Durant le sacrifice , les cœurs étaient offerts au Soleil (quauhtlehuanitl , l’Aigle qui s’élève) et brûlés dans le «vase de l’Aigle» (quauhxicalli ). Les guerriers qui mouraient au combat ou sur la pierre sacrificatoire étaient appelés «peuple de l’Aigle» (quauhteca ). Après leur mort, croyait-on, les guerriers formaient d’abord une partie de la suite brillante du Soleil; puis, après quatre années, ils allaient vivre pour toujours dans les corps des oiseaux-mouches. Le grand prêtre d’Huitzilopochtli, le «Serpent à plumes, prêtre de Notre Seigneur» (Quetzalcoatl Totec Tlamacazqui), était, ainsi que le grand prêtre du dieu Tlaloc, chef du clergé aztèque.

AMATERASU-O-MI-KAMI :
Épithète du Soleil dans la mythologie japonaise (R. Sieffert, Les Religions du Japon , Paris, 1968), Amaterasu o-mi-kami est la «grande auguste divinité qui luit au ciel». Les chroniques du VIIIe siècle, Kojiki  et Nihon-shoki , en font une divinité féminine, souveraine de la Plaine du Haut-Ciel (Takama-ga hara) et ancêtre de la dynastie. Selon le Kojiki , elle naquit de l’œil gauche d’Izanagi, le dieu démiurge, lorsque celui-ci purifia par des ablutions les diverses parties de son corps, après sa descente aux enfers, d’où il avait tenté en vain de ramener son épouse Izanami. De son œil droit naissait Tsuki-yomi-no-mikoto, le dieu de la Lune. Selon d’autres versions rapportées dans le Nihon-shoki  en même temps que la précédente, Amaterasu o-mi-kami aurait été, soit engendrée par le couple démiurge, soit formée d’un «miroir de métal blanc» qu’Izanagi aurait tenu dans sa main gauche; à chaque fois, la naissance du dieu de la Lune est décrite en termes parallèles. Izanagi assigne ensuite aux deux divinités l’emprise du Ciel, mais le Nihon-shoki  rapporte une tradition selon laquelle, le dieu lunaire ayant sur la Terre tué la déesse de la nourriture, Amaterasu l’aurait maudit et éloigné d’elle «par l’espace qui sépare le jour de la nuit». On lui prêtera, dans la suite du récit, un comportement anthropomorphique, en particulier dans le mythe qui semble rendre compte de l’occultation périodique du Soleil, et qui semble confondre la nuit, l’hiver et l’éclipse. Gravement insultée par son frère cadet Susa-no-o-no-mikoto, le «divin mâle ravageur», personnification, semble-t-il, des vents et des tempêtes, à qui Izanigi avait confié «l’étendue des mers glauques», Amaterasu s’enferme dans la «céleste caverne rocheuse» que ferme un énorme rocher. La Terre et ses habitants, privés de sa bienfaisante lumière, dépérissent, et les huit cents myriades de kami  s’assemblent pour délibérer. La céleste danseuse Ame-no-uzume-no-mikoto, ancêtre des miko , prêtresses sorcières qui savent évoquer les dieux et les morts, se livre alors, devant la grotte, à une danse obscène qui met en joie les huit cents myriades. Curieuse, la déesse entrebâille la «porte rocheuse» que le dieu «Fort-des-bras», Tejikara-no-kami, écarte aussitôt. On présente un miroir à Amaterasu qui, croyant apercevoir une rivale, sort tandis que la porte se referme. Ce miroir (ou, selon une autre version, le miroir qu’elle avait donné à son fils comme une image d’elle avant de s’enfermer) deviendra, avec le sabre et le joyau, l’un des trois regalia  du souverain japonais. Le «divin petit-fils», Ninigi-no-mikoto, l’emportera, en effet, avec lui lorsque son aïeule l’enverra conquérir le royaume des îles. De Ninigi descend, à la quatrième génération, le premier des «empereurs humains», Jimmu-tenno. D’abord célébré au palais même, puis au temple d’Ise, dont, pendant des siècles, la prêtresse sera une princesse du sang, le culte d’Amaterasu semble bien n’avoir été d’abord qu’un culte privé de la dynastie dont la souveraine du ciel est en quelque sorte