̶ utopie, imaginaires partagés, rencontres baroques et obliques ̶̶





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La Campagnie des Musiques à Ouïr

Association d’artistes,

regroupés autour d’un orphéon dada de poche :

̶ utopie, imaginaires partagés, rencontres baroques et obliques ̶̶


Brigitte Fontaine et Les Musiques à Ouïr

Ô Brigitte !

Brigitte Fontaine & les Musiques à Ouïr

s'associent et nous font découvrir un univers poétique fort et intense

dans une orchestration originale.
Ses textes sont dotés d'une écriture à la fois classique et totalement baroque

empreinte d'une grande connaissance de la littérature française.

Son goût immodéré pour le métissage lui fait côtoyer

les univers intenses du free jazz ou les musiques orientales,

ses origines bretonnes ne l'empêchent pas non plus

de se frotter à la nouvelle vague New Yorkaise.
Place est faite à la délicatesse et au propos juste des mots entremêlés.

.

Ô Brigitte ! est une coproduction Train Théâtre - scène conventionnée chanson - Scène Rhône-Alpes et Trianon Transatlantique - scène conventionnée chanson francophone et résidence d’artistes – En partenariat avec l'Onde & Cybèle / Festival La Voix est Libre" et le Centre FGO Barbara.

Présentation

La poésie francophone est aujourd’hui fort vivante, celle de Brigitte Fontaine nous ouvre les portes d’un palais où se jouera une symphonie intemporelle, onirique et sacrée.

On y redécouvre une écriture à la fois classique et totalement baroque empreinte d’une grande connaissance de la littérature française, de Rimbaud, de Verlaine et l’on ne peut ignorer Jérôme Bosch, Serge Gainsbourg, Mahmoud Darwich.

Son goût immodéré pour le métissage lui fait côtoyer les univers intenses du free jazz (Art Ensemble of Chicago) ou les musiques orientales (avec son compagnon de route Areski Belkacem), ses origines bretonnes ne l’empêchent pas non plus de se frotter à la nouvelle vague New Yorkaise (Sonic Youth).

Tout cela constitue un terrain fort propice à l’exploration et la relecture propre à l’ouvrage des Musiques à Ouïr et nous ne manquons pas de nous y plonger avec fougue et délicatesse.



Distribution

Loïc LANTOINE : Chant

Oriane LACAILLE : Chant

Elise CARON : Chant

Denis CHAROLLES : Percutterie, guitare, chant

Julien EIL : Clarinette basse, saxophone baryton, flûte traversière

Alexandre AUTHELAIN : Saxophone ténor, clarinette, synthétiseur

Aurélie SARAF : Harpe, chant

Claude DELRIEU : Accordéon, chant

Cédric LE GAL : Régisseur son

Responsable artistique Denis CHAROLLES

Ô B r i g i t t e !
Déesse enfant au luxe de Porphyre

Brillante absente et décharnée

Tout droit venu des précipices

Intense déesse des abysses

L’immonde tel un gant

Côtoie l'ardente chair de tes mots venins

Et c'est dans un palais

Abbesses ou à saint louis

Que tu règnes et sans cesse

Tutoie les gueux, les mistigris



Autour d'une orchestration originale, les textes de Brigitte Fontaine seront mis au grand jour, dans la nudité la plus intimiste. Sortiront aussi des fulgurances comme ah que la vie est belle en samba endiablée, comme à la radio, comme à la radio !!! , je suis conne, cet enfant que je t'avais fait, la symphonie pastorale.

N'en disons pas plus.

Place est faite à la délicatesse et au propos juste des mots entremêlés soufflant une musique de feu.

Vive la poésie.

Denis Charolles

Les artistes



  • Brigitte Fontaine

Brigitte Fontaine est une auteur-compositrice interprète, comédienne, dramaturge et écrivaine française

Fille d'instituteurs, Brigitte Fontaine développe très tôt son goût pour l'écriture et la comédie. Son enfance, qu'elle déclare globalement heureuse, se déroule à Plouyé, une petite commune du Finistère, puis à Morlaix. Son adolescence, à Brest, semble avoir été le moment de nombreuses épreuves, qui l'ont durablement marquée. Son bac littéraire en poche, elle se rend à Parisà 17 ans, pour devenir comédienne. Elle joue notamment au théâtre de la Huchette dans La Cantatrice chauve d'Eugène Ionesco.

