Dans les miracles de notre -dame





titreDans les miracles de notre -dame
date de publication21.01.2019
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RELIQUES ET IMAGES

LES LIEUX DE PELERINAGE

DANS LES MIRACLES DE NOTRE –DAME

D’ADGAR ET DE GAUTIER DE COINCI

Jean-Louis Benoit

Université de Bretagne-Sud, Lorient, HCTI

Au XIIe siècle fleurissent, dans toute la chrétienté, des miracles en latin qui racontent les merveilles accomplies partout dans le monde par Marie. Ce genre littéraire est issu des vitae où les miracles attribués aux saints, pendant leur vie et après leur mort, étaient nombreux. Cependant, cette fois, on se spécialise dans les miracles attribués à Marie, rendant les récits à la fois plus variés et plus homogènes. On puise, ainsi, dans de nombreux textes patristiques très anciens où figurait ce type de miracles, par exemple chez Grégoire le Grand et Grégoire de Tours. C’est en Angleterre, sans doute, qu’apparaissent ces premières collections. On en connaît parfois les auteurs : Dominique d’Evesham, Guillaume de Malmesbury. Certains compilateurs restent anonymes1. Beaucoup de sanctuaires, pour des raisons évidentes, composent leur collection. C’est le cas à Soissons, avec Hugues Farsit, à Laon, avec Herman de Laon, à Rocamadour, à Montserrat, etc. C’est en Angleterre encore, qu’apparaissent les premiers miracles versifiés traduits en langue vernaculaire. Adgar, un moine de la région de Londres, compose vers 1165, en anglo-normand, un recueil intitulé Le Gracial1. Il translate un ouvrage en latin de maître Albri (Albericus), aujourd’hui perdu, qu’il a trouvé dans la bibliothèque de l’abbaye de Saint Paul. Il rassemble divers miracles connus, déjà racontés notamment par Guillaume de Malmesbury. Comme tous ses successeurs, il traduit ces miracles afin que les illitterati, ceux qui ne comprennent pas le latin, puissent avoir accès à ces textes. Le public des laïcs, notamment aristocratique, est particulièrement visé, mais les clercs ne sont pas exclus. Le peuple pourra toujours les entendre raconter puisque ces miracles sont faits pour être transmis oralement. Les femmes sont souvent nommées comme destinataires de cette littérature. Adgar cite deux dédicataires, un jeune homme nommé Grégoire et une dame nommée Maud, auxquels il rend hommage. Beaucoup d’autres écrivains, dans tout le domaine de la Romania, vont suivre son exemple et écrire des miracles en roman. Gautier de Coinci, un moine de la région de Soissons, va traduire et versifier 59 miracles, auxquels il adjoint de nombreuses chansons mariales et deux sermons. Il écrit deux livres2 à partir de 1218. Il est prieur de l’abbaye de Vic-Sur-Aisne, puis de l’abbaye de Saint Médard de Soissons où il meurt en 1236. Lui aussi écrit à la demande de ses amis ecclésiastiques (Raoul abbé de Noyon, Robert de Dive) ou laïcs : Raoul III de Soissons. Il écrit aussi pour ses deux chères amies, la comtesse Ade de Soissons et la comtesse de Blois, Marguerite d’Avesnes. Paule Bétérous, dans un ouvrage comparatiste remarquable, envisage l’ensemble des collections de miracles romans3. Outre les auteurs que nous venons de citer, elle étend son corpus aux importants miracles du domaine ibéro-roman : ceux de Gonzalo de Berceo, de Ramon Lull et d’Alphonse X le savant. Elle constate que « le miracle marial en langue vulgaire a pu jouer, au XIIIe siècle, un rôle de vulgarisation des vérités de la foi ou des traditions pieuses, à une époque où la catéchèse laisse à désirer. Il a contribué à répandre et rendre compréhensible, en les parant d’une forme accessible à la foule, des données doctrinales que les grands clercs de l’Eglise du temps étaient en train d’élaborer et de traiter au niveau de la théologie4. »
En écrivant ces miracles leurs auteurs font œuvre de mémoire à beaucoup d’égards. Ils se veulent des transmetteurs d’événements dignes d’être connus. Ils célèbrent Marie à travers des sanctuaires, des lieux de pèlerinage qui sont en eux-mêmes des lieux de mémoire et de tradition, des espaces sacrés par lesquels les fidèles communiquent avec un passé immémorial et avec l’éternité. Même fonction attribuée aux reliques si souvent présentes. Cependant nous tâcherons de montrer, au fil de cette étude, que pour rendre réelle cette résurrection et échapper à la simple chronique, les auteurs doivent se faire écrivains et ainsi échapper au temps perdu de l’histoire pour un temps retrouvé, vivant, celui de l’écriture et de la lecture littéraire.
Les histoires qui prétendent être vraies, contrairement aux fictions jugées immorales et mensongères (fables) de la littérature profane, sont des exempla qui visent à transmettre, de manière agréable les vérités de la foi, de la morale et à encourager des pratiques de piété recommandées par l’Église. L’intention édifiante est en effet prépondérante. Le miracle est censé fortifier la foi des fidèles, car sa réalité est présentée comme incontestable. Nos auteurs se veulent comme les derniers maillons d’une chaîne de clergie qui a transmis des événements authentiques depuis des témoins dignes de foi. Le respect des autorités (il est vrai que certains miracles prennent parfois leur source chez une autorité ecclésiastique) et de l’écrit en général, témoigne de leur souci de véracité. La forme littéraire utilisée (le genre nouveau du miracle narratif) et la langue (le français) rendent le message plaisant et accessible à tous. Si l’on devait résumer ce message en quelques mots, ce serait : il faut aimer, prier, servir Marie. Elle obtient, en effet, de son Fils, toutes les grâces nécessaires à l’humanité. Elle est une avocate irrésistible pour obtenir le salut de l’âme. Elle vient en aide au pécheur dès cette vie pour lui permettre de s’amender et d’échapper au Malin. C’est elle qui sauve Théophile qui, pour retrouver le pouvoir, a conclu un pacte avec le Diable. Au moment du Jugement de l’âme, elle intervient pour arracher à l’Enfer le pécheur qui a manifesté au cours de sa vie une dévotion sincère envers elle et un repentir au moment de sa mort. Elle guérit les malades, protège les villes contre les assiégeants, apporte son secours à un voleur condamné à mort, répare toutes sortes d’injustices, écarte tous les dangers. Elle apparaît à ces héros ordinaires (la plupart ne sont pas des saints) pour leur apporter ses bienfaits. Parfois, en échange, elle demande que soit instituée telle fête mariale (Purification, Nativité de Marie, Conception), ou vient encourager telle prière : lAve Maria, le Gaude Maria, les heures de la Vierge, l’Hymne de Sedulius, etc. Bien souvent elle récompense, rarement elle punit. Elle incarne le visage souriant de la Miséricorde divine. Et les auteurs du XIIe et du XIIIe siècle ne font que s’inscrire dans la profonde ferveur mariale qui marque leur époque.

