Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





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André Durand présente
Romain Kacew

devenu
Romain GARY
(Lituanie - France)
(1914-1980)

Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres

qui sont résumées et commentées.
Bonne lecture !


«Cosaque un peu tartare mâtiné de juif», il naquit à Wilno (Vilnius), le 8 mai 1914, dans une Lituanie faisant partie du gouvernement de Varsovie rattaché à l'Empire russe. Il était le fils de Mina Iosselevna Borisovskaia, qui était modiste, et d'Arieh Leib Kacew, qui était fourreur. En 1915, alors que son père était mobilisé dans l'armée russe, il fut déporté avec sa mère vers le centre de la Russie en tant que juif des pays baltes que les Russes soupçonnaient de faire de l'espionnage au profit des Allemands. En 1921, à l'âge de sept ans, ils revinrent à Wilno, devenu territoire polonais depuis la guerre russo-polonaise de 1920.

En 1925, Arieh Leib Kacew les abandonna pour fonder un nouveau foyer. Aussi Romain Gary allait-il s’inventer un autre père, Ivan Mosjoukine, le plus fameux acteur russe du cinéma muet, comme, brossant de sa mère le portrait constamment retouché d’une femme d’exception, prétendit-il que, comédienne au Théâtre Français de Moscou, elle avait eu une aventure avec lui, une liaison secrète dont il laissait entendre qu’il était le fruit. Tout cela était faux, sa biographe, Myriam Anissimov, ayant mis fin en 2004 à bien des légendes qu’il avait semées.

Fuyant l’U.R.S.S., la mère et le fils émigrèrent d’abord en Pologne, à Varsovie, où elle se fit passer pour une grande dame qui prétendait avoir des amis à Paris et travailler pour le plaisir dans le monde de la mode. Il fréquenta l'école polonaise et, sa mère étant une francophile passionnée, prit des cours particuliers de français pendant deux ans.

En 1927, ils quittèrent la Pologne pour atteindre ce que sa mère, francophile à l’extrême, appelait « le paradis terrestre », la France. Ils arrivèrent à Nice où ils vécurent quelques mois dans un deux-pièces avenue Shakespeare puis à l’hôtel-pension Mermonts, dont, après avoir travaillé à l’hôtel Negresco, elle obtint d’être gérante. Il était situé boulevard Carlonne, aujourd’hui boulevard François-Grosso, dans le quartier russe qui était peuplé par les exilés de l’époque tsariste. Comme sa mère avait un orgueil démesuré, plaçait en lui de grandes espérances, rêvait même pour lui d'un destin fabuleux, elle le poussa à étudier et écrire : des poèmes, des nouvelles, des pièces de théâtre, et même de grands romans dont il commençait toujours par écrire le dernier chapitre ; elle le voyait même académicien ou ambassadeur de France et était prête pour cela à tous les sacrifices.

Il poursuivit ses études secondaires au lycée. En 1933, il s’inscrivit à la faculté de droit d’Aix-en-Provence, habitant rue Roux-Alphéran, passant beaucoup de temps au ‘’Café des deux garçons’’, cours Mirabeau, voulant écrire comme Malraux qui, cette année-là, décrocha le prix Goncourt pour ‘’La condition humaine’’ et rédigeant son premier roman :

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‘’Le vin des morts"

(1933)
Roman
L’action se passe sous terre et met en scène des morts-vivants.
Commentaire
Signé Romain Kacew, le roman ne trouva pas d’éditeur et ne fut jamais publié, Romain Gary n'ayant jamais mentionné le désir de le publier, ni de son vivant ni à titre posthume, et l'héritier de son droit moral, Diego Gary, refusant la publication. Selon le propriétaire du manuscrit, ce serait une mine où l’écrivain vint puiser par fragments pour nourrir les œuvres d'Ajar.

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En 1934, Romain Gary poursuivit ses études de droit à Paris, emménageant à l’hôtel de l’Europe, rue Rollin, et, comme les temps étaient durs, se fit livreur, plongeur, figurant au cinéma, employé au restaurant Lapérouse…., tout en écrivant :

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‘’L'orage’’

(1935)
Nouvelle
Commentaire
Elle parut, le 15 février 1935, dans l'hebdomadaire ‘’Gringoire’’.

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Licencié en droit, Romain Gary obtint aussi le diplôme de langues slaves de l'université de Varsovie.

En 1935, le jeune immigré dans la France xénophobe des années 1930 qui était en butte à des ostracismes, fut naturalisé français.

En 1938, à Nice, il connut Ilona Gesmay, une Hongroise belle et bien née, qui avait vingt-huit ans et lui quatre de moins. Ils devinrent amants, lui vivant un amour fou, peut-être même son seul grand amour. Elle exerça sur lui une extraordinaire fascination et eut une influence considérable sur sa création littéraire, au point d'apparaître de façon manifeste dans ‘’La promesse de l'aube’’, ‘’La nuit sera calme’’ et surtout ‘’Europa’’. Il voulait l'épouser, mais elle ne donna pas suite, sa famille craignant une mésalliance.

