La poésie d’Ariane Dreyfus : ce geste infiniment doux d’accueillir





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date de publication09.11.2016
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La poésie d’Ariane Dreyfus : ce geste infiniment doux d’accueillir.

Le dernier recueil d’Ariane Dreyfus dont rend compte Antoine Emaz ne saurait être séparé, à mon sens, des précédents livres de poésie de l’auteur, car, chez Ariane Dreyfus, c’est une parole poétique une et indivisible qui s’offre à nous - son unicité est d’un seul élan, d’une seule belle vitesse, une seule cohérence - bien que fragmentée en poèmes, au fil des recueils. Ainsi, je continue ici, à ma façon, le geste critique précis et englobant d’Antoine Emaz.

De même que la poésie d’Ariane Dreyfus est accueil (totalement), elle nous invite à accueillir son œuvre entière comme s’il s’agissait d’une seule parole. Une seule parole qui nous rappelle combien l’écriture est chez l’auteur affaire de vie, prolongement de vie mais aussi expression d’une vie plus intensément vécue, comme si l’écriture permettait d’être soi-même sans aucun obstacle, sans aucun faire-valoir, comme si l’écriture était la façon qu’avait le visage de se déshabiller de toute possibilité de pose, et de paraître dans une nudité originelle, nudité qui nous est confiée dans un chuchotement, nudité cristallisée en poèmes, et qui nous renseigne autant sur notre être même que sur celui de l’auteur. Ariane Dreyfus suggère elle-même cette idée dans les entretiens qu’elle a donnés à Poezibao, et qu’il s’agit de relire, tant ils sont expressifs quant à l’écriture poétique, son mûrissement, sa cristallisation:

Nudité qui nous renseigne sur notre être même et sur la façon dont nous pouvons nous tenir dans la joie de vivre, en étant présent, intensément présent face à l’autre. Ainsi, par exemple, Ariane Dreyfus permet-elle à une émotion (très forte) ressentie lors de spectacles de danse, de cirque, ou lors de projections cinématographiques, une émotion suscitée par la grâce de l’altérité, de se continuer dans un poème, de se continuer plus encore que de se prolonger, car elle acquiert une seconde vie par le biais de l’écriture. Afin de montrer toute la cohérence de cette parole, et la résonance, durable et précise, qu’elle peut avoir dans nos vies, j’ai tenté de la reconstituer dans une possible linéarité, mettant en lumière certains vers en les faisant jouer les uns avec les autres - j’ai ainsi choisi quelques recueils qui me semblent extrêmement révélateurs d’un parcours - en donnant, ponctuellement, la parole à des auteurs qui lui sont proches, et qui ont pu, à un moment ou à un autre de sa vie qui est toute entière poésie, aimanter son écriture.

L’impression de solitude est immense, car lorsque l’on nait, lorsque l’on arrive quelque part, lorsque l’on commence quelque chose, tout est déjà commencé, rien ne commence avec soi qui commence. Mais il est possible de renverser cette impression originelle de terreur en considérant « que [l]’important me paraît possible parce que je crois que c’est commencé. » (Les miettes de décembre) L’important est possible à chaque moment, il est à vivre, non, à reconnaître, et c’est pourquoi il nous faut être dans une disposition à nous-mêmes pacifiée, heureusement pacifiée afin que l’on puisse accorder de l’importance, de l’intérêt au monde, un intérêt qui ne soit pas vicié dans sa forme par l’amertume, le ressentiment, la souffrance, le dégoût que l’on peut nourrir au-dedans de soi. « Aucune maladresse ne causera mon malheur » (La terre voudrait recommencer)

Aussi, l’amour de soi est important, c’est-à-dire l’amour donné à soi comme si soi était un autre, c’est-à-dire comme si soi méritait autant d’attention, autant de présence, autant de tendresse que l’autre, quand il est aimé : « [e]n attendant, / Le soir je me prends la main. » (La bouche de quelqu’un) En s’aimant, il s’agit d’abord, tout simplement (mais ce n’est pas simple), de « [n]e pas avoir froid de soi. » (L’Inhabitable) C’est seulement quand l’attention donnée à soi nous permet d’exister dans une tendresse réconciliée avec notre unicité qui bien souvent peut sembler à nous-mêmes bancale dans l’apparaître de notre être, que l’on peut alors porter son regard sur les choses qui sont arrivées (il s’agit de « [f]aire attention aux choses arrivées » (Iris, c’est votre bleu), mais aussi que l’on peut être celui « [q]ui voit les choses » qui ne sont pas arrivées mais qui, de ce fait, arrivent, par notre regard, en somme que l’on peut être celui qui « voit les choses à regarder. » (La terre voudrait recommencer) Et toutes les choses ont besoin de notre regard pour arriver, il n’est pas possible de faire un tri fondé sur une appréciation subjective de leur valeur supposée. Aussi les choses sont-elles toutes à regarder. Il ne s’agit pas d’accorder une attention soutenue (car regarder suggère vraiment l’intentionnalité de tout l’être) à « la plus jolie chose » (Georges Schehadé) mais à toutes choses. Lesquelles sont, bien entendu, innombrables. « La terre est comme un collier ouvert / Voilà ce qui restera » (La terre voudrait recommencer)

