L’archetype de la sorciere dans la litterature de jeunesse





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date de publication06.08.2019
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L’ARCHETYPE DE LA SORCIERE DANS LA LITTERATURE DE JEUNESSE

INTRODUCTION HISTORIQUE

1) Héritage de l’antiquité : des magiciens, astrologues et des sorciers (hommes et femmes), souvent très officiels.

    • Dans le cadre des religions païennes liées à la nature, la fécondité (culte des déesses –mères,… En seront héritiers les « magiciens » du XVIème siècle : Paracelse, les néo-platoniciens, qui étudient « la science des secrets du monde » donc cherchent à comprendre l’œuvre de Dieu et n’ont pas de rapports avec le Diable.

    • On distingue la sorcellerie comme l’ « art de jeter des sorts », donc une activité très pragmatique, des recettes pour faire le bien ou le mal. Mais dès le IIIème siècle, des cultes comme celui de Isis, Mithra, sont considérés comme de la magie noire

A débouché sur la distinction de 2 sortes de sorcières :

  • La sorcière diabolique, fantasme répandu entre 1400 et 1500. Soit vieille et ridée, soit jeune et séductrice

  • Depuis le XIXème siècle, société romantique, la bonne sorcière, marginale et sage-femme

2) L’archétype de la sorcière diabolique est né :

  • Au IVème siècle, de la confusion entre lutte contre le paganisme et lutte contre les magiciens.

  • Au XIème siècle, l’église accuse les hérétique d’être traîtres au Christ, partisans du Diable, et d’avoir de mauvaises mœurs (gnostiques, ariens, dualistes cathares…)

On s’est donc mis à distinguer deux sorcelleries :

  • La petite magie des philtres, issue de l’antiquité, toujours présente dans les campagnes

  • La sorcellerie diabolique imaginaire, avec démons, sabbat,…

  • Fin XVème siècle début XVIème siècle, débuts de la grandes vague de chasse aux sorcières. Deux ouvrages très importants :

  • Le Formicarius, 1435 par Hans Nieder, dominicain allemand: premier portrait robot de la sorcière et du sorcier diffusé surtout en France, Allemagne du sud et dans le couloir rhénan.

Grands traits du portrait : le sorcier éternel / le faiseur de pacte / la stryge qui vole la nuit / le convive d’un dîner cannibale / l’hommage sexuel au Diable

  • Le Malleus maleficarum, 1487, par Heinrich Krämer et Jakob Sprenger, tous deux inquisiteurs, publié à 30 000 exemplaires et réédité 14 fois en Allemagne, France, Italie.

C’est un manuel d’instruction non seulement pour reconnaître les sorcières (car c’est définitivement une caractéristique féminine) mais aussi pour les arrêter et les faire avouer. Est joint une liste de sortilèges graves décrits comme réels : grêle, envoûtement de figurines de cire, enfants cuits et dépecés, sorcières collectionnant des sexes masculins dans des boîtes…

200 000 personnes ont été mises en cause entre 1450 et 1650, donc après la diffusion de ces portraits. 75 % des condamnés à mort étaient de langue germanique.
Bilan de la période de la chasse aux sorcières : (a duré jusqu’en 1650 environ)

  • La sorcellerie est devenue une affaire très féminine. D’après les chiffres des historiens, 80% des exécutions totales sont celles de femmes ( 85 % là où le portrait robot était très répandu).

  • Les victimes ont été :

  • Des vieilles souvent veuves (stéréotype de la sorcière laide car elle fréquente les démons et âgée car il lui a fallu le temps d’apprendre tous ses sortilèges)

  • Et des jeunes (stéréotype de la jeune séductrice, « la belle sorcière » amoureuse du Diable, développé dans l’iconographie romantique du XIXème siècle)

  • Des caractéristiques ont été définies : la sorcière est la putain du Diable et une tueuse d’enfant, elle pratique le Sabbat et s’y rend la nuit en volant avec un balai, elle est tenue de baiser le derrière du Diable, elle a les marque du Diable sur le corps (tâches, verrues, zones rendues insensibles lors de la première copulation avec le Diable,…), son corps est trop léger car lié au Diable donc au feu,… Certaines sont restées dans l’imaginaire populaire.



3) L’archétype de la bonne sorcière du XIXème siècle est lié à :


  • Jules Michelet est le premier à avoir réhabilité la sorcière en 1862 : dans le cadre du mythe de la société romantique il la décrit comme « la femme bienfaisante et victime »

La sorcière peut être alors un personnage novateur, féministe, libre de son corps, rebouteuse de campagne, révoltée par son destin social (elle choisit de vivre en marge de la société et donc de l’église).