l’ujigami , le «dieu du clan». C’est au XVIe siècle seulement qu’apparaissent, sporadiquement, les pèlerinages à Ise de gens du peuple. Au XVIIe siècle et surtout au XVIIIe siècle se constituent des Ise-ko, (confréries d’Ise) qui, chaque année, délèguent l’un de leurs membres pour les représenter. Parallèlement se développe l’usage des nuke-mairi , des «pèlerinages à la dérobée»: des paysans, des artisans, hommes et femmes, quittent brusquement leur famille, leur champ, leur atelier pour rejoindre des groupes de pèlerins. La souveraine du ciel cristallise de la sorte une conscience nationale qui facilitera singulièrement l’entreprise des idéologues du XIXe siècle, ceux-ci, tel Hirata Atsutane, en venant à préconiser la restauration du gouvernement direct de l’empereur. Le régime de Meiji donnera donc, très logiquement, la première place au culte d’Amaterasu dans le «shinto  d’État», religion nationale qu’il tentera d’instaurer à l’image de l’Occident. Non moins logiquement, ce culte perdra beaucoup de son importance, malgré les efforts de certains milieux conservateurs, après la défaite de 1945. Notons enfin qu’au Moyen Âge certaines sectes bouddhiques avaient voulu intégrer la divinité solaire dans leur panthéon en faisant d’elle un avatar, suijaku , ainsi que le Shingon l’avait identifiée à Dainichi-nyorai, «le nyorai  du grand Soleil», épithète de Vairochana (en japonais: Birushana ou Roshana), le Bouddha primordial. Cette assimilation avait contribué pour une large part à la popularisation du culte d’Ise et devait, en définitive, se retourner contre le bouddhisme au moment de la séparation de celui-ci et du shinto en 1868.
BALDR :
Dans le panthéon nordique, le dieu Ase (appelé Baldr) détonne. Fils d’Ódhinn et de Frigg, aimable, pur, équitable, il impressionne par sa douceur, sa sagesse, sa miséricorde et sa serviabilité, toutes qualités qui ne correspondent pas exactement à ce qu’on peut savoir de l’éthique nordique ancienne, au moins à l’époque où on la découvre par les textes, c’est-à-dire à l’âge viking. Baldr est beau et il est bon. Le fils qu’il a eu de son épouse, Nanna, sera d’ailleurs un jour dieu de la Justice: Forseti . Dans Ásgardhr, la vaste enceinte où habitent les dieux, il réside à Breidhablik (Large Éclat). Lorsque le monde aura sombré, au jour du Destin des Puissances (Ragnarök), il ressuscitera et présidera à la régénération universelle. Jusque-là, tout donne à penser qu’il s’agit d’une divinité solaire, le soleil jouissant d’un culte notoire dans le Nord, au moins pendant l’âge du bronze scandinave (~ 1500-~ 400), non seulement parce qu’il est décrit comme «le plus blanc des Ases», mais parce que maints traits ou mythes qui lui sont attribués rappellent Baal, Tammuz, Adonis (dont le nom signifie «seigneur», tout comme le mot baldr ). La solution ne serait-elle pas dans la signification — «Seigneur» , du nom même de Baldr (tout comme, d’ailleurs, pour Freyr, nom qui a le même sens)? Ainsi, en raison des vicissitudes de l’histoire, qui ont été fréquentes et importantes dans le Nord, on serait en présence d’une appellation qui se serait appliquée successivement à diverses divinités, selon la nature et les tropismes des classes dominantes du Nord: au départ, à l’époque préhistorique, des peuplades d’agriculteurs auraient conféré ce titre à une déité relevant de la fertilité-fécondité; avec les vagues d’envahisseurs indo-européens se serait imposé un nouveau «Seigneur» qui aurait suivi l’évolution des peuplades ainsi implantées dans le Nord et aurait fini par prendre une allure plus martiale. Le fond inaliénable resterait le Soleil, père assurément de toute fécondité, mais dont descendent immanquablement aussi tous les héros et dieux guerriers.

