Bulletin d’études orientales





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Groupe Hugo – Séance du 24 janvier 2015

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Sont présents : Mmes Claude Millet, Delphine Gleizes, Josette Acher, Sylvie Vielledent, Sayaka Atlan, Junxian Liu, Marguerite Mouton, Nicole Savy, Florence Naugrette, Bénédicte Duthion, Chantal Brière, Junia Barreto, Françoise Chenet ; MM. Vincent Wallez, David Stidler, Arnaud Laster, Jean-Marc Hovasse, Luciano Pellegrini, Franck Laurent, Denis Sellem, David Charles.
(La séance débute à dix heures trente.)



communications diverses

Mme Delphine Gleizes organise avec M. Cyril Devès le colloque « Représenter Hugo : la légende d’un siècle ». Il se tiendra à Lyon, le 20 & 21 mars 2015. Le PDF du programme sera communiqué aux membres.
M. Arnaud Laster signale que le festival Victor Hugo s’ouvre le 2 février. Si l’entrée est libre pour beaucoup de manifestations, une inscription est néanmoins parfois nécessaire. Il est à noter que des tarifs réduits sont disponibles sur le site.
Mme Françoise Chenet transmet un message de Pierre Larcher, universitaire qui a identifié les initiales de Victor Hugo dans la pieuvre en arabe. Il lui a envoyé un article qui concerne Les Orientales, disponible sur Internet (Pierre Larcher, « Autour des Orientales : Victor Hugo, Ernest Fouinet et la poésie archaïque », Bulletin d’études orientales [En ligne], 2014, mis en ligne le 11 juin 2014).
M. Jean-Marc Hovasse fera une communication sur les manuscrits de Victor Hugo dans le cadre du séminaire de l’Item. Mme Florence Naugrette, par ailleurs, fera une conférence à l’ENS de la rue d’Ulm (salle Weil) le jeudi 5 février à 17h.
M. Franck Laurent rappelle que l’université populaire des Hauts-de-Seine, qui organise un cycle liberté-égalité-fraternité, l’a invité à parler de Victor Hugo.
Mme Claude Millet a évoqué L’Art d’être grand-père dans l’émission « L’Esprit public » sur France Inter.
communication de m. frank wilhem
Le compte-rendu renvoie au texte de la communication, publié sur le site Internet du Groupe Hugo.

communication de mme florence naugrette
Le compte-rendu renvoie au texte de la communication, publié sur le site Internet du Groupe Hugo.

discussion

Mme Claude Millet. Je remercie nos deux intervenants pour ces exposés passionnants. Le travail sur la correspondance de Juliette Drouet me semble pharaonique. Comment allons-nous procéder pour la discussion ? Allons-nous mettre Juliette…à toutes les sauces ?

Mme Chantal Brière. Je suis frappé des tables incroyables auxquelles Juliette a participé. Elle commande de la nourriture et de la boisson. Très souvent, dans ses crises de jalousie, Juliette accuse Hugo d’être un goinfre.

M. Frank Wilhem. Nous savons qu’il prend du poids à Bruxelles, car il boit beaucoup de bière. Cette image déformée de son grand homme ne plaisait pas nécessairement à Juliette. Je la trouve beaucoup plus familière, par ailleurs, que Hugo, toujours en représentation.

(M. Arnaud Laster manifeste son désaccord)

M. Arnaud Laster. Les gens qui ont connu Hugo témoignent de la simplicité de ses manières, et ils étaient souvent surpris de le découvrir ainsi après avoir eu vent des légendes et des caricatures. Tout était prétexte à se moquer de Hugo. Peut-être a-t-il mangé une orange sans la peler pour faire rire son petit-fils, qui sait ? Et cela s’est transformé en une anecdote que tout le monde raconte. Hugo est victime de ragots et de légendes.

Mme Florence Naugrette. Tout Paris défilait chez Hugo, y compris des personnes que l’histoire littéraire a retenu comme ennemis farouches. Ils venaient dîner fréquemment…

M. Franck Laurent. Pour information, je signale la publication récente du Grand dictionnaire de la cuisine d’Alexandre Dumas, chez Garnier. Par ailleurs, l’auberge de Sainte-Menehould est un véritable topos de l’époque. Tout le monde devait la décrire. Elle est chez Dumas, si ma mémoire est bonne, et je suis sûr qu’on la retrouve chez Michelet.