- A partir des années 1970 surtout, le personnage est devenu très populaire( « Ma sorcière bien aimée », et toutes les histoires d’apprenties sorcière,… )

Diabolique, mauvaise ou bonne, laide ou belle, vieille ou jeune, la sorcière est donc un personnage très ancré dans l’imaginaire collectif et les traditions populaires, et déjà difficile à définir. Comment ce personnage a-t’il été transposé dans la littérature de jeunesse ?

A travers une série d’exemples, en s’aidant de cette introduction historique, on a essayé de dégager l’archétype de la sorcière mais on s’est rendu compte de la difficulté voire de l’impossibilité d’établir une typologie trop stricte.

Nous avons donc choisi un plan en deux parties. D’une part, en étudiant l’apparence et le mode de vie des sorcières dans la littérature de jeunesse, quelle image archétype peut-on dégager ? Et d’autre part, comment nuancer cette image archétype pour tenir compte des « nouvelles sorcières » de la littérature de jeunesse contemporaine ?
I : La bonne et la mauvaise sorcière dans la littérature de jeunesse

1) Grimoire de sorcières, Elzbieta. Une première approche à travers un imagier des sorcière :

Grimoire de sorcière est une sorte de recueil écrit par Galimatia Farigoule, sorcière, dans lequel elle fait part des principaux secrets des sorcières

Personnage : Galimatia Farigoule, narratrice de l’histoire

Portrait des sorcières : selon Galimatia, il existe deux types de sorcières : celles qu’on connaît et les sorcières des mers. Ces dernières sont les créatures que les marins appellent sirènes. Elles ont comme conseillers les baleines pour tout ce qui est gros et les crevettes pour tout ce qui est petit. Pourtant, dans l’archétype, la sorcière est toujours humaine et mortelle. Les sirènes sont-elles donc effectivement des sorcières ?

Les sorcières : elle nous fait ici un portrait assez détaillé des caractéristiques et modes de vie des sorcières. Une sorcière écrit des formules avec des plumes de corbeaux et visiblement fait des potions et peut jeter des sorts. D’autre part, elles ont des liens avec différents animaux :

-les araignées qui les aident à faire croire qu’il n’y a personne dans les maisons dans lesquelles elles vivent.

-le crapaud console la sorcière quand elle est triste

-la sorcière s’instruit auprès du hibou

-elles ont des chats mais seulement ceux dont les yeux s’allument dans le noir car ce sont les seuls qui peuvent être utiles. Ils sont leurs guides et ne sont pas forcément noirs.

-les enfants élevés par des chauves souris deviennent magiciens ou sorcières à cause de leur amour pour la poussière.

-les sorcière peuvent se déplacer à dos de dragon

-lorsqu’une sorcière est heureuse c’est qu’une licorne est dans le coin. Eh oui ! secret de Galimatia : les licornes existent.
2) Contes de l’enfance et du foyer, Les frères Grimm, publié en 1812

Ces contes sont importants pour réfléchir aux débuts de l’archétype car :

  • Tout comme Perrault, les frères Grimm sont des précurseurs de la future littérature de jeunesse enfantine

  • Leur démarche, différente de celle de Perrault, est de transcrire scrupuleusement les récits populaires nationaux afin de retrouver une identité nationale fondamentale toujours présente chez le peuple (contexte du mouvement romantique allemand, et de la coalition Allemagne /Autriche contre Napoléon).

L’analyse a été effectuée ici en comparant 4 contes :

  • Jeannot et Margot

  • Frérot et Sœurette

  • Doucette

  • Jorinde et Joringel

Ce sont des contes qui commencent par un déséquilibre initial (2 enfants élevés par une marâtre, 2 fiancés séparés) et se terminent par la mort ou la disparition de la sorcière( d’où un nouvel équilibre).

On peut dégager de grands traits :

  • Portrait de la sorcière : Vieille, méchante, cruelle, envieuse, jalouse, seule, goinfre et bête. Ses yeux sont presque toujours décrits : ils sont rouges ou de braise et elle a une mauvaise vue (la sorcière est diurne ?) Elle vit différemment la nuit et le jour et peut se transformer en chouette ou en chat. Elle flaire les enfants de loin. Elle est décrite comme une vieille femme bossue, jaune et maigre, nez crochu.

Elle est obsédée par l’idée de tourmenter certaines victimes en particulier, des enfants ou des jeunes gens, ou de manger des enfants, et enlève des filles pour en faire ce qu’elle veut : sa servante, son trésor, un oiseau.

