Chapitre Scissions et successions





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Le dieu qui n’a qu’un œil

Tome 1. Les Bâtisseurs

« Notre héritage n'est précédé d'aucun testament. » [René Char]

Chapitre 1. Scissions et successions

En l'an 496 de l'ère musulmane (soit l'an de grâce 1118), Habib Qazam trimbalait son antique carcasse sur le sable jaunâtre qui avoisinait le Caire. Il arrivait directement de l'actuelle Syrie. Un tel voyage l'avait alors éreinté, ses muscles l'avertissaient qu'ils refuseraient bientôt de l'emmener plus loin. Or il n'était qu'à quelques centaines de mètres de son objectif. « Il fut un temps où j'aurais pu traverser le monde d'une traite, regrettait-il. Depuis quand ai-je changé ? ». Il désespérait de sa condition physique, ses jambes ne le soutenaient plus qu'à moitié, lorsque des bruits de bêtes se firent entendre dans son dos. Le seul geste de se retourner le fit s'écrouler. Deux hommes montaient les chevaux. L'un étant plus âgé que l'autre, l'on pouvait imaginer qu'il s'agissait d'un père et d'un fils. Le premier l'interrogea en arabe :
- Dieu veille sur toi mon frère, as-tu besoin d'aide ?

- Oui, expulsa Habib en tentant de se relever. Je vais à al-Qâhira.

- Nous aussi. Prends donc mon cheval, je finirais à pied.
- Merci, tu ne peux pas savoir comme il est réconfortant de voir que certains ont encore du respect pour leurs aînés. Prends exemple sur ton père, fils. En voilà un homme correctement éduqué.

L'interpellé répondit par un sourire tandis que son père aidait Habib à se hisser sur sa monture.

- J'ai été nommé Kiyâ Buzurg-Ummîd et voici mon fils Muhammad. Et vous, quel est votre nom ?
- Je m'appelle Habib Qazam et cela fait fort longtemps que l'on ne m'a pas posé cette question. Vous devez venir de loin pour ne point me connoître.
- Estes-vous d'une importance telle pour les gens d'ici ? C'est vrai qu'il nous a fallu un long périple pour parvenir jusqu’ici. Nous nous en venons du Khwarezm (Perse).
- Ah ? Et qu'est-ce que des... Vous estes sûrs que vous n'avez pas besoin de votre cheval ? Regardez comme votre dos est voûté. Muhammad, descends et marche. La vigueur inhérente à ta jeunesse te mènera sans mal jusqu'à la ville.

Muhammad lança un regard interrogateur dans la direction de son géniteur.

- Merci, vous estes bien aimable mais ce n'est pas la peine. Il ne faut guère prêter confiance aux apparences. Dans ma poitrine bat le cœur d'un valeureux.
- Dans la mienne aussi mais ce n'est pas une raison pour en abuser.


Habib avait du mal à suivre le conseil de Kiyâ. Comment faire abstraction d'une pareille allure ? Il ne l'avait pas remarqué lorsqu'il était droit sur son cheval mais son aspect était pour le moins singulier. Il avançait échine arquée, tenait les rênes d'une main décharnée et baladait vers lui un visage aux traits terribles, comme taillés dans un roc. Ajoutez à cela une moustache épaisse et des cheveux couleur ténèbres et vous obteniez ce personnage certes charmant mais tout de même effrayant. Pourtant son air de bossu le faisait paraître inoffensif et inspirait en vous une immense pitié. Qazam besognait à accepter le secours d’une telle créature et voulait renverser les positions mais il ne réitérerait pas indéfiniment sa proposition. L'homme avait refusé, il n'insisterait pas.


