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c:\users\alain\desktop\lacan séminaires\ressources\subversion du sujet\illustrations\coverb.jpgLACAN


Subversion du sujet

1960



Ce document de travail a pour sources principales :

  • Subversion du sujet... document internet non identifié.

  • Subversion du sujet... (« Lectures de Lacan ») de Christian FIERENS


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Les références bibliographiques privilégient les éditions les plus récentes. Les schémas sont refaits.

N.B.  Ce qui s’inscrit entre crochets droits [ ] n’est pas de Jacques LACAN.

(Contact)

Les pages de l’édition des Écrits [793 à 827]sont indiquées en bleu, en gras et entre crochets : [795] (début de la page 795)
[793] [794] [795] [796] [797] [798] [799] [800] [801] [802] [803] [804] [805] [806] [807] [808] [809] [810]

[811] [812] [813] [814] [815] [816] [817] [818] [819] [820] [821] [822] [823] [824] [825] [826] [827]
[793] Ce texte représente la communication que nous avons apportée à un Congrès réuni à Royaumont par les soins

des « Colloques philosophiques internationaux », sous le titre de « La dialectique », Jean WAHL nous y invitant.

Il se tint du 19 au 23 septembre 1960. C’est la date de ce texte - antérieur au Congrès de Bonneval, dont ressortit celui qui lui succède - qui nous le fait publier : pour donner au lecteur l’idée de l’avance où s’est toujours tenu notre enseignement par rapport à ce que nous pouvions en faire connaître. Le graphe ici produit a été construit pour notre Séminaire sur « Les formations de l’inconscient ».

Il s’élabora spécialement sur la structure du mot d’esprit, prise comme départ, devant un auditoire surpris. C’en fut le premier trimestre, soit le dernier de 1957. Un compte rendu avec la figure donnée ici, en a paru dans le Bulletin de psychologie à l’époque.
Une structure est constituante de la πρᾶξις [praxis] qu’on appelle « la psychanalyse ».

[Aristote distingue :


  • les sciences théorétiques : ἐπιστήμη (θεωρητικός : observation, contemplation) : mathématiques, physique, théologie… dont la fin 

est la vérité, la connaissance des causes qui gouvernent les choses. Sciences désintéressées, elles constituent la fin ultime de la pensée.



  • les sciences de l’agir : πρᾶξις, de l’action authentique (où la fin est immanente à l’acteur) : accomplissement de soi, recherche du « Bien » : « la πρᾶξις l’action proprement dite. Pour qu’il y ait, au sens propre, action, il faut en effet que l’activité ait en elle-même sa propre fin, et qu’ainsi l’agent, dans l’exercice de son acte, se trouve bénéficier directement de ce qu’il fait. Par exemple, dans l’activité morale, l’agent, s’« informant » lui-même, produit une valeur dont il a en même temps l’usage. » [J.P. Vernant – « Aspects psychologiques du travail dans la Grèce ancienne » in La Pensée, 66 (1956), p. 80-84.]




  • les sciences de la production : ποιεσις (τέχνη) où l’action est imparfaite car subordonnée à des fins extérieures à l’agent, où l’œuvre - έργον - devient extérieure à lui : « À la limite le travail artisanal apparaît comme pure routine, application de recettes empiriques pour rendre un matériau conforme à un modèle dont la nature se fait connaître du dehors par les indications ou les ordres de l’usager. Soumise à autrui, tendant vers une fin qui la dépasse, comment la ποιεσις de l’artisan serait-elle sentie comme une véritable conduite d’action ? Pour la distinguer de l’activité authentique, de la πρᾶξις, Aristote l’appelle le simple mouvement : κινεσις.

Mouvement qui implique une imperfection : courant après une fin qui est au delà de lui, il ne possède pas en soi ἐνέργεια : l’acte. » (op. cit.)]

Cette structure ne saurait être indifférente à une audience comme celle-ci, supposée être philosophiquement avertie.

Qu’être un philosophe veuille dire s’intéresser à ce à quoi tout le monde est intéressé sans le savoir,

voilà un propos intéressant, d’offrir la particularité que sa pertinence n’implique pas qu’il soit décidable,

puisqu’il ne peut être tranché qu’à ce que tout le monde devienne philosophe.
[En 1920 le programme de Hilbert propose que les mathématiques soient complètement formulées en formalisations logique.

En 1931, le théorème d’incomplétude de Gödel démontre que tout système formel non-contradictoire et suffisamment complet pour inclure au moins l’arithmétique, ne peut démontrer sa cohérence en s’appuyant sur ses axiomes : tout système formel, aussi rigoureux qu’il soit, peut engendrer du bruit, c’est-à-dire des non-sens qui ne parlent plus des objets que le système formel est censé décrire, d’où l’indécidabilité.

Premier théorème d’incomplétude : Si T est une théorie du premier ordre cohérente, récursivement axiomatisable et contenant l’arithmétique de Robinson, alors T est incomplète, en ce sens qu’il existe une formule close G dans le langage de T telle qu’aucune des formules G et ¬G n’est conséquence des axiomes de T .