Donc une sorcière nocturne, ayant un côté animal et un côté humain, obsessionnelle et esclave de ses mauvais penchants, parfois belle-mère et parfois ogresse.

Mais pas d’attributs particuliers (grimoires, chapeau, …)

  • Ses pouvoirs Elle a des pouvoirs de transformation. Dans 2 cas elle utilise des appâts : la maison de pain et de gâteau et le merveilleux jardin de légumes.

Elle terrorise des êtres faibles ou en difficulté : enfants isolés, affamés, futurs parents mais est sans défense quand elle est démasquée par le roi. Il y a une faille dans ses pouvoirs : liée à elle-même (sa goinfrerie quand elle diffère son repas pour engraisser Jeannot) ou à la possibilité pour ses victimes de gagner en réussissant des épreuves, et grâce à leur capacité d’amour. On a l’idée de l’amour plus fort que le Mal.

  • Son mode de vie : Elle vit de manière souvent isolée, souvent tapie dans la forêt profonde (le domaine des bêtes sauvages comme elle) mais ce n’est pas un signe de pauvreté : elle peut-être très riche, avoir un château, plusieurs habitations. Elle a une forme humaine le jour.

Elle a dans un cas une fille, laide, méchante et borgne (pas très humaine non plus !) et dans un autre cas elle en adopte une autre qu’elle se garde jalousement . Elle obéit à tous les caprices de sa mauvaise fille.

  • Son châtiment : il est lié au feu dans 2 cas, et fait penser aux tortures de l’inquisition et aux représentations de l’enfer et ses tourments… Dans les 2 autres cas, le sortilège est déjoué et on ne parle simplement plus de la sorcière.

  • Une figure ambiguë très présente : Cette figure est celle de la jeune héroïne qui représente le « bon côté » et dispose elle aussi des pouvoirs particuliers, mais elle n’est pas considérée comme sorcière. Elle représenterait une forme de bonne magie à côté du diabolisme de la sorcière ?

Il y a aussi dans les contes de Grimm  2 autres personnages jamais nommés comme sorcières mais qui sont condamnés à la manière des sorcières à cause de leur comportement malveillant :

  • La méchante belle-mère de Blanche-Neige a un miroir magique, est obsédée par Blanche-Neige et l’idée que sa beauté surpasse la sienne, a des yeux méchants. Au mariage de Blanche-Neige, elle est châtiée comme une sorcière, par le feu : elle doit mettre des pantoufles de fer rougies au feu et « danse jusqu’à ce qu’elle tombe morte ».

  • Dans les douze frères la jeune fille qui ne doit ni parler ni rire pendant 7 ans pour sauver ses frères est accusée par sa belle-mère : « qui sait quels tours formidables elle fait en cachette ? » « Qui ne rit pas a mauvaise conscience ». Elle est condamnée à être brûlée vive. Mais, quand au dernier moment son épreuve ses motivations reconnues au grand jour, c’est la vieille qui est condamnée : elle est jetée dans un tonneau rempli d’huile bouillante et de serpents venimeux..

Ces belle-mères peuvent-elles être assimilées à des sorcières ? Pour les gens qui écoutaient ces histoires au XIXème siècle, étaient-elles des sorcières ?
3) Si j’étais une sorcière, Isabelle Michelat et Christophe Loupy.(collection la petite boule blanche)

Conçu pour les non-voyants, le texte est traduit en braille sur la page de gauche et le dessin se situe sur la page de droite en position centrale. Les attributs successifs de la sorcière permettent des ajouts tactiles à chaque nouvelle page. Cet ouvrage est tout à fait utilisable en cycle 2 , moyenne section puisque les enfants non lecteur émettent des hypothèses de lecture par le visuel mais également le toucher.( je l’ai expérimenté avec une enfant non voyante de 4 ans et de tous les ouvrages sur la sorcière c’est son préféré !) Le texte est très court et reprend exactement la sensation du toucher.

Ce descriptif de la sorcière est un excellent récapitulatif de l’apparence traditionnelle de la sorcière.

«-  Si j’étais une sorcière…, dit la petite boule blanche… une simple boule en feutre

Je serais méchante et j’aurais un nez crochu… un nez pointu et rugueux des sourcils froncés et une bouche tombante (qui traduit peu de sympathie !)

Des cheveux raides et noirs surmontés d’un chapeau pointu…

Une robe noire….forme de trapèze en tissu

Et des mains aux doigts griffus….des doigts facilement identifiables par 5 pointes en papier crépis alvéolé

Des bottines noires…forme triangulaire aspect peau de serpent

Un balai magique pour s’envoler et … aspect bois et paille

Aïe ! Aïe ! Aïe ! Oh mon nez !!!... » La sorcière a le nez écrasé , la bouche vrillée et le balai est brisé.

