Cours sur la poésie. Numérisés par Fabienne





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Quelques cours sur la poésie.

Numérisés par Fabienne.

- Cours: L’objet singulier de la poésie.

- Synthèse: La poésie lyrique au XIIème et XVIIème siècle.

- Cours: Caractéristiques et singularités du langage poétique.

- Synthèse: Les grands rhétoriqueurs ou la poésie formelle.

- Dissertation et corrigé: sujet de Cocteau.

- Cours: L’évolution du lyrisme.

- Cours: La voix poétique et l’inspiration.

- Synthèse: La Pléiade et l’école lyonnaise.

- Cours: L’hermétisme en poésie.

- Dissertation et corrigé: sujet de Reverdy.

- Synthèse: François de Malherbe (1555 -1628).

- Cours: La connaissance poétique.

- Cours: Les fonctions de la poésie.

- Cours: Peinture et Poésie, Poésie et typographie, Le Blanc en poésie.

- Dissertation et corrigé: sujet de Hugo.

L’objet singulier de la poésie.


INTRODUCTION:
De quoi parlons-nous quand nous parlons de poésie?

Selon Mallarmé, il s’agit d’une ancienne et très vague mais jalouse pratique dont gît le sens au mystère du coeur. La poésie est donc à la fois mystérieuse et absolue.

La poésie est une réalité complexe, évolutive (cf. histoire littéraire), soumises aux jugements les plus divers.

Dans Le petit Robert, on ne peut que constater la polysémie du terme: au moins six acceptions différentes. Parmi celles-ci, une retient l’attention: “Art du langage visant à exprimer ou à suggérer par le rythme, l’harmonie et l’image”. Il s’agit donc d’un travail sur la matière verbale pour créer un tout esthétique, un travail de communication qui touche à l’invisible. C’est un langage singulier, indirect, différent de celui de la communication immédiate et utilitaire.

Il est difficile de parler de façon dogmatique de la poésie. De plus, certaines définitions égarent davantage qu’elles ne renseignent.

I) Revue des définitions de poètes et philosophes.
Aristote présente la poésie comme une Mimésis, cad une tentative pour reproduire l’essence même de la réalité. Sa théorie est dominante dans l’Antiquité, comme chez Horace ( “ut pictura poesis” ).

Platon dénonce la poésie comme activité vaine et dangereuse qu’il veut chasser de la cité idéale (République). Il lui reproche de créer des fantômes et non des réalités, de “ne voir les choses que d’après les mots”.

La figure du poète sera au cours des siècles très souvent dépréciée. Elle est à l fois humiliée et sacralisée. Dans Chatterton, De Vigny évoque le conflit entre créateur incompris et société matérialiste. On pense aussi à l’autodérision des poètes qui souvent se présentent comme des “arrangeurs de syllabes” (Racan), comme des saltimbanques, des pitres, des amuseurs (Mallarmé, Baudelaire, Verlaine) (cf. Portrait d’artiste en saltimbanque de Starobinski).

Voltaire, représentant de tout l’âge classique, en fait “l’ornement de la raison”, ou encore une “éloquence harmonieuse“. La poésie est alors une simple rhétorique, une versification, qui accroît la séduction du langage, mais qui ne diffère pas essentiellement de la prose.

Victor Hugo et De Vigny, à l’époque romantique, font de la poésie “l’étoile qui mène à Dieu rois et pasteurs” (Fonction du poète de Victor Hugo). La poésie devient métaphysique, “perle de la pensée” (De Vigny), langage condensé et précieux. C’est un langage spécifique qui livre un trésor. Le romantisme fait du poète un mage, un voyant, un prophète.

Rimbaud conçoit la poésie comme “une aventure de l’esprit qui conduirait à la vraie vie, la recherche passionnée des mots qui changeraient l’homme et le monde”. Pour Mallarmé, dans Crise de vers, la poésie est la seule tache spirituelle”, ayant pour fonction de douer d’authenticité notre séjour. La poésie devient pratique mystique, substitut de la religion.

