Les deux jeunes filles lettréES





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P’ING-CHÂN-

LING-YÊN

ou

LES DEUX

JEUNES FILLES LETTRÉES
Traduit par

Stanislas JULIEN


à partir de :

P’ING-CHÂN-LING-YÊN, ou

LES DEUX JEUNES FILLES LETTRÉES

Auteur inconnu,

Traduction de Stanislas JULIEN (1799-1873)
Librairie Didier et Cie, Paris, deuxième édition, 1860. Deux volumes XVIII + 362 (chapitres I-XI), 330 pages (chapitres XII-XX).

[Afin de proposer une pagination continue, la page 1 du deuxième volume a été numérotée p.361 , etc.]

Mise en format texte par

Pierre Palpant

www.chineancienne.fr

TABLE DES MATIÈRES

Préface

Chapitre

  1. L’astre de la littérature annonce d’heureux présages.

  2. L’empereur donne un pied de jade pour mesurer le talent.

  3. Une noble fille persifle en vers un lettré extravagant.

  4. Par la force de son talent, elle écrase l’élite des lettrés.

  5. Un lettré sans emploi est cruellement mortifié.

  6. Des vers sur un cerf-volant font crever un poète de dépit.

  7. Une belle personne rencontre un beau jeune homme.

  8. Dans l’appartement intérieur, le talent ne le cède pas au talent.

  9. P’ing-jou-heng traite Tchang-în avec hauteur.

  10. Ils composent des vers liés aussi beaux que l’or et le jade.

  11. Une pièce de vers sert à usurper une vaine réputation.

  12. Quelques tasses de vin font découvrir la vérité.

  13. La vue d’anciennes pièces de vers fait naître une vive passion.

  14. En regardant les poiriers en fleurs, il trouve le plus doux parfum.

  15. Ils suspendent leurs élégantes compositions pour chercher sincèrement une épouse accomplie.

  16. Déguisées en servantes, elles terrassent des hommes de talent.

  17. Une jolie personne compose des vers à la place d’un sot.

  18. Une jolie personne fait barbouiller le visage d’un sot noble.

  19. Une circonstance extraordinaire décide leur mariage.

  20. Leurs succès sont proclamés et amènent un heureux mariage.


INDEX des mots français les plus remarquables.

INDEX des mots chinois les plus remarquables.

@

A SON EXCELLENCE

MONSIEUR LE BARON GROS

SÉNATEUR,

AMBASSADEUR EXTRAORDINAIRE

ET

MINISTRE PLÉNIPOTENTIAIRE

DE SA MAJESTÉ L’EMPEREUR DES FRANÇAIS

PRÈS LE GOUVERNEMENT CHINOIS

Hommage respectueux du traducteur

Stanislas JULIEN

PRÉFACE

@

p.I En traduisant le roman des Deux jeunes filles lettrées, je me suis proposé un double but, savoir : de faire connaître, pour la première fois en Europe, un ouvrage qui offre une peinture fidèle, animée et souvent piquante, des goûts et des habitudes littéraires des chinois, et de donner, aux étudiants qui voudront lire l’ouvrage dans la langue originale, l’intelligence du style moderne le plus relevé, le plus brillant et aussi le plus difficile, et qu’il leur serait impossible de comprendre complètement, à l’aide des dictionnaires et des ouvrages philologiques publiés jusqu’à ce jour.

Les Chinois, on le sait, ont devancé les Européens dans plusieurs inventions qui ont changé la face du monde. Sans parler de la boussole, qu’ils possèdent et emploient aux mêmes usages que nous depuis trente siècles, de la poudre de guerre que les Arabes leur ont empruntée et qu’ils nous ont transmise, je dirai que, dès l’an 593 de cotre ère, ils ont p.II commencé à répandre, par la gravure sur bois, les chefs-d’œuvre de la peinture, du dessin et de la littérature (invention que jusqu’ici l’on n’avait reconnue en Chine que cinq cents ans plus tard) 1. De là, une diffusion rapide et immense des connaissances littéraires dans cet empire du milieu, où elles sont un moyen infaillible d’arriver à la fortune, à la renommée et aux plus hautes charges de l’État.

