Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22





télécharger 24.59 Kb.
titreMardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22
date de publication20.10.2016
taille24.59 Kb.
typeCours
l.20-bal.com > loi > Cours
Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22

TAHAR BEN JELLOUN La remontée des cendres

Répondez aux questions suivantes :

1 Donnez des informations sur la vie de Tahar Ben Jelloun. (2 points)


Tahar Ben Jelloun est un écrivain et poète marocain, né le 1ᵉʳ décembre 1944 à Fès, Maroc

Formation : Mohammed V University

Livres : L'Enfant de sable, Cette aveuglante absence de lumière

Distinctions et récompenses : International IMPAC Dublin Literary Award, Prix Goncourt






    1. Naissance : 1 décembre 1944 (70 ans), Fès, Maroc

    2. Formation : Mohammed V University

    3. Livres : L'Enfant de sable, Cette aveuglante absence de lumière

    4. Distinctions et récompenses : International IMPAC Dublin Literary Award, Prix Goncourt


http://www.deutschlandfunk.de/media/files/8/829ddad062ffd83bec42e0c1f6871dedv2.jpg

Tahar Ben Jelloun est né et a grandi au Maroc. Il fait ses études de philosophie, lorsqu’il est envoyé dans un camp disciplinaire de l’armée, après avoir été soupçonné de l’organisation des manifestations de mars 1965. En 1968, il obtient son premier poste de professeur de philosophie. En 1971, il rejoint la France car l’enseignement de la philosophie s’est arabisé et il n’était pas formé pour cela. Il écrit à de nombreuses reprises pour le quotidien Le Monde à partir de 1972. En 1975, il soutient sa thèse en psychiatrie sociale à la faculté de Jussieu. Son écriture profite de son expérience de psychothérapeute (La réclusion solitaire, 1976). En 1985 il publia le roman L’enfant de sable qui le rend célèbre. Il obtient le prix Goncourt en 1987 pour La nuit sacrée, qui constitue une suite à L’enfant de sable.

Son œuvre a été traduite dans de nombreuses langues. Ainsi que le déplore l’écrivain « La plupart de mes livres sont traduits en arabe. Malheureusement, l’édition marocaine avec une traduction révisée par moi, est systématiquement piratée par des pseudo-éditeurs en Syrie et en Egypte. Le pire c’est qu’ils refont la traduction et suppriment les passages qui pourraient gêner la censure locale. J’ai tellement dénoncé ces pratiques que je pense que c’est une cause perdue. La piraterie qui sévit dans le monde arabe nous informe indirectement de l’état de la culture dans ces pays. »
2 Relisez la préface : pourquoi le poète a-t-il écrit la retombée des cendres ? (3 points)

Le poète a écrit La retombée des cendres pour rendre hommage à tous les morts, civils ou militaires, lors de la guerre du Golfe. Il assigne comme fonction à la poésie de sauver de l’oubli toutes ces victimes : « On ne saura peut-être jamais combien de tonnes de bombes larguées sur l’Irak ont tué de personnes civiles et militaires ». Elle a aussi pour rôle de dénoncer ces massacres, causés par « l’extrême brutalité de l’histoire », et de sauver de l’oubli les morts : « Qui parlera pour les pendus, les écorchés, les jetés dans les fosses communes ? »

3 Comment est composé le recueil ? (2 points)

Outre une préface de l’auteur, l’ouvrage est composé de deux livres. Le premier s’intitule donc La retombée des cendres. Est indiquée, à la fin, la date d’achèvement de son écriture : Février-avril 1991. Le second a pour titre Non identifiés. L’ensemble sous-titré Poèmes est suivi d’une traduction arabe et est illustré par un peintre irakien, Azzawi.
4 Expliquez le choix du titre la remontée des cendres. (2 points)

Les cendres renvoient aux corps calcinés par l’explosion des bombes, évoqués dans ce livre : « Ce corps […] brûle à présent. / Cendres emportées par le vent… », « Cendres d’un corps échappé à la fosse commune… » (p. 15). Les enfants eux-mêmes n’ont pas été épargnés : « Nos enfants aussi. […] ils sautent sur des mines et leurs corps s’éparpillent en fumée et en cendres » (p. 24). Elles renvoient aussi à la nature qui n’a pas été épargnée : « Les arbres calcinés » (p. 17). La remontée désigne un mouvement ascendant, du bas vers le haut : par l’écriture poétique, le souvenir de ces cadavres anonymes, de tous ces massacres ressurgit sans cesse. Pour filer la métaphore, les souvenirs que certains voudraient enterrer remontent, grâce au poète, à la conscience du lecteur.

5 Quelle forme est employée ? Quel effet produit-elle ? (2 points)

Le verset en poésie est une forme d'écriture située entre le vers et le paragraphe tendant souvent vers la prose.

Le poète écrit en versets, forme que l’on trouve dans la Bible et le Coran. La remontée des cendres se veut, en effet, dénonciation de la guerre mais aussi prière pour les morts : « La poésie se contentera d’être là, pour être dite comme une prière, dans le silence, dans le recueillement du deuil. » (p. 8)

6 Relevez deux procédés conférant au texte un caractère de plainte lancinante. (4 points)

Les versets présentent de nombreuses anaphores : « Ce corps », « Cendres » (p. 15), « Ils ne crachent plus. / Ils ne parlent plus. Ils oublient. » (p. 21), « ils ont vécu… / ils ont prié… / ils ont pleuré… » (p. 33) etc. L’emploi récurrent de ce procédé confère un rythme lancinant et incantatoire à cette longue plainte qu’est La remontée des cendres.

