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Ecole et cinéma - Département du Calvados

Dossier pédagogique

Ponyo sur La falaise

Hayao Miyazaki, Japon, 2008, 1h40, couleur, version française.

Titre original : Gake no Ue no Ponyo

Scénario : Hayao Miyazaki / Musique : Joe Hisaishi / Studio Ghibli / Production : Toshio Suzuki / Distributeur : Walt Disney Company.

Genre : animation, aventure



Résumé

Sôsuke, 5 ans, vit avec sa mère dans une maison perchée en haut d'une falaise. Son père travaille sur un bateau, il n'a pas souvent le loisir de le voir. Un jour, alors qu'il joue au bord de la mer, Sôsuke rencontre Ponyo, un petit poisson-fille enfermé dans une bouteille en verre. Le coup de foudre entre les deux enfants est instantané, ils ne veulent plus se quitter. Mais le père de Ponyo, Fujimoto, créature de la mer autrefois humaine, ne voit pas d'un bon œil que sa fille veuille vivre avec les hommes. La petite fille va alors tenter par tous les moyens de vivre comme les humains, sur terre, mais son entêtement va déclencher un bouleversement de l'ordre naturel des choses, qui prend la forme d'un tsunami géant. Finalement, pour vivre définitivement avec Sôsuke, Ponyo devra renoncer à ses pouvoirs magiques, ce qui donne lieu à une spectaculaire scène finale de réconciliation entre le monde de la mer et le monde des hommes.

Avant la projection

Préciser le genre de film qui vous être projeté. Les élèves ont—ils déjà vu des films d’animation ? Lesquels ? Consulter son cahier de cinéma. Analyser la carte postale remise à chaque élève.

Présenter l’affiche. Quels sont les éléments visuels représentés ? Définir leur importance dans l’histoire. Relever les couleurs utilisées ? Quels sont les écrits ou signes ? Emettre des hypothèses sur l’histoire ? Evoquer quelques mots clés qui seront complétés après le visionnement du film. On peut aussi regarder la bande annonce et analyser son rôle (comment est-elle conçue ? Avec quelles images du film ? ) http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18872345&cfilm=127194.html

Mots clé

Amitié, enfance, merveilleux, animation, conte, catastrophe naturelle, pollution, écologie, fille-poisson, mer, tsunami, troisième âge, japon, ville engloutie

Note d'intention

Ponyo sur la falaise est un beau film d'animation pour lequel Hayao Miyazaki a fait le choix d'un travail traditionnel, en refusant d'utiliser des images numériques pour privilégier les couleurs pastels et les aquarelles. À plusieurs titres ce long-métrage d'animation peut être considéré comme une lecture du célèbre conte d'Andersen, La Petite Sirène. Une nouvelle fois, le génial cinéaste japonais aborde ses thèmes de prédilection : l'influence néfaste des hommes sur leur environnement naturel, les catastrophes entraînées par le non-respect des règles dictées par la Nature. Pourtant, la résolution du chaos provoqué par Ponyo et Sôsuke entraîne une fin heureuse et donne au film une tonalité plus lumineuse que dans d'autres films de Myazaki, comme par exemple Princesse Mononoké. Enfin, l'omniprésence de la menace du Tsunami offre aux spectateurs occidentaux un aperçu de l'angoisse permanente dans laquelle vivent les japonais et donne aux récents événements de la catastrophe nucléaire de Fukushima une résonance toute particulière.

Notes de production

Magicien moderne, poète unique qui allie les idées les plus originales aux images les plus oniriques, Hayao Miyazaki nous offre une de ces fables bouleversantes dont il a le secret. 
Le pouvoir de l’animation traditionnelle
Quatre ans après Le Château AmbulantHayao Miyazaki a choisi de réaliser son film d’animation, Ponyo Sur La Falaise, entièrement à la main et sans ordinateur, dans un style graphique simple et épuré qui donne à ses personnages et ses décors un aspect familier et une énergie que l’on ne trouve que dans le cinéma d’animation traditionnel. Sa vision du film étant née alors qu’il observait l’océan pendant une tempête, Hayao Miyazaki a prêté une attention toute particulière au rendu de la mer et des vagues, et a créé un monde qui va bien au-delà de ce que le public pourrait imaginer. Pour concevoir ce film, le maître s’est entouré de ses plus fidèles collaborateurs. Le poste de superviseur de l’animation a été confié à Katsuya Kondo, qui avait déjà travaillé à ce même poste avec Hayao Miyazaki sur Kiki la petite sorcière. Le directeur artistique est Noboru Yoshida, un des piliers du département des décors et des fonds du Studio Ghibli depuis Princesse Mononoke, un artiste dont le style personnel unique proche de celui des livres illustrés pour enfants a donné au film un style léger et rafraîchissant. Le directeur de l’imagerie numérique Atsushi Okui et le coloriste Michiyo Yasuda, un collaborateur de longue date de Hayao Miyazaki, ont aussi joué des rôles importants dans le processus de création d’un style graphique spectaculaire qui sert l’intensité dramatique.