Apollinaire dit que “le poète peut manier les paroles qui font et défont l’univers”. La poésie a un pouvoir de destruction et de construction, un effet sur la réalité. Pour Reverdy, “la poésie peut rétablir le lien entre nous et le réel absent”. Pour Neruda, “toute poésie est une insurrection”. Selon Heidegger, la poésie nous révèle “la topographie de l’Etre”.

II) Est-ce que le verbe poétique n’est qu’un exutoire plus ou moins dérisoire pour conjurer l’absence, oublier la mort, voiler le néant?
Ou est-ce que les mots du poète sont aptes à nous arracher durablement à la laideur, aux limites, à la finitude de notre condition?

Est-ce que les mots du poète peuvent nous remettre en possession d’un bien que nous aurions perdu? Est-ce qu’ils peuvent nous permettre de saisir quelque chose de l’Etre, de capter des parallèles d’éternité et de les insérer dans le langage, auquel cas elle est pour l’homme d’une utilité fondamentale?

A la fin du Nom de la Rose, Umberto Eco écrit ceci: “Stat rosa pristina nomine. Nomina nuda tenemus.” (LA rose ancienne ne reste que par son nom. Nous ne possédons que les mots nus.). Ces paroles expriment à la fois la fragilité de la poésie, et son pouvoir paradoxal de transcender le temps.

III) La poésie comme réalité universelle et éternelle.
Elle resurgit toujours, même dans des contextes inattendus.

Il existe un paradoxe au sein même de la poésie: universalité et permanence d’une activité apparemment gratuite.

La poésie est pratiquée par le psalmiste, l’aède, le barde, le griot, le chaman ou encore l’esprit rationaliste de notre siècle. Elle produit donc un envoûtement, parce qu’elle nous introduit à quelque chose d’essentiel. Il n’existe pas de civilisation, pas de peuple dépourvu de poésie. Elle semble répondre à un besoin vital de l’homme, qui persiste à la pratiquer dans des situations désespérées. Elle a donc une dimension ontologique, est une sensation de toucher à l’Etre (cf. poèmes dans les camps de concentration, cf. L’Ecriture ou la vie de Georges Semprun pp. 32-33). “Je ne vois pas de différence entre une poignée de main et un poème” (Paul Selan).

IV) La poésie a une histoire et une évolution animées d’un sens particulier.
La poésie comporte trois aspects essentiels: une liberté de plus en plus grande des termes et des formes qui fera s’imposer le vers libre et le poème en prose à la fin du XIXème siècle, pendant la période du symbolisme. Mallarmé dira que “la littérature subit ici une crise exquise, fondamentale”.

La spécificité du langage poétique, l’essence de la poésie émergent lentement. La poésie prend conscience d’elle-même, de son autonomie, de ses pouvoirs. Elle renonce à tout ce qui n’est pas spécifiquement poétique: le discours, la narration, l’effusion lyrique, l’esthétique de la représentation et de l’ornementation. Elle va donc essayer de cerner le noyau irréductible qui la constitue. “Je dis une fleur et musicalement s’élève, absente et suave, l’absente de tout bouquet” (Mallarmé).

La poésie veut aussi trouver un langage plus proche de la pureté et de la puissance originelle que le langage commun. “Les langues imparfaites en cela que plusieurs, manque la suprême” (les langues sont multiples, il faudra trouver celle qui suffirait). “Le vers [...] rémunère le défaut des langues, complément supérieur”.

V) Trois éléments fondamentaux: texte, acte et expérience intérieure.
Un texte.

Aux origines, la poésie était chantée. “L’art qui emploie la parole” (Hegel). L’art qui travaille, qui cisèle, qui organise la parole pour en extraire la beauté. Elle est un type particulier d’écriture fondé sur les effets de rythme, de sonorité, de symétrie, d’opposition, sur des figures privilégiées comme la métaphore. Le poème est un objet verbal, ou un être de langage, qu’un certain nombre de particularités distingue d’un usage prosaïque de la langue.

Selon Mallarmé, il fallait distinguer un double état de la langue: “brut ou immédiat ici, là essentiel”. Le premier meurt après avoir servi, le second gratuit mais possédant un pouvoir, un langage esthétique.

