C'est aux jeunes gens que je veux parler aujourd'hui. Que les vieux les vieux de cœur et d'esprit, bien entendu mettent donc la brochure de côté, sans se





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III
— Ou bien, transiger continuellement avec sa conscience et finir un beau jour par se dire : "Périsse l'humanité, pourvu que je puisse avoir toutes les jouissances et en profiter tant que le peuple sera assez bête pour me laisser faire." — Ou bien, se ranger avec les socialistes et travailler avec eux à la transformation complète de la société. Telle est la conséquence forcée de l'analyse que nous avons faite. Telle sera toujours la conclusion logique, à laquelle devra forcément arriver tout être intelligent, pourvu qu'il raisonne honnêtement sur ce qui se passe autour de lui, pour peu qu'il sache avoir raison des sophismes que lui soufflent à l'oreille son éducation bourgeoise et l'opinion intéressée de ceux qui l'entourent.

Cette conclusion une fois acquise, la question : "Que faire ?" est venue naturellement se poser.

La réponse est facile.

Sortez seulement de ce milieu dans lequel vous êtes placé et où il est d'usage de dire que le peuple n'est qu'un tas de brutes, venez vers ce peuple — et la réponse surgira d'elle-même.

Vous verrez que partout, en France comme en Allemagne, en Italie comme aux Etats-Unis, partout où il y a des privilégiés et des opprimés, il s'opère au sein de la classe ouvrière un travail gigantesque, dont le but est de briser à jamais les servitudes imposées par la féodalité capitaliste, et de jeter les fondements d'une société établie sur les bases de la justice et de l'égalité. Il ne suffit plus au peuple d'aujourd'hui d'exprimer ses plaintes par une de ces chansons dont la mélodie vous fendait le coeur et que chantaient les serfs du dix-huitième siècle, que chante encore le paysan slave ;  il travaille, avec la conscience de ce qu'il a fait et contre tous les obstacles, à son affranchissement.

Sa pensée s'exerce constamment à deviner ce qu'il s'agit de faire, pour que la vie, au lieu d'être une malédiction pour les trois quarts de l'humanité, soit un bonheur pour tous. Il aborde les problèmes les plus ardus de la sociologie et cherche à les résoudre avec son bon sens, son esprit d'observation, sa rude expérience. Pour s'entendre avec d'autres misérables comme lui, il cherche à se grouper, à s'organiser. Il se constitue en sociétés soutenues avec peine par de minces cotisations ; il cherche à s'entendre à travers les frontières et, mieux que les rhéteurs philanthropes, il prépare le jour où les guerres entre peuples deviendront impossibles. Pour savoir ce que font ses frères, pour mieux les connaître, pour élaborer les idées et les propager, il soutient — mais au prix de quelles privations, de quels efforts ! — sa presse ouvrière. Enfin, l'heure est venue ; il se lève et, rougissant de son sang les pavés des barricades, il se lance à la conquête de ces libertés que les riches et les puissants ont su corrompre en privilèges pour les tourner ensuite contre lui.

Quelle série d'efforts continuels ! quelle lutte incessante ! Quel travail, recommencé constamment, tantôt pour combler les vides qui se font par les désertions — suite de la lassitude, de la corruption, des poursuites ; tantôt pour reconstituer les rangs éclaircis par les fusillades et les mitraillades ! tantôt pour reprendre les études brusquement interrompues par les exterminations en bloc !

Les journaux sont créés par des hommes qui ont dû voler à la société des bribes d'instruction en se privant de sommeil et de nourriture ; l'agitation est soutenue par des sous, pris sur le strict nécessaire, souvent sur le pain sec ; et tout cela, sous l'appréhension continuelle de voir bientôt la famille réduite à la plus affreuse des misères, dès que le patron s'apercevra que "son ouvrier, son esclave, fait du socialisme !"