C’est à nous ensuite d’ouvrir la main puis de la refermer, pour saisir ce qui, face à nous, attend d’être saisi pour que sa beauté soit pesée, humainement pesée. « Les mains ouvertes, les mains refermées, / Les mains lâchant, les mains rattrapant » (La terre voudrait recommencer) Il s’agit bien de saisir, mais sans aucune violence, sans aucun sentiment de possessivité, en ayant en soi la certitude qu’en saisissant rien ne sera jamais saisi, tout au plus les choses seront-elles rapprochées de soi, et soi des choses. Il est important de rapprocher les choses de soi pour rapprocher de notre intériorité leur douceur : « J’ai coupé une rose pour la rapprocher de moi » (La terre voudrait recommencer) En effet, toutes ces choses se tiennent, face à nous, dans une douceur proche, nous donnent cette douceur à ressentir, à prendre avec notre intériorité, comme si notre intériorité était main tendue. En prenant en amour - car il ne s’agit pas seulement de prendre en considération - leur nouveauté qui est toujours de l’ordre de l’invu, de l’insu, leur nouveauté en somme toujours nouvelle, on rejoint, sans cesse, « la stupeur de vivre » (Iris, c’est votre bleu) Et même quand ces choses peuvent sembler immobiles, elles ne le sont pas. « Chaque jour de nouvelles noisettes tombent. (…) Les noisettes ne sont données par personne, / C’est aussi une douceur pas si lointaine. » (La bouche de quelqu’un) Pour qui sait regarder, les choses sont toujours en mouvement, le mouvement étant une déchirure dans le paysage, mais une déchirure en douceur. « Parfois une déchirure se fait avec douceur car je passe devant un chat. » (La terre voudrait recommencer) Les choses nous invitent à rejoindre leur mouvement avec notre mouvement, sans nous superposer à elles, mais en accompagnant ce mouvement, non par mimétisme mais afin que notre mouvement puisse se reconnaître dans sa propre singularité, sa propre pertinence, dans un lien retrouvé autant qu’inventé à l’altérité. « Quand je tends une main pour faire venir le chat près de moi, / Nous ne serons pas deux, mais deux fois / Le même frôlement silencieux (…) » (La terre voudrait recommencer)

Les choses demandent notre regard et notre regard, c’est notre corps entier qui le porte : « Une pomme qui brille par terre, / J’y vais. » (La terre voudrait recommencer) L’on va aux choses, par le corps entier devenu garant de l’intentionnalité du regard. Et toutes choses sont belles, d’être vues. Georges Schehadé : « Vous êtes belle comme les choses que j’ai vues. » Et lorsque l’on regarde vraiment les choses, c’est toujours un acte d’amour, car l’attention donnée aux choses, infinie même quand elle semble, au premier abord, infime, les rapproche infiniment de nous, dans une étreinte de la pensée et du regard, les fait même exister au-dedans de nous, en déroulant leurs échos dans notre intériorité, avec une mélodie de chatoiements divers, et diversement modulés suivant l’intériorité de chacun. Comme l’écrit Isabelle Pinçon1, et cela est infiniment vrai quant à la poésie d’Ariane Dreyfus : « Si je regarde un coquelicot, c’est un baiser. »

Et, parce que chaque regard est un acte d’amour, chaque regard nous fait ressentir la fragilité des choses, lesquelles se tiennent dans la pureté de n’être rien2 : « Ce n’est rien, cette rue où nous marchons, / Elle est pure de cette façon. » (L’Inhabitable) Chaque regard nous fait ressentir la fragilité de la terre qui porte / montre ces choses, qui les présente à notre regard afin que nous puissions les présenter à notre vie. « Nous sommes sur une terre si fragile quand nous l’aimons. » (Iris, c’est votre bleu) C’est dû essentiellement au fait qu’un regard vraiment attentif et ébloui, en saisissant chaque chose, un instant, saisit sa beauté, dans ce qu’elle a d’éphémère, de nécessairement éphémère. Et c’est comme si chaque chose avait conscience de cet éphémère : ainsi chaque chose semble-t-elle se tenir dans l’attente d’un regard qui pourra la saisir. Par conséquent, « [l]es choses m’arrivent » (La terre voudrait recommencer) L’inverse est également vrai : nous attendons face aux choses se tenant dans leur immuabilité, fût-elle, paradoxalement, éphémère (un fruit, par exemple), afin de pouvoir nous donner une consistance temporelle, afin que nous puissions durer. « Il y a tellement de choses minuscules. Au-dedans de nous. / Et en dessous. // Nous attendons / Pour que tout cela dure. » (La terre voudrait recommencer). Si nous voulons que tout cela, les choses et nous-mêmes – c’est-à-dire ce qui se trouve au-dedans de nous- dure, c’est bien parce que chaque instant peut ne pas être répété. En ce sens, « [u]ne journée, c’est la vie. » (L’Inhabitable). Il s’agit, en ce sens, de « [c]omprendre qu’on part toujours. » (La bouche de quelqu’un) Cette compréhension nous permet d’accepter la vie dans ce qu’elle a de vivant justement : « Accepte la vie et l’innocence, / Accepte-la vivante. » (L’Inhabitable)