En novembre 1938, il fut appelé au service militaire pour servir dans l'aviation. Incorporé à Salon-de-Provence, il apprit le métier d’aviateur, étant élève observateur à l'École de l'Air d'Avord. Mais, parmi trois cents élèves, il fut le seul à ne pas être nommé officier, en raison de son origine étrangère.

En juin 1940, il se trouvait à Bordeaux-Mérignac et, refusant de voir la France qui l’avait accueilli être alliée à l’Allemagne de Hitler, il décida de rallier les Forces françaises libres («La France libre est la seule communauté humaine à laquelle j'ai appartenu à part entière»). Il s'évada de France en avion, atterrit à Alger, séjourna à Meknès et Casablanca le temps de trouver un cargo britannique qui l'emmena à Gibraltar. Deux semaines plus tard, il débarqua à Glasgow et, dès son arrivée, demanda à servir dans une unité combattante des Forces aériennes françaises libres sous le nom de Romain Gary (« gary » signifiant « brûler » en russe).

Le 8 août 1940, à Londres, il y fut incorporé. Affecté au Moyen-Orient, il servit en Libye, à Koufra notamment en février 1941, puis en Abyssinie et en Syrie. Il contracta différentes maladies, dont le typhus, et, presque mourant, resta six mois à l'hôpital. Rétabli, conservant cependant une paralysie de la partie gauche de son visage, il rejoignit l'escadrille de surveillance côtière en Palestine et se distingua dans l'attaque d'un sous-marin italien. Lui, qui avait un besoin incessant de drame, à la guerre, défia la mort, fut volontaire pour les missions les plus risquées, écrivant à une amie son désir de « mourir enfin dans une juste guerre ».

Sa mère mourut cette année-là.

Il fut, en août 1942, à Saint Jean d’Acre, affecté au groupe de bombardement ‘’Lorraine’’ qui fut ramené en Grande-Bretagne en février 1943. Le groupe fut alors rééquipé et réentraîné dans les centres d'entraînement de la R.A.F.. À partir d'octobre 1943, ses bombardements furent principalement dirigés contre les sites de V1 ; les ‘’Boston’’ qui équipaient désormais le ‘’Lorraine’’ volaient rassemblés par groupe de six, en rase-mottes, accompagnés par des ‘’Spitfire’’ de protection, et c'est dans ces conditions que le lieutenant Gary se distingua particulièrement le 25 janvier 1944 quand, leader d'une formation de six appareils, il fut blessé par un éclat d'obus en même temps que son coéquipier pilote Arnaud Langer, lui-même gravement touché aux yeux. Malgré sa blessure, il guida son coéquipier et l'ensemble de sa formation avec suffisamment de maîtrise pour réussir un bombardement très précis et pour ramener l'escadrille à la base. Il effectua plus de vingt-cinq missions offensives, totalisant plus de soixante-cinq heures de vol de guerre.

Il rencontra alors Joseph Kessel au ‘’Petit club français’’ de Londres.

À la fin de la guerre, par un décret du 20 novembre 1944, il fut nommé compagnon de la Libération. Il reçut aussi la croix de guerre 1939 / 1945 (deux citations), la médaille de la Résistance, la médaille des blessés, devint commandeur de la Légion d’honneur. L’épopée gaullienne, où il s’était montré si brave, lui avait donné le sentiment de s'incorporer enfin à l'histoire de France, d’être devenu « Français par le droit du sang versé ». Mais de Gaulle, s’il aimait bien ce vassal, ne le prit jamais au sérieux, l’éconduisit toujours. Trop louche, ce Gary? trop hâbleur?

Il épousa alors Lesley Blanch (1903-2007), une journaliste anglaise splendide et excentrique, de sept ans son aînée, une femme très libre, une aventurière à la tête brûlée qui, après une enfance londonienne cossue, n’aimait que la rébellion, l’excès, l’ailleurs. Elle aurait eu, dès l’âge de quatre ans, un véritable coup de foudre pour celui que, dans son livre (“Voyage au coeur de l’esprit” [2003]), elle appela «le voyageur», un séducteur au regard de malachite, aux épaules de guerrier mongol et à la douceur d’artiste. En conséquence, elle se voulut russe, n’aima son mari que dans la mesure où sa voix et sa slavité lui rappelaient celles de ce séducteur. Elle lui enseigna l'anglais grâce aux albums de Béatrix Potter et partagea son goût du désordre tout en lui tenant tête.


En 1945, après sa démobilisation, grâce à son gaullisme, Romain Gary entra dans la carrière diplomatique sans passer par la voie officielle et les concours, fut nommé secrétaire et conseiller d'ambassade à Sofia où il se rendit avec sa toute récente épouse.

