Epopee, histoire universelle et psychologie





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EPOPEE, HISTOIRE UNIVERSELLE ET PSYCHOLOGIE
communication au colloque de préparation à l’agrégation de Lettres Modernes sur La Légende des siècles, dir. J.-L. Diaz à Paris VII. SEDES / Romantisme, actes du colloque de Paris VII sur La Légende des siècles (2001).
Hegel, dans la partie de son Esthétique consacrée à l’épopée, explique pourquoi l’Histoire universelle se laisse mal saisir par la forme épique1. L’épopée est en effet une particularisation du général dans la concrétude, et l’Histoire universelle, une conceptualisation du devenir. Alors que le but de l’esprit humain ne saurait s’offrir qu’à la seule pensée, celui de l’action épique est pleinement concret. Il manquerait à l’épopée de l’Histoire universelle un but concret, mais aussi un « arrière-fond et un état du monde précis », et surtout une inscription des faits généraux dans les désirs, les passions, les souffrances, les efforts de héros déterminés, d’individualités concrètes. Bref, l’épopée de l’Histoire universelle ne serait pas épique. Le projet d’une épopée du genre humain est, pour Hegel, aporétique.

Or, aux yeux de Hugo, en ces temps de détresse où partout triomphe la tyrannie, la France, l’Europe, le genre humain ont plus que jamais besoin d’une « épopée humaine » qui donnera à l’Humanité la mesure de sa vraie grandeur, et la conscience de son inscription dans une Histoire qui a un sens, le Progrès. C’est pourquoi il écrit Les Petites Épopées. La fragmentation du Grand Récit est la résolution poétique de l’antinomie entre épopée et Histoire universelle. « l’Humanité, considérée comme un grand individu collectif accomplissant d’époque en époque une série d’actes sur la terre » est bien le héros de La Légende des siècles comme l’annonce sa préface2; mais cette Histoire universelle se particularise en une série de brèves épopées qui évoquent, dans « un état du monde précis », des individualités particulières, dirigées vers des buts concrets, et qui viennent symboliser les « changement[s] de physionomie de l’Humanité »3. Comment la psychologie mise en forme par l’écriture participe à cette logique de particularisation et de concrétisation du Progrès universel dans et par l’écriture épique, c’est ce que nous allons tenter de déterminer. Pour cela, il faut peut-être rappeler au préalable que Hugo écrit dans un contexte où la psychologie appartient disciplinairement à la métaphysique, et ne dissocie pas l’étude du psychisme de la morale. Par ailleurs, l’Histoire n’est pas non plus séparée de la morale (ce n’est qu’en 1892 que la chaire générale d’Histoire et de morale sera supprimée au Collège de France). Cette association de l’Histoire et de la morale fait alors d’autant moins problème à la discipline historique que ses trois plus hautes figures, Renan, Taine et Fustel de Coulanges, considèrent l’Histoire comme une « science de l’âme », c’est-à-dire, au sens propre, une psychologie4. Dans ce contexte, la psychologie, l’étude des phénomènes psychiques et moraux, intéresse tout autant le premier sous-titre de La Légende des siècles : Histoire, que le second : Les Petites Épopées.

