Le théâtre est une invention grecque ! Le mot «théâtre» (theatron, en grec) est lié à la racine du verbe grec θεάομαι (théaomai) : «regarder, contempler»





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date de publication26.04.2017
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LE THEATRE. 

Le théâtre est une invention grecque ! Le mot « théâtre » (theatron, en grec) est lié à la racine du verbe grec θεάομαι (théaomai) : « regarder, contempler ». Un théâtre est donc à l'origine un lieu où le public observe un spectacle.


Le théâtre d’Epidaure (Grèce)

Mais le « théâtre » désigne aussi un genre littéraire. Contrairement aux autres genres, il est fait non pas pour être lu, mais pour être représenté. Il s’agit avant tout d’un spectacle.

 

Il s’accomplit dans cette rencontre éphémère entre une troupe de comédiens, d’acteurs incarnant des personnages et un public « spectateur ». Le texte, quant à lui, proposé par un auteur, est porté à la scène par un « metteur en scène ».

 
 



LES PARTICULARITES DU TEXTE THEATRAL.

 

  1. Les répliques.

Le texte de théâtre se caractérise par l’absence de narrateur. Il se présente sous forme de répliques (paroles prononcées par les personnages) qui portent les marques de l’oral. Chaque réplique est précédée du nom du personnage afin de faciliter la lecture.

 

Les répliques peuvent être :

·         un dialogue : jeu de demandes et de réponses entre les personnages. Lorsque les répliques sont très courtes, pour témoigner de la vivacité d’un échange, il s’agit de stichomythie.

·         une tirade : longue réplique donnée par un personnage s’adressant à un autre, présent sur scène

·         un monologue : le personnage, seul sur scène, se parle à lui-même et exprime ses doutes, ses sentiments : le personnage se livre à une introspection.

·         un aparté : réplique courte durant laquelle le personnage, au sein d’un dialogue, va s’adresser au public

 

 


  1. Les didascalies.

Les didascalies sont inscrites en italique et ont pour fonction de renseigner le lecteur ou le metteur en scène sur tous les éléments qui ne peuvent pas être insérés dans les répliques (décors, costumes, attitude et gestes des personnages, déplacements). Ces indications ne sont jamais prononcées sur scène.

 
 

LES MOMENTS CLES D’UNE ŒUVRE THEATRALE.

 

Dans une pièce de théâtre, l’action est découpée en actes qui peuvent correspondre à des changements de lieu ou à des moments clés de l’action. Les actes sont structurés en scènes qui marquent l’entrée ou la sortie d’un ou plusieurs personnages. La pièce de théâtre classique compte cinq actes.

 



 

Toute pièce de théâtre est organisée en trois temps forts qui structurent l’intrigue (l’action) :

·         L’exposition : c’est le début de la pièce, souvent la première scène que l’on appelle alors « scène d’exposition ». Elle permet de situer le lieu, l’époque, de présenter les personnages et de mettre en place l’intrigue. Parfois, des didascalies renseignent sur le décor, les costumes, etc. Cette scène d’exposition correspond à l’ « incipit » romanesque.

·         Le nœud de l’action : c’est le moment où l'intrigue, après des péripéties (= rebondissements) est arrivée à son point essentiel mais où le dénouement reste incertain. Le conflit est à son paroxysme. Un « coup de théâtre » est une péripétie inattendue et brutale.


deus ex machina 

 

·         Le dénouement : c’est la fin de la pièce. Le conflit se résout enfin, par la mort du héros (tragédie) ou par une heureuse conclusion (comédie). Si le dénouement ne découle pas de l’évolution logique et vraisemblable de l’action ou de la psychologie des personnages, il s’agit d’un « deus ex machina », un « dieu apparaissant sur une machinerie » de théâtre, c’est-à-dire une solution artificielle à l’action.
 

 

LES GENRES THEATRAUX.

 

  1. La comédie.

La comédie met en scène les défauts humains pour les tourner en dérision et les dénoncer. « Castigat ridendo », selon l’expression faussement attribuée au poète latin Horace : la comédie « châtie par le rire »… Elle met en scène des personnages communs qui provoquent le rire. Son dénouement est heureux. (ex : le théâtre de Molière)


Son comique repose sur différents procédés :

·         le comique de gestes (chutes, coups…)

·         le comique de mots (jeux de mots, accent ridicule…)

·         le comique de situation (l’amant caché dans le placard, quiproquo…)

·         le comique de caractère (les défauts d’un personnage rendent ce dernier ridicule)

·         le comique de mœurs (satire d’un comportement social)

 



ARISTOPHANE, fils de Philippidès, Athénien (V° av. J.-C.)

 

  1. La tragédie.

Elle met en scène des personnages de haut rang, déchirés par leur passion, qui traversent une crise grave et pour lesquels on ressent de la pitié et de la terreur ; cette expérience, qui amène le spectateur à se libérer de ses passions et de ses tensions propres, Aristote l’appelle une « catharsis ». Le dénouement est malheureux. (ex : Phèdre de Racine)

 

 

  1. Le drame.

Le drame naît à la fin du XVIIIème siècle mais ne s’accomplit pleinement qu’au XIXème siècle, à l’âge romantique. Il alterne des moments graves avec des moments plus légers. Il mêle ainsi le comique et le tragique. Le dénouement est souvent malheureux (ex : Ruy Blas de Victor Hugo).