- Bien, conclut-il afin de partir sur un nouveau sujet. Quelles raisons justifient que deux jeunes gens quittent leur terre et migrent jusqu'à Qâhira ?
- Il n'y en a qu'une mais c'est la plus grande de toutes : Dieu.
- Dieu ? Il est là-bas ? Et moi qui le croyais omniprésent, fit-il en provoquant son rire et celui de son interlocuteur.
- Non, bien sûr. Mais Sa parole, elle, ne l'est pas. C'est pourquoi nous l'apportons depuis le Khwarezm jusqu'à Misr (Égypte).
- La parole de Dieu ? Beaucoup prétendent la détenir, la quasi-totalité se fourvoie. Sa parole n'est pas un objet que l’on transporte dans ses bagages. Elle est à l'instar de Lui tout autour de nous, insaisissable parce qu'essence de tout ce qui est saisissable.
- Nous sommes d'accord, Habib Qazam. Notre mission est simplement de la faire entendre de tous, ou au moins des Cairotes.
- Honorable dessein pour des êtres honorables.
- Merci, vous estes bien gentil.
- C'est à moi de vous remercier pour l'aide que vous m'apportez. Sans vous je serais contraint de m'aliter dans le sable. Avec votre bonté, je puis vous dire que je l'entends cette parole.
- Dans ce cas, remerciez Hassan ibn Sabbâh car c'est lui qui m'envoie.
- Hassan-i Sabbâh ? L'Idiot de la Montagne ? Vous estes de ses partisans ? Si c’est le cas, vous estes encore plus fols que lui !
- Je vous demanderais de respecter ce grand sage.
- Un sage ? Lui ? Jeune homme, je l'ai connu ton Hassan-i Sabbâh. À l'époque, tu devais encore chigner pour goûter le sein. Je sais qui il est et quel est son but. C'est un dément. Suis sa voie, fils, et tu passeras ta mort à errer dans le califat du Shaytân. Il fera de toi son serviteur. Et tu n'imagines pas les supplices qui t'y attendent. Cela fait bien des années qu’Hassan a perverti son âme. Il est trop tard pour lui. Toi, tu peux encore faire quelque chose. Regarde ton fils. Ne mérite t-il pas de l'entendre cette parole de Dieu dont tu fais mention ?
- Ne mêle ni Dieu ni mon fils à cette histoire. Cela fait 16 ans que Dieu m'a fait ce cadeau et il a entendu bien plus souvent Sa parole que toi dans toute ta misérable existence.
- Que sais-tu de mon existence ? Que sais-tu de Dieu ? Vous, les Nizâriyya, vous estes pires que les autres shi`a1 et les autres isma`ili. J'abhorre vos croyances ridicules et vos prédicateurs diaboliques. Vous feriez mieux de crever dans votre castel de merde et de laisser les vrais fidèles en paix.
- Je reconnais là la légendaire tolérance sunnite.
- Va te faire foutre, s'époumona le vieil homme en descendant tant bien que mal de sa monture. Tu ne connois rien de nous autres alors ne nous juge pas.
- Si tu aimes tant tes sunnites, que viens-tu faire dans une ville isma`ili ?
- Je viens t'emmerder, connard !
- Je constate. Ton objectif est atteint, maintenant tu peux foutre le camp, enfoiré de barbu.
- Je ne vous salue pas, toi et ton con de fils.
Kiyâ observa le bonhomme trimbaler derechef sa carcasse avec quelque chose de grotesque dans sa démarche. Il n'aimait pas entrer en colère sous les yeux de son fils mais Habib l'y avait poussé. Toutefois c'était prévisible. Sa seule apparence était très éloquente, tout bien réfléchi. Sa dernière insulte le montrait, il ne portait pas les barbus dans son cœur. Ce n'était pas tant l'objet que la philosophie qui s'y rattachait qui le révulsait. À son goût, trop de musulmans laissaient celle-ci pousser dans l'unique but de ressembler physiquement au Prophète. « S'il suffisait d'une barbe pour tutoyer les êtres supérieurs, alors ils seraient bien matérialistes pour des esprits. » avait-il l'habitude de dire. Pour ne pas arranger son cas à ses yeux, celle de Qazam était orangée par l'application de henné, pratique que l'envoyé d’Hassan-i Sabbâh peinait à comprendre.

En réalité, le conflit qui venait d'exploser allait bien plus loin que de simples traits physiques. Il surpassait également leurs deux seules vies jusque-là relativement insignifiantes. Le jeune Muhammad ne méconnaissait guère le fait que tous ces propos constituaient l’aboutissement de siècles d'Histoire. C'est pourquoi l'instant qui suivit l'altercation, son esprit s'évada à revisiter les premiers temps de l'islam.


Tout commença par une mort, celle de Muhammad (le Prophète cette fois-ci) en l'an 10/632. Ce dernier n'aurait pris le temps de désigner un successeur parmi ses disciples. Chose fâcheuse car l'Oumma (la communauté islamique) comprenait déjà un nombre conséquent d’adeptes. Les membres de sa famille préparaient ses funérailles, dont Ali qui représentait pour lui à la fois un cousin, un disciple et un gendre. Vous saisissez combien il lui était proche. C'est certainement pour cette raison que d'autres Compagnons de Muhammad se passèrent volontiers de le convier lorsqu'ils se réunirent afin de désigner eux-mêmes le successeur. Ce rôle échut à Abû Bakr. Il devint alors le premier calife (khalifa signifiant successeur). Ali dut patienter 20 ans, soit deux califes supplémentaires, avant d'obtenir ce titre à son tour. Cela se fit suite au meurtre de son prédécesseur. Or le peuple arabe se divisait en plusieurs clans. Celui du défunt, Othman, réclama donc vengeance. Ali se vit contraint d’entrer en campagne contre eux. Avec son armée, il remporta une première bataille. Sur le point de connaître une seconde défaite, ses adversaires rusèrent en enveloppant leurs lances d'une page du Coran. Les soldats d'Ali se refusèrent à combattre contre le saint recueil. Les fidèles d'Othman proposèrent l’arbitrage comme solution, le cousin-gendre-disciple accepta contre son gré.