L'audience de Brigitte Fontaine s'est notablement élargie depuis le début des années 2000, et ses apparitions télévisuelles ne sont jamais banales. Humaniste et libertaire, Brigitte Fontaine l'est aussi depuis toujours dans ses engagements, comme lorsqu'elle signe le manifeste des 343 (en 1971 et en 2011), s'exprime (dès 1990) contre les guerres en Irak, soutient les étrangers en situation irrégulière et se prononce contre les prisons.

  • Denis Charolles (percutterie, guitare, chant)

Sans cesse à la recherche d’aventures artistiques nouvelles, il se plait à provoquer, rechercher un possible à travers les rencontres et les projets de croisements artistiques. Denis Charolles vire-valse en très bonne campagnie et « danse » une bien belle vie de sons, de couleurs, d’impressions, de sensations fortes. Maints projets autour de la Campagnie des Musiques à Ouïr lui ouvrent la porte à diverses aventures sous forme d’ateliers (fanfare de Banlieues Bleues, Osni Jazz «Le Nom du Truc» Grenoble jazz festival, Europa Jazz Festival), sous forme de créations lors de résidences, ou de commandes (écriture de musiques pour le spectacle « Sans Queue ni Tête » et « la nuit peut être » de Giselle Gréau, générique de l’émission « La fabrique de l’histoire » sur France Culture…). Des rencontres autour de la poésie de la danse dont « Le Bleu de Ipoës » en duo avec L’acteur Michel Richard , avec Giselle Gréau compagnie « Pas ta trace » ( musique et performance pour le festival Octobre en Normandie), Duo Avec Daniel Znyk sur un texte de Gherasim Lucas « Passionnément » dans le cadre du festival « la voix est libre » aux bouffes du nord à Paris.

Il joue aussi en solo dans une forme sans cesse réinventée, dans le quartet de David Chevallier « Pyromanes » avec Yves Robert et Michel Massot, « Mélosolex » avec Fred Gastard (sax basse) et Vincent Peirani (accordéon).

  • Oriane LACAILLE (chant, percussions)

Chanteuse, percussionniste, auteur, compositeur, interprète, Oriane Lacaille incarne un univers musical empreint du métissage des grands voyages.

Issue d'une lignée de musiciens, elle compte depuis ses 13 ans parmi les membres du groupe de René Lacaille. Elle a participé entre autres à l'enregistrement des albums Cordéon Kaméléon (2009 – Grand prix de l'Académie Charles Cros) et Poksina (2011).

En 2006, elle crée avec Coline Linder le duo féminin « Titi Zaro ». Ce duo, entre chanson à texte et blues réunionnais, séduit par une couleur qui lui est propre.

On a pu la voir sur scène avec des artistes tels que Loïc Lantoine, Fantazio, André Minvielle, Bob Brozman, Debashish Bhattacharya... Elle est une des interprètes du spectacle « Ô Brigitte », nouvelle création de La Campanie des Musiques à OuÏr autour de l'oeuvre de Brigitte Fontaine.

  • Loïc LANTOINE (chant)

Loïc Lantoine, c’est des couleurs musicales cuivrées et guinchantes - qu’il prolonge d’échappées jazz -, la voix burinée et l’inventivité du langage, rieur et furieux, intimiste et lyrique. On apercevrait bien encore, dans les gènes de ce natif du Nord, des échos de Rimbaud et des braises de Brel... De son propre aveu, il fait « de la chanson pas chantée », de la poésie scandée, détournée et railleuse.

Ce diable de bonhomme nous rappelle aux délices des amitiés, chantant le fichu plaisir que l’on a d’être tous ensemble. C’est sa plume à lui, hirsute, délicate et poétique, qui nous emporte sur la plupart des morceaux, et nous rappelle sans relâche le dérisoire de nos airs sérieux.