On peut :

  • travailler à partir du toucher des différentes matières ( découverte du monde)

  • mémoriser un texte court

  • retrouver le texte à partir des images

  • pratiquer un vocabulaire spécifique à la sensation du toucher

C’est un livre très intéressant à exploiter.
4) Baba Yaga et la petite fille de Katia Arnold

Conte traditionnel russe : la nouvelle belle-mère veut se débarrasser de sa belle fille et l’envoi vers la sorcière Baba Yaga :Sorcière qui vit dans sa hutte, qui a des pattes de poulets pour se déplacer à tout moment, c’est une ogresse.

- Reprise du conte dans La sorcière aux trois crapauds , Hiawyn Oram et Ruth Brown.

Personnages : Baba Yaga, Toute Douce, la poupée de chiffon, les crapauds.

Portrait : elle est affreusement laide, elle a un nez crochu comme un croissant de lune et elle est plutôt méchante. Elle utilise un balais, un chaudron et une boule de cristal. Elle vit dans une maison qui possède des pattes d’oiseaux dépliables afin de pouvoir se déplacer. Elle a 3 crapauds comme animaux de compagnie et ces derniers portent sur eux des pierres précieuses.

L’histoire : une petite fille, Toute-Douce, est chassée par ses 2 méchantes sœurs et chargée d’aller chez Baba Yaga pour y prendre un crapaud et ses pierres précieuses. Elle part donc avec sa poupée de chiffon à la rencontre de Baba Yaga. La sorcière sait déjà qu’elle va venir ( grâce à la boule !). Lorsque la petite fille arrive, elle lui donne des tâches à accomplir telles que : faire une montagne de vaisselle et le ménage, trier des graines de coquelicots mélangées à un tas de terre, préparer un festin. Heureusement, la poupée de chiffon, douée de vie, aide la petite fille à accomplir les travaux. A la fin du repas, BY lui demande pourquoi elle est venue, sous les conseils de la poupée, Toute Douce répond : « pour avoir peur ». Cette réponse convient à la sorcière qui lui donne alors un de ses crapauds. De retour chez elle, le crapaud dévore ses 2 sœurs
5)la sorcière de la rue Mouffetard et autre contes de la rue Broca, Pierre GRIPARI Gallimard, 1997

Ces contes, sous forme de courtes nouvelles, ont la particularité d’avoir été écrit dans un café de la rue Broca à Paris en collaboration avec les habitants du quartier., notamment les enfants. Ces contes mettent en scène l’auteur lui-même et les enfants amis de l’auteur, ainsi que quelques uns de leurs objets familiers qui sont devenus magiques.

On a comparé 2 contes et la préface :

  • La sorcière de la rue Mouffetard

  • La sorcière du placard à balais

Pour dégager les grands traits de la sorcière :

  • Son portrait : son aspect est toujours celui d’une vieille femme laide au nez crochu. Elle a des griffes, un ricanement de vieille chèvre, elle grimace affreusement. Dans un cas son apparence réelle est celle de la grenouille à cheveux (qui existe par ailleurs dans d’autres contes). Elle est très cruelle mais bête. Elle peut avoir un balai à la main. Donc des caractéristiques animales répugnantes

  • Son mode de vie : une nourriture particulière pour Mr Pierre, une « Nadia à la sauce tomate » : on retrouve le thème de l’ogresse. On ne sait rien de la sorcière du placard à balai si ce n’est qu’elle est retenue dans le placard à balai où elle vient la nuit. : la sorcière est toujours nocturne ; elle lit le journal des sorcières.

Ses envies : devenir jeune et belle, manger Nadia (ogresse), emporter le narrateur : elle est en marge du monde « normal »

  • Ses pouvoirs : elle a des pouvoirs de transformation ainsi que celui d’emporter sa victime dans certaines conditions. Mais ses pouvoirs ont toujours une nature limitée : elle n’est plus dangereuse quand elle est démasquée (ou sous sa forme initiale de grenouille). En tant que grenouille, son pouvoir est contenu dans ses cheveux (un autre vieux thème !).

Comme chez les frères Grimm, elle est vaincue car elle diffère sa victoire dans les 2 cas.

  • Son châtiment : il est moins « exotique » que chez les frères Grimm : elle meurt le crâne fracassé ou bien elle vit une vie de grenouille enfermée dans un bocal.