Ceci fut une erreur que lui reprocha une partie de ses partisans. Pourquoi accorder cette échappatoire à des gens qu'ils tenaient au bout de leurs lames ? Une première scission scinda l'Oumma. Ces rebelles prirent le nom de Kharidjites. Leur révolte se solda par une défaite face à un Ali dont l'armée était sur la bonne voie pour le grand chelem. Par deux fois les séditieux tentèrent de tuer le calife en vain. La troisième fut la bonne. En 39/661, une épée empoisonnée mit fin prématurément à l'ultime prière du vendredi d'Ali. L'histoire aurait pu s'achever là dans le sang et les sanglots. Mais l'Histoire enseigne que lorsque la religion s’acoquine avec la politique, ce genre d'événements marquent plutôt le début d'une longue série. Dans un tel contexte, chaque opposition politique a droit à sa scission spirituelle. Entre accord et désaccord, promesses faites et non tenues, temps de guerre et espoir de paix, je vous passe les détails de la succession de l'un et l'autre fils d'Ali. Le résultat n'en est pas moins important. Il s'agit d'une nouvelle scission de l'Oumma en ce qui demeure les deux branches principales de l'islam : le sunnisme, basé sur la sunna (l'enseignement du Prophète) et le chiisme.
En arabe, les chiites sont appelés shi`a (partisans), ce sont les fidèles d'Ali. Leur conviction profonde est que le pouvoir devrait rester dans la famille du Prophète, donc dans la descendance du quatrième calife. Après tout Ali avait épousé la fille de son cousin. On ne pouvait pas faire plus famille. De ce fait, ils reniaient les législations apportées par les trois premiers califes, bien qu'ils fussent Compagnons de Muhammad. Ces descendants prirent le titre d'Imam en opposition avec celui de calife réservé dans un premier temps aux sunnites. L'Imam tenait lieu de guide religieux de toute la communauté chiite, il s'apparentait donc plus au pape qu'au prêtre chrétiens. En cela, il n'est pas à confondre avec l'imam sunnite.
Au VIIIème siècle de l'ère chrétienne vécut Jafar as-Sadiq qui avait la particularité d'être à la fois descendant d'Abû Bakr et d'Ali. À première vue, on ne pourrait espérer meilleur symbole de réconciliation entre sunnites et chiites. C'est bien mal connaître les passionnés de la scission spirituelle qu’étaient les seconds. La providence offrit deux fils à ce sixième Imam chiite. Hélas elle lui reprit l'aîné, Ismaël, avant de le reprendre lui. Jafar confia alors en toute logique la succession à son cadet, Musa. Sauf qu’Ismaël avait eu le temps d’engendrer un fils qu’il avait désigné comme prochain Imam, avant que de l'être lui-même. Deux nouveaux groupes apparurent au sein des chiites. Les plus nombreux suivirent Musa. Ils composèrent le chiisme duodécimain. Leurs contraires que l’on appela ismaéliens (isma`ili en arabe), marginaux parmi les marginaux, possédaient un Imam occulté à leur tête. Celui-ci vivait, selon eux, toujours en notre monde et perpétuait sa lignée sans pour autant apparaître aux yeux des mortels.
Les ismaéliens furent la cible de toutes les persécutions. Néanmoins au Xème siècle, avec ferveur et organisation, ils parvinrent à s'emparer du Maghreb, de l'Égypte et du Proche-Orient et à y installer une dynastie. Ils auraient pour nom les Fatimides (al-Fatimiyyun) en référence à Fatima, fille de Muhammad et femme d'Ali. Leurs conquêtes se rassemblèrent en califat opposé à celui des Abbassides sunnites, basé à Bagdad. Est-ce le fait d'une certaine culture du mysticisme, d'une certaine érudition ou d'un certain ésotérisme ? Nul ne peut le dire. Quoiqu'il en soit, le règne des Fatimides qui dura deux siècles fut l’un des plus rayonnants de l’histoire de l’islam. Eux qui bâtirent la ville du Caire, en firent un centre de culture et d'ouverture d'esprit.
C'est de toute cette tradition qu'était issu Hassan ibn Sabbâh. Né en Perse dans le chiisme duodécimain de son père, il convoitait depuis son enfance la plus tendre le statut de savant de l’islam. Son parcours et ses rencontres l'amenèrent à se convertir à l'ismaélisme. À l'âge de 20 ans, il faisait déjà partie des hommes les plus brillants de son époque. Il ne pouvait donc qu'être attiré par le rayonnement spirituel et intellectuel du Caire. Y côtoyant des personnages de haut rang tant sur les plans politique que religieux, il tomba des nues en découvrant la face cachée de la capitale fatimide. La convivialité de mise lors des banquets disparaissait quand les affaires se faisaient plus privées. Tous se livraient une lutte acharnée pour le pouvoir, chacun briguant le poste du voisin. Le fléau de la corruption était le véritable maître de la ville et il ne distinguait guère les hommes de foi des hommes de loi. Il n'y a qu'en Nizâr, fils du calife, qu’Hassan trouva un cœur pur. Le prince le fascinait par sa détermination à éradiquer le fléau et à propager la foi ismaélienne. La génération actuelle avait beau être plus que pourrie, un grand nettoyage se préparait pour la suivante. Nizâr lui promit même de l'aider en Perse. Effectivement, ce territoire demeurait sous le contrôle du califat de Bagdad dirigé par les Turcs Seldjoukides. Leur différence de courant spirituel les amenait à recourir régulièrement à la persécution. Si le second objectif du futur calife était le même que celui d’Hassan, ce n'était pas le cas du premier. Avant de répandre l'ismaélisme, Hassan-i Sabbâh projetait de libérer son pays de l'oppresseur sunnite. Avec le soutien du califat fatimide, ce doux rêve devenait hautement réalisable.