L’énumération est un autre procédé employé avec le même effet : « une âme, un nom et un visage » (p. 13), « une feuille de papier belle et résistante, troublante et légère » (p. 14), « un matelas lacéré, une casserole, un pain rassis, un manteau accroché, des murs éventrés, de la poussière grise et un calendrier de l’année dernière. » (p. 16).

À noter : la récurrence hiératique (c’est-à-dire noble) des rythmes binaires et ternaires.
7 A la page 20, qui est désigné par le pronom je ? (2 points)

À la page 20, le pronom je désigne tout d’abord un mort dont le corps a fini de se décomposer et fait désormais partie du lieu où il a été enterré : « « je n’ai plus de corps… / je suis un champ ». Il n’est que la voix du néant : « Qui parle du fond de cette fosse ? // Moi ? / Je ne suis plus. » Ensuite, le pronom de la première personne désigne « une autre voix », qui vient « D’une autre fosse ». Le poète donne donc la parole aux êtres massacrés auxquels il fait exprimer toute leur souffrance, ce qui est un moyen de rendre plus pathétique encore leur destinée tragique.


8 En quoi le livre s’achève-t-il sur une note d’espoir (pp. 36-37) ? (3 points)

Le livre s’achève sur une note d’espoir avec le portrait en action de l’homme chanté par le poète : lourd d’un passé de lutte (« Il a fait toutes les guerres ») et de souffrances, toujours il se relève de ses épreuves : « L’homme se relève ». Sa vie est un long chemin : « Cela fait des milliers de jours et de saisons qu’il marche », et la quête du bonheur l’anime. Ce bonheur est issu de sa croyance en une transcendance (« il croit à l’âme »), de sa croyance dans le pouvoir de la réflexion (« il croit… à la pensée) ; il est constitué également de plaisirs simples (« une prairie fleurie »), de l’amour (« un parasol pour l’amour »), de valeurs humaines (« le rire et l’amitié, l’enfance et le courage… »). La fin du livre qui relève du registre épique transforme les victimes en héros, dotés d’une certaine épaisseur par le passé dont ils sont porteurs, héros animés d’une quête les amenant à se dépasser : « Ils voient loin, au-delà des murs et des montagnes. Au-delà de tous les silences. »

Questions BONUS

9 Qui sont les Non identifiés ? (1 point)

Les Non identifiés sont les Palestiniens des territoires occupés, victimes de répression (p. 69).

10 Quels éléments rendent les morts évoquées à la fois révoltantes et infiniment émouvantes ? (2 points)

Un certain nombre de poèmes ont pour titre le nom des victimes dont certaines ont disparu sans laisser de trace : « L’armée libanaise déclare ne pas détenir ces personnes. » (p. 50). Ces poèmes sont construits comme des notices biographiques : ils débutent par une date, celle de la mort ou de la disparition de la personne éponyme. Ensuite, la personne est décrite au moyen de quelques traits de sa vie quotidienne, et d’indications concernant ses proches :

- « Il avait une femme qui aimait rire, trois enfants et un âne. » (p. 51)

- « sa petite fille qui court après une roue de bicyclette » (p. 49)

- « son corps de petit commerçant » (p. 55)

- « Elle travaillait la laine et chantait pour ne pas oublier. » (p. 47).

Les personnes ainsi dépeintes appartiennent à l’humanité ordinaire. Il s’agit de petites gens, souvent inoffensives, généreuses, de mères de famille (« ses deux fils », p. 47), de tout jeunes gens (« vingt-deux ans », p. 45, « dix-sept ans », p. 53, « vingt et un ans », p. 63). Les poèmes font coexister l’évocation de leur existence marquée du sceau de la simplicité et de la tendresse avec celle de leur mort, le plus souvent atroce (viols et tortures) et absurde parce qu’il s’agit de civils innocents ou simplement croyant en des idéaux humanistes, comme le poète de 20 ans, Ibn Hassan Mokaddam.

similaire:

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconMardi 10 mars 2015 (devoir sur table)
«l’extrême brutalité de l’histoire», et de sauver de l’oubli les morts : «Qui parlera pour les pendus, les écorchés, les jetés dans...

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconJeudi 29 janvier 2014 10h/12h cours 14

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconProces verbal du conseil d’ecole (maternelle et élémentaire) du mardi 24 mars 2015

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconCours de Paris, mardi 02 juin 2015

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconCorrection devoir sur table sur la poésie
«corpus». On peut commencer ainsi : «L’ensemble de textes proposés regroupe six documents écrits à des époques différentes. Le premier...

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconCompte rendu du conseil d’ecole du 8 novembre 2013
Organisation de la semaine scolaire : lundi, mardi, jeudi, vendredi : 8h45-12h/13h45-16h30

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconCdi infos : Art vidéo
«Semaine» de la presse et des médias du lundi 23 mars 2015 au vendredi 17 avril 2015 !

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconCalendrier Mardi 10 février : sortie du premier numéro thématique...
«écriture slam et poésie» autour du thème des droits de l’enfants, et parallèlement sortie d’un numéro spécial poésie (extraits et...

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconCompte Rendu du conseil d’école Jean Jaurès du mardi 15 mars 2016

Mardi 10 mars 2015 (devoir sur table) 10h / 12h – cours 22 iconConférence du Cercle Condorcet des Alpes-Maritimes, le mardi 22 mars 2016, donnée par madame
«être, ou devenir moral». La réflexion sur les pouvoirs de l’art exige ce détour par les terres de l’éthique





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com