Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site





télécharger 27.4 Kb.
titreCet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site
date de publication29.05.2017
taille27.4 Kb.
typeDocumentos
l.20-bal.com > finances > Documentos
La Médina de Sousse

Texte: Anouar El Fani / Photos: Srj Edition

Lieu de mémoire et de majesté



La médina de Sousse détient un privilège très rare ; celui d’offrir à ses visiteurs un ensemble architectural et monumental homogène, composé d’édifices hérités le plus souvent de l’âge d’or arabo-musulman - IXe au XIe siècle - quand la ville était le débouché maritime de l’ancienne capitale aghlabide, Kairouan. L’état de conservation de cette cité médiévale a maintes fois été souligné par les historiens, les archéologues et les urbanistes. Sa configuration actuelle est à peu près celle qu’elle devait avoir, il y a un millier d’années.


La médina s’est implantée là ou existait déjà, avant la conquête arabe, un centre urbain ancien et prospère, Hadrumète


Lieu de mémoire et de majesté

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site. Envoûté par son charme l’écrivain français Guy de Maupassant évoque dans ses souvenirs de voyage en Tunisie, en 1887 : « un rêve prodigieux d’un poète réalisé, l’apparition invraisemblable d’une cité fantastique ». À l’époque, les vagues de la Méditerranée léchaient encore son rempart oriental. Depuis les flots ont certes été repoussés de quelques dizaines de mètres, et des constructions ont jailli tout autour de son enceinte pour former la ville moderne. Cependant, le décor, à quelques détails et innovations près, paraît immuable.

Le choix de son site n’est certainement pas dû au hasard : elle s’est implantée là ou existait déjà, avant la conquête arabe, un centre urbain ancien et prospère, Hadrumète. Couvrant une superficie totale de 31 hectares, elle est intégralement inscrite à l’intérieur d’un périmètre délimité par d’impressionnantes murailles formant son enceinte protectrice. Le tracé que suivent ces quatre longs remparts lui donnent l’aspect d’un parallélogramme un peu irrégulier et légèrement incliné vers le rivage. La médina est en effet bâtie à flanc de colline et s’étage en un vaste amphithéâtre face à la mer

Deux grands axes principaux et classiques, Nord-sud et Est-ouest, signalés par quatre portes – Bab Jebli, Bab Kebli, Bab Gharbi et Bab Jedid – la divisent en quatre grands quartiers. La partie basse abrite la plupart des activités commerciales et les services ; la partie haute en revanche, est depuis toujours, presque exclusivement résidentielle. Ainsi se perpétue un trait fondamental de l’organisation de l’espace urbain arabo-musulman, qui est la dissociation entre domaine public et domaine privé et dont le but est de préserver l’intimité et la tranquillité.

Certes elle n’est plus tout à fait ce qu’elle était jadis. La topologie et la morphologie traditionnelles de l’habitat ont subi, ici et là, des altérations choquantes. Les boutiques, les bazars et autres échoppes de « souvenirs » ont envahi les principales artères au détriment des secteurs de production artisanale traditionnelle. Cette évolution a entraîné le dépérissement puis la disparition quasi totale des souks spécialisés – laine, étoffes, métaux, cuir etc.- des corporations de métiers et de la fonction d’Amine, ce chef de corporation chargé de contrôler la qualité du produit vendu. Seul et unique rescapé de cette hécatombe, le souk des bijoutiers qui, contre vents et marées, a conservé son mode d’organisation ancien ; une corporation dirigée par un Amine dûment accrédité



La partie basse abrite la plupart des activités commerciales et les services ; la partie haute en revanche, est depuis toujours, presque exclusivement résidentielle

Classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1986 la médina de Sousse renferme une quarantaine de monuments historiques



Ses souks et ses rues commerçantes, quotidiennement arpentés par une foule cosmopolite, et où règne une animation fébrile du matin au soir, débordent d’odeurs et de couleurs. Cette médina millénaire a surtout la chance de receler quelques uns des plus beaux fleurons architecturaux de la civilisation musulmane. Classée patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco depuis 1986 la médina de Sousse renferme une quarantaine de monuments historiques. Ils remontent pour l’essentiel au IXe siècle, âge d’or de la dynastie aghlabide et se dressent aujourd’hui aux quatre coins de la cité.