Il retourna donc le cœur léger en Perse afin de préparer la reconquête. En 468/1090, il trouva même le lieu idéal pour établir une garnison de résistance. Il s'agissait d'une forteresse située au cœur d'un massif montagneux, dans le nord du pays, qui répondait à la dénomination d'Alamut. L’on pourrait traduire cela par le Nid de l'aigle. Elle devait ce nom au fait qu'elle était perchée à près de 2000 m d'altitude. Cela en faisait une bâtisse quasi imprenable. D'où qu'il pouvait venir, disait-on, l'ennemi serait repéré et éliminé longtemps avant de s'attaquer au piton sur lequel trônait la forteresse. Lui étant impossible de la vider de ses occupants, Hassan y entra comme simple étranger. Il observa longuement leur fonctionnement et apprit à les connaître presque au cas par cas. Il entreprit alors de prêcher à l'insu du propriétaire. Deux ans seulement après son arrivée, la totalité des habitants et même des villages environnants se rallia à Hassan contre le propriétaire et se convertit. Désormais maître d’Alamut, le jeune Perse continua de prêcher en attendant que Nizâr accédât lui aussi au trône.
C'est en 472/1094 que le calife décéda. Bien que triste en soi, la nouvelle avait un arrière-goût savoureux. Le vizir, proche conseiller du calife, ne détenait son poste que depuis la mort de son propre père, un mois auparavant. Il s’était octroyé le surnom d'Al-Afdhal (le Meilleur), l’on peut apprécier toute l'étendue de sa modestie. Pour des raisons très personnelles, il préféra Ahmad, le jeune cadet, à Nizâr. Une indignation frappa les ismaéliens perses. Pour eux, ce jouvenceau de vingt ans aussi inexpérimenté qu’influençable ne constituait pas le plus qualifié des califes. De plus, Nizâr était l’aîné, il avait donc pour lui à la fois les qualités et la tradition. À l’entente de cette protestation, Al-Afdhal fit appel à la sœur du feu calife qui confirma qu'avant sa mort celui-ci avait désigné son second fils. Par ailleurs non content de lui offrir le pouvoir, Al-Afdhal, dans un élan de générosité indubitable, offrit également la propre main de sa fille à Ahmad. Il semblait lui porter une affection sans borne. Si l’attente d’un renouvellement du pouvoir durait depuis près de 25 ans, Hassan comprit qu’avec Al-Afdhal il restait une once de poison dans ce sang neuf apporté à la tête du califat.
Comme une étrange coutume, les tensions politiques devinrent batailles militaires. Nizâr fuit le Caire pour se réfugier à Alexandrie où il s'allia avec le gouverneur que le poste de vizir ne rebutait pas. La première rixe donna lieu à une victoire. Seulement la riposte permit le siège d'Alexandrie. Ils furent poussés à la reddition. Le gouverneur se retrouva exécuté et Nizâr emprisonné sous l'impulsion de son propre frère, entraîné dans une guerre dont il n'avait même pas conscience qu'elle n'était pas la sienne. La prison se révéla dernière demeure de l'aîné et de son fils en 475/1097. Grâce à la complicité de quelques serviteurs, le petit-fils de Nizâr put échapper à ce sort et rejoindre Alamut. Élevé par Hassan, les partisans de Nizâr (les Nizârites ou Nizâriyya), le considérèrent comme leur vingt-et-unième Imam. Ahmad prit le surnom d’Al-Musta`li. De là le nom de ses disciples : les Mustaliens (Musta`liyyi). Comme une étrange coutume, les batailles militaires devinrent scissions spirituelles.
Ainsi se déroulèrent les premières années déjà fortement mouvementées des Nizârites, auxquels appartiennent Kiyâ et son fils. En me permettant un saut d'un quart de siècle afin de revenir en 496/1118, je vous laisse apprécier les années suivantes qui, d'une certaine manière, s'étendent jusqu'à nos jours.
Kiyâ et Muhammad arrivèrent à l'une des huit portes de la capitale administrative et se mirent en bout d'une queue assez longue. L'attente leur accorda le temps d'admirer le panorama. La muraille était d'une taille impressionnante. Haute comme six hommes, elle vous écrasait de toute sa force et sa splendeur. De plus par-delà les briques crues qui la composaient, elle se parait de tout un tas de décorations. Le père prêcheur apprécia particulièrement le bandeau qui s'allongeait vers une autre porte à quelques dizaines de mètres plus au nord. De marbre blanc, elle affichait un texte dans un coufique agréablement fleuri célébrant la construction de la muraille quelques 40 ans plus tôt. L'ensemble donnait l'impression qu'à tout moment ces tonnes de briques pouvaient s'effondrer sur vous si la ville vous jugeait indigne de pénétrer son enceinte. C'était effrayant et fascinant à la fois.
Les deux Nizârites avaient commencé à apercevoir ces remparts peu de temps après l'altercation avec Habib Qazam. « C'est sublime. Je n'imaginais pas un tel écart entre al-Qâhira et Alamut » s'était émerveillé Muhammad. Kiyâ n'aimait pas voir son fils adopter des comportements puérils. Après tout à 16 ans il était presque un homme. Bientôt son apprentissage de la foi, dans sa forme actuelle, prendrait fin. Il devrait terminer seul le chemin vers Dieu et, espérait-il, guider à son tour d'autres personnes. Peut-être un jour serait-il un da`i (missionnaire propageant la foi) à l'instar de son père. Lorsqu'il regardait son fils, il voyait un grand homme en puissance. Ce n'était pas par hasard que son épouse et lui l'avaient nommé Muhammad.
Toutefois, même lui qui avait vu le jour une vingtaine d'années avant l'adolescent n'était pas insensible à ce qu'eurent bâti les Fatimides. Certes il était convaincu qu'un homme de foi ne devait pas s'égarer devant les fantaisies humaines. Mais plus il fixait l'ouvrage, plus il savait qu'il ne pouvait s'agir en définitive que de l'esprit du Miséricordieux s'exprimant à travers les mains des hommes. Son prêche ne consisterait qu'en une mise en exergue des bienfaits de Son influence. Avant de pouvoir souffrir d'impatience, ils aboutirent à la bashura (barbacane) qui protégeait la Bâb al-Nasr (Porte de la Victoire).
- Alors tu te décides à avancer ? Beugla l’un des gardes, le tirant ainsi de ses pensées.