Voilà ce que vous verrez, si vous allez dans le peuple.
Et dans cette lutte sans fin, que de fois le travailleur, succombant sous le poids des obstacles, ne s'est-il pas demandé vainement : "Où sont-ils donc ces jeunes gens qui se sont donné l'instruction à nos frais ? ces jeunes, que nous avons nourris et vêtus pendant qu'ils étudiaient ? pour qui, le dos courbé sous le fardeau, et le ventre creux, nous avons bâti ces maisons, ces académies, ces musées ? pour qui, le visage blême, nous avons imprimé ces beaux livres que nous ne pouvons même pas lire ? Où sont-ils, ces professeurs qui disent posséder la science humanitaire et pour qui l'humanité ne vaut pas une espèce rare de chenilles ? Ces hommes qui parlent de liberté et jamais ne défendent la nôtre, chaque jour foulée aux pieds ? Ces écrivains, ces poètes, ces peintres, toute une bande d'hypocrites en un mot qui, les larmes aux yeux, parlent du peuple et qui jamais ne se sont trouvés avec nous, pour nous aider dans nos travaux ?"

Les uns se plaisent dans leur lâche indifférence ; les autres, le grand nombre, méprisent "la canaille" et sont prêt à se ruer sur elle, si on ose toucher à ses privilèges.

De temps en temps il arrive bien un jeune homme qui rêve tambours et barricades, et qui vient chercher des scènes à sensation, mais qui déserte la cause du peuple dès qu'il s'aperçoit que la route de la barricade est longue, que le travail est pénible et que sur cette route les couronnes de laurier qu'il rêve de conquérir sont mêlées d'épines. Le plus souvent, ce sont des ambitieux inassouvis, qui, après avoir échoué dans leurs premières tentatives, cherchent à capter les suffrages du peuple, mais qui plus tard seront les premiers à tonner contre lui, dès qu'il voudra appliquer les principes qu'ils ont eux-mêmes professés, peut-être même feront braquer les canons contre le prolétaire s'il ose bouger avant que, eux, les chefs de file, en aient donné le signal.

Ajoutez la sotte injure, le mépris hautain, la lâche calomnie de la part du grand nombre, et vous aurez tout ce que le peuple reçoit maintenant de la part de la jeunesse bourgeoise, pour l'aider dans son évolution sociale.
Et après cela vous demanderiez encore : "que faire ?" lorsque tout est à faire ; lorsque toute une armée de jeunes gens trouverait à quoi appliquer la force entière de leurs jeunes énergies, de leurs intelligences, de leur talents, pour aider le peuple dans l'immense tâche qu'il a entreprise !

Vous, amateurs de science pure, si vous vous êtes pénétrés des principes du socialisme, si vous avez compris toute la portée de la révolution qui s'annonce, ne remarquez-vous pas que toute la science est à refaire pour la mettre d'accord avec les principes nouveaux ; qu'il s'agit d'accomplir dans ce domaine une révolution dont l'importance surpassera de beaucoup celle qui s'est accomplie dans les sciences au dix-huitième siècle ? Ne comprenez-vous pas que l'histoire — aujourd'hui "fable convenue" sur la grandeur des rois, des grands personnages et des parlements — est toute à refondre au point de vue populaire, au point de vue du travail accompli par les masses dans les évolutions de l'humanité ? Que l'économie sociale — aujourd'hui consécration de l'exploitation capitaliste — est toute à élaborer de nouveau, aussi bien dans ses principes fondamentaux que dans ses innombrables applications ? Que l'anthropologie, la sociologie, l'éthique sont complètement à remanier et que les sciences naturelles elles-mêmes, envisagées à un point de vue nouveau, doivent subir une modification profonde quant à la manière de concevoir les phénomènes naturels et à la méthode d'exposition ? — Eh bien, faites-le ! Mettez vos lumières au service d'une bonne cause ! Mais surtout venez nous aider par votre logique serrée à combattre les préjugés séculaires, à élaborer par synthèse les bases d'une meilleure organisation ; surtout enseignez-nous à appliquer à nos raisonnements la hardiesse de la véritable investigation scientifique et, prêchant d'exemple, montrez-nous comment on sacrifie sa vie pour le triomphe de la vérité !