Il publia un livre qu’il avait écrit pendant la guerre, entre deux missions :

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Éducation européenne

(1945)
Roman
En Pologne, en 1942, dans le maquis qui lutte contre les nazis, Janek, jeune garçon, connaît le froid et la faim, la trahison, la lutte et la mort. Mais la haine n'envahit pas son coeur : à travers Zosia, il apprend l'amour. L'étudiant Dobranski lui inculque le culte de la liberté. La grandeur de l'être humain lui apparaît à travers la simplicité de ses compagnons. Enfin, grâce à Augustus Schroder, l'officier allemand, il comprend ce qui, au-delà des dissensions, doit unir les peuples ennemis : la culture.
Commentaire
Les personnages, l'intrigue, le suspense, sont maîtrisés, mais la Pologne est plus rêvée que réelle. Romain Gary parvint à faire surgir l'horreur qui fut mondiale mais aussi, chose plus rare, l'incroyable espoir et le rire, à travers la lutte de tous les peuples de la planète pour conserver leur dignité. Pour lui, après la barbarie de la Seconde Guerre mondiale, restait la culture.

Ce premier livre, comparé à “Pour qui sonne le glas” d’Hemingway, a été considéré par André Malraux et par Jean-Paul Sartre comme le meilleur texte sur la Résistance. Il a obtenu le Prix des critiques, et a été traduit en vingt-sept langues.

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Tulipe

(1946)
Roman
Après la guerre, Tulipe, ancien déporté, vit à Harlem, dans un meublé sordide. Il a pour seuls amis un autre émigré, oncle Nat, de race imprécise, et la fille de ce dernier, Léni. Tulipe est le Blanc failli, qui avoue, proclame, mime sa capitulation. Il tente de s'arracher à tout ce qui fut et demeure pour lui sacré et se réfugie dans le cynisme.
Commentaire
Réaliste jusque dans la parodie, jonglant aussi bien avec les millénaires qu'avec toutes les bonnes paroles sempiternelles, ce roman né du monde nihiliste de 1945 où l'on venait de gagner une guerre dont l'atrocité même était une défaite n'a rien perdu de son actualité. Il y a une morale à cette satire de l'idéalisme par un idéaliste : c'est l'impossibilité de désespérer.

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En 1948, Romain Gary revint à Paris, étant nommé à l’administration centrale du ministère des Affaires étrangères, section Europe.

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Le grand vestiaire

(1948)
Roman
Dans la France de la Libération, où règnent la confusion dans le fonctionnement des différentes institutions et le doute sur la collaboration de certains Français avec l’ennemi, où toute prise de position idéologique peut valoir à son auteur une étiquette dont il aura du mal à se départir par la suite, où les rapports sociaux sont donc extrêmement tendus, se débat un jeune garçon d'une dizaine d'années dont le père, maquisard, a été tué par les Allemands à la veille de la Libération et qui a été recueilli par un traître à la Résistance, avec lequel il finit par sympathiser.
Commentaire
Le «grand vestaire», c'est cette humanité anonyme qui a abandonné le héros de l'ouvrage. Les personnages sont partagés entre leur désir d’échapper aux tourments de la société et l’obligation d’y vivre. Ce roman captivant fait souvent mal, mais il est généreux et empreint d’humour. Bien que Gary se soit défendu d’écrire des romans à saveur idéologique ou politique, le dilemme face auquel se trouvent les personnages suggère au contraire la présence d’éléments qu’il semble difficile d’interpréter autrement.

En 1979, Romain Gary en fit une adaptation théâtrale sous le titre “La bonne moitié”.

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En 1949, les Gary achetèrent une maison à Roquebrune-Cap-Martin, rue Pic, une tour de trois étages.

En décembre, il fut nommé premier secrétaire d’ambassade à Berne.

En 1952, il devint secrétaire à la délégation française auprès de l’Organisation des Nations-Unies à New-York.

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Les couleurs du jour

(1952)
Roman
Sur le fond du carnaval de Nice, des « clowns lyriques » (c'est ainsi que Gorki appelait les idéalistes « qui font leur numéro dans l'arène du cirque bourgeois ») tentent d'oublier un monde en proie aux conflits meurtriers et de se débarrasser en même temps de l'espoir irrépressible qui les torture. Tous ces tendres voient dans l'amour le seul refuge où un être humain peut abriter sa tête rêveuse.
Commentaire
Ce roman fut, en quelque sorte, un manifeste de la philosophie de Gary. On y lit :

- « L'humour aussi est un sentiment douloureux. »

- « On peut regretter toute sa vie, mais on ne se trompe jamais en amour. »

- « Il suffit d'être aimé de quelqu'un pour lui apporter toutes les conquêtes que l'on a tentées en vain et pour accomplir pleinement une oeuvre dont on n'a connu jusque-là que l'échec... »

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Lesley Blanch, elle-même romancière, publia en 1954 ‘’The wilder shores of love’’ qui rallia les critiques américains et britanniques. Romain Gary commenta dans :

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‘’
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