Donc là aussi, l’archétype est celui d’une sorcière vieille, méchante, bête, à pouvoirs limités, dans un cas obsédée par une enfant. Elle est vaincue à chaque fois car elle diffère son projet et grâce à une aide extérieure d’amis des victimes.
6) Petite sorcière a peur de tout

Personnages : Mère Santrouille (la sorcière)

Portrait : Elle possède certains traits des sorcières tant sur l’illustration que dans le texte. Elle possède un balais pour se déplacer, des grimoires, un chat et fait des potions à base d’aliments spéciaux (pattes de papillons, queue de serpents, cf page de fin…). Sur le plan physique, elle porte un grand chapeau. Pourtant, elle est décrite comme toute petite et mignonne. Elle n’est pas méchante et surtout, elle a peur de tout.

L’histoire : Mère Santrouille est une toute petite sorcière qui a peur de tout. Un jour, elle décide de faire une potion qui lui permettra de ne plus avoir peur. Elle en essaye plusieurs qui vont avoir des effets mais pas celui désiré : donner des boutons, donner mal aux dents ou un torticolis. Un jour, elle tombe sur une recette intitulée « même pas peur » à base de pommes de terres. Elle la cuisine et finit par ne plus avoir peur. Le lendemain, elle veut recommencer et cherche la recette sans la retrouver. Elle se rend alors compte qu’elle avait mal lu la veille et que le recette s’appelle « pommes vapeur » ! Elle aurait donc vaincu ses peurs seule ?

Cette petite sorcière possède donc beaucoup d’attributs des sorcières et serait représentative de la bonne sorcière.
7) Trop belle sorcière C. Miraucourt

Personnages : Bellaninou, sa famille, les prince et le prince charmant, sa maîtresse (Melle Mochette)

Portrait : Bellaninou est une très belle sorcière. Elle porte un chapeau, jette des sorts et va à l’école pour y apprendre la sorcellerie. Elle fait partie d’une famille de sorciers. Lorsqu’elle était petite, elle dormait dans un lit d’os, dans des draps d’araignée, et sur un oreiller en ailes de chauve-souris. Elle portait aussi des chaussons en peau de lézard bouillie.

L’histoire : Bellaninou est une jolie petite sorcière. Toute sa famille est laide (sœurs ont le prix de laideur). Lorsqu’elle naît, ses parents ne s’aperçoivent pas de sa beauté anormale pour une sorcière. Tout le reste de la famille s’en aperçoit pourtant mais pour ne pas blesser les parents, tout le monde dit qu’elle est très laide. Les parents sont très contents. (jeu avec des expressions comme affreusement belle, abominable beauté, horriblement belle) → le fait d’être belle est donc ici présenté par le narrateur comme un véritable problème. En effet, la pauvre Bellaninou va vivre une histoire similaire à celle du vilain petit canard. Ces camarades vont la rejeter, sa maîtresse la détester car elle est allergique à tout ce qui est beau et ses parents, s’apercevant finalement de sa beauté vont tenter par tous les moyens de l’enlaidir sans que ça ne fonctionne. Mais ils ne peuvent pas lui jeter de sort car il est interdit à un sorcier de jeter un sort sur un autre : il en perdrait tous ses pouvoirs. La nouvelle qu’une jeune et jolie sorcière existe se répand. Bellaninou attire soudain l’attention de tous les princes des alentours qui convoitent à la fois sa beauté et ses pouvoirs de sorcières. Elle finit par rencontrer un prince pas très beau qui ne cherche qu’une femme jolie et ne désire pas les pouvoirs d’une sorcière. Bellaninou va tester son honnêteté puis se marier avec lui. A la fin, elle jette un sort à sa maîtresse pour se venger et devient une jolie princesse !

Donc, une sorcière pas à sa place dans le monde des sorcières car il lui manque la laideur par rapport à l’archétype. L’auteur fait comme si la beauté était un problème, et fait comme si les sorcières devaient être forcément toujours laides. Mais elles ne sont pas présentées ici comme vraiment méchantes.
Conclusion :

Il y a bien un archétype littéraire de la bonne et belle sorcière ainsi que de la vieille et méchante sorcière dès le XIXème siècle qui existe toujours maintenant. Cet archétype rejoint parfois celui de la méchante belle-mère et de l’ogresse

La sorcière a des attributs qui ne sont pas toujours explicitement présents dans les histoires. Ces attributs semblent avoir pris plus d’importance dans les histoires du XXème siècle ?