Accepter l’innocence, c’est accepter la fragilité, d’une acceptation qui se mêle au respect infini, et accepter que nous soyons tous reliés, dans une même intensité de vivre qui se balance au-dessus du rien : « Les mortels sont très ensemble. » (L’Inhabitable) C’est accepter que nous soyons tous reliés dans la volonté de vivre face à toute l’intensité du visible jusqu’au dernier instant : « Je voudrais entrer dans la mort quand les couleurs seront encore là. » (Les miettes de décembre) Néanmoins, la mort est toujours une échéance redoutée et infiniment douloureuse dans la façon qu’elle a, aura, de séparer, délier les êtres, les êtres et les choses, les regards et le visible. Aussi, « [i]l faudrait que je parle à la mort. / Pour lui dire. Pour une fois. » (L’Inhabitable

Face à la fragilité de la terre, de l’innocence, et face à l’inéluctabilité de la mort, il y a les liens, les liaisons plutôt que l’on peut reconnaître - plus que tisser - avec les choses, avec les êtres. « Prends-lui la main. / Avoir assez de jours. » (L’Inhabitable) Ainsi, la première liaison qui rend toutes les autres possibles, c’est la liaison d’amour. « Encore un jour / Passé à aimer en pensée. / Ca pèse. Actuellement je t’aime. » (La bouche de quelqu’un) C’est-à-dire et la précision est importante : « Je t’aime d’amour. » (L’Inhabitable) La liaison d’amour rend toutes les liaisons possibles, car elle leur permet d’apparaître - plus que d’advenir - en ce sens qu’elle nous libère de l’emprise que nous avons douloureusement sur nous-mêmes, emprise qui fait que nous sommes tenus en éveil dans la crainte de voir les choses nous échapper, dans la crainte d’être soudain en péril, tenus en éveil et ainsi tenus prisonniers puisqu’alors nous ne sommes tournés que vers nous-mêmes. Il s’agit de se libérer de soi, afin que non seulement cette crainte d’être mis en péril nous quitte, mais surtout afin que nous puissions nous tourner, entièrement, vers autrui. « Si je te prends la main, c’est pour nous libérer, toi de toi, moi de moi. » (La bouche de quelqu’un)

Et cet amour, sans cesse dirigé vers l’autre, jusque dans nos gestes de la vie quotidienne, même les plus simples, module jusqu’à la façon que nous avons de les faire, en poussant notre attention à être multipliée, éveillée à chaque instant, et dans son éveil indéfiniment répété, modulée dans la tendresse que nous éprouvons pour l’autre  : « Etendre le linge de quelqu’un comme si son corps fragile / Me demandait d’être lente l’air est resté avec moi  (…) Je me déplace sous le fil avec plein d’amour dépouillé / Je pense à celui dont c’est les vêtements / Sans doute il pense à d’autres choses de sa vie » (La terre voudrait recommencer)

La terre est si fragile quand nous l’aimons mais « [d]e caresser la terre avec toi je m’appuie sur vous » (La terre voudrait recommencer), laquelle terre est devenue un peu de la présence masculine aimée : « [t]u y dormais, / Maintenant l’herbe est un peu devenue la tienne. » (La terre voudrait recommencer) Pouvoir s’appuyer est important pour l’auteur : à la figure de l’homme aimé est inéluctablement attaché un principe de force. L’homme est la présence qui sauve. « Je tremble si je ne t’avais pas » (Iris, c’est votre bleu) Car l’homme est l’indispensable présence. Qu’est-ce qui permet de l’identifier comme homme justement ? « Quelle taille aura l’amour / S’il y a ? » (La bouche de quelqu’un) L’homme est la grandeur, c’est-à-dire la force, aussi ne disparait-il jamais : « Même loin ce sera vous. » (L’Inhabitable) L’homme est celui qui peut porter l’autre féminin, celui qui ouvre le chemin : « [t]u me dis que tu marches devant : je serais vraiment folle / D’avoir peur / Puisque tu m’ouvres cette route qui va à la mort. » (Iris, c’est votre bleu) Ainsi l’homme offre-t-il toute la protection nécessaire : « Et moi je veux dire : tes épaules, tes épaules. » (La bouche de quelqu’un) « Ton bras me serre magnifiquement. » (L’Inhabitable) « En plein dans tes bras. / C’est cela qui arrive. » (L’Inhabitable) « Peut-être sommes-nous serrés. » (L’Inhabitable) Et parce que l’homme est la force incarnée, c’est celui qui ne renonce jamais. « Le plus beau est celui qui n’a pas renoncé » (La terre voudrait recommencer) Aussi toute la force de l’homme, pour l’auteur, trouve-t-elle son sens en ce qu’elle n’est jamais dirigée contre, ou alors si, contre un principe de ressentiment, de désespérance, de désolation.