Entre le milieu du XIIe siècle et le milieu du XIIIe siècle s’élèvent vers le ciel, partout, les plus belles cathédrales gothiques, pour la plupart dédiées à Marie. Cet art des cathédrales, tel que le définit Georges Duby1, n’est pas étranger à la spiritualité et à l’esthétique des miracles, nous y reviendrons.

La prière est, évidemment, la première recommandation des miracles. Il s’agit, avant tout, d’une prière sincère d’un cuer entier, confiante, persévérante et humble. Elle s’adresse à Dieu par Marie. Elle s’accompagne volontiers de jeûne et de mortifications diverses, comme l’illustre le parfait exemple de Théophile. Celui-ci prie dans l’église de Notre-Dame, en jeûnant et en veillant, à genoux, pendant quarante jours :

Quarante jors i demura

E quarante nuiz i veilla

Od juines e od ureisuns

Requist la dame a genuilluns,

La mere Dieu, Sainte Marie,

K’envers Deu li fust aïe.

(Le Gracial, XXVI, v.507-512)

(Il y demeura quarante jours et quarante nuits. Il y veilla avec des jeûnes et des prières. Il demanda à genoux à la Dame, à la mère de Dieu, sainte Marie, qu’elle l’aidât auprès de Dieu.)
La prière a lieu, de préférence, dans un sanctuaire. Elle est personnelle, mais elle s’inscrit dans la communauté des croyants. Elle a besoin, pour s’exprimer, d’un support matériel, d’un vecteur entre l’humain et le divin. Cet objet sacré, médiateur de la prière, c’est souvent une relique1. Les recueils de miracles nous présentent de nombreux exemples de ce culte si populaire au Moyen Âge.

Plusieurs sont directement reliés à Marie. Gautier de Coinci, en traduisant les miracles d’Hugues Farsit, à la demande de la comtesse Ade de Soissons, se fait le promoteur des miracles qui ont eu lieu à Soissons, pendant l’épidémie du mal des ardents, du temps de l’abbesse Maud (1131). À Soissons, on vénère le soulier de La Vierge. Le premier miracle est celui d’un enfant de onze ans, originaire de Vaux, qui a été guéri du mal des ardents. Un an après, le garçon rétabli veut y retourner, pour remercier Notre-Dame, mais sa mère s’y oppose. Il retombe malade et sa mère est alors obligée d’accepter qu’il y retourne en pèlerinage. Là, il est non seulement guéri à nouveau, mais il bénéficie d’une apparition de la Vierge, qui emporte son âme au Paradis. Elle supplie son Fils d’arrêter ce fléau qui s’abat sur Soissons. Elle annonce à l’enfant qu’il ne vivra plus qu’un mois et lui confie un message. Il doit demander aux habitants de Soissons de reconstruire l’église de Notre-Dame :

