L’ordre de la narration





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titreL’ordre de la narration
date de publication08.11.2019
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Exercices facultatifs sur points d’analyse de la narration



Choisissez le(s) point(s) sur le(s)quel(s) vous souhaitez vous entraîner. Procédez ainsi :

  • Lisez le rappel de leçon

  • Faites l’exercice

  • Corrigez-vous à l’aide du corrigé et analysez vos erreurs



Table des matières


L’ordre de la narration 2

Rappel de cours 2

Exercice 2

Corrigé 2

Le rythme de la narration 4

Rappel de cours 4

Exercice 4

Corrigé 5

Le statut du narrateur 7

Rappel de cours 7

Exercice 7

Corrigé 9

L’ordre de la narration



Rappel de cours



L’ordre concerne les rapports entre l’enchaînement chronologique des événements présentés et l’ordre dans lequel ils sont racontés :

- récit linéaire  = raconter les événements dans l’ordre chronologique.

- récit discordant :

  • prolepse = raconter ou évoquer à l’avance un événement ultérieur (ANTICIPATION)

  • analepse = raconter ou évoquer après coup un événement antérieur (RETROSPECTION, RETOUR EN ARRIERE).



Exercice



TEXTE

Jérôme avait vingt-quatre ans. Sylvie en avait vingt-deux. Ils étaient tous deux psychosociologues. Ce travail, qui n’était pas exactement un métier, ni même une profession, consistait à interviewer des gens, selon diverses techniques, sur des sujets variés. C’était un travail difficile, qui exigeait, pour le moins, une forte concentration nerveuse, mais ne manquait pas d’intérêt, était relativement bien payé, et leur laissait un temps libre appréciable.

Comme presque tous leurs collègues, Jérôme et Sylvie étaient devenus psychosociologues par nécessité, non par choix. […] L’histoire, là encore, avait choisi pour eux. Ils auraient aimé, certes, comme tout le monde, se consacrer à quelque chose, sentir en eux un besoin puissant, qu’ils auraient appelé vocation, une ambition qui les aurait soulevés. Hélas, ils n’en connaissaient qu’une : celle du mieux vivre, et elle les épuisait. Etudiants, la perspective d’une pauvre licence, d’un poste à Nogent-sur-Seine, à Château-Thierry ou à Etampes, et d’un salaire petit, les épouvanta au point qu’à peine se furent-ils rencontrés –Jérôme avait alors vingt et un ans, Sylvie dix-neuf- ils abandonnèrent, sans presque avoir besoin de se concerter, des études qu’ils n’avaient jamais vraiment commencées. Le désir de savoir ne les dévorait pas ; beaucoup plus humblement, et sans se dissimuler qu’ils avaient sans doute tort, et que, tôt ou tard, viendrait le jour où ils le regretteraient, ils ressentaient le besoin d’une chambre un peu plus grande, d’eau courante, d’une douche, de repas plus variés, ou simplement plus copieux que ceux des restaurants universitaires, d’une voiture peut-être, de disques, de vacances, de vêtements.

Georges Perec, Les Choses (chp.3)


  1. Le narrateur raconte-t-il les différents épisodes de la vie du couple selon l’ordre chronologique normal ? Pourquoi ?

  2. Relevez dans le texte un retour en arrière. Quel est l’intérêt d’évoquer ce moment ?

  3. Relevez dans l’extrait une anticipation. Quels sont le temps et le mode employés ? Pourquoi ? Quel est son intérêt ?



Corrigé





  1. Le narrateur raconte-t-il les différents épisodes de la vie du couple selon l’ordre chronologique normal ? Pourquoi ?

Non, il ne suit pas l’ordre chronologique normal. On passe du présent du couple au passé du couple. Il souhaite sans doute nous donner un portrait du couple très précis, le passé expliquant souvent le présent.

  1. Relevez dans le texte un retour en arrière. Quel est l’intérêt d’évoquer ce moment ?

Le retour en arrière se situe au moment où le narrateur aborde le statut d’étudiant du couple. Il est facilement repérable, dans la mesure où on connaît leur âge au début, et on évoque leur rencontre dans le milieu estudiantin.

L’intérêt est de nous permettre de mieux connaître le couple et ses motivations, d’éclairer leur manière d’agir présente.