Second théorème d’incomplétude : Si T est une théorie du premier ordre cohérente, récursivement axiomatisable et contenant l’arithmétique de Peano,

alors la formule « ConsT » (qui dans le langage de T exprime la cohérence de la théorie T) n’est pas une conséquence des axiomes de T.
Dans « L’étourdit », douze ans après « Subversion du sujet… » Lacan développera les 4 formes d’impossibilité logique (« le mur de l’impossible »)

propre à chacun des quatre discours, montrant à quoi aboutit le « rapport » du semblant à l’Autre : dans le discours du maître (M) : incomplétude,

dans le discours de la science (H) : inconsistance, dans le discours universitaire (U) : indémontrable, dans le discours analytique (A) : indécidable.]
Je dis : sa pertinence philosophique, puisque tel est au bout du compte le schéma que HEGEL nous a donné de l’Histoire

dans la « Phénoménologie de l’esprit ». Le résumer ainsi a l’intérêt de nous présenter une médiation aisée pour situer le sujet :

d’un rapport au savoir. [Hegel situe le sujet dans son rapport au savoir et à l’histoire du savoirmédiation aisée]
[794] Aisée aussi à démontrer l’ambiguïté d’un tel rapport. [le savoir implique le non-savoir, le « savoir absolu » est une fiction fantasmatique]

La même ambiguïté que manifestent les effets de la science dans l’univers contemporain [la technologie et ses capacités militaires de destructions (nous sommes en 1960 premier essai nucléaire français) ou environnementales (pollution par les déchets et rebuts)]. Le savant qui fait la science est bien un sujet

lui aussi, et même particulièrement qualifié dans sa « constitution » [de sujet divisé : S], comme le démontre :

  • que la science n’est pas venue au monde toute seule [comme le sujet, elle s’insère dans le symbolique qui la précède],

  • que l’accouchement n’en a pas été sans vicissitudes [comme pour le sujet divisé, il en résulte névroses psychoses et perversions],

  • et qu’il a été précédé de quelques échecs, avortements, ou prématurations. [alchimie, etc.]


Or ce sujet qui doit savoir ce qu’il fait - du moins on le présume - ne sait pas ce qui déjà, en fait, dans les effets de la science intéresse tout le monde [les conséquences scientifiques, technologiques, et sociales, des découvertes scientifiques]. Du moins en appert-il ainsi dans l’univers contemporain où tout le monde se trouve donc à son niveau - sur ce point - d’ignorance.

Ceci tout seul mérite qu’on parle d’un sujet de la science.
[Le sujet de la science est un sujet divisé : le savoir scientifique contient en lui-même le non savoir, comme le montrent les remises en cause radicales des révolutions scientifiques, et la méconnaissance des « retombées » des technologies qu’il induit : militaires (e.g. hausse de la radioactivité ambiante, dite « naturelle » et ses effets sur la santé publique), industielle (e.g. pollution généralisée de l’air, des sols, des océans), sociales (e.g. les technologies permettent un contrôle social renforcé). Le sujet de la science est un sujet divisé dans sa « constitution » (cf. supra), et comme tel il rencontre à chaque instant le réel comme impossible, « le mur de l’impossible » : inconsistance, incomplétude, indémontrable, indécidable.

Chaque avancée du savoir n’est pas une résorption du non savoir (vers un savoir absolu) mais un cheminement le long du « mur de l’impossible »]

Propos à quoi entend s’égaler une épistémologie dont on peut dire qu’elle y montre plus de prétention que de succès.

D’où - qu’on l’apprenne ici - la référence toute didactique que nous avons prise dans HEGEL pour faire entendre,

aux fins de formation qui sont les nôtres, ce qu’il en est de la question du « sujet », telle que la psychanalyse la subvertit proprement.
Ce qui nous qualifie pour procéder dans cette voie est évidemment notre expérience de cette πρᾶξις [praxis].

Ce qui nous y a déterminé - ceux qui nous suivent en témoigneront - c’est une carence de la théorie, doublée d’abus

dans sa transmission qui, pour n’être sans danger pour la πρᾶξις elle-même, résultent l’une comme les autres,

dans une absence totale de statut scientifique. Poser la question des conditions minimales exigibles pour un tel statut,

n’était peut-être pas un départ malhonnête. Il s’est avéré qu’il mène loin.
Ce n’est pas à l’ampleur d’une mise en cause sociale que nous nous rapportons ici, nommément au dépôt des conclusions que nous avons dû prendre contre les déviations notoires en Angleterre et Amérique, de la πρᾶξις qui s’autorise du nom

de psychanalyse, c’est proprement la subversion que nous allons tenter de définir, en nous excusant auprès de cette assemblée, dont nous venons d’invoquer la qualité, de ne pouvoir faire plus en sa présence qu’en dehors d’elle, à savoir la prendre comme telle pour pivot de notre démonstration, à charge pour nous d’y justifier ce peu de marge à son endroit.