Douce mere, fait Nostre Sire

D’outre la mer, d’outre le Rin

Venront par tanz li pelerin

De cui aport vostre chapele

Faite sera plaisanz et bele…

(t.4, v. 134-138)

(Douce mère, dit Notre Seigneur, d’au-delà la mer, d’au-delà du Rhin, les pèlerins viendront en si grand nombre, que par leur offrande, votre chapelle sera agréable et belle…)

C’est le délabrement de cette église qui a provoqué le châtiment qui s’est abattu sur Soissons. L’enfant, par ailleurs, a reçu du Saint-Esprit des grâces étonnantes. Il est devenu un clerc très savant, il parle latin et raconte, en vers, l’Ancien et le Nouveau Testament. Il parle admirablement de saint Joseph. Les prédictions se réalisent. Les pèlerins viennent nombreux et les guérisons se multiplient à Soissons. Grâce aux dons des pèlerins, surtout des pèlerins allemands (doutre le Rhin et de lempire, v. 217), l’église est reconstruite. Elle est confiée à des religieuses. Nous nous sommes attardés sur ce miracle de l’enfant, car Gautier souligne qu’un des dons qu’il reçoit, le plus beau— peut-être— est d’être devenu un poète et un prophète, comme David le petit berger :

Cil qui David le pastourel

Le harpeür, le citariste

Fist sun prophète et sun psalmiste

De cestui pastourel refist

Son prophète, quar quanqu’il dist

Avint après isnelement.

(t.4, p. 198, v. 192-197)

(Celui qui, de David, le petit berger, joueur de harpe, de cithare, fit son prophète et son psalmiste, fit à nouveau de ce petit berger son prophète, car tout ce qu’il dit se réalisa ensuite rapidement.)

Ainsi, le miracle suprême n’est pas tant la guérison que le don spirituel du savoir théologique et de l’écriture poétique. On peut penser que Gautier attribue la grâce d’être un écrivain à Marie elle-même, lui qui veut imiter le prophète plus que le poète :

Plus veil enssivre le prophète

Que je ne face le poète.

(t.3, p. 257, v. 65-66)

(Je préfère imiter le prophète plutôt que de faire le poète)
La littérature est un don obtenu aux pieds de Marie, à son Saint Soulier.
Ce miracle singulier situe bien la double ambition de ces récits : constituer des témoignages édifiants de foi et de piété et plaire au public par toutes les qualités d’une littérature sacrée.
Avec ce saint enfant, poète et prophète, on touchait au sublime. Les autres miracles de Soissons sont d’une veine différente. Item du soller (t.4, p. 201) nous raconte le comportement sacrilège d’un bouvier grossier qui n’hésite pas à blasphémer devant le saint Soulier. Ce pèlerinage lui semble ridicule. Il répond à ses camarades, qui font des offrandes en s’émerveillant des miracles obtenus auprès de cette relique, en tenant des propos violents où il dénonce l’escroquerie des religieuses qui extorquent de l’argent aux pèlerins crédules venus embrasser stupidement le pseudo soulier :

D’un viez soller, d’une çavate

Si festes ore si grant feste.

(D’un vieux soulier, d’une vieille savate, vous faites une si grande fête)

Si c’était le vrai soulier de la Vierge on ne l’aurait pas gardé mille ans, il se serait décomposé avant. Le bouvier accumule ainsi les paroles injurieuses, ironiques et sacrilèges. Il n’hésite pas à jurer avec grossièreté. Mal lui en prend, car le Diable lui fait sortir la langue de la bouche. Il est secoué en tous sens. Son visage est déformé. Il crache une bave puante.
Heureusement, la bonne abbesse Maud vient lui imposer le Soulier et le bénit avec la précieuse relique. Le paysan blasphémateur est tout de suite guéri et converti. Il se repent et prie Notre-Dame avec reconnaissance.

La leçon est forte. Il ne fait pas bon, souligne Gautier, de douter des miracles obtenus auprès de reliques aussi vénérables. Il ne faut pas, non plus, jurer ni se moquer de la piété populaire. Apparemment, les sceptiques ne manquent pas, aussi bien dans le clergé (Nes des lettrés sai je de telz, t. 4, p. 236, v. 521) que parmi les paysans. Gautier vitupère contre ceux qui font ainsi tort à la foi, surtout auprès du peuple. Cependant, il reconnaît qu’il y a aussi des fausses reliques colportées par des charlatans :

Por ce s’aucun sermoneür

Gouliardoys et guileür,

Qui toute jor par ces viletes 

Fiertres comportent et clochetes

Fauz myracles font a la fois

Se diront cil en cui faut fois

Et cui croire ne doit nule ame

Que li myracle Nostre Dame

Sont ausi faus et controversé.

Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Larron prové !

