Peau d'Âne, de Jacques demy a nimation Nicole Fraga, cpc toul, 31/03/2015 nicole fraga@ac-nancy-metz fr





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Peau d'Âne, de Jacques DEMY

Animation Nicole Fraga, CPC TOUL, 31/03/2015 nicole.fraga@ac-nancy-metz.fr

1- Peau d'Âne de Perrault (1628-1703)


L’interdit de l’inceste

Un jour, un roi riche et puissant perd sa femme bien-aimée. En quête d’une nouvelle épouse, il tombe amoureux de sa propre fille. Demandée en mariage, la princesse, conseillée par sa marraine la fée, exigera des cadeaux insensés, puis s’enfuira du palais, revêtue d’une peau d’âne. Elle vivra pauvrement, loin du royaume, avant de rencontrer un jeune prince.

Ce conte de fées fut longtemps passé sous silence, et parfois même censuré parce qu’il aborde de front le tabou des tabous : l’inceste. À partir d’une situation extravagante – un père qui abuse de son autorité pour demander sa fille en mariage –, l’interdit de l’inceste est clairement expliqué par la fée qui, à la mort de la reine, remplit sa fonction de marraine en prenant le relais de l’éducation de la jeune fille. Celle-ci donne l’exemple à tous les enfants : elle parvient à se soustraire au pressant désir paternel en renonçant à une vie facile. Elle en sera finalement récompensée.
Symboliquement, dans les contes, revêtir la peau d’un animal permet au héros de ne pas perdre son âme…

http://www.psychologies.com/Culture/Savoirs/Litterature/Articles-et-dossiers/Ce-que-les-contes-nous-racontent/4
Bruno Bettelheim dans « Psychanalyse des contes de fées », curieusement, n’évoque pas ce conte, sauf dans la préface de l’édition de poche où il écrit :

«  Dans Peau d’Âne, l’héroïne se déguise et s’avilit pour échapper à l’inceste. »
Dans ce conte, l’horreur que le père veuille épouser sa fille correspond au désir inconscient et refoulé qu’a la fille d’épouser le père. On a un renversement dans le contraire qui permet de déformer et de dissimuler le désir œdipien de la fille : on met plutôt en avant la folie du père.
Dans le film de 1970, ce thème de l’inceste est bien traité dans l’après Freud et Bettelheim : la princesse :

- hésite (elle répond à sa marraine la fée qu’elle aime son père),

- se tait, ne sait plus que répondre à la demande du père ; l’enfant est d’abord appelée « la fille » puis « l’infante » -infans en latin- qui signifie « celui ou celle qui ne parle pas. »

- est tentée de céder quand elle le voit accéder à tous ses désirs.
Son père demande conseil à des sages : son désir est-il coupable ?

Les paroles du casuiste chez Perrault : « Il (le père) trouva même un casuiste qui jugea que cela pouvait se proposer. »

Chez Demy, le savant consulté répond « La princesse est bien jeune pour analyser les mouvements de son cœur. Il est écrit ici que toutes les petites filles auxquelles on demande « Avec qui veux-tu te marier quand tu seras plus grande ? » répondent immanquablement « avec papa ! » » Demy met bien en scène le désir œdipien de la fille.
Demander en 4ème vœu la dépouille de l’âne-banquier c’est toucher à l’équivalent métaphorique de la puissance du Roi. Elle « fait la peau » de son père, le castre symboliquement, en exigeant sa propre déchéance et son propre sacrifice. D’ailleurs il disparaît quasiment du film (une vision fugitive dans le miroir puis on le revoit dans la scène du mariage final), il est mis hors fiction.
La fuite de Peau d’Âne indique au lecteur et au spectateur que la fille doit renoncer à séduire son père et doit se détacher de lui. La fin du conte laisse aux femmes ce devoir de transmission de cette règle.
Si vous souhaitez lire un décryptage psy complet, vous pouvez lire le travail de Michèle Aquien :

Si Peau d’Âne m’était conté,

« Comme le montre Michèle Aquien, ce conte de Charles Perrault raconte, selon l’encodage du rêve, l’itinéraire de la petite fille dans l’œdipe. Il nous installe dans un univers onirique terrifiant et fascinant que décode avec nous l’auteur, pas à pas, avec le secours de la psychanalyse. »

http://www.cairn.info/zen.php?ID_ARTICLE=JDP_262_0067

2- le film de Jacques DEMY, tourné en 1970

Pour une révision rapide : « Bref, j’ai revu Peau d’Âne »

http://cavesdumajestic.canalblog.com/archives/2013/05/02/26918748.html

Ce qui est différent du conte :

- la mise en scène explicite du désir œdipien de la fille, comme nous venons de le voir.