- Oui, excusez-moi, répondit Kiyâ en s'avançant avec son fils.

- Vous venez pour la première fois ?

- C'est exact.

- Qu'est-ce que vous venez faire à Qâhira ?

- Nous sommes ici pour propager le message divin. Je suis un da`i, mon fils m'accompagne pour apprendre.

- C'est important de transmettre la parole de Dieu à son fils et à toute la génération qui vient. Mais je vais devoir vous demander de suivre cet homme pour qu'il puisse vérifier que vous ne portez pas d'arme. Ici ce droit est réservé à l'armée et à la garde.

- Pourquoi sommes-nous fouillés ? S'étonna Muhammad. Les personnes devant nous n'ont pas été fouillées.
Le garde ne lui fournit aucune explication et se contenta de lancer un regard vers le paternel.
- Mon fils vous a posé une question, ajouta Kiyâ.

- Si vous voulez prêcher à Qâhira, il va falloir obéir à certaines règles. La fouille est la première d'entre elles. Mais nul ne vous oblige à venir. Libre à vous de retourner dans votre patelin paumé.
Le prédicateur finit par suivre le deuxième garde, avec son fils aux talons. Cet instant fut évidemment humiliant et désagréable mais heureusement relativement bref. Si c'était le prix à payer pour pouvoir représenter son courant religieux dans la capitale fatimide, alors il le paierait sans broncher. Il en profita pour faire de cette expérience un gain spirituel. « Chaque épreuve est une occasion de prouver à Dieu la foi inébranlable qu'on lui porte », enseignait-il à sa progéniture tandis qu'ils furent enfin autorisés à circuler librement dans la ville.
Ce ne fut qu'après tout cela qu'ils passèrent sous la Bâb al-Nasr. Elle était largement à la hauteur des remparts, de taille comme de beauté. Le linteau portait une inscription en coufique elle aussi. Il s'agissait de la shahada chiite (profession de foi). Directement à la suite de ce passage, père et fils tombèrent sur la gigantesque mosquée al-Hakim, construite en l'honneur du calife éponyme un siècle auparavant.
En écho à l'importance des constructions, répliquait l'importance de la population. Cela donnait une impression d'étroitesse des rues alors qu'elles dépassaient celles d'Alamut en largeur. Hassan l'avait prévenu que la ville abritait principalement des militaires mais il ne s'attendait pas à en voir autant. Parmi eux nombreux étaient les Seldjoukides, ce qui déplaisait fortement à Kiyâ. Voilà donc à qui il devrait professer sa foi. Vêtus d'une robe ample couleur or avec des manches blanches, l'uniforme des gardes symbolisait leur service en l’honneur de Dieu et du calife. Hiver oblige, ils s'étaient aussi couverts d'un vêtement plus personnel. Les soldats, eux, revêtaient une grande veste bleu ciel avec des boutons d'un côté et des barres horizontales pour les grades de l'autre. Pour sous-vêtement ils avaient une chemise jaune aux larges manches à bout rouge. Un turban également rouge à plumes bleues ornait chacune de leurs têtes. Au bout d’une lanière de cuir pendait le fourreau dans lequel ils rangeaient leurs longues rapières. Au terme de 15 minutes d'errance, il se décida à demander son chemin à l'un d'entre eux :
- Bonjour, savez-vous où se trouve la mosquée al-Azhar ?

- Ouais et c'est pas dans le voisinage. Al-Azhar est dans le quartier du calife. T'es dans un quartier militaire là.

- Et où est ce quartier du calife ?

- Au centre de la ville. Où d'autre ? Tu vois les deux palais là-bas ? Va dans cette direction et tu finiras par tomber sur la mosquée.

- D'accord je te remercie, acheva Kiyâ sans grande conviction.
Tout à coup, Muhammad avait disparu. Il le chercha un moment dans la foule avant de le retrouver discutant avec un homme :
- Hé ! Ne touche pas à mon fils !