 
 

TABLEAU DES GENRES THEATRAUX.


 

Tragédie

Comédie

Drame

Origine des personnages

Haute noblesse

Héros mythiques ou historiques.

Bourgeoisie, plus rarement noblesse

Selon l’époque : bourgeoisie, noblesse déchue, peuple.

Epoque

Historique : antique ou biblique

Contemporaine à celle du dramaturge

Epoques variées

Obstacles

Fatalité, force supérieure qui dépasse le héros et le mène à sa perte

Obstacles individuels (comédie d’intrigue) ; emprise du caractère (comédie de caractère) ; poids de la société (comédie de mœurs).

Variés (politique, société, obstacles individuels, etc.)

Ton de la pièce

Tendu

Joyeux

Larmoyant avec quelques moments plus légers

Dénouement

Triste

Heureux

Souvent triste

Réaction des spectateurs

Mélange d’admiration, de pitié et de terreur.

Moquerie envers les ridicules, rires, sympathie envers certains personnages.

Emotion, larmes

But

Catharsis

Divertissement ; éduquer par le rire

Apaiser les tensions ; portée moralisatrice.

Auteurs et quelques œuvres

Grèce (- V°) : Sophocle (Œdipe Roi)

Euripide (Electre)

 

Italie romaine (+I°)

Sénèque

 

France, XVII° :

Racine

(Phèdre, Andromaque)

Corneille

(Cinna, Médée)

Grèce (- V°) : Aristophane

(Les Guêpes ; Les Grenouilles)

 

Italie romaine (-II°)

Plaute

(Amphitryon)

 

France, XVII° :

Molière

(Les Fourberies de Scapin , l’Avare, le Bourgeois Gentilhomme, le Malade Imaginaire)
France, XVIII° :

Marivaux

(Le jeu de l’Amour et du Hasard ; Le Triomphe de l’amour)

France, XVIII° :

Beaumarchais

(Le Mariage de Figaro)

 

France, XIX° :

Victor Hugo

(Hernani)

Musset

(Lorenzaccio)

 


 

 

PETITE CHRONOLOGIE DU THEATRE.

 

  1. Antiquité Grecque (-V av. JC).

Le théâtre est né en Grèce où les cités organisaient des concours d’écriture théâtrale durant les Dionysies, fêtes de Dionysos, dieu grec du vin mais aussi d’une certaine forme d’’inspiration.

    

Le théâtre de Dionysos, à Athènes.

La tragédie, « chant du bouc » étymologiquement, est ainsi directement liée au culte de ce dieu. Chaque auteur tragique participant au concours produisait trois tragédies et une (tragi-) comédie.

Dionysos et satyres, 540 av. J.-C.  (Musée du Louvre)

Le spectacle comportait alors seulement trois acteurs et un chœur évoluant, par des chants mêlés de danse, dans l’espace circulaire central du théâtre grec appelé « orchestra ».


 

Les acteurs portaient des cothurnes et de grands masques qui pouvaient les faire dépasser deux mètres vingt. Ces masques modifiaient d'ailleurs les voix en les rendant profondes et presque inhumaines.


 




  1. Le théâtre classique (XVIIème siècle).

L’âge d’or du théâtre français se situe sous le règne de Louis XIV avec des artistes comme Molière (comédie), Corneille ou Racine (tragédie).
  

                                        Molière
Le théâtre classique devait respecter des règles strictes :

·         la règle des trois unités (lieu, temps, action)

·         la règle des bienséances (pas de crime sur scène)

·         La règle de la vraisemblance

·         l’homogénéité des genres (on ne mélange pas comédie et tragédie, rire et larmes)

·         La tragédie classique s’inspire des héros mythiques grecs ou de l’histoire ancienne.

 

 

  1. Le théâtre contemporain (XXème siècle).

La première moitié du XX° sera marqué par un retour en force des mythes antiques avec Giraudoux (Antigone), Sartre (les Mouches) ou encore Camus.


Antigone enterre son frère Polynice, malgré les ordres de Créon...

Mais le théâtre de la deuxième moitié du XX° se caractérise par une rupture totale avec le théâtre classique. La règle des trois unités n’est plus respectée ainsi que la construction classique en actes et en scènes.

Les deux guerres mondiales successives et leurs cortèges d’horreurs (combats dans les tranchées, camps d’extermination, usage de l’arme nucléaire) ont donné le sentiment que le monde était devenu incohérent et la vie humaine absurde. Certains auteurs de théâtre ont traduit cette évolution de l’histoire humaine en inventant le « théâtre de l’absurde ».


Eugène Ionesco

Le langage, perçu également comme absurde, inutile, n’est plus utilisé comme moyen de communication mais il est détourné, rendant les répliques insensées. C’est par le rire et la dérision que les auteurs vont dénoncer l’horreur du monde et son absurdité. Les principaux représentants de ce théâtre sont Eugène Ionesco (la Cantatrice Chauve, la Leçon, Rhinocéros) et Samuel Beckett (En attendant Godot).

 

 

 la Cantatrice Chauve                                          Rhinocéros

 

  

 

 

 

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