(t.4, p. 316, v. 539-548)

(Ainsi, si des prédicateurs, des goliards, des charlatans, qui tout le temps, dans ces villages, colportent des reliquaires et des clochettes, faisant de faux miracles, ceux qui manquent de foi, et qu’il ne faut surtout pas croire, se diront que les miracles de Notre-Dame sont aussi faux et trompeurs. Ah ! Fieffés voleurs !)
Il donne même des exemples de ces fausses reliques (dents ou larmes de Notre Seigneur)1,

Gautier a beau dénoncer les propos du bouvier blasphémateur, il les rapporte avec un réalisme étonnant. Leur caractère cru et familier, leur audace impie a quelque chose de comique. Le châtiment corporel qui s’ensuit, proportionné au sacrilège, peut faire rire également, d’autant plus qu’il n’a rien de tragique, puisque la miséricorde divine s’exerce même auprès de ce paysan grossier.

Même vivacité, même réalisme, dans les dialogues, les monologues, dans les descriptions, pour les autres miracles de Soissons. La pauvre Gondrée, défigurée par le mal des ardents, est un personnage particulièrement pathétique. Sa guérison miraculeuse est due à sa piété, certes, mais, aussi, à sa générosité. Gautier souligne qu’elle a tenu à récupérer le peu de cire qui lui restait pour fabriquer un cierge qu’elle offre à Notre-Dame. La Vierge apparaît et, en divine chirurgienne, répare son nez et son visage. La longue conclusion didactique de l’auteur s’insurge encore contre les sceptiques mettant en doute l’authenticité des exemples de témoins directs ou indirects (les événements ne sont pas si lointains) qui ont pu embrasser le nez refait de Gondrée. Il a, lui-même, pendant son enfance, connu de ces témoins (v. 658-667).

Le miracle du pied guéri prétend à la même véracité. Gautier donne le nom du personnage : il s’appelle Robert, il est natif de Jouy. Son affreuse mutilation, due à la gangrène qui ronge son pied, est décrite avec le même réalisme insoutenable que pour les autres malades. Gautier met en scène la situation pathétique de ce malheureux qui prie vainement Notre-Dame et qui est rejeté de tous. Les religieuses font fuir ce malade puant. Son épouse le maltraite et lui donne de la porrée quand il veut des pois et des pois quand il veut de la porrée. Lorsqu’il est guéri et que son pied a été miraculeusement reconstitué par la Vierge, Robert se livre à une danse frénétique autour de l’autel, tapant du pied et criant à qui mieux mieux, comme s’il avait trouvé la fève du gâteau des rois, nous dit le narrateur : « Voici le beau pied de la belle Dame » (v. 428, t. 4, p. 261). La scène est manifestement insolite dans l’église et Gautier veut faire rire, encore une fois, de cette joyeuse folie. Curieusement, à plusieurs reprises, dans les miracles de Soissons, Gautier retrouve le ton des fabliaux, par un mélange de familiarité, de réalisme et de comique. Il termine, cependant, en donnant des précisions historiques, pour asseoir le sérieux de ses récits, rendant un hommage appuyé à sa source, le récit de maître Hugues, qui a vu ces miracles de ses propres yeux. Le cadre précis, spatial et temporel, renforce la prétention historique de l’auteur. Pourtant, à l’intérieur de ce cadre rigoureux, le récit cherche à émouvoir et à faire rire, échappant à l’ennui d’une plate chronique historique.

Autres reliques importantes reliées à un cycle de miracles, celles de la cathédrale de Laon. Gautier de Coinci évoque les reliquaires (li filatere de leglyse) qui ont été portés en Angleterre et ailleurs, pour recueillir des fonds, afin de reconstruire l’église qui avait été incendiée. Un de ces reliquaires contient des cheveux de la Vierge. Le premier miracle a lieu à Arras, sur le chemin de l’Angleterre, car la châsse (la fierte) circule dans le pays et à l’étranger. Le culte des reliques a cette propriété d’être à la fois un point de fixation, car il attire les foules en un sanctuaire, et un facteur de mobilité, car le reliquaire est fait pour être déplacé auprès des fidèles. Dans tous les sens du mot, y compris le sens commercial, il est facteur d’échange. Le premier bénéficiaire de ces miracles est un vieil homme aveugle d’Arras, un orfèvre, qui avait participé à la fabrication de ce reliquaire, pendant sa jeunesse, au temps de son évêque Hélinand. Celui-ci y avait ajouté bien des choses : le crâne de saint Valery et de saint Montan et d’autres reliques encore. L’orfèvre est guéri, non pas par sa seule prière, mais par l’eau qui a lavé le reliquaire :

Li bien creanz, li bons hom vielz

Maintenant fist laver ses ielz

Dou lavement des saintuaires.

(t. 4, p. 75, v. 45-47)

(Ce bon croyant, ce bon vieil homme, fit aussitôt laver ses yeux avec l’eau qui avait baigné les reliques.)