  1. Relevez dans l’extrait une anticipation. Quels sont le temps et le mode employés ? Pourquoi ? Quel est son intérêt ?

Il y a une courte anticipation, dans laquelle la voix du narrateur se mêle à la pensée du couple : « tôt ou tard viendrait le jour où ils le regretteraient ». Il s’agit du conditionnel présent, qui montre une projection incertaine dans l’avenir. L’intérêt est de ménager le suspense, de faire imaginer aux lecteurs la chute prévisible du couple.

Le rythme de la narration




Rappel de cours



Le rythme de la narration naît du rapport entre la durée de l’histoire et la durée de la narration, celle-ci se définissant par la longueur du texte consacré à tel ou tel épisode. Les variations de rythme sont :


  • la pause/le ralentissement : le récit s’arrête sur une action particulière pour la détailler longuement ou laisse place à des descriptions, des réflexions générales.

  • l’ellipse : c’est l’omission par la narration de toute une période de l’histoire.

  • le sommaire : condense une longue période en une phrase ou quelques lignes.

  • la scène : c’est lorsque les deux temps se rejoignent ; ce sont les monologues, les dialogues…


Attention ! Ne confondez pas la durée de l’histoire et la durée de la narration !

  • Durée de l’histoire : une action peut être courte (ex. : un homme ouvre les yeux pour se réveiller  quelques secondes)

  • Durée de la narration : la narration peut prendre beaucoup de temps pour raconter cette action (pensées de l’homme qui se réveille, description de la pièce dans laquelle il se réveille  plusieurs pages !)

Exemple : incipit de Du côté de chez Swann de Marcel Proust (voir Drive, fichier « "Longtemps, je me suis couché de bonne heure"... »).

Exercice



Relevez un exemple de chaque cadence narrative.
Guy de Maupassant, extraits de La petite Roque
1- Le piéton Médéric Rompel, que les gens du pays appelaient familièrement Médéri, partit à l'heure ordinaire de la maison de la poste de Rouy-le-Tors. Ayant traversé la petite ville de son grand pas d'ancien troupier, il coupa d'abord les prairies de Villaumes pour gagner le bois de la Brindille, qui le conduisait, en suivant l'eau, au village de Carvelin, où commençait sa distribution.
2- Il allait vite, le long de l'étroite rivière qui moussait, grognait, bouillonnait et filait dans son lit d'herbes, sous une voûte de saules. Les grosses pierres, arrêtant le cours, avaient autour d'elle un bourrelet d'eau, une sorte de cravate terminée en nœud d'écume. Par places, c'étaient des cascades d'un pied, souvent invisibles qui faisaient sous les feuilles, sous les lianes, sous un toit de verdure, un gros bruit colère et doux; puis, plus loin, les berges s'élargissant, on rencontrait un petit lac paisible où nageaient des truites parmi cette chevelure verte qui ondoie au fond des ruisseaux calmes.
3- Médéric allait toujours, sans rien voir, et ne songeant qu'à ceci: "Ma première lettre est pour la maison Poivron, puis j'en ai une pour M. Renardet; il faut donc que je traverse la futaie".
4- Donc, il franchit la Brindille sur un pont fait d'un seul arbre, jeté d'un bord à l'autre, ayant pour unique rampe une corde portée par deux piquets enfoncés dans les berges.
5- La futaie, appartenant à M. Renardet, maire de Carvelin, et le plus gros propriétaire du lieu, était une sorte de bois d'arbres antiques, énormes, droits comme des colonnes, et s'étendant, sur une demi-lieue de longueur, sur la rive gauche du ruisseau qui servait de limite à cette immense voûte de feuillage. Le long de l'eau, de grands arbustes avaient poussé, chauffés par le soleil, mais sous la futaie, on ne trouvait que de la mousse épaisse, douce et molle, qui répandait dans l'air stagnant une odeur légère de moisi et de branches mortes.
6- Médéri ralentit le pas, ôta son képi noir orné d'un galon rouge et s'essuya le front, car il faisait chaud dans les prairies, bien qu'il ne fût pas encore huit heures du matin.
7- Il venait de se recouvrir et de reprendre son pas accéléré quand il aperçut, au pied d'un arbre, un couteau, un petit couteau d'enfant. Comme il le ramassait, il découvrit encore un dé à coudre, puis un étui à aiguilles deux pas plus loin.
8- Ayant pris ces objets, il pensa: "Je vais les confier à M. le maire"; et il se remit en route; mais il ouvrait l'œil à présent, s'attendant toujours à trouver quelque chose. Soudain, il s'arrêta net, comme s'il se fut heurté contre une barre de bois; car, à dix mètres devant lui, gisait, étendu sur le sol, un corps d'enfant, tout nu, sur la mousse. C'était une petite fille d'une douzaine d'années.