Vous, médecin, auquel la rude expérience a fait comprendre le socialisme, ne vous lassez pas de vous dire, aujourd'hui, demain, chaque jour et à chaque occasion, que l'humanité marche à la dégénérescence si elle reste dans les conditions actuelles d'existence et de travail ; que vos drogues resteront impuissantes contre les maladies, tant que les quatre-vingt-dix-neuf centièmes de l'humanité végéteront dans des conditions absolument contraires à ce que veut la science ; que ce sont les causes des maladies qui doivent être éliminées, et dites ce qu'il faut pour éliminer ces causes. Venez avec votre scalpel, disséquer d'une main sûre cette société en voie de décomposition, nous dire ce qu'une existence rationnelle devrait et pourrait être et, en vrai médecin, nous répéter que l'on ne s'arrête pas devant la suppression d'un membre gangrené lorsqu'il peut infecter tout le corps.

Vous, qui avez travaillé aux applications de la science à l'industrie, venez donc nous raconter franchement quel a été le résultat de vos découvertes ; faites entrevoir à ceux qui n'osent pas encore se lancer hardiment vers l'avenir, ce que le savoir déjà acquis porte dans ses flancs d'inventions nouvelles, ce que pourrait être l'industrie dans de meilleures conditions, ce que l'homme pourrait produire s'il produisait toujours pour augmenter sa production. Apportez donc au peuple le concours de votre intuition, de votre esprit pratique et de vos talents d'organisation, au lieu de les mettre au service des exploiteurs.

Vous, poètes, peintres, sculpteurs, musiciens, si vous avez compris votre vraie mission et les intérêts de l'art lui-même, venez donc mettre votre plume, votre pinceau, votre burin, au service de la révolution. Racontez-nous dans votre style imagé, ou dans vos tableaux saisissants, les luttes titaniques des peuples contre leurs oppresseurs ; enflammez les jeunes coeurs de ce beau souffle révolutionnaire qui inspirait nos ancêtres ; dites à la femme ce que l'activité de son mari a de beau s'il donne sa vie à la grande cause de l'émancipation sociale. Montrez au peuple ce que la vie actuelle a de laid, et faites-nous toucher du doigt les causes de cette laideur ; dites nous ce qu'une vie rationnelle serait, si elle ne se heurtait à chaque pas  contre les inepties et les ignominies de l'ordre social actuel.

Enfin, vous tous qui possédez des connaissances, des talents, si vous avez du coeur, venez donc, vous et vos connaissances, les mettre au service de ceux qui en ont le plus besoin. Et sachez que si vous venez, non pas en maîtres, mais en camarades de lutte ; non pas pour gouverner, mais pour vous inspirer vous-mêmes dans un milieu nouveau qui marche à la conquête de l'avenir ; moins pour enseigner que pour concevoir les aspirations des masses, les deviner et les formuler, et puis travailler, sans relâche, continuellement et avec tout l'élan de la jeunesse, à les faire entrer dans la vie, — sachez qu'alors, mais alors seulement, vous vivrez d'une vie complète, d'une vie rationnelle. Vous verrez que chacun de vos efforts faits dans cette voie porte amplement ses fruits; — et ce sentiment d'accord établi entre vos actes et les commandements de votre conscience, vous donnera des forces que vous ne soupçonniez pas vous-mêmes.

La lutte pour la vérité, pour la justice, pour légalité, au sein du peuple — que trouvez-vous de plus beau dans la vie ?
IV
Il m'a fallu trois longs chapitres pour démontrer aux jeunes gens des classes aisées qu'en présence du dilemme que leur proposera la vie, ils seront forcés, s'ils sont courageux et sincères, de venir se ranger avec les socialistes, et d'embrasser avec eux la cause de la révolution sociale. Cette vérité est cependant si simple ! Mais, en parlant à ceux qui ont subi l'influence du milieu bourgeois, que de sophismes à combattre, que de préjugés à vaincre ! que d'objections intéressées à écarter !

Il m'est facile d'être plus court en vous parlant aujourd'hui, jeunes gens du peuple. La force même des choses vous pousse à devenir socialistes, pour peu que vous ayez le courage de raisonner et d'agir en conséquence. En effet, le socialisme moderne est sorti des profondeurs mêmes du peuple. Si quelques penseurs, issus de la bourgeoisie, sont venus lui apporter la sanction de la science et l'appui de la philosophie, le fonds des idées qu'ils ont énoncées n'en est pas moins un produit de l'esprit collectif du peuple-travailleur. Ce socialisme rationnel de l'Internationale, qui fait aujourd'hui notre meilleure force, n'a-t-il pas été élaboré dans les organisations ouvrières, sous l'influence directe des masses ? Et les quelques écrivains qui ont prêté leur concours à ce travail d'élaboration ont-ils fait autre chose que de trouver la formule des aspirations qui déjà se faisaient jour parmi les ouvriers ?