- le personnage de la fée marraine : elle est amoureuse du roi dans le film ; elle laisse entendre qu’elle a eu une histoire passée avec lui. Elle n’agit finalement que dans son propre intérêt : elle manigance un plan pour que la princesse échappe au roi, stratégie qui lui permettra de réaliser son projet personnel et de devenir la reine. Si elle perd en pouvoir magique, elle gagne en séduction et conquiert le roi.

- un genre qui conjugue « réalisme et merveilleux » :

(voir article d’Alain Philippon dans le carnet de notes…)

- du côté du merveilleux :

- les deux mondes traités par une couleur (le bleu du Père, le rouge du Prince appliqués aux animaux, aux personnages), alors que Peau d’Âne dans son carrosse rempli de plumes blanches est aussi vêtue de blanc. Le blanc (non-couleur) est l’élément de transition entre le bleu (à l’âme ?) et le rouge (de la passion) )

- les costumes en lien avec l’univers du conte qui renvoient à la Renaissance ou au Moyen âge ou encore au 17ème .

- la fée et ses pouvoirs (changer de couleur de robe, faire apparaître ou disparaître des personnes des objets…)

- les objets qui s’animent seuls (les portes s’ouvrent seules, la robe se meut….)

- la rose anthropomorphisée qui regarde et parle

- l’âne-banquier qui défèque de l’or

- les décors kitsch (mais en 1970, on est en pleine période psychédélique !)
- du côté du réalisme :

- la réalité sociale du 17ème siècle est juste (Par exemple , il faut remédier au fait que dans les campagnes, les souillons existent, la princesse pue, les classes sociales dans la scène de l’essayage de l’anneau –princesses, duchesses, marquises, comtesses, baronnes, servantes, femmes de chambre, cuisinières, sans profession-…)

- le réalisme comme garde-fou des excès de l’imagination ou du fantasme : voir la scène onirique, avec des références hippies, où le Prince et la Princesse veulent tout se permettre (leurs désirs sont d’un réalisme très enfantin : faire des roulades dans l’herbe, se gaver de pâtisseries, aller ensemble à la buvette, fumer la pipe en cachette !!!)

- les anachronismes représentent une fusion du réalisme et du merveilleux (la fée lit l’avenir : ses charmes s’usent comme des piles, elle possède un téléphone, on récite 2 poètes du futur -Apollinaire et Cocteau- , le Roi se rend au mariage de sa fille en hélicoptère) : on fait apparaître la réalité d’aujourd’hui, ce qui est merveilleux, magique par rapport à l’univers référent du conte.

- la scène du gâteau : la recette est concrète, réaliste, mais elle est filmée en champ/contre-champ avec la princesse et peau d’Âne, même personnage dédoublé

- on ne recourt à la magie qu’en dernière limite (demande des 3 robes avant d’utiliser la baguette –que la fée possède d’ailleurs en double !-)

- les trucages sont primitifs (dans la veine de Méliès) : Demy veut garder le plaisir de faire à la main, et d’avoir la main (en laissant peu de travail en laboratoire)

- l’hommage à Cocteau, par l’insertion de la phrase « les fées ont toujours raison », en écho à la phrase de Cocteau « les faits ont toujours raison », phrase qui constitue un plaidoyer pour le réalisme. Ou encore les références à « La Balle et la Bête » tourné en 1946 par Cocteau (hommes ou femmes statues qui portent des chandeliers, le miroir écran de télé, les portes qui s’ouvrent toutes seules.

- un film musical : l’histoire est ponctuée de nombreux chants, mais les dialogues sont joués
3- Propositions pédagogiques

Avant le film :

Assurer la compréhension

- le conte : voir ce que les enfants connaissent. Leur lire le conte plusieurs fois (collection « les petits conteurs » chez Gründ) ; lire quelques extraits du conte de Perrault dans sa version originale rimée. S’entraîner à dire le conte pour bien posséder la chronologie des faits, les attributs des personnages.

- Travailler sur le genre : c’est un conte merveilleux, pourquoi ?

- Faire un petit tour sur le site de la BNF pour apprendre quelques éléments sur Charles PERRAULT http://expositions.bnf.fr/contes/feuille/perrault/f1.htm

- regarder les gravures de Gustave Doré sur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b2200191h/f31.item



Gravure sur bois de Gustave Doré « peau d’Âne prenant la fuite » (1862)
Présenter les lieux où le film a été tourné :

- le château de Chambord (scène finale du mariage) ; vidéo courte, 1 min ici, vidéo 30 min sur les châteaux de la Loire ici.