Corrigé



1- Le piéton Médéric Rompel, que les gens du pays appelaient familièrement Médéri, partit à l'heure ordinaire de la maison de la poste de Rouy-le-Tors. Ayant traversé la petite ville de son grand pas d'ancien troupier, il coupa d'abord les prairies de Villaumes pour gagner le bois de la Brindille, qui le conduisait, en suivant l'eau, au village de Carvelin, où commençait sa distribution.
2- Il allait vite, le long de l'étroite rivière qui moussait, grognait, bouillonnait et filait dans son lit d'herbes, sous une voûte de saules. Les grosses pierres, arrêtant le cours, avaient autour d'elle un bourrelet d'eau, une sorte de cravate terminée en nœud d'écume. Par places, c'étaient des cascades d'un pied, souvent invisibles qui faisaient sous les feuilles, sous les lianes, sous un toit de verdure, un gros bruit colère et doux; puis, plus loin, les berges s'élargissant, on rencontrait un petit lac paisible où nageaient des truites parmi cette chevelure verte qui ondoie au fond des ruisseaux calmes.
3- Médéric allait toujours, sans rien voir, et ne songeant qu'à ceci: "Ma première lettre est pour la maison Poivron, puis j'en ai une pour M. Renardet; il faut donc que je traverse la futaie".
4- Donc, il franchit la Brindille sur un pont fait d'un seul arbre, jeté d'un bord à l'autre, ayant pour unique rampe une corde portée par deux piquets enfoncés dans les berges.
5- La futaie, appartenant à M. Renardet, maire de Carvelin, et le plus gros propriétaire du lieu, était une sorte de bois d'arbres antiques, énormes, droits comme des colonnes, et s'étendant, sur une demi-lieue de longueur, sur la rive gauche du ruisseau qui servait de limite à cette immense voûte de feuillage. Le long de l'eau, de grands arbustes avaient poussé, chauffés par le soleil, mais sous la futaie, on ne trouvait que de la mousse épaisse, douce et molle, qui répandait dans l'air stagnant une odeur légère de moisi et de branches mortes.
6- Médéri ralentit le pas, ôta son képi noir orné d'un galon rouge et s'essuya le front, car il faisait chaud dans les prairies, bien qu'il ne fût pas encore huit heures du matin.
7- Il venait de se recouvrir et de reprendre son pas accéléré quand il aperçut, au pied d'un arbre, un couteau, un petit couteau d'enfant. Comme il le ramassait, il découvrit encore un dé à coudre, puis un étui à aiguilles deux pas plus loin.
8- Ayant pris ces objets, il pensa: "Je vais les confier à M. le maire"; et il se remit en route; mais il ouvrait l'œil à présent, s'attendant toujours à trouver quelque chose. Soudain, il s'arrêta net, comme s'il se fut heurté contre une barre de bois; car, à dix mètres devant lui, gisait, étendu sur le sol, un corps d'enfant, tout nu, sur la mousse. C'était une petite fille d'une douzaine d'années.

Le statut du narrateur



Rappel de cours



C’est le point de vue selon lequel l’histoire est racontée. Il faut distinguer auteur (écrivain) et narrateur (être fictif qui raconte l’histoire).

Il existe trois catégories de focalisation :


  • Narrateur omniscient : le narrateur omniscient voit tout, sait tout. Il connaît les tenants et les aboutissants de l’histoire, il a accès à la psychologie de tous les personnages et peut se déplacer à sa guise dans l’espace et dans le temps de l’histoire.

  • Narrateur interne : le narrateur se glisse dans la conscience d’un personnage précis, dont il adopte la vision subjective. Le narrateur ne dit que ce que sait le personnage.