A travers les personnages des Petites Épopées, cette « grande figure une et multiple » qu’est l’Homme devient un ensemble d’individualités auxquelles est conférée une psychologie, c’est-à-dire à la fois des caractères, des passions et des émotions. Ces caractères, ces passions et ces émotions ont pour particularité, toute épique, de pouvoir se réaliser sans reste dans l’action. La connexion de l’Histoire universelle et des épopées est garantie par l’extrême simplicité de la psychologie des personnages, extrême simplicité qui en fait des types, non des personnalités idiosyncrasiques. Cette évacuation des idiosyncrasies interdit au Grand Récit du genre humain de s’effondrer dans l’arbitraire des motivations personnelles et de s’enfoncer dans une particularité si marquée qu’elle dissiperait toute possibilité de généralisation. La motivation des actes est rarement psychologique – et quand elle l’est, le trait psychologique motivant est entièrement conditionné par la situation historique et politique. Ainsi Zim-Zizimi demande aux sphinx de chanter parce qu’il s’ennuie, mais cet ennui résulte de la solitude du despote oriental, « Le trône ne pouvant avoir de conviés »5. L’Histoire ne prend pas son sens dans l’analyse de la psychologie singulière des personnes qui la font ou la défont. En un temps où l’historiographie développe le portrait et la biographie, qui, affinant les traits psychologiques des hommes historiques, permettent de comprendre leurs actions et les événements que celles-ci ont déclenchés, Hugo choisit au contraire de grossir les traits, de peindre ses personnages au couteau, d’un geste large qui tire l’épopée du XIXème siècle vers le primitif. Un « nom sanglant » peut suffire à peindre un personnage, Materne le féroce, Gesufal le Cruel6. La Légende comporte très peu d’éthopées, privilégiant l’esquisse rapide (« Mon père, ce héros au sourire si doux »7) qui ne vise pas à faire du personnage une totalité, mais à le rendre concret, mettant ainsi de la chair autour du squelette de l’Histoire et cela sans interrompre le récit de l’action, maintenue au premier plan. Ce primat de l’action fait que, lorsqu’elle se concentre et se systématise, la qualification du personnage préfère à l’éthopée les différentes formes de descriptions narrativisées, l’hypotypose, le portrait-exemplum, la description homérique. Ainsi la description d’Eviradnus intrique l’hypotypose, qui caractérise au présent ou à l’imparfait le personnage par ses actions habituelles, réitérées dans la durée de sa longue vie, et le portrait-exemplum, type de caractérisation typique de l’hagiographie, qui constitue, à l’aoriste, une action singulière du personnage en signe exemplaire de sa personne :

[…]

Il défendit Alix comme Diègue Urraca ;

Il est le fort ami du faible ; il attaqua

Dans leurs antres les rois du Rhin, et dans leurs bauges

Les barons effrayants et difformes des Vosges ;

De tout peuple orphelin il se faisait l’aïeul [.]8
La description d’Eviradnus, retarde le commencement du récit mais sans qu’on sorte d’un monde où les êtres sont essentiellement ce qu’ils font. Cette identification de l’être au faire, et de la caractérisation à la narration – spécifique de l’épos pour Hegel comme pour Goethe9-, se réalise intégralement dans la comparaison homérique. Celle-ci se fond dans le récit, pour présenter le personnage dans le feu de l’action, par touches successives, qui, à la différence des traits rapides de l’esquisse, forment une image cohérente de l’individu, dans son unité et sa multiplicité. Ainsi de la description d’Aymerillot, qu’on ne peut dissocier de l’action dont il est le héros.

A cette économie énergique de la description des personnages (tant physique que psychologique d’ailleurs) s’ajoute une autre économie, celle du très petit nombre de caractères psychologiques, de passions et d’émotions qui leur sont attribuées. Le vocabulaire des affects est dans La Légende extrêmement rudimentaire : « Or je suis triste, et c’est le cas d’être joyeux », dit Charlemagne à Naymes10 ; « Nous avons le cœur gros », dit Onfroy à Ratbert11. Ici, la simplification des émotions fonctionne évidemment comme un indice, lui-même à la fois historique et psychologique, de la rudesse psychologique imputée aux Hommes du Moyen Âge – rudesse qui dans La Légende est un trait héroïque (les héros « manquent de psychologie », à la différence des rois machiavéliques). Mais le plus souvent la simplification des émotions est assumée par le narrateur lui-même, qu’il mime ou non le récit naïf d’une épopée primitive, ou d’un récit populaire. « Le bon roi Charle est plein de douleur et d’ennui ; / Son cheval syrien est triste comme lui »12 ; « Jeannie est bien plus triste encor. Son homme est seul ! »13 ; « Aigle, ne maudis pas, au nom des clairs torrents, / Les tristes hommes, fous, aveugles, ignorants »14. Les émotions sont peu nombreuses dans La Légende : joie, tristesse, peur. Les passions se ramassent dans la haine et l’amour. Les vices et les vertus sont à peine déclinés, « les vices » des « méchants » s’opposant aux « vertus » des « bons ». Nous simplifions à peine le recueil en disant que la caractérisation psychologique des personnages combine neuf couples d’attributs antithétiques, subsumés à un couple fondamental, celui de la poétique aristotélicienne : noble et bas. Ces  neuf couples sont : courageux / lâche, farouche / servile, chaste / lascif, loyal / déloyal, généreux / envieux, doux / violent, pitoyable / impitoyable, juste / injuste, songeur / réaliste15. La majorité de ces attributs renvoient à des qualités morales, bonnes ou condamnables, et qui « sont des produits de l’activité consciente » et non pas à ce que Hegel appelle « le côté naturel du caractère », côté propre à l’épique – le courage, la lâcheté, et, ici, la douceur et la violence16. Or précisément, il semble que le texte hugolien invalide cette distinction, qui chez Hegel discrimine le monde épique et le monde dramatique, pour faire des qualités et des défauts moraux des traits de nature. En outre, la restriction des possibles de la caractérisation permet l’articulation entre La Légende des siècles et Les Petites Épopées : entre l’Histoire du genre humain et celle des personnages dans la mesure où ces qualifications suffisent à dessiner le développement moral (psychologie et éthique confondues) de l’Humanité en conférant à celui-ci la naïveté de traits propre aux épopées naturelles. Ce développement moral ne se laisse pas séparer du devenir politique de l’Humanité, et ces neuf couples d’attributs caractérisent les individus-personnages dans leur appartenance à des groupes paradigmatiques, des « chaînes d’identités », pour reprendre l’expression de Michelet, ou encore des rôles.