Sortir des rangs du peuple-travailleur et ne pas se vouer au triomphe du socialisme, c'est donc méconnaître ses propres intérêts, renier sa propre cause et sa mission historique.
Vous souvenez-vous du temps où, gamin encore, vous descendiez par un jour d'hiver vous amuser dans votre sombre ruelle ? Le froid vous mordait les épaules à travers vos minces vêtements et la boue emplissait vos souliers déchirés. Déjà, lorsque vous voyiez passer de loin ces enfants potelés et richement vêtus, qui vous regardaient d'un air hautain, — vous saviez parfaitement que ces marmots, tirés à quatre épingles, ne vous valaient, vous et vos camarades, ni par l'intelligence, ni par le bon sens, ni par l'énergie. Mais plus tard, quand vous avez dû vous enfermer dans un sale atelier, dès cinq ou six heures du matin, vous tenir, douze heures durant, près d'une machine bruyante et, machine vous-même, suivre jour par jour et pendant des années entières ses mouvements d'une impitoyable cadence, — pendant ce temps-là, eux, les autres, allaient tranquillement s'instruire dans les collèges, dans les belles écoles, dans les universités. Et maintenant, ces mêmes enfants, moins intelligents mais plus instruits que vous, et devenus vos chefs, vont jouir de tous les agréments de la vie, de tous les bienfaits de la civilisation — et vous ? qu'est-ce qui vous attend ?

Vous rentrez dans un petit appartement sombre et humide, où cinq, six êtres humains grouillent dans l'espace de quelques mètres carrés ; où votre mère, fatiguée par la vie, plus vieillie par les soucis que par l'âge, vous offre pour toute nourriture du pain, des pommes de terre et un liquide noirâtre qualifié ironiquement de café ; où pour toute distraction vous avez toujours la même question à l'ordre du jour, celle de savoir comment vous paierez demain le boulanger et après-demain le propriétaire !

— Eh quoi ! vous faudrait-il traîner la même existence misérable que votre père et votre mère ont traînée pendant trente, quarante ans ! Travailler toute la vie pour procurer à quelques-uns toutes les jouissances du bien-être, du savoir, de l'art, et garder pour soi le souci continuel du morceau de pain ? Renoncer à jamais à tout ce qui rend la vie si belle, pour se vouer à procurer tous les avantages à une poignée d'oisifs ? s'user au travail et ne connaître que la gêne, si ce n'est la misère, lorsque le chômage arrivera ? Est-ce cela que vous convoitez dans la vie?
Peut-être vous résignerez-vous. N'entrevoyant pas d'issue à la situation, il se peut que vous vous disiez: "Des générations entières ont subi le même sort, et moi, qui ne puis rien y changer, je dois le subir aussi ! donc, travaillons, et tâchons de vivre de notre mieux."

Soit ! Mais alors la vie elle-même se chargera de vous éclairer.

Un jour, viendra la crise, une de ces crises, non plus passagères comme jadis, mais qui tuent raide toute une industrie, qui réduisent à la misère des milliers de travailleurs, qui déciment les familles. Vous lutterez, comme les autres, contre cette calamité. Mais vous vous apercevrez bientôt comment votre femme, votre enfant, votre ami, succombent peu à peu aux privations, faiblissent à vue d'oeil et, faute d'aliments, faute de soins, finissent par s'éteindre sur un grabat, tandis que la vie roule ses flots joyeux dans les rues rayonnantes de soleil de la grande ville, insouciante de ceux qui périssent. Vous comprendrez alors ce que cette société a de révoltant, vous songerez aux causes de la crise et votre regard sondera toute la profondeur de cette iniquité qui expose des milliers d'êtres humains à la cupidité d'une poignée de fainéants ; vous comprendrez que les socialistes ont raison lorsqu'ils disent que la société actuelle doit être, qu'elle peut être transformée de fond en comble.
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