Dans la fonction poétique du langage, l’accent est mis sur le signifiant plus que sur le signifié, sur la substance des mots plus que sur le côté conceptuel. Pour Sartre, “le poète est celui qui refuse d’utiliser le langage”. Il refuse de réduire le langage à son aspect pratique. Le poète “s’arrête aux mots comme le peintre fait aux couleurs, le musicien aux sons” (Qu’est-ce que la littérature). Collaboration indissociable du son et du sens produisent un effet sur le lecteur.

Daniel Delas reprend le vers de Phèdre “Arianne, ma soeur [...]”, en faisant remarquer qu’en reformulant la phrase, on n'obtient pas du tout la même chose. Le message poétique perd sa dimension purement utilitaire pour exister par lui-même, et acquiert ainsi le pouvoir de durer et de ressusciter sans cesse, comme le phénix.

Dans un texte poétique, les mots ne sont pas choisis pour leur valeur, mais pour leur action les uns sur les autres, pour “leur scintillement réciproque” (Mallarmé). C’est pourquoi ce dernier a pu parler de “la disparition élocutoire du poète, qui cède l’initiative aux mots”.

Le langage poétique n’a pas la transparence du langage de communication immédiate. Le langage poétique est intransitif. Il intéresse en lui-même, et non seulement pour le sens qu’il peut transmettre. Mais l'ambiguïté du texte poétique est source de richesse, de renouvellement du texte. Il offre au lecteur une énigme, et la possibilité de participer à la création du sens, et à la résurrection perpétuelle du texte.

Ce qui caractérise le texte poétique, c’est qu’il peut suppléer à l’impuissance et aux limites du texte ordinaire. Il peut jaillir lorsque la prose expérimente son insuffisance. Le texte poétique possède une sorte de vocation à l'indicible. (cf. écrits de Gérard Pfisier, poète contemporain)
Un acte.

L’acte de création poétique renvoie à l’étymologie du mot poésie: du grec “poiein”, faire, produire, fabriquer. La poésie en grec peut aussi bien désigner tout objet manufacturé qu’un ouvrage de l’esprit. Donc, le poète est un artisan qui possède une technique et qui se livre à un travail (conception humble et humaine du poète). L’étymologie renvoie aussi à l’acte par excellence, c’est-à-dire une sorte de reflet, de mimétisme du geste créateur; comme le démiurge, le poète appelle un monde à l’existence, il ordonne le chaos, et lui confère beauté et harmonie. Si la poésie est un acte créateur, elle peut agir sur le monde ou sur la représentation que nous en avons. (cf. théories sur la poésie engagée, ou certaines déclarations de poètes qui soulignent l’importance de la parole). Victor Hugo dans Les Châtiments, dans “Stella” écrit que “la poésie ardente appelle l’ange Liberté et le géant Lumière, elle leur ouvre le chemin”. Rimbaud, dans la “Lettre du Voyant”, dit que “la poésie ne rythmera plus l’action, elle sera en avant”. Saint Pol Roux écrit que “le poète continue Dieu”, “corrige Dieu”.
Un état, une expérience intérieure, partagée par l’auteur et le lecteur.

L’acte poétique est un “faire” qui a pour but un accroissement d’ “être”.

Cet état implique le sens du mystère, l’attention au quotidien où rien n’est insignifiant, la perception de la profondeur des choses, ou “l’autre vision d’une autre dimension de la réalité” (Jaccotet), une autre dimension que Bonnefoy appelle “l’arrière-pays“, un lieu d’essence plus haute. La poésie permet l’accès de l’intérieur à un autre monde d’expérience.

Il s’agit donc de traduire, de transmettre, de susciter un état, qui accroît en nous la sensation d’être. Cet état apprend la présence au monde, la conscience du mystère, tant de choses innées chez l’enfant, que la vie et ses exigences ont tendance à faire régresser. Il permet donc de raviver des choses essentielles. La poésie a pour but suprême de nous donner accès, de l’intérieur, à un autre mode d’existence. Par la poésie, rien de matériel ne sera changé, ni dans notre vie, ni dans notre monde (bien que la poésie engagée soit un cas à part), mais tout sera intérieurement transformé et vécu de façon différente (cf. “Et un sourire” de Paul Eluard).