Cette spiritualité est très matérielle. Il faut toucher, être touché, lavé par l’objet sacré, pour que la guérison s’accomplisse.

Nous retrouvons la châsse de Notre-Dame de Laon, contenant des cheveux de la Vierge, dans son voyage en Angleterre, sur un bateau, au milieu de la Manche (Des marcheans qui offrirent a Nostre Dame deniers et puis li tolirent). Gautier nous raconte cette fois une aventure maritime pleine d’angoisse et de suspens. Un bateau pirate vient menacer les voyageurs. Le capitaine du navire est désemparé, car les pirates sont redoutables et bien armés. Il demande au religieux, maître Bove, de présenter la relique face au navire qui les menace. Une tempête détruit le bateau des pirates, peu après. Les marchands avaient promis de donner tous leurs biens pour reconstruire l’église, mais, sitôt qu’ils sont sauvés, ils reprennent leur argent. Ils seront punis puisque leur cargaison de laine sera brûlée par le tonnerre à Douvres. La relique, par sa mobilité se prête bien au récit d’aventures. Le voyage périlleux, notamment en mer, est un motif particulièrement riche dans ce genre (on le retrouve aussi dans plusieurs hagiographies). La relique est ici présentée, sans aucun blâme, comme un instrument légitime de gains pour l’Église. L’offrande est une sorte de juste paiement des grâces obtenues, de la part de ceux qui ont le plus d’argent : les marchands.

Les aventures de la relique de Laon se poursuivent en Angleterre. Les événements sont datés. Ils se sont déroulés en 1113. Toutes les péripéties du séjour outre-Manche sont racontés par Gautier de Coinci avec sa verve habituelle (Comment la fierte fu boutee hors de leglyse). Il nous livre une chronique savoureuse de l’accueil fait par les Anglais, qu’il ne porte pas dans son cœur, à la relique, à Christchurch. Un jour de pluie (on est en Angleterre), le doyen de l’église a refusé d’accueillir les Français qui, avec leurs fausses reliques, voudraient essayer de prendre l’argent des Anglais. Les Français restent à la rue, trempés et consternés, avec leur précieuse châsse. C’est jour de marché, personne ne veut les accueillir, sauf une pieuse dame qui leur offre l’hospitalité. La relique est installée dans la maison amie. Un marchand offre ses cloches. Un beau miracle de guérison se produit. Les offrandes affluent. Les allusions satiriques contre les Anglais (on les appelle au Moyen Age les coués, car on les accuse d’être dotés d’une queue), les détails cocasses ou émouvants rendent ce récit très pittoresque. Dans le miracle suivant, qui le prolonge, il prend une tonalité fantastique. Gautier y évoque le châtiment divin qui a été provoqué par l’hostilité des habitants de cette ville et de son doyen. Un dragon monstrueux, crachant le feu, vole au-dessus de la ville et répand l’incendie. Seule est préservée la maison qui avait accueilli maître Bove et sa relique.

Les récits de ces transferts de reliques sont l’occasion d’exprimer divers ressentiments sociaux et nationaux, sur un ton grave ou plaisant, dans un cadre littéraire et romanesque, où l’aventure et le merveilleux ont toute leur place.

Le Gracial d’Adgar présente aussi des reliques de Notre-Dame dans les miracles survenus à Chartres. On sait que la cathédrale de Chartres possède la « Sainte Chemise », le voile de la Vierge. Adgar (XXIX) raconte comment ce tissu a été utilisé par les habitants de Chartres assiégés par les Normands. Ils placèrent le voile sur les remparts, tel un étendard. Les Normands n’hésitèrent pas à tirer sur cette Sainte Chemise. Alors, soudain aveuglés, ils sont à la merci des assiégés qui viennent libérer leur ville. Le récit de la bataille a des accents épiques (v. 39-66).

L’autre miracle, situé à Chartres (XXX), raconte la guérison de Saint Fulbert, évêque renommé, gravement malade de la bouche. La Vierge lui apparaît et le guérit, en faisant couler son lait sur son visage. L’évêque émerveillé et reconnaissant recueille quelques gouttes de cette précieuse liqueur et l’enferme dans un vaissel dargent. Ce miracle explique la présence de lait de la Vierge dans le trésor de Chartres. Ici, ce récit étiologique n’est pas tant exploité dans sa valeur littéraire, que d’un point de vue théologique. Après avoir, lui aussi, condamné les esprits forts et les sceptiques qui doutent de l’authenticité de ce miracle, incontestable à ses yeux, puisqu’il s’appuie sur l’autorité et la notoriété de Fulbert, l’auteur en dégage l’intérêt spirituel. En nourrissant ses enfants de la terre de son lait, comme elle a nourri l’enfant Jésus, Marie fait de nous tous les frères de Jésus. Aucun autre miracle (Adgar raconte trois miracles de la lactation) ne manifeste davantage le mystère fondateur de l’Incarnation :

Par ceo que Deus de li receut

Encarnatiun cum li plot,

Nostre frere est, sue merci ;

Kar de nostre mere nasqui.