Il y a d’abord le Ribat, doyen des monuments de Sousse. Il est incontestablement une véritable figure de proue emblématique de la ville. Édifié vers 786, il remplissait une double fonction ; militaire et religieuse. Conçu comme forteresse, il remplissait le rôle de bouclier protecteur de la cité en cas d’agression venant de la mer. Mais il avait aussi une mission religieuse. La garnison des « Mourabitoun » qui l’occupait était formée de volontaires d’une grande piété qui consacraient l’essentiel de leur séjour à la prière, à l’enseignement du Coran et de l’orthodoxie. Cette double vocation l’assimilait à une sorte de « forteresse-couvent » abritant des  « moines-soldats ». Le ribat de Sousse a eu son heure de gloire en 827, lorsqu’il a servi de base de départ à Assad Ibn El Fourat pour annexer la Sicile


La grande mosquée dont le style allie simplicité et richesse n’a pas de minaret. La tour vigie du Ribat voisin en tenait lieu

La grande Mosquée, construite en 851, a été plusieurs fois agrandie et modifiée. Son agencement actuel remonte cependant à l’époque ziride (XIe siècle). Sa position décentrée, la plaçant face au Ribat et a proximité du rivage, s’explique par le rôle défensif qu’elle a, elle aussi joué. Elle a d’ailleurs l’allure massive d’un fort avec ses merlons et ses deux tours de guet faisant face à la mer. Les portiques qui entourent sa vaste cour ont été ajoutés à l’époque turque en 1675. La belle calligraphie arabe couronnant le sommet des galeries, célèbre les noms de son fondateur, l’émir aghlabide Abou Al Abbés Mohamed et de l’architecte. Cette superbe mosquée dont le style allie simplicité et richesse n’a pas de minaret. La tour vigie du Ribat voisin en tenait lieu.

La mosquée Bou ftata, charmant petit édifice, est la première mosquée aménagée à Sousse. Fondée vers 840, avant la Grande Mosquée, par Bou Ftata, un affranchi de l’émir Abou Ikal, sa petite salle de prière s’inspire beaucoup de celle du Ribat. Elle a servi de prototype pour la construction d’autres mosquées.

La Tour Khalef  El Fata du nom de son constructeur, urbaniste plusieurs fois mentionné par El Bakri ainsi que sur des monnaies et inscriptions fut érigée en 859. Citadelle majestueuse et imposante elle culmine au point le plus élevé de la médina


Sans disposer de véritables palais privés comme la médina de Tunis celle de Sousse comporte quelques beaux modèles de l’art architectural civil

Les remparts, véritable écrin protégeant les monuments de la médina ont été construits en 859. Entièrement en pierre de taille, d’une épaisseur de 2,10 mètres    et d’une longueur de 2250 mètres au total, leurs quatre murailles enserrent toute la médina. L’unique partie manquante est un minuscule tronçon d’une cinquantaine de mètres, démoli par les bombardements de 1943. Il comportait la porte Bab Bhar, qui comme son nom l’indique, ouvrait sur la mer.

Ayant privilégié ces monuments représentatifs de la médina il serait injuste de ne pas mentionner la citerne souterraine de la Sofra construite au VIe siècle sous les byzantins ; la Médersa Ezzakkak, collège religieux du XIe siècle ; les mosquées El Bakkaline, Sidi Ammar, Sidi Ali Ammar et Eddamous remontant toutes à l’époque ziride ; le mausolée de la zaouia Sidi Bouraoui le saint patron de la ville. L’édifice « La Kobba » célèbre pour son dôme plissé à Zig-Zags. Il forme avec l’ancien « caravansérail des Français » qui le jouxte un magnifique ensemble architectural, abritant depuis 1995 un musée communal des Arts et Traditions Populaires. Sans disposer de véritables palais privés comme la médina de Tunis celle de Sousse comporte quelques beaux modèles de l’art architectural civil tels Dar Echarâa, Dar Jerbaoui, Dar Ben Saïd, Dar Bouachour…..