- Du calme, nous ne faisons que parler. Il me disait votre besoin de trouver un endroit où dormir.

- C'est un banquier, père. Nous pourrions dormir chez lui.

- On ne t’a rien demandé. Je n'ai que faire de votre hospitalité à vous autres.

- Père, il faut bien que nous nous trouvions un toit. Où allons-nous dormir ?

- Nous trouverons toit chez nos frères, pas chez eux.

- Faites comme il vous plaît. En tout cas, si votre avis change vous me trouverez dans le nouveau quartier commercial.
Quittant cet énergumène, les deux missionnaires rejoignirent la rue principale menant aux deux palais. Le père reprocha au fils sa conversation avec ce banquier juif. « Ceux-là se sont pervertis dans le négoce. S'il t'adresse la parole ce n’est jamais que pour te vendre quelque chose voire te vendre tout court. » Le reste du chemin se perpétua sans un son de leur part. Cela était favorisé par le raffinement du Grand Palais où s’établissaient traditionnellement la vie de cour, l'administration et la famille du calife. Le Petit Palais, lui, était réservé au prince et à sa cour. Ils méritaient tous deux le coup d’œil mais al-Azhar était leur destination.
Son minaret s'élevait tellement haut que le da`i n’osât en évaluer l’altitude. On ne pouvait la considérer comme appartenant aux hommes. Céleste elle était. Un morceau de Dieu offert aux sens humains. On comprenait facilement pourquoi les habitants des environs, que ce fût Fustât (la capitale économique) ou al-Qatai, venaient s’y presser tous les vendredis écouter le sermon du calife jusqu’à en déborder l’enceinte.
Les deux visiteurs parvinrent jusqu'à la porte de bois massif grande comme deux hommes. Du métal la décorait comme à l’accoutumée en Orient. Bien loin l’austérité d'Alamut et là encore Kiyâ n'y était pas insensible. L'entrée magnifiquement pavée d’une mosaïque amenaient, par le biais des corridors qui le ceignaient, au sein du sahn (cours où se déroulait la prière). Plusieurs centaines d’âmes pouvaient être accueillies en ces lieux, peut-être plus. À l’ombre de colonnes de marbres immaculées, les couloirs donnaient accès aux quelques pièces de la mosquée. Mais pour l’essentiel, c’est-à-dire le sahn, le bâtiment s’ouvrait à l'immensité du ciel. Au-dessus des corridors n’étaient acceptés que les hauts personnages dont le calife qui prêchait sur sa chaire. Il se dressait donc, durant les temps de prières, à plus de trois mètres au-dessus des fidèles recroquevillés sur leurs tapis de prière. De l'intérieur, on voyait mieux combien le minaret était beau, imposant et bardé de motifs rocailleux.
Kiyâ était tellement abasourdi de voir cet ensemble de colonnes et de voûtes sublimement décorées qu'il n'avait pas vu l'homme qui priait au milieu de la cour. Il reporta son attention sur la fontaine des ablutions qui ne faisait pas honte à la splendeur du lieu. Un toit en pierre surmonté d'une semi sphère cerclée par des inscriptions en arabe abritait l’eau. Le poids de ce toit était soutenu par des colonnes. Malgré lui son regard se reposa sur l'homme.
- Mate-moi ça, Muhammad. Quel imbécile celui-là ! Il n'a pas compris que la masjid (mosquée) ne sert qu'à prier en communauté ? Retiens ce que je vais te dire, fils. Le Coran nous enseigne que tout endroit est convenable pour la salât (prière) car Dieu en est le Créateur. La masjid, je le répète, ne sert qu'à faire de la salât un temps de convivialité. Ce lieu n'est pas plus sacré que tous ceux que nous avons traversés pour arriver jusqu'ici. C'est pourquoi il n'y a pas de masjid à Alamut. Nul besoin, Le Pacificateur se trouvera partout où tu pourras poser le pied. En principe, toutes ces jolies décorations ne sont que superficielles donc superflues, une perte de temps et d'argent.