L’homme offre toute la protection souhaitable, et l’amour se confond avec lui, l’amour qui est lui-même, par la présence de l’homme, entière protection. Même dans l’amour physique et dans la jouissance qui pourtant s’articule en petites morts successives, la peur ne peut advenir. « Dans un cri où nous entrons / La peur ne peut pas passer / Elle est trop grande » (La terre voudrait recommencer) La peur reste toujours à la porte. Chaque partie du corps est, dans l’étreinte, ou dans les moments qui enserrent le moment de l’étreinte, heureuse. « Nus. / Une main, la tienne – belle – sur un ventre, le mien – heureux. » (La bouche de quelqu’un) Chaque geste alors fait en direction de l’autre ou chaque immobilité laissant l’autre s’approcher sont des affirmations, une façon qu’a le corps de répéter, infiniment, oui, oui, oui. « Oui : // De tous les mots / C’est lui le soleil » (La terre voudrait recommencer) Le oui, c’est l’acceptation que fait tout le corps : ce n’est pas seulement un fait de langage. C’est une acceptation si mystérieuse et qui éblouit : « [t]ellement de mystère dès que tu acceptes. » (La bouche de quelqu’un) Le oui ne doit pas être ici seulement perçu dans le sens qu’en donne Barthes dans Fragments d’un discours amoureux, lorsqu’il parle de l’affirmation immédiate qui se produit « lorsque l’amoureux rencontre l’autre ». « [P]sychologiquement : éblouissement, enthousiasme, exaltation, projection folle d’un avenir comblé : je suis dévoré par le désir, l’impulsion d’être heureux : je dis oui à tout (en m’aveuglant) ». Le oui est aussi, d’abord pourrait-on dire, chez Ariane Dreyfus, le mot de la jouissance, l’affirmation du plaisir qu’il y a aussi à être uni à l’autre, dans le plaisir et l’attention donnés. « Le oui, le tien, / Répété jusqu’au ventre. » (La bouche de quelqu’un) Ce oui est aussi le soleil qui ponctue le voyage qu’est aimer lorsqu’il s’agit d’étreinte.

« Tu tournes ton dos vers moi, / Les baisers vont voyager. » (L’Inhabitable) Le plaisir est bien un voyage géographique, même s’il est infime, que l’on fait entreprendre à nos corps, dans l’espace du lit, dont l’espace de la page où chaque poème voyage est une métaphore. C’est un voyage que font des personnages de conte de fée. L’étreinte nous rend bien, littéralement, enchantés. « Tu fermes les yeux ? / Ah oui, je ferme les yeux aussi, nous sommes / Les deux visages enchantés. » (Iris, c’est votre bleu) Le lit n’est pas seulement le lieu du voyage, le corps l’est tout autant. Ainsi, ce dernier, observé minutieusement mais sans rapacité scrutatrice, avec toute la douceur d’une étreinte, devient un monde que l’on n’a de cesse d’explorer et que l’on ne pourra jamais finir, du reste, de parcourir. « Vu de tout près c’est une grande part du monde : / Le chemin par la peau. Attention, vaste. » (La bouche de quelqu’un) Il ne s’agit pas ici de scruter, contrairement à ce que peut écrire Barthes (Fragments d’un discours amoureux) : « Parfois une idée me prend : je me mets à scruter longuement le corps aimé (tel le narrateur devant le sommeil d’Albertine). Scruter veut dire fouiller : je fouille le corps de l’autre, comme si je voulais voir ce qu’il y a dedans, comme si la cause mécanique de mon désir était dans le corps adverse (…) » Non, il ne s’agit pas de ça, tout simplement parce qu’il n’y a pas, dans la poésie d’Ariane Dreyfus, de « corps adverse ». C’est tout le contraire plutôt. Et bien sûr, si les caresses sont éphémères : « Les caresses passent, la vie aussi c’est pas à pas. » (La bouche de quelqu’un), il ne faut pas retirer de la douleur de ce constat, car les caresses peuvent être continuées en pensée, ou, plus exactement, il est possible de « caresse[r] les caresses » (Iris, c’est votre bleu), et ainsi, de faire se superposer différentes temporalités de tendresse au sein desquelles il s’agit toujours d’aimer, différentes temporalités qui, ainsi réunies, font du présent un instant éblouissant  : « (…) j’appuie sur les étreintes / Qui remontent / Ma mémoire a des sursauts je lui rouvre les yeux » (Iris, c’est votre bleu)

