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date de publication01.05.2017
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« Au lecteur »

Baudelaire
Hypothèse de lecture :

Texte chargé d’ouvrir le recueil. Il établit dès le début une relation de fraternité , de complicité avec le lecteur. Cette complicité s’exprime à travers la description la plus large de l’expérience humaine de la souffrance, de la douleur, du mal, de l’ennui par l’utilisation d’images. Cette expérience humaine, c’est l’expérience intime de Baudelaire, c’est sa vision sombre sur la vie, une vision sans concession. Baudelaire veut sortir la poésie de l’univers radieux des romantiques (poésie du cœur, lyrisme, romantisme). Ce texte est une invitation à un voyage, invitation peu réjouissante dans la souffrance et l’horreur humaines. L’antithèse semble être le fondement du recueil. Baudelaire veut s’opposer à ses prédécesseurs qui ont choisi « les provinces les plus fleuries du domaine poétique », il se propose d’ « extraire la beauté du mal » d’où le titre du recueil : Les fleurs du mal.
Axes :

  1. Le mouvement du poème, l’énonciation :

    • On peut remarquer deux grands moments :

_ L’évocation de l’ensemble des hommes :

 Baudelaire décrit des choses de manière sinistre mais il ressent le besoin de les faire partager à l’ensemble des hommes et propose ainsi une sorte de voyage dans la douleur. Il jette ainsi une grande part de misère à la face du lecteur qui se voit confronté, en même temps que l’auteur, aux réalités négatives de l’humanité.

« Et nous alimentons nos aimables remords…nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches…nous nous faisons payer…et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux… »

L’auteur s’implique totalement et utilise énormément le pronom personnel nous.

« …n’ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins, le canevas banal de nos piteux destins, c’est que notre âme, hélas ! n’est pas assez hardie. »

 Référence à la mort que l’homme n’ose pas affronter. Cette 7e strophe évoque une image de l’ensemble des hommes (y compris le poète) liée au pêché, à la mort, au Diable, au besoin qu’on a à se vautrer dans le mal, à cette lâcheté d’affronter la mort. Ici, l’homme se voit dominer, vampiriser par des forces qui nous habitent et qui nous entraînent sur un voix que l’on n’hésite pas de suivre.
« C’est Satan trismégiste… » « chaque jour vers l’Enfer, nous descendons d’un pas, sans

horreur à travers des ténèbres qui puent. » « …dans nos cerveaux ribote un peuple de

Démons… » 

 Apostrophe du lecteur : « Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat, Hypocrite

lecteur, mon semblable, mon frère ! »

+ une certaine gradation : Baudelaire veut montrer au lecteur les choses qu’il a toujours refusé de voir. Il veut l’entraîner et partager ses idées avec lui. Il veut marquer et influencer les hommes.

_ Malgré toutes ces souffrances, une est encore plus grande : l’Ennui

 Gradation qui annonce l’énigme du 9e quatrain.

« Mais parmi les chacals, les panthères…les montres glapissants, hurlants, grognants… »

 Accumulation

« …dans la ménagerie infâme de nos vices, il en est un plus laid, plus méchant, plus immonde ! Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris, il ferait volontiers de la terre

un débris et dans un bâillement avalerait le monde ; c’est l’Ennui ! »

 Rythmes ternaires = accélération du récit.

« Il en est plus laid, plus méchant, plus immonde !… »

 Enigme « il ferait volontiers de la terre un débris… »

Elle se poursuit et l’auteur souligne la discrétion de ce phénomène. Rejeté au début de la strophe suivante, on a la réponse mise en valeur : « C’est l’Ennui ! »

 On retombe ensuite dans un vice beaucoup plus banal mais surtout plus dangereux puisqu’il peut toucher tout le monde, avec la personnification de l’ennui. « Il rêve d’échafauds en fumant son houka. »

 Cassure du rythme : apostrophe du lecteur. Elle renvoie au titre et montre encore une fois la banalité de ce vice.

 Antithèse pour mettre en valeur et montrer les contradictions de l’humanité qui aime se confronter avec ses souffrances. « ce monstre délicat »

 Par ces différents procédés ( apostrophe, énonciation, rythme ternaire, gradation, énigme, antithèse), l’auteur veut entraîner le lecteur sur un chemin qu’il n’a jamais voulu connaître


  1. Le monde imaginaire proposé par Baudelaire :

    • Grand recours à l’imagination : métaphores, allégories, symboles, comparaisons, personnifications.