Les personnages

Ponyo (Yuria Nara)  est une petite fille poisson rouge qui rêve de devenir humaine après avoir rencontré un petit garçon nommé Sosuke. 
Sosuke (Hiroki Doi) est un jeune garçon de cinq ans insouciant et honnête qui vit dans un petit village au bord de la mer, tout en haut d’une falaise. 
Lisa (Tomoko Nagashima)  est la maman de Sosuke. Cette jeune femme s’occupe avec autant de savoir-faire de sa maison et de son travail à la maison de retraite de Sunflower. 
Koichi (Kazushige Nagashima). Mari de Lisa et papa de Sosuke, Koichi est le capitaine d’un cargo qui navigue sur la mer intérieure du Japon. Il est souvent loin de chez lui. 
Il y a aussi dans le film un autre symbolisme lié à la lune. La lune a longtemps été perçue comme un symbole de la féminité. La mère de Ponyo, Gran Mamare, apparaît pour la première fois dans le film pendant la nuit et semble toujours baignée par la clarté de la lune. On dit que la lune affecte l’esprit humain, et qu’il se produit plus de suicides les nuits de pleine lune. Les phases de la lune, et les marées qu’elle provoque, sont censées avoir une influence sur nos humeurs et sur la vie et la mort des hommes. D’une certaine façon, l’homme est donc un être vivant assujetti à la lune et ses changements. 
Le retour de “la ville engloutie”
Le thème de la ville engloutie revient fréquemment dans les films de Hayao Miyazaki. La ville romaine qui apparaît à la fin du Château De Cagliostro (1979), et la ville de Mimi submergée par une pluie battante dans “Les Aventures de Petit Panda” (1973), court métrage d’Isao Takahata écrit par Miyazaki, en sont quelques exemples. Dans Ponyo Sur La Falaise, la cité de Sosuke et Lisa disparaissent elles aussi sous les eaux. Toutes les villes englouties de Miyazaki ont en commun de ne pas disparaître sous une eau boueuse et sale, mais dans une eau claire et limpide. Après avoir vu le film d’animation Fantasia 2000des studios Disney, Hayao Miyazaki a déclaré : “C’était presque parfait. Si j’avais fait ce film, j’aurais fait danser les flamants roses sur la mer avec en dessous d’eux la ville de Venise sous les eaux.” Récurrente dans l’œuvre du maître, l’image de la ville engloutie ne cesse de passionner Hayao Miyazaki
Un attachement particulier pour les glaïeuls
On peut voir dans le film des glaïeuls fleurir à Sunflower, dans l’école de Sosuke et dans la maison de retraite qui se trouve à côté. Le glaïeul a plusieurs significations dans le langage des fleurs, dont “amour passionné”, “souvenir”, “effort”, et “oubli”. Peu de fleurs symbolisent autant d’idées à la fois. Alors qu’il travaillait sur les décors avec son directeur artistique pendant la phase de préproduction, Hayao Miyazaki exprima son désir de faire figurer des glaïeuls dans le film. Il désirait qu’ils soient les témoins de l’amour simple et passionné de Ponyo et des efforts que fait Sosuke pour surmonter l’épreuve qui se présente à lui, mais aussi un symbole, après que tous les événements du film soient terminés, de l’oubli qui s’empare des personnages quand ils reprennent leur vie ordinaire comme si rien ne s’était passé, comme si tout n’avait été qu’un rêve.
De l’art de servir les nouilles