Mais, à côté de cette image traditionnelle, on constate qu’il y en a beaucoup d’autres qui sont véhiculées dans la littérature de jeunesse actuelle et sont beaucoup plus difficiles à identifier.
II : L’archétype remis en cause dans la littérature de jeunesse contemporaine

1) Sacrées sorcières de Roald Dahl (roman)

A première vue, rien ne différencie une sorcière de n’importe quelle autre femme, et oui, les sorcières sont toujours des femmes ! , elles vivent dans des maisons qui n’ont rien d’extraordinaire et elles exercent des métiers tout à fait courants. Mais avec un peu d’entraînement et quelques indices donnés par la grand –mère bienveillante de notre jeune héros, il devrait être plus aisé de les repérer :

Une vraie sorcière déteste les enfants d’une haine cuisante. Elle passe son temps à comploter contre les enfants qui se trouvent sur son chemin. Elle éprouve du plaisir à passer un enfant à la moulinette. Elle estime qu’il faut faire disparaître un enfant par semaine. Une sorcière porte toujours des gants : elle n’a pas d’ongles, elle a des griffes. Une sorcière est toujours chauve : elle porte une perruque de première qualité pour éviter les irritations de la peau. La pupille d’une sorcière sera colorée et tu y verras danser des flammes et des glaçons. Elle a grandes narines pour renifler les enfants. Elle n’a pas d’orteils c’est pour ça qu’elle porte des petits souliers pointus ! La salive d’une sorcière est bleue.


  1. Trois sorcières, G SOLOTAREFF, 1999 : des sorcières ambiguës

Il s’agit d’un conte de transformation en deux parties (avant et après les enfants).

Dès le début, une double lecture est possible concernant les trois sœurs, et une question se pose : sont-elles ou non des sorcières ?

La réponse change au cours de la lecture de l’album :

- Elles correspondent à l’archétype de la vieille et méchante sorcières : présentation du titre, aspect, habillement, vocabulaire, , attitude, habitation, obsession des enfants, habitudes alimentaires bizarres. Elles enlèvent les enfants. Elles sont susceptibles. Leur absence est très forte et très présente pour les gens « ordinaires »(« On ne les voit jamais, tout le monde en a peur ») A côté de ces caractéristiques traditionnelles, il y a des clins d’œil de l’auteur dans les jeux de nom qui correspondent à notre époque contemporaine.

- Mais en fin de compte : elles semblent n’être que de pauvres vieilles marginales isolées, démunies, perdues, face aux enfants : ils les démasquent. Elles se posent des questions, ont le sens de l’humour. Leur transformation physique commence dès le goûter, puis leur attitude change, et c’est enfin l’explosion finale. Le rire est le dernier vecteur de la transformation ?

- Pourtant finalement, on constate que ce sont quand même des sorcières (le chapeau ne disparaît pas) Mais alors, tout était vrai ? Ce n’est donc pas l’histoire de trois pauvre vieilles qui deviennent sociables mais de sorcières qui découvrent un autre moyen de communiquer ? Mais alors, peut-être étaient-elles réellement des méchantes sorcières ? Ces éventuelles méchantes sorcières ont effectivement changé, mais sont-elles vraiment devenues de gentilles sorcières ? Elles le semblent, en effet, mais on ne peut pas en être tout à fait sûrs car après tout, elles veulent toujours attirer les enfants… L’ambiguïté persiste, et le lecteur ne peut faire que des hypothèses

Cet album pose bien le problème de la perspective dans la perception d’un personnage : il y a la façon dont les sœurs se voient, comment les gens les voient, comment les enfants les voient. L’archétype fait toujours la sorcière mais l’auteur joue sur l’ambiguïté d’un trait essentiel de cet archétype : la méchanceté.
3) La sorcière Mange-Tout, J.F. Ménard

Ici, la sorcière n’a pas pour rôle de jeter des sorts.

Personnages : Jonathan, la sorcière Mange-Tout

Portrait : La sorcière Mange-Tout est plutôt jolie et gentille. Elle se nomme Ittitôl ( eat it all). Elle se déplace en parapluie volant. Sa particularité : elle mange de tout mais absolument tout !! Quand elle mange quelque chose de mauvais ou de pas très beau, elle se change en vieille et laide femme pour redevenir jeune et jolie, elle doit manger quelque chose de beau telle qu’une œuvre d’art. Pas méchante, ne mange que si on lui dit de le faire.

