Littérature québécoise





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Louis Dantin

Les enfances de Fanny

BeQ

Louis Dantin

(1865-1945)

Les enfances de Fanny
roman


La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 183 : version 1.01

Louis Dantin, né Eugène Seers, est né à Beauharnois en 1865. Après avoir étudié la théologie, il est ordonné prêtre chez les Pères du Saint-Sacrement. Voyages en Europe. Puis, de retour à Montréal, il fréquente l’École littéraire où il se lie d’amitié avec Émille Nelligan, qu’il contribue largement à faire connaître. Sa préface à la poésie de Nelligan est restée célèbre. Laïcisé, il prend le pseudonyme de Louis Dantin et s’exile aux États-Unis, où il meurt en 1945.

Avant-propos


« Quand on trouvera ce manuscrit, après ma mort, daté de son dernier feuillet, on s’exclamera peut-être : « Voyez, il a fini ce conte de jeunesse à soixante-dix-huit ans, ou à quatre-vingts ans ! Ou bien on le trouvera inachevé et l’on devinera qu’il y a des choses qu’on sent si fortement qu’il est presque impossible de les exprimer. »

Ces mots sont détachés d’une lettre que m’écrivait Louis Dantin en date du 12 mars 1942. Par la suite il trouva et le temps et l’énergie de compléter ce roman auquel il s’appliquait depuis longtemps. Les derniers chapitres furent écrits, ou me furent dictés par l’auteur alors que la cécité, qui devait devenir complète quelque temps avant sa mort, s’emparait de lui.

Louis Dantin était d’une rare délicatesse d’esprit et de cœur. Il lui répugnait d’offenser même ses ennemis. À cause du caractère autobiographique de ce roman il craignait que sa publication, de son vivant, fût cause de scandale. Ce scrupule l’empêcha de le livrer au public. Un seul fléchissement dans cette attitude se manifesta à un temps où ses relations avec les poètes haïtiens semblaient lui en faciliter la publication. Il m’écrivait alors : « Savez-vous quelle idée saugrenue m’est passée par la tête ? Celle de faire paraître Les Enfances de Fanny en feuilleton dans quelque journal d’Haïti. Il s’est formé récemment un comité Haïti-Canada pour favoriser la pénétration réciproque des deux littératures. Je me demande si Fanny ne fournirait pas un trait d’union comme un autre. »

À M. le docteur Gabriel Nadeau, un de ses plus intimes amis, auteur du remarquable livre Louis Dantin, sa vie et son œuvre (Éditions Lafayette, Manchester, N. H. 1948) il avait confié, avec regret, au cours de leurs innombrables conversations : « Ce livre ne verra jamais le jour ; il causerait du scandale. Voyez l’agitation soulevée par le roman de Lillian Smith (Strange Fruit). Pourtant ce roman touche à des questions moins brûlantes et surtout la personnalité de l’auteur n’y est pas engagée. Tandis que Fanny une tranche de ma vie ; c’est le souvenir d’une époque où j’étais complètement désemparé, où je quêtais l’affection comme un pauvre demande du pain. J’ai bravé alors les conventions du monde et aujourd’hui je ne rougis pas de cet attachement : un sentiment humain appartient à l’humanité. Fanny c’est une dette de reconnaissance. En la payant j’ai achevé de me dépouiller et de me mettre le cœur à nu. »

En dévoilant aujourd’hui Les Enfances de Fanny, je m’acquitte à mon tour d’une dette de reconnaissance envers Louis Dantin. Je réponds à son ardent désir, maintes fois exprimé, de voir son livre imprimé après sa mort. C’est dans ce but qu’il me fit légataire de ce manuscrit. C’est en même temps compléter l’œuvre d’un de nos plus authentiques intellectuels qui fut l’ami et le mentor de la plupart de ses contemporains.

On dira peut-être que ce livre n’ajoute que peu à la valeur littéraire de Louis Dantin. Il ne représente pas moins un précieux document pour l’étude de la personnalité de cet auteur, tout en étant un manifeste de son attitude en face de toute injustice humaine.

Il serait vain de vouloir présenter Louis Dantin au public lettré d’aujourd’hui. Il est encore trop vivant dans les mémoires et dans les cœurs. Révélé à nos lettres par sa magistrale préface à l’œuvre de Nelligan, Dantin fut un nouvelliste délicat et de grande puissance d’observation dans La Vie en rêve. Il fut l’habile chantre du Coffret de Crusoé et le grand poète de la Chanson intellectuelle. Il fut, surtout un de nos meilleurs critiques – Durant plus d’un quart de siècle, réfugié dans l’anonymat à Cambridge puis à Boston, au Massachusetts, il étudia à la loupe presque toutes les productions littéraires du Canada français, dispensant aux auteurs ses encouragements et ses sages conseils.

Une enfance extrêmement austère, vouée presque exclusivement à l’étude et étrangère aux jeux et délassements de ceux de son âge, une adolescence tourmentée qui par la suite le vit à Paris, à Rome, à Bruxelles, à Montréal ; les premiers contacts avec l’amour, son lent et douloureux écartement de ses premières croyances religieuses, son exil volontaire ; les jeux cruels de l’abandon par l’être aimé ; ses luttes acharnées avec le gagne-pain ; sa claustration dans l’austère imprimerie de l’Université Harvard – autant de coups de pouce du destin qui ont façonné cette figure, énigmatique pour l’étranger mais de grande simplicité pour qui la connaissait – cette figure humaine et intègre que fut Louis Dantin.

C’est à Cambridge et plus tard à Roxbury – cette petite Afrique de Boston – que Dantin trouva chez les Noirs la sympathie et l’affection dont il avait une soif ardente. Ce sont les Noirs qui lui ont fait entendre les paroles consolatrices ; c’est au milieu d’eux que son âme éprise de justice s’est révoltée contre le crime de démarcation entre Noir et Blanc. C’est cette époque de sa vie que raconte, en partie, le roman que voici.

R. Dion-Levesque.

Les Solitudes-Nashua. N. Hampshire

15 août 1950.
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