De nombreux plats succulents apparaissent dans les films de Hayao Miyazaki, comme le sandwich aux œufs du Château Dans Le Ciel, le bol de riz tempura, le petit pain chinois farci de confiture de haricot et la boule de riz du Voyage De Chihiro, et le bacon et les œufs du Château Ambulant. Dans Ponyo Sur La Falaise, Lisa cuisine des instant ramen, des nouilles instantanées pour Sosuke et Ponyo. À l’origine, Hayao Miyazaki voulait que les nouilles soient servies avec des épinards bouillis, comme il les aime, mais n’ayant pas réussi à les dessiner comme il le souhaitait, il décida de les servir avec des poireaux émincés. Dans une scène où Ponyo mange une des deux tranches de jambon qui se trouvent dans son bol de nouilles, l’animateur avait dessiné Ponyo en train de manger la tranche du dessus, mais le superviseur de l’animation a révisé la scène pour faire manger à la petite fille la tranche du dessous qui, étant dans la soupe, est probablement plus chaude.

Des vagues comme des poissons
Dans Ponyo Sur La FalaiseHayao Miyazaki voulait représenter les vagues comme si elles étaient des “poissons vivants”. Le réalisateur a donc imaginé une école de turbulents poissons géants qui surgissent à la surface comme les puissantes vagues de la mer. Alors que les jeunes enfants comme Sosuke peuvent voir que ce sont des poissons, Lisa et tous les adultes ne voient que des vagues. Une fois encore, l’esprit de Mon Voisin Totoro se retrouve dans le fait que les enfants, grâce à leur regard innocent sur le monde, sont capables de voir la vérité profonde des choses, une croyance que Hayao Miyazaki a toujours mise en avant dans ses différentes activités artistiques. Depuis l’artiste Hokusai et son estampe sur bois de La grande vague de Kanagawa (1831), personne n’avait capturé avec autant de talent la force et l’essence d’une vague dans une image. 

Le secret des anciens des mers
Avec la montée des eaux causée par la tempête, des créatures marines de l’ère du Dévonien (quatrième période de l’ère paléozoïque, - 405 à - 365 millions d’années) apparaissent dans la ville engloutie. Les Bothriolepis et les Dipnorhynchus, par exemple, étaient des poissons qui vivaient à cette époque et dont des fossiles ont été retrouvés. Un autre poisson apparaît dans le film, le Devonynchus, un requin-baleine gigantesque avec un corps étrangement plat. Imaginée par Hayao Miyazaki, cette créature s’apparente selon lui à un Ittan Momen, un monstre du folklore japonais dont le corps ressemble à un long morceau de tissu blanc. Bien qu’elle soit très étonnante, cette créature donne le sentiment qu’elle pourrait tout à fait avoir existée, preuve supplémentaire, s’il en faut une, de l’imagination débordante de Hayao Miyazaki et de son érudition surprenante dans le domaine de la biologie.

Revue de presse

Ponyo sur la falaise : Miyazaki prend la mer et la rend magique

Ponyo sur la falaise, le nouveau film d'Hayao Miyazaki, s'ouvre sur une explosion de formes et de couleurs, un feu d'artifice visuel où la faune et la flore subaquatiques se déchaînent, emportées par un torrent de vitalité. A l'origine de ce mouvement débridé, un personnage typique de l'univers du vieux maître de l'animation japonaise donne le la. C'est Fujimoto, un sorcier illuminé qui a quitté le monde des humains pour élire domicile sous l'eau et œuvrer à la prospérité des fonds marins. (...) Tout est possible chez Miyazaki, toutes les combinaisons, toutes les transformations, et s'il adapte ici un classique occidental, ce n'est pas un hasard s'il choisit La Petite Sirène d'Hans Christian Andersen. Récupérée par son père, Ponyo veut aussitôt repartir chez Sosuke. Pour lier son destin à celui de son ami, elle se transforme en petite fille.

Moins cruel que le conte original, empreint de la philosophie écolo-animiste chère au cinéaste, brassant toutes sortes d'influences, qu'elles soient issues de la mythologie nippone ou de la culture occidentale, Ponyo est un film dont l'esthétique et les personnages séduiront les plus jeunes. L'histoire d'amour, charmante, qui unit les deux enfants se déroule sur une toile de fond hybride, qui scelle la rencontre entre le quotidien de la vie d'une famille japonaise d'aujourd'hui et l'univers fantastique du monde de la mer. Les adultes se laisseront emporter par l'énergie de l'animation, et la fantaisie du conte. Si le film n'atteint pas la grâce du Voyage de Chihiro, de Princesse Mononoke ou de Mon voisin Totoro, si la complexité et la noirceur qui faisaient le sel de ces grands films lui font un peu défaut, il n'en offre pas moins un vrai plaisir de cinéma.