  • Elise CARON (Chant)

Auteur-compositeur, Elise Caron est une chanteuse contemporaine, aussi à l'aise dans l'improvisation que dans la comédie. Ses albums comme Le Rapatirole (1996), Chansons pour les petites oreilles ( 2003) et Eurydice Bis fin 2005. Elise Caron étudie l'art dramatique au CNR de Rouen et le chant au CNSM de Paris.

Soliste et improvisatrice à l'Orchestre National de Jazz sous la direction de Denis Badault, Elise Caron collabore également à de nombreuses créations de grands noms de la musique contemporaine, du Jazz et de la chanson (Jacques Rebotier, Fred Frith, Luc Ferrari, Claude Barthélémy, Aldo Romano, Albert Marcoeur...).

Très attirée par le théâtre, elle interprète Shakespeare, Sophocle, Ramuz, Brecht... sous la direction de François Marthouret, Bruno Bayen, Antoine Campo, Jérôme Savary (pour le rôle de La Perichole d'Offenbach) et Jean-Louis Martinelli pour l'Opéra de quat'sous. Côté cinéma, elle joue le premier rôle de Cocktail Molotov (1980) sous la direction de Diane Kurys, double la partie chantée de Virginie Ledoyen dans Jeanne et le garçon formidable (1998), tout en participant à quelques téléfilms.

  • Aurélie SARAF (harpe)

Harpiste, diplômée du CNSM de Lyon et de la Hochschule für Musik de Freiburg, Aurélie Saraf s’est ensuite tournée vers la création contemporaine, l’interprétation sur instruments d’époque, le théâtre musical et les musiques improvisées.

Elle s’est produite sur les plus grandes scènes françaises et internationales avec notamment l’Ensemble Intercontemporain, le Klangforum de Wien, l’Orchestre de Champs Elysées, les Musiciens du Louvre, ou encore le Malher Chamber Orchestra.

Elle a joué en soliste au Mozarteum de Salzburg, à la Philharmonie de Cologne, à Radio France et dans des festivals tels que Darmstatd, Musica à Strasbourg, Why note, Jazz à Vienne…

Au théâtre, elle a créé de nombreux spectacles ; Le Savon de F. Ponge et Ecrire de M. Duras avec la compagnie Petits Formats, L’Instruction de P. Weiss avec la compagnie de la lune blanche, Kiosk’Aperghis avec Singulière Compagnie, Chants d’Est avec Sonia Wieder-Atherton, une Saison en Enfer d’A. Rimbaud avec l’Oblio di me, Trois Sommes Eberluées de C. Tarkos au festival Musique de Notre Temps.

Elle a dernièrement enregistré Fidélité de G. Aperghis chez Ameson, disque qui a reçu le Grand Prix de l’Académie Charles Cros.

  • Alexandre AUTHELAIN (clarinette, saxophone, synthétiseur)

Au début, le piano et la clarinette. Il intègre le Conservatoire Supérieur de Paris, dont il reçoit le Premier Prix de clarinette.

En 1995 il commence l’improvisation, approfondit le jazz, l’harmonie et l’écriture.

Il a participé à l’Orchestre de Chambre de Clarinettes (dirigé par Mr Audejean), l’Orchestre Symphonique de Mâcon, dirigé par Mr Fonta puis le Philharmonie des Nations (dirigé par Justus Frantz).

C’est en 1997 qu’il commence le saxophone avec Akosh.S Unit puis intègre ensuite de nombreuses formations. A partir de 1999 il écrit sa musique, improvise et fonde son quartet IXO puis le groupe NOZE (électro). On a pu le croiser lors de tournées en France, en Europe et en Chine avec des représentations à Radio France, la cité de la musique à paris, des résidences avec IXO et Garage Rigaud au Théâtre de Poitiers, les festivals de jazz à Cologne, Jazz nomade, de Lectures contemporaines « La Mousson d’été ».