Nostre pere en divinité,

Nostre frere en humanité…

(XXX, p. 212, v. 151-155)

Adgar explique que la piété mariale, scellée par un tel miracle, a conduit les Chartrains à imposer de n’appeler Marie que Nostre Dame, car sa maternité divine la rend mère de toute l’humanité, et non pas seulement de chaque personne individuellement. Il est bon de rappeler cette fraternité universelle dans le titre qui rassemble les habitants de la ville et tous les hommes entre eux :

Si l’aiment tuit de la cité

Ke si nuls hoem seit si desvé

Ki claime, oiant d’icele gent,

Sainte Marie simplement

Se plurelment ne la numast

Si que nostre la clamast

Sil die seulement « ma dame »

E nient « nostre », dunc ad tel blasme 

Ke de tuz est huniz e gabez

E al dei de tuz demustrez.

(XXX, v. 131-140)

[Tous ceux de la cité l’aiment tant que personne ne ferait la folie de l’appeler, en public, simplement sainte Marie, sans la nommer au pluriel en l’appelant « Notre ». Si on dit seulement « Ma Dame » et non « Notre Dame », on est l’objet de telles critiques que l’on est déshonoré, ridiculisé et montré du doigt par tous.]

La dimension communautaire de la piété mariale, en particulier, telle qu’elle s’exerce dans un sanctuaire qui lui est consacré, est ici fortement soulignée. Autre particularité de ce miracle, aussi incroyable, mais aussi vrai, selon Adgar, que les grands mystères du christianisme, c’est qu’il nécessite une lecture, une interprétation. Le lait de la Vierge, explique-t-il, est signe de sa miséricorde, de même que son voile est signe de sa protection.

Dit del lait sovent senefie

Misericorde en bonne vie.

(XXII, v. 123-124)
(L’histoire du lait souvent symbolise la Miséricorde dans une bonne vie)

D’une manière générale, le miracle (le fait miraculeux) est un signe. Dans l’Évangile de Jean, le terme qui le désigne est semeion. Il appartient au clerc écrivain de l’interpréter et pas seulement de le raconter dans ses miracles (récits des faits miraculeux).
La piété mariale se focalise aussi sur de saintes images. Elles sont nombreuses ; nous nous contenterons d’en énumérer quelques-unes.

Adgar rend hommage aux Grecs de Constantinople. Cette cité est célèbre car, dans la chrétienté, c’est celle qui contient le plus de reliques :

En icele meimes cité

Sunt tant cors saint de verité

Ke tant cum crestienté dure

Eust l’en asez a grant mesure.

(XLI, v. 177-180)

(Dans cette cité, il y a tant de reliques, en vérité, que tant que durera la chrétienté, il y en aura en grande quantité).

Plus que des reliques, il y a des icônes miraculeuses. Dans l’église de Sainte Sophie, le créancier qui voulait mentir à Thierry (lequel lui avait bien remboursé son emprunt) entend l’image de la Vierge qui, publiquement, révèle la vérité (XLV).

Les images miraculeuses de Marie sont au centre de la piété médiévale. Dans de nombreux miracles, elles constituent l’actant principal de l’histoire. Plusieurs d’entre elles, par leur caractère miraculeux, fondent la notoriété du sanctuaire où elles reposent et justifient le pèlerinage dont elles font l’objet.

L’icône de Notre-Dame de Sardenai (t. 4, p. 378) évoque cette « image » célèbre qui est toujours vénérée aujourd’hui dans le monastère féminin de Saydnaya, près de Damas. Le miracle raconte l’histoire de son origine. Une religieuse du couvent a demandé à un prêtre de passage de lui rapporter de Jérusalem une image de Notre-Dame. Celui-ci s’exécute et achète ce tableau dans la ville sainte. Sur le chemin du retour, il échappe grâce à elle à plusieurs dangers (un lion, des bandits). Il décide alors de retourner à Constantinople en gardant pour lui seul cette précieuse icône. Une tempête à Acre l’oblige à retourner vers Sardenai. La dame ne reconnaît pas le pèlerin. Celui-ci veut en profiter pour cacher encore cette relique et la garder. Dieu lui ferme les portes de l’église par où il voulait l’emporter. Il a enfin compris la volonté divine et cède à la sainte religieuse cette icône, dont il se fera avec elle le gardien vigilant. Elle produit une liqueur miraculeuse qui s’écoule des « seins » de l’image, devenue quasiment vivante. C’est, en somme, une variante du miracle de lactation. Cette liqueur, précieusement conservée, accomplit des guérisons et des conversions, notamment celle d’un Sarrasin qui recouvre la vue. Le miracle est longuement exploité par Gautier, qui y voit la preuve irréfutable des interventions divines. Il cite, en effet, des témoins directs de ce prodige. Un habitant de Soissons, encore vivant, a apporté au monastère de Saint Médard de l’huile qui suinte de l’image. Des templiers ont également rapporté de cette huile sainte dans leurs sanctuaires. La grâce divine s’écoule ainsi à travers le monde et rapproche l’Orient de l’Occident. On ne désespère pas au XIIIe siècle de voir réparée la division de l’Église déchirée par le schisme. Dans sa ferveur argumentative, le clerc cite un autre miracle encore plus récent, celui de Châteauroux. Une statue de la Vierge a saigné après avoir été frappée par un joueur mécontent d’avoir perdu aux dés. Ce miracle a été vu par d’innombrables témoins, dont un des moines de Saint Médard, qui a apporté du sang à l’abbaye. Son retentissement fut tel que la guerre entre Philippe Auguste et les fils du roi d’Angleterre fut interrompue.