Aimer, c’est, en somme, faire du présent un instant éblouissant. À chaque moment, les êtres aimés « commen[cent] », et à chaque moment, alors, « [t]out devient croyable ». (La bouche de quelqu’un). « Tu sais mon cœur ne bouge pas / Mais quand j’ai réalisé que je pourrais t’aimer de toutes les façons que tu voudrais bien / Je suis devenue comme l’eau pour qui partout c’est possible » (La terre voudrait recommencer) Ainsi, tout devient croyable, et tout devient possible. L’eau est ce qui peut épouser chaque contour, l’eau est ce qui peut s’immiscer partout. Parce que c’est un miracle perpétué, d’être ainsi face à l’autre, et avec lui. Comme l’écrit Isabelle Pinçon, « [c]e n’était pas prévu toi qui viens. » L’autre aimé, pour donner une définition que n’aurait peut-être pas désavouée Lacan, est l’imprévu continué en présence qui continue l’imprévu. Et Ariane Dreyfus d’écrire à son tour - et on se souviendra de l’injonction de départ, comme quoi il ne faut pas avoir froid de soi - : « Tu te rends compte ? / Je n’ai pas froid. » (L’Inhabitable). Encore ne faut-il pas oublier cet autre postulat initial : « Je suis heureuse. Déjà en arrivant j’étais heureuse. » (Les miettes de décembre) L’autre aimé nous fait dire, penser, à chaque instant : tu te rends compte de ce que l’on vit, du miracle que cela est ?

Avec l’autre, dans l’amour, on peut enfin « [ê]tre là, être vrai. » (La bouche de quelqu’un). Etre vrai, car le rapport à l’autre est rendu pur : il n’y a aucun sentiment de possessivité. « Les doigts ne s’emparent de personne (…) / Il n’y a plus rien de solitaire et plus rien d’acharné » (La terre voudrait recommencer) Tout est dans la douceur, et tout est joyeux : les différents recueils d’Ariane Dreyfus, dans leur succession chronologique, donnent ainsi de plus en plus de place à la joie, me semble-t-il, même si, par ailleurs, sa poésie a toujours été une poésie de la douceur, quand bien même elle restitue dans l’espace du poème des atrocités commises en Afrique ou des violences faites aux femmes. Il n’y a pas lieu d’être en souffrance. C’est-à-dire : il n’y pas de place à donner à la souffrance. « Il y a une limite à souffrir. » (L’Inhabitable) Vivre est aussi chance, et il faut mesurer cette chance à chaque instant. « [P]arfois / La grande violence est venue avant » (La terre voudrait recommencer) Vivre, « [c]’est de joie » (La terre voudrait recommencer) « C’est une joie où il y a quelqu’un » (La terre voudrait recommencer) Ce qui pourrait être une définition rigoureuse de ce qu’est, pour l’auteur, aimer.

Chuchotement ou cri du oui, le désespoir ne peut être là. « Tu me parles tout bas, comme cela te vient, / Le temps qui est un ogre ne sait plus où nous sommes » (La terre voudrait recommencer) C’est comme si la protection qu’offre l’homme, qu’offre l’amour était telle qu’elle agissait aussi sur la fuite inéluctable du temps, était telle qu’elle protégeait l’être du dépérissement, de la vieillesse, de la mort. Protection totale, en somme, qui agit sur les êtres et les forces, les principes et les règles pourtant inaliénables. Protection qui fait dire à l’être que l’autre aimé est suffisant. « Je ne veux plus rien d’autre parfois / Que tous les deux au même moment » (La terre voudrait recommencer) L’autre est suffisant pour que soi-même l’on puisse être, c’est-à-dire, à chaque instant, advenir : « Je suis ici, ici tu peux. » (La bouche de quelqu’un) Comme l’écrit Emmanuel Lévinas dans Totalité et infini, « [c]’est seulement en abordant Autrui que j’assiste à moi-même. »