  • Claude DELRIEU (accordéon)

Auteur, compositeur, interprète, Claude Delrieu met en scène son propre rôle comme pour prouver que chaque être est unique, que créer est une normalité, un devoir. Le spectacle est une visite guidée à l’intérieur d’un personnage, joies et peines mêlées, il ne juge jamais, il constate, il décrit ce qu’il voit avec ses yeux et c’est troublant. Authentique exagéré, provocation détournée, humour décalé ou dérision réaliste sont les ingrédients de cette musique aux racines diverses et inattendues.



  • Julien EIL (flûtes, baryton, clarinette basse)

Flûtiste de formation classique, clarinettiste plutôt autodidacte, il obtient en 2003 une licence de musique option « jazz et musiques improvisées » à l’université Paris 8. Il joue dans divers contextes avec le batteur Denis Charolles, concerts avec Mélosolex et La Campagnie des Musiques à Ouïr (notamment aux festivals Aux Heures d’Eté, Nantes, Soirées La Belle Ouïe au Lavoir Moderne Parisien, et Banlieues Bleues). Lors de multiples rencontres ponctuelles, il joue avec Animus

Anima Trio (Belgique), André Minvielle, Jeanne Added, Vincent Peirani, Antonin Rayon, Denis Chancerel, David Chevallier.

Par ailleurs, il participe à des groupes de chanson, revisite le répertoire musette et compose des musiques pour la danse contemporaine (plusieurs créations de la compagnie l’En-Dehors) et le théâtre (Le Safran Collectif)



Revue de Presse
Brigitte Fontaine, perfectionniste qui se fiche de tout

Le Monde.fr | 09.12.2015 à 18h51

Elle fait une entrée d'arène, une entrée de Reine, une entrée de souveraine. Fermons le ban ! Pas besoin. Pourquoi ? Parce que, Elle, Brigitte Fontaine, elle sait mieux que tous, ce qu'elle fait et elle le fait en majesté. Cocasse, moqueuse, sincère, contrôlant l'incontrôlable : « Je vous admire... » Bien sûr, bien sûr, nous, on est eus. Somptueuse robe blanche, ailes noires dans le dos qu'elle change en éventail, en ombrelle aux dentelles noire, avec gapette de cuir, ou coiffure médiévale, allez savoir, vue de si loin, dans une foule debout, énamourée, canaille, pinte en main, on peut se gourer. Faudra pas qu'elle se plaigne.

Elle, c'est Brigitte Fontaine au Centre musical Barbara à Barbès, Fleury Goutte d'OrParis 18 ème. Ni médiatiquement sur-annoncée, ni si facile à trouver, mais à quoi bon ? Le Centre est archi-plein (blindé, comme ils disent), le bar attenant avec écran approximatif, sur-occupé. Moyenne d'âge à peine plus élevée que celle des antiques fidèles, quand elle jouait ou chantait, si libre, si belle, à la Grande Séverine (pièce de Boris Vian, 1963), à Bobino en première partie de Brassens, juste avant Barbara (1964, quelle histoire !), ou dans l'incroyable Maman j'ai peur, avec Higelin et Rufus, à la Vieille Grille.

ARTISTE, MUSICIENNE, POÈTE...

Puis ou en même temps, au Vieux Colombier avec l'Art Ensemble of Chicago en 1969 (Comme à la radio, superbe récitatif chanté, juste avant Monsieur le chef de gare de la Tour de Carol). Toujours promue par le Pop Club de José Artur et les félicitations de l'Académie Charles Cros. Ce qui ne l'empêche en rien de rester, Elle, avec Higelin ou, très vite, avec son compagnon Areski Belkacem, phare underground du label Saravah, libre jusqu'au bout plutôt qu'insolente, inattendue ou folle.

Belle, elle l'est restée, avec des titres insensés, et des jeunes fans, déçus entre deux bières, qu'elle ne resuce pas à l'infini son trésor de l'instant, Comme à la radio : « Elle n'assume pas... ». On a beau expliquer. Elle est artiste, musicienne, poète. C'est si difficile de ne pas céder au passéisme des jeunes... Difficile ou pas, elle ne cherche en rien à gratter le passé. Il est dans son avenir, ses poésies et seslivres dont elle improvise des paragraphes en scène. Semblant se ficher de tout comme du reste alors qu'elle est une perfectionniste de l'imparfait : « Moi, je fais tout avec une certaine imperfection, ce qui me permet... »

Tout est dit. Elle se permet. Elle se permet tout et le reste, fait rire, avec grimaces et déraillements voulus : « J'ai le plaisir de vous présenter... » – rires persillés d'ovations et de lazzi! – « ... le spectacle le plus pourri du monde... » Ovation et rires. Tu parles ! C'est un drame musical instantané, loufoque, génial, grave.