La ville arabe

Arthur Pellegrin

Éditions de la Kahena

1932


Pour apprécier aujourd’hui le pittoresque de la ville, nous invitons le touriste à monter au sommet du phare, la tour Kalaf el Fata. La vue plonge à l’est sur la ville arabe resserrée entre les remparts; les cubes blancs et bleutés des maisons ont l’air de dévaler vers le port entre les sinuosités des rues étroites. On aperçoit parfois des patios décorés de carreaux multicolores; quelques bâtisses en ruine que l’on n’a pas encore reconstruites, témoignent encore des terribles blessures que la vielle cité a reçues lors des bombardements de 1943...... Dans tout le reste de la médina, où l’on peut flâner à travers le tortueux labyrinthe de rues étroites et animées, les maisons riches où nouvellement construites voisinent avec les boutiques ou les ateliers divers et pittoresques dont les produits hétéroclites, souvent envahissants, obligent les arabats à s’avancer avec précaution. Les impasses conduisent parfois à des recoins où s’installent volontiers des écrivains publics. Des cafés assez sombres, dans lesquels de paisibles consommateurs d’orgeat, de café ou de thé jouent aux cartes ou aux dominos, s’échappe la musique orientale d’un poste de T.S.F. souvent ouvert au maximum.......  

Assis en tailleur dans leur réduit minuscule, des marchands de beignets, indifférents à l’activité de la ville, jettent leur pâte dans une marmite d’huile bouillante encastrée dans un comptoir bariolé. On voit préparer dans les gargottes de succulents plats de poisson ou de copieux couscous, tandis que d’un restaurant tunisien, étincelant de couleurs, s’échappent des fumets alléchants fortement épicés. Les marchands ambulants, les porteurs de journaux et les chiffonniers se frayent un passage en criant à pleins poumons. Le long de la rue en escaliers qui monte vers la Driba, dans un tintamarre assourdissant, des chaudronniers battent le cuivre à coups redoublés.

Une foule dense se presse en direction des souks voûtés, souk des tapis, souk des orfèvres, souk des bouchers, souk des grains. Le jour du marché, le dimanche, les fellahs viennent alimenter l’artisanat en laine, les petits ouvriers des environs apportent le produit de leur modeste labeur quand ils n’ont pas cédé à un intermédiaire.

similaire:

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site icon«Sara la baigneuse» ou les avatars d’une chanson poétique de la Renaissance
Une strophe lyrique au xvie siècle Mon propos n’est pas de redire ce qui a été dit et bien dit, mais de montrer quelles ont été les...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconParcours dans le musée des beaux-arts de Nantes autour des œuvres du xxe siècle
«Arts, Etats et pouvoirs» (peu significatif, en fait, au musée des beaux-arts de Nantes pour le xxème). Mais ils rappellent aussi...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconL’interview de l’artiste (niveaux B1 et B2)
«Irfan», et récupèrent la distribution de leurs disques. Peu dans l’univers de la musique ont fait preuve de tant d'inventivité et...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconDiscours normatifs et discours descriptifs
«droit de cité» (IX, 34), ce qui signifie que les droits individuels du citoyen ont été définis avant la conceptualisation du régime...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconBlois, la forme d’une ville
«Blois, la forme d’une ville», fait écho à la citation d’un poème de Charles Baudelaire1, repris par Julien Gracq2 et titre d’une...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconBlois, la forme d’une ville
«Blois, la forme d’une ville», fait écho à la citation d’un poème de Charles Baudelaire1, repris par Julien Gracq2 et titre d’une...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconSécurité et Civilité : Nous rappelons qu’il est interdit de pénétrer...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconOu la littérature comme ailleurs
«La distinction, l’excellente tenue littéraire, le progrès constant de La Semaine égyptienne, vous ont attiré la sympathie unanime...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconTS29 Pierrefitte : garder l’identité communiste
«pierre fichée au mur», cette ville de 25 789 habitants n’a pas d’atout ni de spécificité particulière qui la fasse connaître aux...

Cet atout en fait une véritable ville-musée. Voyageurs, géographes, chroniqueurs et écrivains n’ont pas été avares d’envolées lyriques dans leurs descriptions du site iconComité Permanent pour la Recherche Islamique et l’Ifta
«Et quand on leur dit : “Suivez ce qu’Allah a fait descendre”, ils disent : “Non, mais nous suivrons les coutumes de nos ancêtres.”...





Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
l.20-bal.com