Le Dernier des Hippies : Une Romance Hystérique1





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Le Dernier des Hippies : Une Romance Hystérique1



Penny Rimbaud, Londres, jan / mar., ‘82.

Dans cette cellule qui est la nôtre, il n’y a aucune pitié,

aucun lever de soleil sur la froide plaine qui est notre âme,

aucun signalement d’un chaud horizon.
Toute beauté nous évite et nous attendons.
No answer is in itself an answer.”

Aucune réponse (n’)est en soi une réponse.”
Proverbe oriental

Le 3 septembre 1975, Phil Russell, alias Phil Hope, alias Wally Hope, alias Wally, s’est étouffé à mort dans son propre vomi; mûre, flan, bile logés finalement et tragiquement dans la trachée-artère. Mûre, flan, bile, s’écoulant de sa bouche béante jusqu’ aux délicats motifs du tapis ornemental.
Il est mort en homme effrayé, faible et fatigué; six mois auparavant il avait été déterminé, joyeux et exceptionnellement en santé; ça n’a seulement pris que ce court temps au Département de Santé du Gouvernement de Sa Majesté pour réduire Phil en un cadavre recouvert de vomi.
The first dream that I remember is of myself holding the hand of an older man, looking over a beautiful and peaceful valley - suddenly a fox broke cover followed by hounds and strong horses ridden by red-coated huntsmen. The man pointed into the valley and said, “That, my son, is where you’re heading. “I soon found that out, I am the fox!” (“Le premier rêve dont je me souviens est celui dans lequel je tiens la main d’ un vieil homme, regardant une splendide et paisible vallée; un renard surgit soudainement, poursuivi par une meute de chien et de forts chevaux montés par des chasseurs aux manteaux rouges. L’homme pointa la vallée et dit: “ceci, mon fils, est où tu te diriges.” J’eus bientôt découvert cela: je suis le renard!”)

Phil Russell.1974.
La mort de Phil marqua, pour nous, la fin d’une ère. Avec lui est mort le dernier grain de confiance que nous avions, naïvement, pour le “système”; les derniers grains d’espoir par lesquels, si nous avions vécu une vie décente basée sur le respect plutôt que sur l’abus, notre exemple aurait pu être suivi par les autorités. Bien sûr, c’était un rêve, mais la réalité est basée sur des milliers de rêves du passé; était-ce si sot que nous ayons voulu ajouter les nôtres au futur?
_

Il devenait nécessaire de détruire la ville pour la sauver.”
Logique du XXe siècle d’un homme militaire.
La Deuxième Guerre mondiale n’a été ni perdue ni gagnée, elle n’a créé qu’un vide horrible et à l’intérieur de ce vide a grandi un désespoir parmi les peuples du monde, une peur que la civilisation n’ait rien appris de la leçon tragique des camps de la mort nazis, ou de la cruelle vérité d’Hiroshima et Nagasaki. Il semblait que ceux au pouvoir poussaient la planète sur sa course vers la destruction totale: la course aux armements était commencée, la guerre froide aussi, le tiers-monde était affamé, mais les superpuissances ne faisaient seulement que se regarder eux-mêmes. Dans l’horreur de ce nouveau monde, les gens se tournèrent vers de bizarres moyens pour calmer leurs peurs.
D’ignorer est la plus grande ignorance, mais ignorer devenait le mot-clé alors que les individus s’enterraient dans un matérialisme irréfléchi. L’âge de la consommation naquit. Si on ne pouvait trouver la paix de l’esprit peut-être qu’une Cadillac ferait l’affaire. Si la vie a perdu son sens, peut-être qu’un lave-vaisselle super deluxe lui redonnerait. La propriété, ceci est le mien, le mien, le mien, l’explosion abondante de la sécurité a commencé, et tu ne peut l’avoir. Achète, achète, achète. Possède. Assure. Protège. Le monde de la télé était contre nous, lequel est le vrai? Celui-ci? Celui-là? Merde engourdissant l’esprit pour des esprits merdiques engourdis. Achète ceci, achète cela. Qui sait lequel est lequel? Des couches