DEUX VOIX VENUES D'ON NE SAIT OÙ

Elle s'entoure d'un groupe au millipoil, Les Musiques à Ouïr. Ils sentent les chansons, les accidents et les drôleries comme s'ils les avaient pondues demain. Lors même qu'ils l'accompagnent, mais alors, jusqu'au bout. Direction, Denis Charolles, percu tout azimut, debout un instant sur son siège pour hurler La Viande, soutenu par la harpe d'Aurélie Saraf et la voix de la Reine qui le pousse à pousser, phénomène...

Vous voulez de l'émotion au cordeau ? Brigitte Fontaine chante simplement accompagnée par l'un ou l'autre, Julien Eil et Alexandre Authelain (anches, baryton aux graves impérieux, ténor ici free, clarinettes et synthétiseurs). Les repères, ce sont Claude Delrieu (accordéon magique) et Aurélie Saraf, présente sur toutes les pièces ou propulsée en duo avec Elle. Et puis, chez ces gens-là, Monsieur, il y a deux voix venues d'on ne sait où : Loïc Lantoine et son corps finement détraqué ; Oriane Lacaille, dont la taille s'augmente d'un enfant à naître bientôt.

Elle, elle reste assise, attentive comme le sont les enfants, doublant au micro telle phrase comme d'un souvenir qui reviendrait, les remerciant avec des airs de Reine récompensée. Oriane ose chanter devant elle J'ai vingt-six ans (voilà pour les juvéniles nostalgiques grognons), en duo parfait avec Julien Eil (clarinette basse). Recréation bouleversante qu'elle termine en lui assénant à elle, Brigitte Fontaine, en scène, Voilà, tu sais tout.

LA REINE DES NUITS TORDUES

Musiques à Ouïr de près, instrumentaire à tout faire, ce sont des airs de foire, de complainte, de rage ou de festnoz. Areski entre en scène, guitare en bandoulière. La fête, le drame, le théâtre, tout exulte. La précieuse Reine des nuits tordues entonne : « J'exhibai ma carte senior / Sous les yeux goguenards des porcs / Qui partirent d'un rire obscène / Vers ma silhouette de sirène ».

Refrain repris en chœur par la salle : « Je suis vieille et je vous encule / Avec mon look de libellule / Je suis vieille et je vais crever / Un petit détail oublié / Passez votre chemin bâtard / Et filez au wagon bar / Je fumerai ma cigarette / Tranquillement dans les toilettes » Bigre. Apollinaire allé avec Elle. C'est son hymne, sa devise, Prohibition. Impertinente ? Subversive ? Ben non : libre. Pas simplement libre, très libre.

Par Francis Marmande

LE MONDE | 30.05.2015 | Par Francis Marmande  

Brigitte Fontaine, déesse tutélaire du  festival « La voix est libre »  

Déesse de la nuit, radicale égérie de « La voix est  libre » (festival hors norme, énorme,  anormal), Brigitte Fontaine – chamboulement de programme aidant – a donné un récital sans   exemple, même dans son propre parcours, sous le chapiteau rouge sang du Cirque électrique  (porte des Lilas, Paris 20e).  

C’était le 27 mai, la deuxième soirée du festival organisé jusqu’au 30 mai (date de la soirée de  clôture, aux Bouffes du Nord) par Jazz nomades, où l’on prendra le mot de jazz dans sa  splendeur impure et alchimique.  