D'abord à cause de l'originalité et le foisonnement de son récit. Après nous avoir fait passer du temps à l'intérieur d'une maison de retraite, après avoir fait déferler un tsunami sur la région, Ponyo sur la falaise nous conduit dans une ville engloutie où les vieilles pensionnaires vont retrouver leur jeunesse. Entre-temps, on aura assisté à une scène délicieuse entre Ponyo, une mère de famille et son petit bébé, et traversé un tunnel magique qui rappelle étrangement celui de la séquence d'ouverture du Voyage de Chihiro ; on aura été ébloui par des ballets de méduses, et par l'apparition de la mère de Ponyo, lointaine cousine de la sublime géante à laquelle se cramponne le jeune soldat dans Valse avec Bachir d'Ari Folman.

Une fois de plus, Miyazaki se révèle un véritable orfèvre du détail, qui anime chaque recoin de son espace visuel. Alors que, sur la table du dîner, des petits morceaux de pâtes déshydratées traînant à côté d'un bol de soupe apportent à la scène une note d'authenticité et de délicatesse, les vagues déferlantes du tsunami prennent l'apparence de bancs de poissons géants, qui saturent littéralement le cadre. On en prend plein les yeux, plein les oreilles aussi grâce à la musique du fidèle compagnon de route de Miyazaki,

Isabelle Regnier / Le Monde 8 avril 2009

Un petit garçon, un petit poisson s’aimaient d’amour tendre, mais comment s’y prendre… Ecrire à propos de Hayao Miyazaki renvoie au même défi. Il y a sur l’écran tout un monde d’épure et de simplicité ; une vie cristalline saisie avec une délicatesse de fleur ; tout un peuple de personnages terriblement vifs, vivants et attachants ; des éclats et des menus détails dont la vérité et le réalisme écrasent les plus beaux efforts des plus grands cinéastes ; une vibration sociale, enfin, sensible et émouvante où chacun, enfants, vieillards, parents et anonymes, apprend à trouver sa juste place dans le courant vital et mystérieux que forme le ruban des destins humains depuis la nuit des temps. Tout cela en dessins, couleurs, traits, musiques. Tout cela fait à la main et surgissant de la planche à dessin. Tout cela animé, c’est-à-dire doté d’une âme qui pourrait faire pâlir d’envie les plus obstinés chasseurs de réalisme. Tout cela défiant donc à la fois l’écriture et la critique, parce qu’appartenant de plein droit et en même temps à l’enfance ineffable dont les accès sont condamnés et à une maturité de vieux sage.

Mini-Walkyrie. Toutes ces raisons ont conduit à placer Miyazaki parmi les plus beaux cinéastes du monde, c’est-à-dire l’un des plus grands poètes enfantés par le monde afin de chanter ses louanges. Ponyo sur la falaise se classe indiscutablement aux côtés de ses plus francs chefs-d’œuvre, Chihiro, Mononoke, Totoro ou Nausicaä. Attaché à raconter la passion amoureuse liant un garçon du littoral avec une petite poissone magique, Ponyo affirme s’inspirer de la Petite Sirène d’Andersen, et de nombreux éléments l’attestent. Mais le film est aussi très éloigné de cette matrice devenue universelle et décolle finalement vers un récit beaucoup plus proche du monde du conte et de la féerie que l’œuvre originale, sujette depuis toujours à des malentendus sur sa portée enfantine.

Miyazaki la fait clairement basculer vers un poème à la fois humaniste et écolo (la mer nourricière, si belle, si sale), sans jamais perdre de vue ce sens de l’épopée, si précieux dans tout son cinéma, ni surtout cette fantaisie éperdue et presque incontrôlable, comme un agent perturbateur interne, ce virus fou que Miyazaki injecte à tous ses films comme s’il voulait en subvertir lui-même l’admirable discipline. A cet égard, il faut avoir vu la petite Ponyo transmutée en mini-Walkyrie chevauchant les vagues du déluge au son d’un pastiche wagnérien…

Maîtres anciens. Parfait équilibre de classicisme fidèle aux techniques des maîtres anciens et de modernité en prise directe sur le monde contemporain (la mère du petit héros en femme japonaise libre, son père marin au long cours, la maison de retraite, l’école… toutes occasions d’aperçus saisies presque live), Ponyo n’est pas que superbe. Il est unique et admirable.