L’histoire : Jonathan mange avec ses parents. Sa mère a fait de la choucroute. Alors qu’il ne veut pas manger son assiette de choux, son père qui veut à tout prix lui apprendre l’anglais lui dit qu’en anglais on dit eat it all pour mange tout (mais il se trompe !!). Il y a alors litige lorsque la mère contrarie le père et lui dit qu’on dit eat all of it. Ils partent dans la chambre pour vérifier dans leur super dictionnaire ! Jonathan se retrouve seul et ronchonne : il en a assez de la choucroute et de l’anglais. Alors qu’il cherche une solution pour se débarrasser de son choux, il répète plusieurs fois eat it all (Ittitôl) en imitant son père. Tout d’un coup, un parapluie volant arrive par la fenêtre. Il fait la connaissance de Ittitôl, la conductrice, qui lui apprend qu’elle peut tout manger. Il se sert alors d’elle pour se débarrasser de ce qui le gêne : dictionnaire d’anglais, bulletin, …Mais à chaque fois, il faut donner quelque chose de beau à la sorcière qui ne veut pas être vieille et laide. Et c’est difficile à trouver !! Ittitôl finit par manger la directrice de l’école de Jonathan devant lui et elle prend ainsi la place de la directrice puisqu’elle lui ressemble ! Jonathan prend peur et s’enfuit dans le parapluie volant. Il devient Jonathan Mange-Tout !
4) La sorcière Camomille de Eric Larreula (série)

Habillée en noir, avec un chapeau pointu, se déplace grâce à son balai, fait des tours de magie, assiste au congrès annuel des sorcière, est accompagnée d’un hibou

MAIS elle est gentille et contemporaine : elle voyage, fait des défilés de mode à Paris, est hospitalisée, se marie. …
5) Ma sorcière, mon ange et moi, Solotarref

La sorcière exerce ici un rôle complètement différent de celui qu’une sorcière exerce habituellement.

Personnages : la petite fille, la sorcière, l’ange gardien.

Portrait : la sorcière n’est pas très jolie mais elle est gentille. Ici, elle est aussi farceuse mais pas vraiment méchante. Elle naît dans une crotte de chien. Elle a des pouvoirs magiques tels que fermer des portes à distance ou se rendre invisible. Elle a un ennemi en particulier : l’ange gardien.

L’histoire : Un jour en se rendant à l’école, une petite fille marche dans un crotte de chien. De cette action naît une sorcière, SA sorcière. En effet, elle apprend qu’un grand nombre de personnes possèdent une sorcière et un ange gardien. La sorcière a pour but de faire que celui qu’elle protège s’amuse en faisant des bêtises tandis que l’ange gardien le remet dans le droit chemin. Le combat du bien contre le mal en quelque sorte.
6) Les apprenties sorcières :

-Sorcilia, petite sorcière de Pierre Marie Valat

Histoire d’une petite fille presque comme les autres qui n’obéit pas forcément à sa maman et aime braver les interdits. C’est une jolie petite fille aux cheveux longs et roux et aux yeux verts et lorsque sa maman part faire les provisions de langues de salamandre sur son balais, elle ne peut s’empêcher de toucher au grimoire et provoques des catastrophes malgré elle. Elles vivent toutes les deux dans une cabane couverte de toiles d’araignées, un chaudron, un crâne, un grimoire, un hibou et des chauves-souris, des chapeaux pointus et des balais
- Capucine la petite sorcière , Quentin Greban

Capucine 9 ans, des cheveux d’or, la peau blanche comme du lait, le plus beau sourire de la région, apprend la magie chez la sorcière Meghân. Mais elle ne prend pas le temps d’expérimenter son nouveau tour et les résultats ne se font pas attendre…

Moralité : c’est tellement plus amusant de jouer que de travailler, mais il vaut mieux étudier et poser des questions que faire n’importe quoi

La sagesse du vieux chêne : écouter les conseils des anciens !

- Pouah ! Bébé-sorcière, Lucie Papineau et Steve Beshwaty

Comme tous les ans, la cigogne effectue sa livraison et commet l’erreur irréparable d’apporter un beau bébé aux joues toutes roses au pays monstrueux….Papa et maman sorcière sont désolés de voir que leur enfant n’a ni le nez crochu, ni des verrues , pas plus qu’il n’apprécie les biberon de bave de crapaud ou les bains dans les yeux de vipères ; lors de la grande fête d’anniversaire ou les enfants sorcières doivent effectuer la plus vilaine grimace, maman sorcière a l’idée de remplacer le jus de framboise par la bave de crapaud : la grimace la plus horrible est alors assurée !

- A 6 h de bon matin, Reinhard Michel

Minie-sorcière apprend l’heure, compte les chats noirs terme à terme, est rousse avec les cheveux longs, porte une jupe parsemée d’étoiles et de lune, fait la cuisine dans un chaudron avec des grenouilles, danse de manière frénétique et s’envole sur la louche !!!!