Là, dans les classes les plus modestes comme les plus élevées, tout le monde n’a d’autre souci que d’étudier la langue savante dans les écrivains classiques, d’autre occupation que les exercices littéraires, d’autre ambition que l’avancement qui suit le succès dans les concours. Ce zèle infatigable des Chinois pour la culture du goût et l’imitation des bons auteurs est le trait distinctif de leur caractère, et il a été l’un des éléments les plus puissants de leur civilisation. Mais, pour le bien comprendre et l’apprécier, il faut le voir se développer sur une scène vivante et animée, où chaque acteur, je veux dire p.III chaque lettré, paraisse avec ses qualités et ses travers, son savoir ou son ignorance, son intelligence éclairée ou ses prétentions pédantesques. Voilà un spectacle fait pour piquer vivement notre curiosité, et que nous ne saurions trouver ni dans les histoires ni dans les relations de voyages qui se rapportent à la Chine. Ce n’est pas tout que de voir agir les Chinois dans le cercle de leurs relations sociales, nous sommes avides de connaître leurs productions littéraires, de nous faire une juste idée des sujets qu’ils aiment à y traiter, du genre d’esprit qui les anime et de l’imagination qui y brille. D’autres traits non moins remarquables méritent encore de nous intéresser. Les missionnaires, sans lesquels la connaissance de la langue chinoise aurait été retardée de plus d’un siècle, nous ont révélé l’histoire, la géographie, les sciences, les arts et l’industrie de ce peuple actif et intelligent, dont les ports s’ouvrent depuis peu, avec moins de restrictions et d’entraves, aux entreprises commerciales des étrangers. Mais ils n’ont jamais pénétré dans le sein de la société chinoise, ils n’ont pu nous introduire dans l’intérieur des familles, nous faire assister aux occupations gracieuses, aux entretiens tendres ou piquants des femmes distinguées, que des rites inflexibles enferment dans une sorte de gynécée inviolable, où elles sont inaccessibles non seulement à notre curiosité indiscrète, mais encore aux regards des Chinois p.IV eux-mêmes, à l’exception de leurs proches parents. Où trouver ces détails de mœurs si précieux pour nous, sinon dans les romans où les Chinois se sont peints eux-mêmes, sans songer que les barbares de l’extrême Occident, si sévèrement exclus de leur société, étudieraient un jour, sans faire un pas hors de leur pays, ces scènes intimes, ces révélations de la vie de famille, ces luttes et ces exercices littéraires qu’ils croyaient n’avoir racontés que pour l’instruction ou l’agrément de leurs concitoyens ?

Les Chinois possèdent un nombre infini de romans, dont les uns ont pour objet de répandre et de populariser l’histoire nationale, les autres de peindre les mœurs publiques et privées, d’exalter les vertus des héros et de flétrir les vices des méchants, ou de faire la satire des ignorants et des sots.

Parmi ces romans, ils en ont remarqué dix dont ils ont qualifié les auteurs du titre d’écrivains de génie (Thsaï-tseu), de sorte que, pour désigner tel ou tel ouvrage de cette série d’élite, ils disent communément le livre du premier, du deuxième, du troisième Thsaï-tseu (écrivain de génie). Cette distinction ne pouvait échapper aux Européens. Aussi les a-t-elle guidés dans le choix des romans chinois dont ils ont voulu donner la traduction. Sur ces dix romans, il n’en reste plus que deux à faire passer dans notre langue.

Le premier, ou le San-kouo-tchi (l’Histoire des p.V trois royaumes), a été traduit en entier par M. Théodore Pavie, qui en a déjà publié deux volumes.

Le deuxième, ou le Hao-khieou-tch’ouen, a été traduit par M. Francis Davis (anciennement gouverneur de Hong-kong), sous le titre de the Fortunate Union. M. Guillard d’Arcy l’a donné en français sous le titre plus exact de la Femme accomplie.