Mme Claude Millet. A propos de Hugo gastronome : la figure du mangeur comme figure de la tyrannie revient en permanence – il a un regard puritain sur le plaisir des papilles. Par ailleurs, il est vrai que la cuisine du xixe siècle fait la part belle aux sauces. Mais Hugo ne cite jamais les ingrédients. Je serais plus nuancée sur l’arrogance des Français à l’étranger. N’est-ce pas un anachronisme ? La cuisine française s’imposera seulement petit à petit au fil du siècle.

M. Frank Wilhem. Hugo fait des voyages en France et découvre aussi des parties très vivaces et vivantes de la cuisine. Je n’ai pas eu le temps de citer les Goncourt : ils rapportent des propos de Hugo, racontant ses dégustations de vin avec son frère Abel. Rappelons aussi l’histoire de la côtelette de Marius : Hugo avait les mêmes nécessités quand il était jeune.

Mme Claude Millet. Peut-être pourrions-nous réserver nos réflexions pour le repas qui suivra la séance, car nous commençons à avoir faim. Je propose de parler du beau travail de Florence Naugrette. Pour ouvrir la discussion, je rappelle que Baudelaire a parlé de la cabale contre Les Burgraves, et qu’il prétendait qu’elle avait été organisée par Janin. Une question : je n’ai pas lu le livre que vous citez sur Offenbach. D’après ce que je sais (qui vient du livre de Kracauer ; je n’ai pas encore eu l’occasion de lire la biographie de Jean-Claude Yon)), Offenbach s’effondre à la chute du Second Empire. Il fut de plus en plus associé aux fêtes de ce régime.

Mme Florence Naugrette. Hugo, en tout cas, ne méprise pas cet artiste.

M. Franck Laurent. Les critiques sur Offenbach portaient surtout sur le fait qu’il n’avait pas été un instituteur moral, à l’époque où on en avait besoin… Peut-être Offenbach en a-t-il été conscient lorsqu’on regarde ses dernières œuvres ?

M. Arnaud Laster. Hugo a fréquenté les spectacles d’Offenbach. Je me demande s’il n’a pas eu de relations personnelles avec le compositeur.

Mme Claude Millet. Que s’est-il passé pour la carrière de Juliette autour de 1839 ?

Mme Florence Naugrette. Elle fut tétanisée et elle a complètement sabordé sa carrière. Il est difficile de juger de la qualité de son jeu d’acteur, car les témoignages ne sont pas toujours fiables.

M. Vincent Wallez. Elle a en réalité joué de nombreuses fois, y compris de grands rôles.

Mme Florence Naugrette. Tout à fait. Lorsqu’elle rencontre Hugo, elle a derrière elle une carrière de cinq ou six ans.

M. Vincent Wallez. Grâce à Hugo, elle a été engagée comme pensionnaire au Français.

Mme Françoise Chenet. Son style, dans sa correspondance, reflète son métier de comédienne.

Mme Claude Millet. Je trouve très étonnant que la question du statut social soit évoquée. Le théâtre est un des rares milieux où une femme pouvait dire son statut social. Les femmes avaient un statut familial. Le fait d’être actrice donnait un statut.

M. Vincent Wallez. Mais l’actrice se devait d’avoir un protecteur, voire plusieurs.

Mme Florence Naugrette. Pour les petites actrices, certes. Mais certaines grandes comédiennes ont entretenu leur(s) amant(s).

Mme Nicole Savy. Je trouve stupéfiant qu’elle puisse écrire : « dans ces termes-là, il faut gagner sa vie ». Dans les années 1830, c’est d’une modernité sidérante.

M. Franck Laurent. L’expression « indépendance financière » est-elle d’elle ?

Mme Florence Naugrette. La citation exacte est : « à me rendre indépendante, c’est-à-dire à gagner ma vie moi-même ».

M. Arnaud Laster. On a eu tendance à faire de Hugo un sultan, qui régnait en despote sur Juliette.

Mme Nicole Savy. Il y a quand même des faits peu glorieux. Il lui ordonne un jour par exemple de marcher d’un certain côté de la rue.

M. Arnaud Laster. Rappelons que la femme honorable était en péril, dans les mentalités du xixe siècle, et qu’elle ne devait pas sortir seule.

Mme Claude Millet. N’exagérons pas l’enfermement des femmes à l’époque de Juliette. Hugo est leur statut et leur condition plein de contradictions.

(La séance s’achève à treize heures.)

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