Outre cette valeur de preuve, le miracle de N. D. de Sardanei est surtout un récit exemplaire par son intérêt littéraire. C’est en effet un véritable roman d’aventures, riche en péripéties, en rebondissements et en prodiges, doublé d’une belle histoire d’amitié entre un homme et une sainte femme, pour laquelle il part en quête d’un objet sacré. Le pèlerinage (au centre de cette histoire) est d’abord un voyage jalonné d’incidents romanesques, d’hésitations et de renoncements, image d’un itinéraire intérieur, celui de ce moine récalcitrant qui, a travers cette aventure longtemps refusée, finit par accomplir la volonté de Dieu.

Plusieurs de ces images miraculeuses de Marie sont situées à Constantinople, ce qui témoigne encore de l’admiration pour le christianisme oriental où le culte des images s’est imposé au terme des vives querelles que l’on connaît.

Adgar et Gautier de Coinci évoquent tous deux l’image de la Vierge des Blachernes dont le voile qui la recouvre se soulève seul, miraculeusement, du vendredi à none au samedi (Le myracle qui desfendi les samedis Nostre Dame, t. 4, p. 418 et Le Gracial, XLV). Ce miracle souligne la double sacralité qu’instaure l’image sainte dans le cadre du pèlerinage. Sacralité de l’espace : l’église qui abrite le cors saint ou l’image. Sacralité du temps : le moment ou le jour où doit s’accomplir le rite, en l’occurrence, le samedi, jour marial par excellence (en souvenir du Samedi Saint, jour de foi pure pour la Vierge, entre le vendredi de la mort de Jésus et le dimanche, jour de sa Résurrection).

Quant Diex meesmes tient l’orloge

Pour bien servir sa mere a point…

(t. IV, p. 424, v. 160-161)

(Puisque Dieu lui-même règle l’horloge pour bien servir sa mère…)

Certaines « images » peintes ou taillées (des statues) s’animent et parlent, comme la statue qui s’adresse à Marie l’Egyptienne dans l’église de sainte Sophie ou celle qui démasque publiquement les mensonges du créancier de Thierry (XXXVIII).

Plus souvent encore, la statue s’anime sans parler, comme celle qui protège les assiégés de Constantinople, qui donne la communion à l’enfant juif, qui sauve l’enfant jeté dans le four, ou qui referme la main sur la bague qu’on lui a mise au doigt. Il s’agit là de signes faits aux croyants et aux incroyants. À travers un objet, la divinité parle. La matière s’anime d’une vie toute spirituelle. Le miracle est un signe.
Marie n’est pas la seule sainte à qui soit voué un culte. Gautier a une dévotion particulière pour une autre sainte. Léocadie, jeune martyre espagnole des premiers siècles est particulièrement vénérée à Vic-Sur-Aisne, puisque Gautier se trouve être le gardien de ses reliques. Elle est l’objet d’un miracle exceptionnel, car autobiographique (Comment sainte Léocadie fu perdue, t. 3, p. 214). L’auteur raconte, en effet, comment les reliques de la sainte et une statue de la Vierge furent volées dans l’église de l’abbaye. Le Diable, dans un rêve prémonitoire, avait bien annoncé à Gautier qu’il se vengerait du tort que celui-ci lui causait en écrivant Les Miracles de Nostre Dame. Tous ces événements font l’objet d’un récit angoissant, proche du fantastique par moments. Fort heureusement, une dizaine de jours plus tard, la châsse et la statue furent retrouvées dans l’Aisne.

Gautier s’emploie, avec une ferveur joyeuse, à retracer exactement les faits. C’était le samedi, veille de la Pentecôte, en 1219, que le dénouement heureux a eu lieu. Il raconte, avec force détails pittoresques, la cérémonie qu’il a organisée pour célébrer solennellement le transfert des reliques retrouvées dans l’église :

L’endemain de la Pentecouste

Ce sai je bien, je fui dejouste

Portee en fu en pre Erbont

Ou bele place et bele herbe ont

A grant joie la damoisele.