Quatre de ces rôles sont biologiques (les êtres de la Nature, la femme, l’enfant, le vieillard), tandis que les quatre autres s’inscrivent dans une perspective théologico-politique. Le premier de ces groupes réunit les prophètes (Moïse, le philosophe, Jésus, Mahomet, Jean, le satyre, le Volcan, l’aigle de Suisse et le « je » qui lui répond, le visionnaire de la fin de « Sultan Mourad », celui de la fin du recueil). Le second, dont le chevalier errant est le modèle, rassemble les lions, les chevaliers, « mon père », les « pauvres gens », l’âne, les hommes de « l’épreuve ». Le troisième groupe est celui des olympiens : despotes, faux dieux, soldats mercenaires, enfants cruels, « Tous les tyrans n’étant qu’un seul despote au fond »17. Enfin le quatrième relie les « faibles », les écrasés, les exclus : le mendiant idiot, le porc, le crapaud, le « tas » des hommes aplatis sous le tyran. Le caractérisation rudimentaire permet, dans une « chaîne d’identité » donnée, de traiter de la même façon les personnages collectifs et les personnages individuels. Les personnages individuels sont en effet maintenus à un haut niveau de généralité, tout en étant concrets – ce sont des types ; l’individualisation ne nécessitant pas l’approfondissement des caractères, les personnages collectifs peuvent être traités comme de « grands individus collectifs », pour plagier la préface. N’étant, encore une fois, jamais idiosyncrasique, une qualification peut ainsi circuler d’un personnage collectif à des personnages singuliers : dans la section des « chevaliers errants », la caractérisation du collectif dans le poème liminaire est homogène à celle des héros des deux autres poèmes, Roland et Eviradnus. La psychologie de La Légende ne renvoie jamais à la psychologie des peuples, aux « esprits nationaux » dont les épopées pour Hegel sont les plus hautes émanations18. Elle n’en est pas moins trans-individuelle. Et la caractérisation élémentaire, ou, comme on voudra, synthétique, permet de rendre lisible l’inscription des personnages dans les groupes paradigmatiques, ou rôles, qui font médiation entre le genre humain et les hommes, auxquels se mêlent « ces êtres différents de l’homme que nous nommons bêtes, choses, nature morte »19.

Le psychologique en effet ne recoupe pas l’anthropologique. Ce que nous « nomm[ons] chose, objet, nature morte, / Sait, pense, écoute, entend »20 ; l’univers est une échelle des êtres allant du brin d’herbe qu’on foule à « Celui qu’en bégayant nous appelons Esprit, / Bonté, Force, Equité, Perfection, Sagesse »21. Aussi la psychologie n’introduit-elle pas de solution de continuité dans l’infini vivant, et l’existence morale déborde les frontières de l’humain pour se diluer en « tout ». Ainsi, la simplification de la psychologie des personnages humains permet de reverser de manière homogène ses qualifications et émotions sur les bêtes :
Le bon roi Charle est plein de douleur et d’ennui ;

Son cheval syrien est triste comme lui.