- Pourquoi vient-il ici pour prier dans ce cas ?

- C'est la bonne question que tu poses là, fils. Il est sans doute convaincu qu'il faut être entre ces murs pour qu'Il nous entende. Conspue ces croyants plus encore que tous les mécréants du monde. Pour être aussi con, il ne peut qu'être sunnite. Mêmes les Musta`liyyi ne le sont pas autant. Allons voir l'administrateur, c'est préférable pour nos humbles yeux.
Ils quittèrent donc le sahn et s'engouffrèrent dans les couloirs. Sur le chemin, Kiyâ expliqua à son disciple la raison pour laquelle il se plaisait à se promener dans cette mosquée. Son nom signifiant « Celle qui est d'une blancheur éblouissante » rendait hommage à Fatima. On la surnommait effectivement Fatima Zahra, c'est-à-dire l'Éblouissante. Les Nizârites s'étaient écartés du pouvoir fatimide mais la figure de cette femme leur restait commune. Le fait que la mosquée soit un hommage à celle-ci aiderait peut-être les deux visiteurs à obtenir ce pourquoi ils ont fait un si long voyage. De plus d'une blancheur éblouissante on ne pouvait dire qu'elle ne l'était pas cette mosquée. L'image du sahn persistait dans son esprit et il n'avait que hâte de s'y rendre à nouveau et d'y prodiguer son enseignement. Ils arrivèrent tous deux à la porte du bureau de l'administrateur, toquèrent et entrèrent lorsque cela leur fut autorisé.
- As-salâm 'aleïkoum (Que la paix soit sur vous), administrateur, salua le père.

- 'aleïkoum salâm.

- Je me présente, Kiyâ Buzurg-Ummîd et voici mon fils Muhammad.

- Oui ?

- Oui. Nous venons à vous de la part d’Hassan ibn Sabbâh et de tous les Nizâriyya.

- Les Nizâriyya, hein ?

- C'est exact.

- Et que me veulent donc les Nizâriyya ?

- Notre souhait est simple : nous désirions avoir la possibilité de présenter notre foi aux habitants de cette ville.

- Faites donc, répliqua t-il avec un sourire aux lèvres.

- Je me suis mal exprimé. Nous aimerions pouvoir faire cela à l'intérieur de votre mosquée. Je dois dire qu'elle est resplendissante. Autant que l'était certainement Fatima Zahra.

- Cela ne fait aucun doute.

- Nous savons que des sessions de sagesse ont lieu ici. Ce que nous souhaiterions c'est d'en avoir une qui nous soit modestement réservée, dans le but d'expliquer la foi nizârite à nos frères.

- Nos frères y gagneraient donc de connoître un courant minoritaire, c'est ça ?

- C'est... c'est ça, bafouilla le da`i.

- Et moi, qu'est-ce que j'y gagnerais ? Je ne parle pas d'argent bien sûr, cela ne m’intéresse guère.

- Vous y gagnerez...

- Une mosquée un peu plus ouverte spirituellement, acheva Muhammad à l'étonnement des deux autres.

- Pertinente remarque, approuva l'administrateur. Cela demande encore réflexion. Jusque-là les sessions de sagesse ne concernaient que les Musta`liyyi. Mais je reconnais pouvoir être intéressé par une ouverture à d'autres courants isma`ili. Après tout, nous sommes tous muslim (musulmans). Il faudrait voir ce que cela peut donner. Si nous mettons une session en place, je peux vous proposer une heure pour Al-Khamis (le cinquième2) en début d'après-midi.