FREYR :
Dans la mythologie du Nord, la déesse Freyja occupe une place centrale: Appelée Vanadís (divinité tutélaire, ressortissant à la fécondité-fertilité) ou Vanabrudh (Fiancée des Vanes), elle est une divinité vane par excellence; et, comme l’on tient que cette catégorie de dieux du Nord est d’origine nettement orientale, nombre de ses attributs se trouvent éclairés par là: elle se déplace dans un char tiré par des chats, comme Cybèle avec ses panthères, et elle pleure, avec des larmes d’or, son mari qui périodiquement disparaît pendant si longtemps qu’on le croit mort, comme Isis. Déesse vane, elle a pu reprendre, à une époque assez récente, le rôle de son prétendu père, Njördhr, d’autant que ce dernier, s’il n’est pas initialement hermaphrodite, a pu être vénéré d’abord sous sa forme féminine: la Nerthus de Tacite. Ou bien, mais c’est la même chose, on peut la tenir pour l’aspect féminin d’une divinité androgyne dont le côté masculin serait assumé par Freyr. Son existence et sa personnalité importent à l’historien des religions, car elles lui permettent, peut-être, de proposer une interprétation synthétique satisfaisante de la complexe mythologie du Nord. Un texte de l’Edda  précise que Freyja et Ódhinn se partagent à égalité les morts; et de multiples sources attestent que la maîtresse suprême du grand art magique nordique (dont l’exécution présente de frappants caractères chamanistes), le sejdhr , est Freyja. Le sejdhr, tel qu’on peut le connaître, a pour première fonction de prédire et, éventuellement, de provoquer la fertilité des saisons à venir et la paix. Il est dit que Freyr a épousé une déité inconnue, Ódhr, dont le nom mérite l’analyse. D’une part, ce nom présente une alternance philologique, attestée ailleurs dans le Nord, avec Ódhinn (Ódhr-Ódhinn, comme Ullr-Ullinn) et, à ce titre, renvoie aux très nombreuses paires de représentations mythologiques qu’a connues cette région: elles pourraient toutes remonter à une conception initiale de divinités-dioscures qui trouveraient leur explication ultime dans un culte solaire attesté dès l’âge du bronze scandinave (~ 1500 à ~ 400) et où le rôle éventuel des dieux serait de tirer le soleil selon une alternance diurne-nocturne (ou printanière-hivernale), cheval-bateau (ou oiseau-bateau). D’autre part, Ódhr signifie proprement «furieux, saisi du furor  sacré», qu’il s’agisse de fureur guerrière, amoureuse, poétique ou magique.


ALCHIMIE :




Ayant vécu longtemps à Alexandrie qui comptait alors de nombreux savants juifs, Zosime ne pouvait ignorer qu’en hébreu Chemesch  est le nom du Soleil.  Afin de préciser son propos, Zosime, dans ses Instructions à Eusébie , déclare: «Le grand Soleil produit l’Œuvre car c’est par le Soleil que tout s’accomplit.» Cet enseignement fondamental est confirmé par les derniers mots de la Tabula Smaragdina , la Table d’émeraude , célèbre «codex» alchimique attribué à Hermès Trismégiste lui-même: «Complet (achevé, accompli) est ce que j’ai dit de l’Opération du Soleil. » Selon ces données traditionnelles, l’indication d’al-Safadi sur l’origine hébraïque de kimiya  peut d’autant mieux éclairer cette étymologie que le synonyme iksir  a conservé aussi un nom antique du Soleil, le grec Seir. Enfin, on observera que le turc chems  signifie également «soleil» et que, dans cette langue, chami  désigne adjectivement ce qui est d’origine «syrienne». On peut restituer ainsi au mot «alchimie» son premier sens probable. Les anciens savants juifs, grecs, syriens et arabes ont vraisemblablement donné ce nom à un savoir sacré, à un ensemble de connaissances ésotériques et initiatiques, à l’antique «art sacerdotal» dont l’enseignement était fondé sur les mystères du Soleil, source de la lumière, de la chaleur et de la vie.

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