Il peut arriver que devant un objet, même le plus insignifiant, le regard du poète puisse apercevoir une étrange profondeur, fugitive et évanescente; l’objet devient signe du mystère, de l’intemporel, du prodige de ce qui est, du miracle de l’être. C’est pourquoi le surréalisme a pu dire que “l’aventure est au coin de la rue”.

La poésie est “une façon particulière d’habiter le monde” (cf. Habiter en poète de J.C. Pinson). “La poésie est d’abord mode de vie, de vie intégrale, la poésie est une science de l’être. Toute poésie est une ontologie” (St John Perse).

CONCLUSION:
Dans notre société, qui privilégie une approche déductive et analytique, la poésie apporte une vision intuitive et unifiante. Au pragmatisme et à l’utilitarisme, elle rappelle que l’homme vit aussi par ses rêves. “Le rêve est une seconde vie” (Nerval). Vie sans doute plus profonde et plus révélatrice que la vie diurne.

La poésie nous incite plus à la contemplation du monde qu’à son analyse, et à le vivre plus qu’à le connaître. Georges Perros a mélangé poésie et éthique en “poéthique”.

Le lecteur est aussi amené à vivre cet état poétique. “La poésie doit être faite par tous et pour tous” (Lautréamont). “Le poète n’est pas celui qui est inspiré, mais celui qui inspire” (Eluard).

La poésie, l’état de poésie n’entraînent pas forcément de production écrite, mais plutôt une pénétration de la profondeur de l'existence. Si la vraie vie risque toujours d’être absente, la vie creuse en nous l’imaginaire, car elle ne touche pas seulement à l’intellect, mais aussi à l’affectif. Même l’homme le plus misérable a toujours besoin de poésie (cf. poésies populaires, comme le negro spiritual).

La poésie est une sorte de respiration spirituelle.


Synthèse:
La poésie lyrique au XIIème et XIIIème siècle.

Origines.

Poésie de langue occitane (qui gagnera le nord) aux origines mal connues (arabes? cathares? La question est très controversée).

Poésie lyrique au sens plein du terme puisque la création littéraire était inséparable de la composition musicale. Association étroite du verbe et de la mélodie. Exemple particulièrement frappant des rapports poésie/musique.

Poésie aristocratique et raffinée dans ses termes et ses formes puisqu’elle se développe dans une cour royale ou seigneuriale (courtoisie, amour courtois, ou Fin’amor (cf. Denis de Rougemont))

Noms significatifs: Guillaume IX d’Aquitaine, Jaufré Rudel prince de Blaye (amour de loin, absence comme stimulant du désir et de la parole poétique), Bertrand de Boron, Conon de Béthune, Thibault de Champagne. (deux derniers = trouvères).
Thèmes et valeurs.

Exaltation de l’amour, valeur absolue qui transfigure la vie.

Sacralisation de la femme qui trouvera une suite chez Dante, Pétrarque, La Pléiade, le romantisme et le Surréalisme.

Amour adultère qui s’attache à une femme mariée de condition supérieure, amour qui s’apparente au service féodal, aventure à la fois de transgression et de soumission ou à une ascèse des sens et de l’esprit.

Loi du secret (le “senhal”: nom secret).

Les valeurs: la mesura (patience, humilité), la largueza (générosité), la joi.
Caractéristiques fondamentales.

- Trobar (mot issu du latin tropare: composer des tropes, des figures et des airs de musique.)

trobar leu ou plan = composition simple.

trobar clus = composition fermée ou hermétique.

trobar ric = composition riche (perfection formelle)

Importance de la technique, de la forme, de l’ingéniosité. Recherches dans la structure des strophes, la combinaison de vers, naissance de la rime. Tendance au formalisme, à la subtilité conceptuelle et verbale.
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