Procession i ot si bele

Et si biau tanz fist Nostre Sire

Que qui la fu peut bien dire

Qu’apres doleur si doloreuse

Ne vit nus joie si joieuse.

(t. 3, p. 239-240, v. 647-656)

(Le lendemain de la Pentecôte, je le sais bien car j’y étais, la Demoiselle fut portée dans le pré Erbout, où il y avait une belle place et une belle pelouse, avec une grande allégresse. Il y eut une si belle procession et Notre Seigneur donna un si beau temps, que ceux qui étaient là peuvent bien dire qu’après une douleur si douloureuse personne ne vit jamais une joie si joyeuse.)
Le ton est celui d’un chroniqueur réjoui de faire mémoire de ces joyeuses festivités qui concluent les événements dramatiques du vol. De nouveaux miracles viennent signer la victoire de Dieu. Léocadie inspire des pages personnelles où le narrateur se sent impliqué comme acteur ou même comme historien. Dans le miracle Dun archevesque qui fu a Tolete, il revient sur l’histoire de sainte Léocadie (elle était de Tolède) et explique fort sérieusement qu’il a lu, dans les archives de l’abbaye, comment elle était venue de Tolède à Vic-sur-Aisne, comment elle avait échappé aux Vandales et pourquoi elle devait rester dans le petit cloître de Vic, plutôt que d’aller grossir les innombrables reliques de Saint Médard de Soissons.

Il n’a pas trouvé ces informations que dans les livres, il cite aussi les nombreux témoins qui lui ont raconté les péripéties de ce corsaint. La plupart d’entre eux sont décédés, comme son oncle Guy, ancien prieur, dont le corps repose dans l’abbaye, ou Raoul, ancien abbé qui a sauvé la relique. Il se place comme un chaînon dans une longue tradition qu’il ne faut pas interrompre. Elle est un lien sacré qui relie les hommes entre eux et les hommes à Dieu. Adgar, également, attache la plus grande importance à tous ces corsainz qui attirent les pèlerins vers les sanctuaires qui en sont dépositaires. Il évoque Compostelle (VIII), Clermont (XXVII), qui contient la chasuble accordée à saint Bon par la Vierge, Cantorbéry :

Cele cité est merveilluse

De maint cors saint bien vertuuse.

(XXVII, v. 6-8)

Bury saint Edmund (XXXIX), entre autres.

Dans les miracles de Notre-Dame, les reliques et les images saintes cristallisent sur des objets sacrés une spiritualité de l’Incarnation particulièrement vivante dans le culte marial. Dieu s’est fait homme en une femme. Il a partagé ainsi la vie des hommes. Le divin n’est pas opposé au monde matériel comme le pensent les hérésies dualistes. La matière, sanctifiée par l’art, le corps spiritualisé par la sainteté sont des moyens par lesquels la puissance divine peut se manifester et grâce auxquels l’homme peut communiquer avec Dieu. Une circulation s’établit autour de la relique ou de l’image. Les pèlerins se déplacent, l’argent s’échange, les grâces divines répondent aux prières des hommes. L’écrivain prolonge cette circulation dans le temps et l’espace. Il fait revivre des miracles passés, les transmet comme un mémorialiste enthousiaste, réunissant le passé de l’histoire au présent de l’écriture et au futur de la lecture, dans la même ferveur communautaire. Le message édifiant et apologétique a besoin de prendre la forme plaisante et émouvante des discours littéraires contemporains, pourtant vilipendés. Loin du sermon, du fade exemplum ou de la chronique, le miracle narratif, lorsqu’il est centré sur la pratique pieuse d’un pèlerinage, devient facilement récit romanesque, émaillé d’aventures, de voyages, de merveilleux. Bref, il devient littérature.

1Ces collections ont été recensées par A. Mussafia, « Studien zu mittelalterlichen, I, II, III, IV », Sitzungsberichte der philosophisch historichen classe der Kaiserlichen Akademie der Wissenschaften, Vienne, 1888-1898.

1 Adgar, Le Gracial, éd. Pierre Kuntsmann, Ottawa, édition de l’université d’Ottawa, 1982.

2 Gautier de Coinci, Les miracles de Nostre Dame, éd. V. F. Koenig, Genève, Librairie Droz, TLF, 1966-1972.

3 P. Bétérous, Les Collections de miracles en gallo et ibéro-roman au XIIIe siècle, Dayton, USA, Marian Library, 1983.

4 Ibid., p. 502.

1 G. Duby, Le Moyen Age, lEurope des cathédrales-1140-1280, Genève, Skira, 1966.

1 Cf. Bernard Merdrignac, La vie religieuse en France au Moyen Âge, 1994, p. 169. Cf. aussi, André Vauchez, La spiritualité du Moyen Age occidental, Paris, 1994, p. 170.

1 t. 4, p. 86.


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