- Parfait.

- Faisons donc ainsi.

- Au revoir, dit Kiyâ en se levant et en tendant sa main.

- Au revoir, répéta l'administrateur en la lui prenant. J'assisterais au moins à votre première fois.

- Ce sera un plaisir.
L'affaire conclue, ils pouvaient partir de là. Kiyâ prit un pas pressé afin d'éviter la pénible vue de cet homme qui priait seul dans la mosquée. Ils traversèrent les couloirs à toute vitesse. L'homme en question enroulait son tapis. Ils accélérèrent le pas comme s'il portait la lèpre. Arrivés dehors, ils furent pris d'un intense soulagement.
- Muhammad ? Appela le père.

- Accepteriez-vous de vous délester d'un peu de votre argent pour que je puisse survivre ? Interrompit un mendiant.

- Tiens, brave homme, cela devrait suffire à ce que tu passes la nuit à l'abri de l’hiver, répondit Kiyâ en lui donnant quelques dinars fatimides brillants d'or.

- Béni sois-tu. Le Très-Haut t'observe et voit comme tu es bon.

- C'est gentil de ta part. D'ailleurs si tu veux toi-même m'aider, dis à tous ceux que tu croises qu'un da`i leur parlera de la foi nizârite en début d'après-midi Al-Khamis.

- Je le ferais.
Le mendiant s'en alla et aborda effectivement les personnes qu'il croisait. Il ne parla pas à tous car cela lui aurait pris plusieurs vies mais le cœur y était. Le père et le fils continuèrent leur chemin dans l'autre sens de la rue. Ils passèrent devant un bâtiment aussi majestueux que la mosquée.
- Demain c'est ici que nous irons, informa Kiyâ.

- C'est la Dâr al-Hikma (Maison de Sagesse) ?

- Oui, c'est cela. Au début ce n’était qu’une madrasa (école coranique). Regarde ce qu'elle est devenue à présent. C'est grâce au calife Al-Hakim qu'a été fondée cette Maison de Sagesse. Il y a de cela plus de 100 ans, une époque où les Fatimides étaient encore dans le droit chemin. Devine quel était le prénom du père d'Al-Hakim.

- Muhammad ?

- Non, petit présomptueux, dit le père en riant. C'était Nizâr ! Comme quoi seuls les Nizâr et leurs fils ont su faire de bonnes choses dans cette famille.
Muhammad demeura silencieux, le visage tourné vers la Maison de Sagesse avec un air pensif. Son paternel fit de même avant de reprendre :
- Il paraît que leur bibliothèque contient plus de 20000 ouvrages. Grecs, chinois, perses, indiens et arabes, s'offrent à toi des textes d'origines très diverses. C'est autant de temples du savoir. Voilà encore ce que tu ne dois pas oublier, mon fils. La première chose que fait un instructeur c'est de s'instruire lui-même. C'est la première qu'il fait en tant qu'instructeur et certainement la dernière en tant qu'homme.

- Je n'oublierais pas, père.

- Je voulais aussi te demander une chose. Comment as-tu su que l'ouverture spirituelle de la mosquée serait un argument qui toucherait l'administrateur ?

- C'est justement en lien avec la Maison de Sagesse. Comme tu le dis, elle contient des livres d'origines diverses. Or la madrasa qu'elle était au départ était liée à la mosquée Al-Azhar. Et depuis, la Maison de Sagesse y est aussi liée. Je me suis donc dit qu'une personne désirant s'occuper d'une mosquée avec des liens si forts, puisque les deux bâtiments sont face à face, ne pouvait qu'apprécier l'ouverture. Sans ça, il y aurait plus de chance qu'il soit administrateur de la mosquée Al-Hakim.

- C'est un bon raisonnement, mais il aurait pu par exemple être là parce que la place à Al-Hakim était déjà pourvue.

- C'est une possibilité mais trop peu probable. Il fallait voir comme il était fier de t'entendre complimenter « sa » mosquée. Il n'avait pas l'air d'un homme qui convoitait une place ailleurs.

- Tu as le regard vif et perçant mon fils. C'est le signe d'une grande intelligence.

- Je ne fais qu'essayer d'être à la hauteur de ce que tu m'enseignes.
Le sourire empli de fierté, Kiyâ chercha un gîte pour fuir la nuit qui tomba insidieusement. La solidarité sur laquelle il comptait se fit longtemps attendre. C'est pourquoi, résigné, il accepta de rejoindre pour une nuit le quartier commercial à la recherche du banquier juif. Ils n'eurent pas trop de mal à le trouver et purent de cette façon achever au chaud cette journée pleine de rencontres particulières mais forcément excellente parce qu'ils l'avaient passé ensemble.
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