Bien sûr, l’autre aimé n’est pas seulement l’autre aimé amoureusement d’amour. L’autre aimé est aussi celui aimé amoureusement d’amitié : « Stéphane : // Alors impossible de plier la page / Même en deux // Devenue poème entièrement » (La terre voudrait recommencer) L’autre aimé est aussi l’enfant, aimé d’un amour autre encore : « Le visage de mon fils // Même en avançant une seule main / Ce n’est plus à moi d’écrire // La vie dessine sur la peau vivante / Recommence commence » (La terre voudrait recommencer) Et parce que le visage parle - il parle déjà en ceci, comme l’écrit Lévinas dans Ethique et infini, que « c’est lui qui rend possible et commence tout discours » -, il n’est ainsi, parfois, pas besoin de mots pour le dire. Aussi, « [c]e n’est plus à moi d’écrire. »

On le voit, l’autre est multiple. Mais l’autre n’est pas seulement un homme ou une femme, l’autre peut aussi être, dans le regard de celui qui vraiment regarde, la terre, « collier ouvert », et même, toutes les choses que montre la terre (chacun peut recomposer, inlassablement, le collier différemment, par la vertu de son regard), comme si elles avaient de possibles visages. Aimer l’autre, cet autre multiple, nous amène à poser, de façon sous-jacente, inlassablement une question, jusque dans la façon que nous avons d’aimer, hors ces moments d’étreinte physique par quoi il n’y a plus, pour l’auteur, de confrontation douce, mais reconnaissance d’une liaison originelle, et fascination face à cette reconnaissance. Cette question, la voici : comment aborder l’autre, dans l’amour évidemment, puisque c’est le seul mode d’approche de l’autre qui soit une approche conjuguée à l’accueil et même, si cela est possible, une approche faite entièrement d’accueil ?

Par le visage, est-il important, de convoquer encore la pensée de Lévinas car c’est le philosophe qui permet le mieux de comprendre la dimension éthique de la parole poétique d’Ariane Dreyfus. Tout d’abord, le visage est la part la plus singulière, et par conséquent la plus intime de l’autre, bien qu’elle soit aussi, paradoxalement, la plus découverte : « Un enfant est né, un galet jeté, il faut attendre que l’eau cesse de trembler pour savoir son visage. » (Les miettes de décembre) Le visage est ce qui ancre l’unicité de la personne dans une temporalité et ainsi inscrit visiblement son passé, son vécu - même si, évidemment, rien du passé ou du vécu (hormis des marques visibles, rides ou cicatrices) n’est montré - dans une dynamique interpersonnelle éventuellement multiple : « Devant la mer j’ai besoin que tu aies un visage / Pour savoir où je suis » (La terre voudrait recommencer)

Et si chaque visage est unique, c’est parce que c’est la partie du corps qui est la plus réelle, la plus vraie en l’être, celle qui fait, par l’intermédiaire des mouvements, infimes, qui lui sont propres, le mieux vivre la singularité de la personne, reconstituant aussi ses émotions. « Le bonheur du visage est possible. » (Les miettes de décembre). « Il n’y a pas d’âge à sourire. » (L’Inhabitable) « Je me souviens d’une chanteuse dont le visage remuait tant, comme une eau bouleversée pour trouver. » (Les miettes de décembre). Aussi, le visage est-il le point nodal de notre être, comme on parle de nœud ferroviaire pour le point où se rencontrent plusieurs itinéraires. « Qu’est-ce qui arrivera ? / Nous sommes des visages. » (L’Inhabitable). Et si nous sommes des visages, c’est parce que le visage est là, peut-être, « pour qu’une âme soit quelque part. » (Iris, c’est votre bleu). Peut-être est-ce, nous chuchote Ariane Dreyfus, parce que le visage est ce qui contient le regard : « Il y a eu ce regard qui fait jeter les fleurs » (La terre voudrait recommencer). Comme l’écrit Georges Schehadé, « [l]es yeux restent deux fleurs surnaturelles ». Et ce regard est peut-être ce qui fait que « [l]e visage garde une clarté la dernière » (La terre voudrait recommencer). Peut-être, peut-être, peut-être : il n’est nulle possibilité de certitude quand il est question de visage, car il est alors question de la vie, avec toute l’innocence et la fragilité que cela implique.

C’est parce que le visage dit beaucoup plus que lui-même, dit toute l’innocence et toute la fragilité qui sont rattachées à chaque vie qu’il est possible d’être saisi, littéralement saisi par un visage : « Je ne veux pas savoir si les femmes sont plus jolies que les hommes. Seulement je confesse être clouée à leur visage. » (Les miettes de décembre) C’est pour cette raison qu’Ariane Dreyfus aime tant le cinéma, comme par exemple Westward the Women (Convoi de femmes), le western réalisé par William A. Wellman (1951), illuminé tout au long par les visages de Denise Darcel, Hope Emerson, Julie Bishop, Lenore Lonergan, Marilyn Erskine, Beverly Dennis, Renata Vanni. Dans « Pas toute seule », un texte sur le cinéma confié au Nouveau Recueil3, Ariane Dreyfus déclare ainsi : « Je regarde moins le ciel que le cinéma. / Lui donne, inlassablement, des visages. » Et si le visage est le point le plus pur de jonction entre soi et l’autre, c’est parce que, par le biais du visage, par le visage pourrait-on dire, l’autre est envisagé par-delà la perception, dans la vérité du ressenti, qui est la seule vérité qui soit. « La relation avec le visage peut certes être dominée par la perception, mais ce qui est spécifiquement visage, c’est ce qui ne s’y réduit pas. (…) La peau du visage est celle qui reste la plus nue, la plus dénuée. La plus nue, bien que d’une nudité décente. La plus dénuée aussi : il y a dans le visage une pauvreté essentielle ; la preuve en est qu’on essaie de masquer cette pauvreté en se donnant des poses, une contenance. Le visage est signification, et signification sans contexte. » (Lévinas, Ethique et infini).