Utisable au Cycle 1, moyenne section : apprendre à dénombrer, compter terme à terme et pour apprendre l’heure.
7) Une visite chez la sorcière, Carl Norac / Illustrateur : Sophie Moon

Personnages : la sorcière, sa voisine la petite fille.

Portrait : On ne sait pas vraiment si c’est réellement une sorcière. On sait qu’elle porte un chapeau et qu’elle est très belle, selon le petite fille. Elle est assez mystérieuse. Elle semble être amie avec les chauves-souris, des plantes qui parlent et de nombreux chats. Une fumée orange s’échappe de la cheminée de sa maison.

L’histoire : Une petite fille a une voisine que tout le village considère comme une sorcière et dont tout le monde a peur. Pourtant la petite fille la trouve très belle avec ses cheveux roux et son grand chapeau. Tous les jours, on peut voir de la fumée orange s’échapper de la cheminée de la maison de la sorcière. Même si tout le monde dit qu’elle fait du poison, la petite fille sait qu’en réalité elle cuisine de la soupe, même les chauves-souris viennent en respirer la bonne odeur près de la cheminée. Un jour où la sorcière sort de chez elle, la petite fille curieuse se glisse chez elle. Elle découvre 2 plantes qui se disputent et se fait attaquer par des chauves-souris qui parlent. La sorcière revient alors et la sauve ; elle l’invite à entrer. La petite fille découvre que la sorcière peint de magnifiques tableaux du ciel : les étoiles, les nuages. La sorcière lui offre de sa fameuse soupe qui n’est pas du poison. Elle lui dit qu’elle est triste de ce que pensent les gens d’elle. Elle vit avec tout un tas de chats. Le lendemain lorsque la petite fille revient lui dire bonjour, elle découvre que la sorcière a déménagé et lui a laissé en cadeau un de ses magnifiques tableaux.

P.S : on aperçoit sur la dernière illustration une femme qui ressemble à la sorcière, assise sur un balais et avec un chapeau qui regarde la petite fille par la fenêtre

CONCLUSION :

Les sorcières de la LJ contemporaine ont gardé les caractéristiques de l’archétype traditionnel mais pas tous. Les auteurs jouent beaucoup sur l’ambiguïté.

Mais la plus grande différence par rapport à la littérature traditionnelle est peut-être le fait de ne plus savoir exactement où on en est : il n’y a plus vraiment de bons et de méchants figés, les rôles fondamentaux changent et s’échangent, parfois dans la même histoire, parfois avant même le début de l’histoire.

Maintenant, le lecteur va identifier ou non une sorcière selon ce qu’il connaît de l’archétype. Ainsi, le personnage est une sorcière :

  • selon la vision et l’attente du lecteur

  • et dans le récit, selon la façon dont le personnage se perçoit où est perçu par les autres.

BIBLIOGRAPHIE

Katia Arnold, Baba Yaga et la petite fille

Guy BECHTEL, les quatre femmes de dieu, Plon, 2000

Guy BECHTEL, la sorcière et l’Occident. La destruction de la sorcellerie en Europe, des origines aux grands bûchers, Plon, 1997

Roald Dahl, Sacrées sorcières

Tran Duc, Sorcière, sorcière, vous avez dit sorcière ?

Elzbieta, Grimoire de sorcière

Contes de Grimm

Tanguy Greban, Capucine la petite sorcière

Pierre GRIPARI, la sorcière de la rue Mouffetard et autre contes de la rue Broca, Gallimard, 1997

Emily Horn, Pardon Madame, vous êtes une sorcière ?

Eric Larreula, Le voyage à Venise de la sorcière Camomille, La grande fête de la sorcière Camomille, La sorcière Camomille à Paris, Les vacances de la sorcière Camomille, Le mariage de la sorcière Camomille, Camomille au congrès des sorcières

Mégline et Lucie L’éclair, Si j’étais un sorcier

Isabelle Michelat et Christophe Loupy, Si j’étais une sorcière

Reinhard MichEl, A 6 heures de bon matin

Carl Norac, Une visite chez la sorcière

Hiawin Oram, La sorcière aux 3 crapauds

Lucie Papineau et Steve Beshwaty, Pouah ! Bébé-sorcière

Yak Rivais, La marmite enchantée

Grégoire SOLOTAREFF , trois sorcières, L’Ecole des loisirs, 1999

Tomi Ungerer, Guillaume l’apprenti sorcier

Pierre Marie Valat, Sorcilia petite sorcière

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