Le troisième, le Yu-kiao-li, ou les Deux cousines, est bien connu en France par la traduction de M. Abel Rémusat.

Le cinquième est le Chouï-hou-tch’ouen ou l’Histoire des Insurgés. M. Bazin, professeur de chinois vulgaire près la Bibliothèque impériale, en a déjà traduit quatre livres.

Le sixième est le Si-siang-ki ou l’Histoire du Pavillon d’Occident, comédie célèbre en prose et en vers, dont je vais donner bientôt une traduction complète, accompagnée de notes perpétuelles.

Le septième, le Pi-pa-ki, ou l’Histoire du Luth, autre comédie remarquable en prose et en vers, a été traduit et publié par M. Bazin.

Le huitième, le Hoa-tsien-ki, a été publié en chinois et en anglais par M. P. Perrin Thom, sous le titre de Chinese courtship.

Le quatrième est le P’ing-chân-ling-yên 2 ou les Deux jeunes filles lettrées, que j’ai l’honneur de p.VI présenter aujourd’hui au public, et dont le titre désigne, par autant de monosyllabes, les noms abrégés des quatre principaux personnages, savoir : Chân-taï et Ling-kiang-sioué, deux jeunes filles poètes, ainsi que P’ing-jou-heng et Yên-pé-hân, jeunes lettrés qui éprouvent pour elles une de ces passions qu’on ne voit qu’à la Chine, un amour fondé sur l’admiration de leur talents littéraires, plutôt que sur leurs agréments extérieurs.

Ce roman est, en Chine, dans les mains de toutes les personnes instruites, et cependant nul n’en saurait dire l’auteur ; il en est de même de la plupart des autres ouvrages du même genre. C’est qu’à la Chine, les écrivains qui publient de telles compositions, même les plus irréprochables et les plus propres à donner de la réputation, cachent ou déguisent leurs noms aussi naturellement que chez nous on recherche le grand jour et la publicité. Ajoutons qu’en Chine, où l’on écrit sur tout, où l’on possède p.VII des bibliographies fidèles et détaillées de tous les bons ouvrages, il serait impossible d’y trouver une ligne sur les romans, qui sont la lecture favorite de toutes les classes de la société. Le même silence, ou plutôt le même oubli calculé pèse sur les compositions théâtrales, comédies, drames, opéras, dont il existe d’immenses collections, et auxquels on assiste avec une avidité égale à la nôtre. Nous avons à Paris, en 120 vol. in-8°, le catalogue descriptif et raisonné de la bibliothèque de l’empereur Khien-long, qui régna de 1736 à 1795. Toutes les branches de la littérature et des sciences y sont représentées dans ce qu’elles ont de plus remarquable (les livres classiques et canoniques, l’histoire, la biographie, la chronologie, la géographie, l’administration, la politique, etc., etc.) ; mais on y chercherait en vain un seul volume de romans, de contes, de nouvelles, de pièces de théâtre, ou de notices sur les auteurs qui les ont composés. Cette lacune n’est point l’effet du hasard ; elle prend sa source dans les textes révérés des rites chinois, qui ne semblent pas admettre qu’un homme puisse s’occuper d’autre chose que de l’étude des chefs-d’œuvre littéraires, légués par l’antiquité, des fonctions officielles qu’il remplit ou veut obtenir, et de la pratique des vertus sociales.