Mais les visages ne sont pas le seul fait des êtres. Comme l’écrit Yehuda Amichaï, dans Perdu dans la grâce 4, « [j]’ai appris / à considérer ton sexe / comme un visage. » Ariane Dreyfus nous pousse à radicaliser encore cette parole en considérant que chaque animal, et même chaque chose a un visage, a son visage. « J’embrasse de l’arbre le visage mentalement. » (Les miettes de décembre). Chaque animal, chaque chose même a son visage, quand on sait le recueillir avec la pensée, non pas façonnée par l’entendement, mais façonnée par l’imaginaire lui-même façonné par la sensibilité. Ainsi, tout peut être visage, tout est visage pour qui sait voir : « C’est visage. / Même derrière, visage. » (L’Inhabitable)

Il s’agit de considérer les visages, car il s’agit d’accueillir l’autre dans sa singularité, or celle-ci est rendue, plus que visible, charnelle, par le visage. Ecrire fait plus que prolonger ce moment où l’on embrasse des choses le visage mentalement, écrire permet d’accueillir l’autre, son visage, dans l’espace du poème. « Un poème pour empêcher » que ça « se ferme. » (L’Inhabitable). Le poème est ainsi toujours un lieu où accueillir. « Ecrire est si ouvert si ouvert. » (La bouche de quelqu’un) Un lieu où accueillir, c’est-à-dire un lieu tout à la fois clos et ouvert. Ouvert, en somme, parce que le poème est toujours d’amour : chaque poème « [v]ien[t] s’il est d’amour » (La terre voudrait recommencer). Et «[t]out va entrer quand l’amour est profond. » (L’Inhabitable)

Aussi, le poème contient les êtres, leurs visages. Voilà pourquoi « [n]ommer c’est entièrement » (L’Inhabitable). Le poème contient comme pourrait le faire une histoire, un conte de fées ; de ces contes de fée qu’Ariane Dreyfus apprécie si particulièrement et qui irriguent toute son écriture. « - Dans quelle histoire ? / - Dedans. » (Les miettes de décembre). Ou comme pourrait le faire un refuge. Le poème espère toujours, dans ce sens, contenir également son lecteur, l’entièrement contenir, et c’est en cela aussi que la poésie d’Ariane Dreyfus est si proche de celle de Stéphane Bouquet. « [C]e qui m’a touché le plus, au début, dans Feuilles d’herbe [de Walt Whitman], écrit Stéphane Bouquet, est la fin d’un poème – peut-être bien Song of Myself / Chanson de moi-même : je suis là, je vous attends. Et aussi : d’ici, d’où je suis, je vous contiens déjà, respirations futures. C’est une définition rigoureuse de la poésie ; chaque poème espère quelqu’un, est la patiente diction de l’attente, chaque poème émet le vœu de contenir. » (Un peuple, Champ Vallon). D’où la place importante accordée, chez Ariane Dreyfus, aux citations. Le corps du poème est tissé aussi de quelques-unes des paroles poétiques qui sont apparues à l’auteur comme étant suffisamment précises pour ne pouvoir être dites autrement. En somme, ce sont des raccourcis éclairants. Dans son dernier opus poétique, Ariane Dreyfus donne ainsi à vibrer les mots mystérieux d’enfants qu’elle a pu accompagner dans leur démarche d’écriture qui a été permise lors d’ateliers d’écriture. Et toujours, « [m]ystérieux » sont « leurs mots » (La terre voudrait recommencer) Citons deux exemples, magnifiques : « Un petit garçon dit : « Je voudrais écrire pour que mon cœur traverse les pages nouvelles » Une petite fille dit : « J’écris pour trouver le sens des mots » » (La terre voudrait recommencer) Comme le formule Ariane Dreyfus en quatrième de couverture de ce livre, « [à] la fin du poème l’enfant prend congé, il a construit son propre départ, il sort des pages d’où sortent des chemins. » (La terre voudrait recommencer) Aussi le poème est-il, parce qu’intensément ouvert, un lieu de passages, d’où l’on sort, où l’on rentre. Chaque vers est un chemin qui nous permet d’être relié au poème entier, et à travers lui, aux êtres qu’il contient.