Ecrin flamboyant à la prestation de la diva des rires et des emportements (allusion de serre-tête,  

lunettes rondes noires, falbalas remarquables, mi-pantalon, mi-robe) :  La Campagnie des musiques à ouïr– cornaquée par Denis Charolles, mais tous sont à  citer à l’ordre de la nation universelle, notamment ces génies de la voix dans le répertoire de la Dame de la nuit, Oriane Lacaille et Loïc Lantoine.  

Dans son dernier opus, Un vitrail de plus  (Archimbaud éditeur, 2015), Brigitte Fontaine décrit ainsi la Reine du Mardi Gras :  « Ses anges étaient légers, mais elle voulait souvent mourir. Surtout lorsque des malveillants disaient qu’elle était un génie, ce qui faisait peur à tout le monde et qui était complètement faux. La Reine du Mardi Gras était une conne, un point c’est tout.


PRESSE OCEAN.FR

Ce soir « Ô Brigitte ! » ouvre la saison La Bouche d’Air et Pannonica

Quel meilleur terrain de jeu que celui du répertoire de Brigitte Fontaine pour Denis Charolles et les Musiques à Ouïr et leur goût pour la relecture ? Avec toute l'inventivité et le génie qui les caractérisent, ces aventuriers revisitent avec fougue et délicatesse un univers foisonnant, enclin au métissage, à l'écriture aussi classique que baroque. En bonne Campagnie, celle de Loïc Lantoine et Orianne Lacaille au chant, autour d'une orchestration originale, place est faite aux mots et à la poésie de cette grande prêtresse de la chanson, au gré de titres aussi inoubliables que « ah que la vie est belle », « je suis conne », « cet enfant que je t'avais fait » ou « la symphonie pastorale ». Un must qui ouvre la saison de la Bouche d’Air et du Pannonica à Nantes.


NOS ENCHANTEURS

Audacieux projet, s’il en est, de s’en prendre au répertoire de Brigitte Fontaine pour le visiter, le démonter, le distordre ! Un vent de folie souffle sur la Muscade et nous prend à revers de nos habitudes d’écoute, de nos conventions. Pari fou mais réussi si l’on en juge par l’accueil d’un public dont il faut souligner l’ouverture et la disponibilité même si, bien sûr, on devine que certains spectateurs ont pu rester sur la rive, arrêtés par un trop plein d’inventivités et de démonstrations. Pari fou aussi de vouloir en rendre compte ici. Essayons pourtant de partager ce moment concocté par la joyeuse troupe des Musiques à ouïr, alliant ingéniosité et recherche instrumentales, compétence vocale, mise en espace. Sous la houlette de Denis Charolles, fin percussionniste, la Chanson s’en va titiller le théâtre où les textes sont à la fois dits, joués et chantés… Il aurait fallu pouvoir évoquer chaque texte et chaque re-création tant le spectacle montre une créativité luxuriante, nourrie d’improbables inventions. Pour évoquer Brigitte Fontaine, Reine des Kékés qui se dit dans ses chansons vieille et conne et folle - c’est selon – celle qui échappe à tout enfermement dans un style, peut-être la rencontre de ces sept là n’est-elle pas de trop ? Mais on ne saurait ignorer la présence dissemblable et complémentaire, des deux voix qui font la texture de ce spectacle, celle de la très jeune Oriane Lacaille, et de Loïc Lantoine.


CITIZEN JAZZ .COM

Charolles à ouïr, alors oyez !

Rencontrer Denis Charolles, c’est tout d’abord accepter de laisser tomber les préjugés.

On l’attend facétieux, il est émouvant. On le pense brouillon, il est minutieux. On l’imagine sédentaire, il parcourt le monde. Heureusement, il ne paraît pas intolérant, car il ne l’est pas. Denis Charolles, c’est aussi et surtout un batteur. […] Installé derrière sa batterie, il nous présente l’instrument. Il insiste pour qu’on ne pense pas qu’elle soit différente des autres. Et pourtant…

De la batterie classique, elle a la forme et le squelette ; grosse caisse, toms, caisse claires et cymbales. Mais, la plupart des éléments présentent des caractéristiques particulières. Des morceaux de ferrailles, du papier à bulle sur les cymbales, par ailleurs fendues, des couvercles de casserole, des pots, des seaux, des pièces de métal à faire sonner, du gravier à remuer, du papier à froisser, des colifichets, des gris-gris, un trombone, un arrosoir, que sais-je encore…