Olivier Seguret / Libération 8 avril 2009

Après la projection

Verbalisation et représentation

Qui est Ponyo? Dessinez ce personnage. Une petite créature à tête humaine, une petite sirène que Sosuke prend pour un poisson rouge. Pourquoi la découvre-t-il dans un bocal?

Quel personnage de conte vous rappelle-t-elle?

Quel événement lui permet de devenir humaine?

Connaissez-vous d'autres personnages qui se nourrissent de sang. Dans la littérature de jeunesse: Le petit Vampire

Placez le Japon sur une carte. Constater que c’est une île.

Le tsunami. Qu’est-ce que c’est ? Avez-vous entendu parler d'un tsunami au Japon ? Confronter les connaissances des élèves par rapport aux évènements de mars 2011

Compréhension du film (Extrait du dossier pédagogique réalisé par les Grignoux consacré au dessin animé)

La plupart des jeunes spectateurs qui verront Ponyo sur la falaise seront facilement entraînés dans l'histoire que raconte ce film, participeront plus ou moins intensément aux événements mis en scène et comprendront un grand nombre d'enchaînements qui existent entre les séquences. Cette participation (pour une grande part affective ou émotionnelle) se fera cependant sur un mode implicite, et il n'est pas sûr par exemple que les enfants soient capables d'expliquer après la projection ce qu'ils ont ressenti, ni ce qu'ils ont réellement compris… ou peut-être pas compris. Il faut d'ailleurs remarquer que même les spectateurs adultes peuvent se poser certaines questions après la vision du film : ainsi, l'histoire du père de Ponyo, le sorcier Fujimoto aux longs cheveux rouges, est assez mystérieuse, et il n'est pas nécessairement facile de comprendre ses motivations ni son rôle exact. Certains événements sont également énigmatiques comme l'inondation qui recouvre une grande partie du paysage mais qui ne semble pas catastropher les habitants des lieux.

De façon plus large, on peut se demander quel est le propos ou la «leçon» du film : l'histoire de Ponyo est-elle simplement une aventure fantastique — celle d'un poisson rouge qui devient une petite fille — ou bien doit-on deviner derrière cette aventure un avertissement — par exemple sur la pollution des mers — ou bien une «philosophie», une «vision du monde» — ainsi, le réalisateur Miyazaki rêve peut-être d'un univers sans frontières où l'on passerait facilement du monde terrestre au monde sous-marin, et inversement ? Il n'y a sans doute pas de réponses toutes faites à ces questions, et une part de l'interprétation de ce film est certainement laissée à l'appréciation des spectateurs. Certains ne verront dans Ponyo sur la falaise qu'une aventure merveilleuse sans autre portée qu'un conte de fées, mais d'autres pourront y déceler une forme de croyance panthéiste (qui consiste à prêter à la nature les traits d'une ou de plusieurs divinités), sans qu'il soit possible de trancher de façon décisive entre ces différentes manières d'interpréter ce dessin animé.

La liberté d'interprétation n'est cependant pas totale, et il est possible de repérer dans ce dessin animé, comme d'ailleurs dans d'autres films ou d'autres récits (contes, romans, histoires…), une «structure» d'ensemble qui permet de comprendre même intuitivement son propos. Disons tout de suite que l'univers mis en scène dans Ponyo s'organise autour d'une grande opposition entre le monde marin et le monde terrestre. Et l'on ajoutera immédiatement que le récit de Ponyo est constitué par le passage (ou les passages) des personnages d'un monde à l'autre. Cette opposition peut paraître évidente pour des spectateurs adultes, car ceux-ci disposent d'une capacité d'abstraction que ne possèdent cependant pas (encore) les jeunes enfants. L'objectif de cette animation sera précisément de leur faire acquérir une telle compétence, non pas en leur expliquant cette opposition de manière théorique mais en les amenant à l'exercer de façon concrète. L'objectif de l'animation sera donc de mieux comprendre le film par la manipulation d'une opposition conceptuelle qui leur permettra notamment de classer les différents personnages et événements mis en scène.

L'exercice se fera de manière orale (par la discussion en groupe) mais également de façon visuelle par une représentation graphique au tableau.
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