Qu’est-ce qu’écrire, quand il s’agit d’ouvrir, et de contenir ? Qu’est-ce que l’écriture dans ce cas ? Ce n’est en rien, pour l’auteur, une entreprise qui vise à saisir, à figer, et par conséquent à fossiliser. Ecrire est toujours infiniment doux, dans la même douceur qui est celle du regard de l’auteur porté sur les êtres et les choses. Il n’y aucune distanciation entre le geste d’écrire et le geste de regarder, entre le geste d’écrire et le geste d’aimer. Ecrire est toujours « plus bas doucement que parler » : « Nous aimant j’ai le temps / Plus bas doucement que parler. » (L’Inhabitable) Ainsi, écrire, c’est, encore, dans ce sens, aimer. Ecrire, c’est ne pas « arrête[r] (…) de toucher quelqu’un. » (La terre voudrait recommencer) Il s’agit d’étreindre, par l’écriture, dans l’écriture, « Ecrire : étreindre et jamais. Remuer librement à l’intérieur. » (La bouche de quelqu’un) En formulant qu’écrire est l’étreinte, Ariane Dreyfus est proche d’Isabelle Pinçon écrivant : « Ecrire pour vous tenir à moi complètement parfaitement, c’est une tâche à la fois. » En formulant qu’il faut « [r]emuer librement à l’intérieur » de soi mais aussi et surtout du poème, Ariane Dreyfus signifie qu’elle cherche, par un travail très précis effectué sur la langue - dimension de son œuvre à laquelle il faudrait réserver une étude entière, tant elle est importante au sein des recueils, et riche dès qu’il s’agit de la considérer en elle-même -, à faire qu’un « vacillement de prosaïsme » 5, qui puisse retranscrire quelque chose de l’humain (quelque chose de l’irruption de l’humain), en faisant vaciller justement les certitudes de lecture du lecteur, puisse advenir, au cours de sa lecture, ainsi l’entrechoquement de verbes qui ne peuvent dans les normes coexister, ainsi le travail sur l’enjambement…

Ecrire est une façon de prolonger la danse, lente, d’exister, et celle, lente aussi, et lumineuse :« Je vous raconte chaque lumière » (La terre voudrait recommencer), qui se confond avec la première, d’aimer. Prolonger, ou plutôt faire exister une nouvelle fois, comme si c’était la première fois, car il ne s’agit pas de se souvenir. « J’écris plus fort que me souvenir. » (La bouche de quelqu’un) Faire exister pour la première fois, car il s’agit pour l’auteur de considérer chaque mot comme s’il s’agissait d’un être, d’un monde, et de le donner à voir, en restituant l’éclat qu’il a pris en soi, en infusant là, dans l’intériorité, longuement. « Il faut que je choisisse un mot à garder dans ma bouche vide. De longue vie. » (L’Inhabitable) Ce mot, « [o]n va le redire. » (Ibid.) Chaque mot est répété avant d’arriver au poème et il devient, par le biais du poème, de longue vie, c’est-à-dire pouvant résonner inlassablement, et en résonnant, pouvant dérouler son tissu de présence qui est fait de chatoiements, d’éclats divers et profondément humains. Prendre chaque mot veut dire aussi prendre en compte la réalité qui est rattachée à chaque mot, et la considérer autrement. Prenons n’importe quel mot. Par exemple : le mot chambre. La chambre, pour Ariane Dreyfus, est ainsi « une pièce où l’on s’embrasse partout », la chambre, c’est « une porte avec quelqu’un » (La bouche de quelqu’un) Et si Georges Schehadé proclame que « la parole est notre seule absence », il est aisé de s’apercevoir que l’écriture poétique d’Ariane Dreyfus n’est en rien, justement, la parole : c’est une façon, pour l’auteur, infiniment douce et modulée, infiniment accueillante, de continuer sa liaison à l’autre. Comme l’écrit Barthes (Fragments d’un discours amoureux), « [l]e langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre. » Barthes dit encore : « [p]ersonne n’a envie de parler de l’amour, si ce n’est pour quelqu’un. » La poésie d’Ariane Dreyfus répond à cela en étant toute d’amour.

©Matthieu Gosztola, 2010

1 Lhommequicompte, Journal un peu vrai, Cheyne éditeur

2 Comme le fait dire Shakespeare à travers l’élocution imaginaire de Richard II.

3 N° 61, décembre 2001-février 2002

4 Poèmes choisis, traduits de l’hébreu par Emmanuel Moses, Gallimard

5 Parole confiée lors d’un entretien donné à Poezibao :

http://poezibao.typepad.com/poezibao/2008/03/un-entretien-av.html)

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