  • Narrateur externe : le narrateur, extérieur à l’histoire, est en position de témoin neutre. Telle une caméra, il n’a pas accès à la conscience des personnages.



Exercice



Indiquez le point de vue adopté par le narrateur
Texte 1

En 1809, Mme Descoings, qui ne disait point son âge, avait soixante-cinq ans. Nommée dans son temps la belle épicière, elle était une de ces femmes si rares que le temps respecte, et devait à une excellente constitution le privilège de garder une beauté qui néanmoins ne soutenait pas un examen sérieux.

Honoré de Balzac, La Rabouilleuse.

Texte 2

A l’époque où commence ce récit , c’est à dire en 1756, j’avais quatorze ans. J’étais un robuste et jeune Léonard plutôt trapu et rouquin quant à la couleur des cheveux. J’aimais à marauder dans les champs et quand mon père me cherchait, la couleur de mes cheveux révélait ma présence.

A Kerninon, la vie était sauvage, quelquefois féroce. La plupart des hommes vivaient de la pêche ou pillaient les épaves. J’ai couché bien des nuits en mer sous la grand-voile repliée en forme de tente. Je m’endormais bercé par la haute musique de la mer bretonne. Certaines nuits cela miaulait si fort que mon père prêtait l’oreille : « Ecoute, écoute, Louis-Marie, Ecoute-les. Ils se plaignent, ils gémissent. Ils veulent quelque chose, mais quoi ? ».

Pierre Mac Orlan, Les Clients du bon chien jaune.

Texte 3

Deux hommes parurent.

L’un venait de la bastille, l’autre du Jardin des Plantes. Le plus grand, vêtu de toile, marchait le chapeau en arrière, le gilet déboutonné, et sa cravate à la main. Le plus petit, dont le corps disparaissait dans une redingote marron, baissait la tête sous une casquette à visière pointue.

Quand ils furent arrivés au milieu du boulevard, ils s’assirent, en même temps, sur le banc.

Gustave Flaubert, Bouvard et Pécuchet.

Texte 4

Quant à D’Artagnan, il se trouva lancé contre Jussac lui même. Le cœur du jeune gascon battait à lui briser la poitrine, non pas de peur, Dieu merci ! l n’en avait pas l’ombre, mais d’émulation ; il se battait comme un tigre en fureur, tournant dix fois autour de son adversaire, changeant vingt fois ses gardes et son terrain. Jussac était, comme on le disait alors, friand de la lame, et avait fort pratiqué…

Alexandre Dumas, Les Trois Mousquetaires.
Texte 5

Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant en plein air et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte ; puis, il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.

Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. Il avait à droite une palissade, […], tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté d’une vision de village, aux toitures basses et uniformes.

Emile Zola, Germinal.

Texte 6

  • Veux-tu lire ce qu’il y a d’écrit au dessus de ta partition ? demanda la dame.

  • Moderato cantabile, dit l’enfant.

La dame ponctua cette réponse d’un coup de crayon sur le clavier. L’enfant resta immobile, la tête tournée vers sa partition.

  • Et qu’est-ce que ça veut dire, moderato cantabile ?

  • Je sais pas.

Une femme, assise à trois mètres de là, soupira.

Marguerite Duras, Moderato cantabile.
Texte 7

C’est le 15 juin 1767 que Côme Laverse du Rondeau, mon frère, s’assit au milieu de nous pour la dernière fois. Je m’en souviens comme si c’était hier. Nous étions dans la salle à manger de notre villa d’Ombreuse. Il était midi ; c’est à cette heure-là que notre famille, obéissant à une vieille tradition, se mettait à table.

Italo Calvino, Le Baron perché
Texte 8

Quand Gervaise s’éveilla, vers cinq heures, raidie, les reins brisés, elle éclata en sanglots. Lantier n’était pas rentré. Pour la première fois, il découchait. Elle resta assise au bord du lit, sous le lambeau de perse déteinte qui tombait du plafond, attachée par une ficelle.

Emile Zola, L’Assommoir

Texte 9

Et Ulrich la sentait là, tout près, derrière le mur, derrière la porte qu’il venait de refermer. Elle rôdait, comme un oiseau de nuit qui frôle de ses plumes une fenêtre éclairée ; et le jeune homme éperdu était prêt à hurler d’horreur. Il voulait s’enfuir et n’osait point sortir.