Il pleure ; l’empereur pleure de la souffrance

D’avoir perdu ses preux, ses douze pairs de France [.]22
Que désigne le pronom « il » dans l’expression « il pleure » ? Charlemagne, ou son cheval : Hugo joue sur l’équivoque des structures anaphoriques pour inscrire dans le même pathos l’empereur et la bête. La réduction de l’ensemble des émotions à un très petit nombre d’affects élémentaires permet donc de tisser ensemble dans la même peur, la même joie, la même tristesse, l’Homme et le cheval, ou l’âne et le crapaud, « triste, - hélas ! penché sur un plus triste »23. A cette dilution des émotions hors des frontières de l’humain s’ajoute l’homogénéité des caractérisations des personnages anthropomorphes et des personnages non anthropomorphes, homogénéité qui permet d’intégrer par exemple le lion d’Androclès dans la série des chevaliers. L’assertion qui vaut pour Eviradnus, « Le moins fier des oiseaux n’est pas l’aigle barbu », vaut évidemment aussi pour l’aigle helvète. La qualification psychologique des personnages use ainsi très souvent de raccourcis en convoquant tout un bestiaire dans lequel se concentre le répertoire des caractères humains. Sigismond est le tigre, Ladislas le chacal24, « Charles fut le vautour, Philippe est le hibou »25. L’utilisation de ce bestiaire tend à estomper la frontière entre humanité et animalité, et à faire de l’animalisation l’instrument même d’une psychologisation des personnages historiques à la fois générale et concrète, s’intégrant ainsi au double niveau de l’Histoire universelle et des Petites Épopées.

Et ce n’est pas seulement la limite qui sépare les Hommes des bêtes qui s’estompe, mais plus globalement celle qui sépare le moi du monde, qui n’est pas un non-moi. L’existence psychique et morale, les phénomènes psychologiques n’établissent pas de ligne de démarcation entre les Hommes et la Nature26. Les phénomènes naturels, les choses mêmes semblent habités par les mêmes émotions que les hommes : « On entend, dans sa rauque et vaste inquiétude, / Passer sur le hallier, par l’été rajeuni, / Le vent, onde de l’ombre et flot de l’infini »27, et l’« On dirait que la porte / A peur de remuer tout haut ses deux battants »28. La nature, que nous appelons morte, est vivante, et participe avec l’Homme à la vaste vie psychique de l’infini en devenir :
De l’ombre à la clarté, de la base au sommet,

Une fraternité vénérable germait ;

L’astre était sans orgueil et le ver sans envie ;

On s’adorait d’un bout à l’autre de la vie [.]29

Cette participation a son revers sombre – « Le mont, complice et noir, s’ouvre en gorges désertes »30, pour laisser passage au « torrent de rois »31, mais ce revers même anticipe sur l’idylle dans laquelle se dissoudra l’épopée32, la communauté élargie à l’ensemble de ce tout qui « Sait, pense, écoute, entend ». Hugo ne reprend que très rarement dans la Première Série le topos de l’indifférence de la Nature au désastre historique33. La nature souffre avec l’Humanité, si bien que l’hypallage – « Les champs hagards sont pleins de sombres débandades »34 - ne fait plus figure, signifiant littéralement que « tout est plein d’âmes »35. Les fleurs de la rhétorique n’ornent pas, mais configurent la participation des hommes et de la Nature à la même vie morale :
Le mont regarde un choc hideux de javelines,

Un noir buisson vivant de piques, hérissé,

Comme au pied d’une tour que ceindrait un fossé,

Autour d’un homme, tête altière, âpre, escarpée,

Que protège le cercle immense d’une épée. 36
A travers les analogies et l’hypallage, l’écriture produit une confusion des distinctions qui marquent les degrés de l’échelle des êtres, et affirme ainsi l’unité des moi du monde, Homme compris. Le même principe et la même visée sous-tendent la description de l’environnement des héros, métonymie de leur univers historique, synecdoque de leur être, et hypallage, transfert de leurs efforts, de leurs souffrances et de leurs désirs dans le monde qui les entoure. A moins que ce ne soit l’inverse, et que la vie morale des êtres humains ne soit l’émanation la plus manifeste, parce qu’elle peut passer par le langage, des émotions, des passions, des vices et des vertus qui travaillent l’ensemble du devenir (c’est toute la description de ce personnage qu’est le mont Corbus dans « Eviradnus » qu’il faudrait relire dans cette perspective). Si aucun des personnages de
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