En traduisant les romans intitulés : l’Histoire des trois royaumes, la Femme accomplie, les Deux p.VIII Cousines, etc., les sinologues que je viens de citer, et dont deux (MM. Bazin et Théod. Pavie) ont été mes élèves, s’étaient proposé de faire connaître l’histoire et les mœurs des Chinois. Tout en approuvant leurs intentions, j’ai cru que l’enseignement dont j’ai l’honneur d’être chargé depuis vingt-huit ans ne devait pas se renfermer dans l’enceinte du Collège de France, et que je devais faire tous mes efforts pour étendre bien au delà, si cela est possible, les résultats de mes études, et rendre plus accessible aux Français comme aux étrangers, une langue vaste et compliquée qu’un travail opiniâtre m’a rendue familière, et qu’il est difficile d’étudier seul, en Europe, faute de bonnes traductions. Aussi ai-je choisi de préférence, parmi les mille volumes de romans chinois que possède la Bibliothèque impériale de Paris, celui qui m’a paru réunir, au plus haut degré, l’intérêt qui naît de la peinture naïve et fidèle des mœurs, et celui que peut nous offrir la culture assidue des lettres chinoises dans ce qu’elles ont de plus délicat, de plus recherché et de plus difficile pour les étudiants européens.

Les Chinois ont, comme on le sait, deux langues, l’une qu’on pourrait appeler la langue des livres sérieux, l’autre, celle de la conversation et des productions légères. Sans parler de la traduction latine que j’ai donnée en 1826 du philosophe Meng-tseu (2 vol. in-8° en chinois et en latin, avec un p.IX commentaire perpétuel), on possède aujourd’hui des secours suffisants pour entendre les ouvrages d’histoire, de haute littérature, de science ou d’érudition, écrits dans le style appelé Kou-wen ou style antique. Il n’en est pas de même pour la langue vulgaire ou Kouan-hoa, dont les Européens vont avoir besoin plus que jamais en Chine, non seulement pour entretenir des relations orales ou écrites, mais encore pour lire les compositions modernes, si utiles à étudier lorsqu’on veut connaître à fond les mœurs et le caractère du peuple avec lequel on devra désormais vivre et commercer, compositions qu’on sentira la nécessité de se rendre familières.

Les personnes qui ont appris les langues étrangères savent qu’il suffit en général de comprendre un texte de quelques centaines de pages, pour lire ensuite couramment toutes les productions du même genre et du même style. Cette observation peut parfaitement s’appliquer au chinois moderne, et tous ceux qui possèdent, par exemple, l’intelligence du deuxième roman cité plus haut, la Femme accomplie, comprendront, sans efforts, tous les romans qui ne renferment que des récits simples et naturels, et où ne figurent ni des lettrés, ni des poètes. Mais qu’ils n’aillent pas aborder les romans où des personnes instruites font assaut d’esprit et de savoir, et composent à l’envi en prose ou en vers. Alors le style vulgaire s’élève à la hauteur du style sublime, des métaphores p.X hardies, des expressions poétiques, des anecdotes indiquées par un seul mot, des expressions susceptibles d’une double entente, viennent l’arrêter au milieu d’une lecture qui le charme, et s’il n’est pas aidé par un docteur indigène, ou s’il n’est pas pourvu d’une érudition à toute épreuve, les plus élégantes compositions, telles que celles qui font l’ornement des Deux Cousines, et surtout des Deux jeunes filles lettrées, seront pour lui lettre close, ou lui sembleront pleines d’énigmes.

S’il est vrai, comme je l’ai dit plus haut, qu’une bonne traduction d’un ouvrage chinois peut donner la clef des compositions du même genre, et que, d’un autre côté, le roman des Deux Cousines présente, dans les ariettes, les romances, les chansons et les discussions littéraires qu’il renferme, les principales difficultés du style et de la poésie, les personnes qui cultivent la langue chinoise penseront naturellement qu’il suffirait d’en étudier le texte original, à l’aide de la traduction de M. Abel Rémusat, pour aborder ensuite, sans peine, les autres productions analogues, qui se distinguent de même par la multiplicité des faits anecdotiques, la recherche ambitieuse des expressions, l’éclat des métaphores, la hardiesse des figures et la finesse des allusions. Malheureusement, le traducteur ne leur a point laissé cette précieuse ressource. M. Abel Rémusat, plus porté par son goût particulier et par la tournure de son esprit p.XI à composer de savants mémoires qu’à approfondir les difficultés dont l’intelligence complète est le fondement essentiel des études chinoises, avoue franchement qu’il n’a point compris les compositions détachées qui font le charme des
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