Guy de Maupassant, L’Auberge


Texte 10

A deux heures, je suis allé à l’Assemblée. A ma sortie, une foule immense m’attendait sur la grande place. Les gardes nationaux qui faisaient la haie ont ôté leurs képis, et tout le peuple a crié : « Vive Victor Hugo ! » j’ai répondu : « Vive la République ! Vive la France ! » Puis cela a recommencé. Ils m’ont recommencé l’ovation de mon arrivée à Paris.

Victor Hugo, Chose vues
Texte 11

Holmes et Watson attendaient patiemment. Comme à leur habitude, ils espéraient que cela ne durerait pas trop longtemps et que le bruit se ferait bientôt réentendre.

Conan Doyle, L’homme à la lèvre tordue

Texte 12

Maintenant, je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante idée m’obsède. Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : je suis condamné à mort !

Victor Hugo, Le dernier jour d’un condamné

Texte 13

Jean Valjean prit la grande rue. Il marchait devant lui, au hasard, rasant de près les murs, humilié et triste. Il ne se retourna pas une seule fois.[…]. Il ne vit rien. Il savait que le mauvais sort le suivait. La belle hôtellerie n’était pas pour lui. Il cherchait seulement quelque cabaret bien humble, quelque bouge bien pauvre.

Victor Hugo, Les Misérables

Texte 14

Tout au bout de la table, quatre gars, des voisins, préparaient des farces aux mariés qu’ils

connaissaient de longue date. Ils semblaient en tenir une bonne, tant ils trépignaient en chuchotant.

Mais personne ne s’étonnait car ils étaient saouls chaque soir ou presque.

Guy de Maupassant, Farce normande

Texte 15

Hermann est devenu fou. Il est à l'hôpital Oboukov, au numéro 17, ne répond à aucune question et marmotte très rapidement : " Trois, sept, as ! Trois, sept, dame ! "

Lisavéta Ivanovna a épousé un jeune homme très aimable. Il est fonctionnaire et possède une assez jolie fortune; c'est le fils de l'ancien intendant de la vieille comtesse.

Alexandre Pouchkine, La Dame de pique


Corrigé





  1. Omniscient : on connaît le passé du personnage mais le narrateur ne nous fait pas partager la subjectivité du personnage

  2. Interne : première personne

  3. Externe : la scène est perçue comme un témoin neutre la verrait dans la rue

  4. Omniscient : le narrateur peut adopter le point de vue d’un personnage (D’Artagnan : « Le cœur du jeune gascon battait à lui briser la poitrine ») mais aussi connaître le passé d’un autre (« Jussac était, comme on le disait alors, friand de la lame, et avait fort pratiqué »), que ne connaît pas forcément D’Artagnan.

  5. Interne : le narrateur adopte les pensées, les hésitations, la perception du personnage (voir notamment les verbes).

  6. Externe : la scène est perçue comme un témoin neutre la verrait

  7. Interne : première personne

  8. Interne : les sentiments du personnage nous sont partagés et le récit adopte, dans ses choix, les éléments importants pour le personnage (le retour en arrière « Lantier n’était pas rentré »)

  9. Interne : on voit la scène à travers les sentiments du personnage, qui influencent même le choix de la comparaison utilisée par le narrateur (« comme un oiseau de nuit qui frôle de ses plumes une fenêtre éclairée »)

  10. Interne : première personne

  11. Omniscient : « comme à leur habitude » indique que le narrateur connaît le rythme de vie des deux personnages. Comme il s’agit de deux personnages, ce ne peut être un point de vue interne (réservé à un seul personnage).

  12. Interne : première personne

  13. Interne : les verbes de perception et de sentiment nous font partager la subjectivité du personnage. L’action s’organise bien autour de son intention : « Il cherchait seulement quelque cabaret bien humble ».

  14. Omniscient : le narrateur connaît le passé des personnages (« qu’ils connaissaient de longue date ») et leurs habitudes (« ils étaient saouls chaque soir ou presque »). Comme il s’agit de deux personnages, ce ne peut être un point de vue interne (réservé à un seul personnage).

  15. Omniscient : le narrateur connaît l’histoire de deux personnages. Comme il s’agit de deux personnages, ce ne peut être un point de vue interne (réservé à un seul personnage).

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