[795] Usant pourtant de sa faveur pour tenir pour accordé que les conditions d’une science ne sauraient être l’empirisme.

[Cf. Lacan, Thèse de Doctorat « De la psychose paranoïaque dans ses rapports à la personnalité » : « C’est le postulat qui créée la science, et la doctrine le fait » ]
De second temps, se rencontrant ce qui s’est déjà constitué d’étiquette scientifique, sous le nom de « Psychologie »

- que nous récusons [l’étiquette scientifique] - précisément de ce que nous allons démontrer que la fonction du sujet,

telle que l’instaure l’expérience freudienne, disqualifie à la racine ce qui sous ce titre ne fait - de quelque  forme

qu’on en rhabille les prémisses - que perpétuer un cadre académique.
[« Cadre académique » fait référence au conservatisme académique de la Psychologie, fondée sur l’unité du sujet, véhiculée par l’Université et à l’Académie de Platon, pour qui le sujet se conçoit comme l’unité d’un cocher dirigeant un attelage dyadique. Cf. Platon : Phèdre ou De la beauté :
« Comparons l’âme aux forces réunies d’un attelage ailé et d’un cocher. Les coursiers et les cochers des dieux sont tous excellents et d’une excellente origine ; [246b] mais les autres sont bien mélangés. Chez nous autres hommes, par exemple, le cocher dirige l’attelage, mais des coursiers l’un est beau et bon et d’une origine excellente, l’autre est d’une origine différente et bien différent : d’où il suit que chez nous l’attelage est pénible et difficile à guider. [trad. Victor Cousin]
Οἷον μέν ἐστι, πάντῃ πάντως θείας εἶναι καὶ μακρᾶς διηγήσεως, ᾧ δὲ ἔοικεν, ἀνθρωπίνης τε καὶ ἐλάττονος· ταύτῃ οὖν λέγωμεν. Ἐοικέτω δὴ συμφύτῳ δυνάμει ὑποπτέρου ζεύγους τε καὶ ἡνιόχου. Θεῶν μὲν οὖν ἵπποι τε καὶ ἡνίοχοι πάντες αὐτοί τε ἀγαθοὶ καὶ ἐξ ἀγαθῶν, [246b] τὸ δὲ τῶν ἄλλων μέμεικται. Καὶ πρῶτον μὲν ἡμῶν ὁ ἄρχων συνωρίδος ἡνιοχεῖ, εἶτα τῶν ἵππων ὁ μὲν αὐτῷ καλός τε καὶ ἀγαθὸς καὶ ἐκ τοιούτων, ὁ δ᾽ ἐξ ἐναντίων τε καὶ ἐναντίος· χαλεπὴ δὴ καὶ δύσκολος ἐξ ἀνάγκης ἡ περὶ ἡμᾶς ἡνιόχησις.
En commençant ce discours nous avons distingué dans chaque âme trois parties [253d] différentes, deux coursiers et un cocher : conservons ici la même figure.

Des deux coursiers, avons-nous dit, l’un est généreux, l’autre ne l’est pas ; mais nous n’avons pas expliqué quelle était la vertu du bon coursier, le vice du mauvais ;

nous allons maintenant l’expliquer. Le premier, d’une noble contenance, droit, les formes bien dégagées, la tête haute, les naseaux tant soit peu recourbés, la peau blanche, les yeux noirs, aimant l’honneur avec une sage retenue, fidèle à marcher sur les traces de la vraie gloire, obéit, sans avoir besoin qu’on le frappe,

aux seules exhortations [253e] et à la voix du cocher. Le second, gêné dans sa contenance, épais, de formes grossières, la tête massive, le col court, la face plate,

la peau noire, les yeux glauques et veinés de sang, les oreilles velues et sourdes, toujours plein de colère et de vanité, n’obéit qu’avec peine au fouet et à l’aiguillon.
Καθάπερ ἐν ἀρχῇ τοῦδε τοῦ μύθου τριχῇ διείλομεν ψυχὴν ἑκάστην, ἱππομόρφω μὲν δύο τινὲ εἴδη, ἡνιοχικὸν δὲ εἶδος [253d] τρίτον, καὶ νῦν ἔτι ἡμῖν ταῦτα μενέτω. Τῶν δὲ δὴ ἵππων ὁ μέν, φαμέν, ἀγαθός, ὁ δ᾽ οὔ· ἀρετὴ δὲ τίς τοῦ ἀγαθοῦ ἢ κακοῦ κακία, οὐ διείπομεν, νῦν δὲ λεκτέον. Ὁ μὲν τοίνυν αὐτοῖν ἐν τῇ καλλίονι στάσει ὢν τό τε εἶδος ὀρθὸς καὶ διηρθρωμένος, ὑψαύχην, ἐπίγρυπος, λευκὸς ἰδεῖν, μελανόμματος, τιμῆς ἐραστὴς μετὰ σωφροσύνης τε καὶ αἰδοῦς, καὶ ἀληθινῆς δόξης ἑταῖρος, ἄπληκτος, κελεύσματι μόνον καὶ [
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