- le château de Plessis-Bourré (Maine et Loire) est le château « bleu » du Roi (voir ici)

- la ferme en quadrilatère du château de Neuville situé à Gambais dans les Yvelines. (voir ici)


Lire l’affiche : chercher les éléments du conte. À noter que l’affiche dessinée ne renseigne pas les spectateurs sur la nature des images du film.
Apprendre la chanson de la recette du cake d’amour, visualiser la scène avant la projection (procurer aux enfants le plaisir de retrouver une chanson connue au cinéma). Voir la scène ici.


Après le film :

- des échanges libres étayés par le dessin du personnage préféré, de la scène qui les a marqués, des commentaires à propos des photos de la carte élève (les situer dans l’histoire, identifier les personnages).

- Une actrice joue deux rôles : les enfants l’ont-ils repérée ?

- Les deux mondes, le bleu, le rouge : qu’ont retenu les enfants des deux décors ?

- Cherchez ce qui est différent du conte lu en classe d’après Perrault : la fée marraine qui devient la compagne du père de Peau d’Âne, les anachronismes (qu’on peut définir ainsi avec les enfants « une erreur qui consiste à placer un mot ou un outil inexistant à l'époque illustrée par l'œuvre »), les chansons (noter « une comédie musicale : spectacle, film contenant des scènes chantées et dansées »)

- voir fiches élèves sur le site (la chronologie à reconstituer, les 3 robes, les anachronismes, un accessoire pour chaque personnage – documents issus des CPC de la Creuse)

- petite leçon de transition au cinéma : la fermeture ou l’ouverture à l’iris, des exemples ici tirés du cinéma muet. À noter que dans Peau d’Âne, les fermetures à l’iris jouent sur la couleur des deux mondes.
- reproduire les trucages du film, à partir de manipulations très simples :

- l’apparition, la disparition de personnages : on filme un plan fixe de quelques secondes avec un appareil photo numérique fixé. Sans bouger l’appareil, un personnage apparaît : filmer quelques secondes à nouveau. On fait ensuite un montage très rapide des deux plans avec Windows Live Movie Maker (voir petite réalisation improvisée sur le site)
- la robe s’envole toute seule du coffre : petite scène à tourner avec fil de pêche et manipulateur sur escabeau ?
- scène du Prince en réel et Peau d’Âne en personnage fantomatique : incruster un personnage avec Photo Filtre Studio : on importe une image décor, puis une image avec un personnage, et il suffit d’utiliser dans le menu « calque » la fonction transparence. (voir réalisation modeste du lapin dans le jardin sur le dossier du site). On peut aussi travailler sans numérique avec feuille de rhodoïd et calque pour jouer sur les superpositions.

- scène au ralenti dans la cour de la ferme : Peau d’Âne traverse l’espace en courant, alors que tous les valets de ferme sont figés dans une posture de travail. La scène est projetée au ralenti. On peut rejouer cette scène dans la cour (il y aura bien une fille qui aura une robe de princesse), la tourner normalement, puis toujours avec Windows Live Movie Maker, on peut dans l’onglet « édition » jouer sur la vitesse et ralentir la scène.
- la rose anthropomorphisée : on réalise un panneau suffisamment grand pour cacher l’opérateur (fond de prairie et rose à plat ou en volume) ; on évide le cœur de la rose et on place l’œil d’un enfant, puis sa bouche. Rappel du dialogue entre la Prince et la Rose :

La Rose : Tu t’ennuies hein Seigneur ?

Le Prince : Moi, je ne m’ennuie jamais, la Rose. Comment s’ennuyer dans un monde où il y a tant à faire, à découvrir, à comprendre ?

La Rose : Tu chantais l’amour… Le cherches-tu ?

Le Prince : Évidemment, je le cherche comme tout le monde.

La Rose : Alors, continue ton chemin, c’est une question de confiance.
- L’âne-banquier défèque de l’or : analyser la scène plan par plan. Rejouer avec une peluche sur une table.
- la robe couleur de temps : on dispose d’une image de Peau d’Âne avec sa robe couleur de temps, on réalise deux fentes verticales. Puis on fait glisser une bande horizontalement entre les deux fentes. On filme en prenant bien soin de fixer l’image de peau d’Âne sur le support.





- Si on dispose d’une caméra, on pourra s’exercer à tourner une scène puis à la visionner à l’envers (scène des roulades dans le pré, ou encore sortie de la fée par le plafond) ; on pourra aussi s’exercer à l’ouverture ou la fermeture à l’iris.


Les quelques trucages peuvent ensuite être intégrés dans une présentation powerpoint où l’on peut annoncer chaque trucage en écrivant quelques mots.


Si vous réalisez quelques essais en liaison avec ces propositions, n’hésitez pas à me les communiquer ! Elles seront valorisées sur le site de la circonscription.

Bonne séance de cinéma à toutes et tous !

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