LE MONDE

Denis Charolles, percussionniste en Charolais

Lunettes, mèches, grand diable, Denis Charolles, la trentaine, remue. A la ville, il est un percussionniste réservé, un peu gauche, assez d'extrême gauche, mais à l'amiable. En scène, malgré ses clowneries, il dégage un sous-air de vrai sérieux. […]

MUSIQUE EXACTE

Charolles a cette dégaine entre Romain Bouteille et Grock, l'immense clown qui marqua Beckett. Son solo s'annonce en première partie sous le titre Batterie, percuterie et objets divers solo. […]

Une prestation débridée, millimétrée, dadaïste sans pose, drôle à pleurer et d'un coup imposant le silence. Bref, de la musique exacte. On connaît le gaillard pour sa participation au groupe le plus cinglé de cette époque, la Campagnie des musiques à Ouïr. On l'a vu avec Yvette Horner (mais oui), Arthur H (bien sûr), Brigitte Fontaine (comme à la radio). En 2005, puce à l'oreille, René Urtreger, pianiste historique, l'invite sur scène à Porquerolles. Il assure le coup comme un vrai batteur de style be-bop. A Cluny, dans un numéro digne de six mois en théâtre parisien, il joue, il bat, il débat, il fait le pitre, il dégaine, devant une salle chamboulée ou pleurant de rire. On en sort titubant. Francis Marmande

JAZZMAN

Le boute-en-train de la Campagnie des Musiques à Ouïr, ex-batteur de Little Bob, se livre de plus en plus au solo et nous annonce un disque sous son nom. Pleins feux sur un remueur de gravillons, empêcheur de radoter en rond.

Denis Charolles : ode à l’utopie

Pointure du mois (mai 2002)

Solo de l’intrépide poly-instrumentiste pour une sculpture, duo avec André Minvielle, puis avec l’acteur Michel Richard sur des textes d’Audiberti et Desnos. Interventions chaque fois que possible à ciel ouvert, sous les étoiles. Les passants ne se contentent pas de passer. Quand on voit le batteur fourrager dans ses tambours, faire crisser-chanter des graviers et, d’un tour de manivelle, réinventer le son et le monde, on a envie de s’arrêter. Ou, plus exactement, de partir en voyage avec lui dans un imaginaire aux mille et une fleurs.

Tout devient possible. Lorsque nos murailles intérieures tombent, Denis Charolles jubile. « J’aime me frotter aux gens, ouvrir des brèches, en moi, en l’autre, dans l’art ».

Le long travail du temps, il l’observe, l’écoute et s’en nourrit. En ce sens, il est paysan qui ausculte la germination du moindre son et qui pressent la floraison lorsqu’elle sera belle. Il aime la rouille, le métal qui vit, comme ce trombone qu’il continue d’apprivoiser. Ou encore ce clairon que son fils, Paul, huit ans, lui a donné envie d’explorer. « Ce clairon ne possède ni clé ni piston. Quand tu souffles dedans, tu as tout l’espoir du monde de pouvoir sortir quelque chose. Je ne sais pas vraiment en jouer, je découvre l’instrument. De mes entrevues avec Lubat, il m’est resté une devise essentielle : à partir

+du moment où tu sais, ça devient presque foutu ». […] Emma Rivière



Contact


Les Musiques à Ouïr Association

2, rue Macé - 76 000 ROUEN

Tél/Fax. 02 35 34 24 80

contact@musicaouir.fr

www.musicaouir.fr


Les Musique à Ouïr est un ensemble conventionné avec la Région Haute Normandie, aidé par la Drac Haute Normandie, soutenu par L'Odia  et l'Onda.





Conception artistique

Denis CHAROLLES

contact@musicaouir.fr
Diffusion/Communication

06 24 18 83 41

diffusion@musicaouir.fr





Visuel : Isabelle Dalle – www.isabelledalle.com

Photo : Val-k - valkphotos.free.fr

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