 2e Strophe :

« Nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux »

« Croyant par nos vils pleurs toutes nos tâches… »  métaphore + antithèse
 3e Strophe :

« Sur l’oreiller du mal c’est Satan trismégiste qui berce longuement notre esprit enchanté… »  Personnification du mal à travers Satan auquel on ne peut échapper.

Trismégiste = Trois fois grand
 4e Strophe :

« Chaque jour vers l’Enfer, nous descendons d’un pas… »  Vision Grecque et Chrétienne = Mouvement de descente vers le mal représenté par l’Enfer.
 5e Strophe :

« …un plaisir clandestin que nous pressons bien fort comme une vieille orange »

    • Comparaison à une vieille orange ( Catin = putain). L’homme court après un destin minable et tente d’en sortir tout ce qu’il peut.


 6e Strophe :

« Serré, fourmillant, comme un million d’helminthes, dans nos cerveaux ribote un peuple de Démons, et, quand nous respirons, la Mort dans nos poumons descend, fleuve invisible, avec de sourdes plaintes. »  Métaphore fantastique, personnification de la Mort.

L’homme est habité par un peuple de démons, il est possédé par le mal et quand il respire c’est la mort qui se manifeste.
 8e Strophe :

« Mais parmi les chacals, les panthères, les lices, les singes, les scorpions… »  Evocation du mal et d’un monde fou avec l’énumération d’animaux. La conjonction mais est utilisée pour produire un certaine transition.
 9e et 10e Strophes  :

« Il ferait volontiers de la terre un débris et dans un bâillement avalerait le monde. »

 Personnification de l’Ennui qui devient monstre. Il fume, il prend du plaisir « Il rêve d’échafauds en fumant son houka. » En contrepartie, il rêve d’échafauds.

 Opposition Négatif / Positif
3) Le sens de l’expérience :

 Sens moral et évocation de toute l’expérience humaine qui est plutôt négative.

Elle est à la fois expérience du corps et de l’esprit. « Et nous alimentons nos aimables remords comme les mendiants nourrissent leurs vermines. »  Aucune coupure ni division.

 Les hommes sont et resteront responsables de leurs vies.

« …nos repentirs sont lâches ; nous nous faisons payer grassement nos aveux, et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux… »  Les Hommes essayent de se faire pardonner et aiment rentrer dans ce destin bien qu’il soit mauvais.

Repentir = Volonté de se racheter de la faute commise, regret. On peut donc remarquer que les deux premiers quatrains ( constitués d’alexandrins et de rimes embrassées) se rapprochent par les idées qu’ils traduisent.
« C’est Satan trismégiste qui berce longuement notre esprit enchanté… » « C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent ! »  On est donc manipuler et l’homme peut s’apparenter à un pantin, jouet du Diable, l’homme est une marionnette dans les mains du Diable. Mais d’un autre côté, on est aussi responsable de cela car on ne fait pas bon usage de notre liberté. « Aux objets répugnants nous trouvons des appas…sans horreur, à travers des ténèbres qui puent. » « Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux… » L’homme semble attiré par les choses répugnantes, qui puent et qui le font souffrir.



    • Evocation du mal, de la douleur.

« La sottise, l’erreur, le péché, la lésine occupent nos esprits et travaillent nos corps… »

« Chaque jour vers l’Enfer nous descendons d’un pas… »

« Serré, fourmillant comme un million d’helminthes…avec de sourdes plaintes. »

L’homme descend progressivement vers le mal et il ne semble pas s’en plaindre. Baudelaire montre ainsi le monde tel qui le perçoit.
 Beaucoup de lâcheté face à la mort

« …n’ont pas encor brodé de leurs plaisants dessins, le canevas banal de nos piteux destins, c’est que notre âme, hélas ! n’est pas assez hardie. »

Conclusion :

A travers le thème de l’ennui, on peut retrouver un thème obsédant chez Baudelaire : le temps qui passe. Pour lui, c’est le temps qui caractérise au mieux l’expérience humaine. En réalité, on s’ennuie car on sent le temps passé, on sent l’obsession du temps. Cette notion aura d’ailleurs une forte importance dans le spleen de Baudelaire.

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