de merde pour cacher les épouvantables faits de la vie dans une réalité nucléaire.
Pendant ce temps, les gouvernements s’étaient adonnés au commerce du développement des arsenaux nucléaires, armes dissuasives nous disait-on, et la vaste majorité de la population, aveuglée par le consumérisme et la camelote médiatique, était heureuse d’accepter le mensonge. Tant que chacun s’amusait, personne ne questionnerait le comportement de ceux au pouvoir pendant qu’ils jouaient avec leurs bombes nucléaires à retardement; mais tout le temps la mèche raccourcissait.
Si la majorité est toujours heureuse d’être emportée dans le vent dominant, il y a toujours ceux qui se tiennent debout contre lui, et si les années ‘50 ont vu la naissance du consumérisme, elles ont aussi porté deux autres phénomènes: le mouvement pacifiste et le rock’n’roll. Tous deux étaient une réaction contre un monde de plus en plus dominé par les hommes gris de la guerre et leurs pensées grises, tous deux rejetaient le scintillement vide du consumérisme, tous deux représentaient une révolution contre les valeurs de la société “normale”.
Le mouvement pacifiste en Angleterre trouvait une plate-forme dans la Campagne pour le Désarmement Nucléaire (CND, Campaign for Nuclear Disarmament) nouvellement formée, qui à la fin des années ‘50 était capable de rassembler 100 000 protestataires dans les rues pour faire entendre leur voix.
Une voix plus forte pouvait pourtant être entendue à cette époque sur les radios-portables et les tournes-disques de millions de foyers; la nouvelle voix vulgaire du rock’n’roll. Tandis que le mouvement pacifiste était majoritairement de classe moyenne, le rock ne connaissait aucune barrière de classe et bien que ça ait probablement pris The Beatles pour

amener ensemble les divers partis désillusionnés, le rock, la révolution, le désir du changement et, inévitablement, le mouvement pacifiste, presque depuis le début, ont été inséparables.
Malheureusement, au début des années ‘60, la CND était devenue une manière de vivre british acceptée, et de là contenue; son cri de protestation avait été atténué par la voix de la modération. Les objectifs de la CND devenaient de plus en plus obscurcis par l’opportunisme politique et les vautours gauchistes, lourdement déguisés en colombes, arrivèrent. Le Parti Travailliste voyait la campagne seulement comme un autre échelon dans

l’échelle vers le pouvoir. En 1964, en tant que parti d’opposition, ils ont promis de supprimer Polaris, la force sous-marine nucléaire; quelques mois plus tard, après leur élection au pouvoir, ils ont commandé quatre nouveaux sous-marins. Le déguisement s’amenuisa peu à peu.
Michael Foot, à ce temps membre d’un comité de la CND, maintenant leader du Parti Travailliste, lorsque questionné s’il voterait pour un parti Tory anti-bombe plutôt qu’un parti socialiste pro-bombe, répliqua “certainement pas!”; un testament ahurissant pour son désir de paix.
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La présente renaissance d’intérêt pour la CND court le risque une fois de plus d’aller dans le trou-de-cul politique. Ceux en quête du pouvoir socialiste ont déjà rejoint la bataille pour la plate-forme pacifiste. Les discours prononcés au deux rallyes au Trafalgar Square étaient dirigés plus vers de l’obtention de votes que vers la construction de la paix; quand les

questions n’étaient pas si à la mode, les colombes gauchistes étaient heureuses de partager des peanuts avec le reste des pigeons dans le square. Maintenant ils promettent de refuser de permettre aux USA d’installer des missiles de croisière en Angleterre; est-ce seulement une autre obtention de votes qu’ils vont ne plus soutenir dès qu’ils seront élus? Le Parti Travailliste va trahir la CND et la faire sombrer si ça lui est permis. Le désarmement nucléaire et les questions plus larges sur la paix ne doivent pas devenir des opéras-savons dans lesquels les affamés de pouvoir peuvent jouer leur jeu hypocrite.
Il est fâcheux qu’il y ait des gens, des Enfants de Dieu aux Jeunes Trotskyistes, qui, plutôt que de contribuer à quoi que ce soit de constructif, exploitent les marches pour la paix de la CND en les utilisant en tant que terrains de passage de tracts pour leur propagande d’intérêt personnel.
Pendant un rally de la CND en 1981, des milliers de tracts ont été passés appelant à “a mass uprising by the people against the capitalist system” (“un soulèvement de masse par les gens contre le système capitaliste”). À la surface, le tract n’était pas très différent de plusieurs déclarations d’intention “révolutionnaire” naïves faites par des anarchistes de cour d’école qui croient que l’anarchie est quelque chose à faire en mettant des pétards à mèche dans la poche d’un policier.
Ça continuait: “June 1st 1983 is the proposed date for the revolution. Pass it on, unite don’t fight. Anarchy peace and liberty. Crass.” (“Le 1er juin 1983 est la date proposée pour la révolution. Passez le mot, unissez-vous ne vous battez pas. Anarchie, paix et liberté. Crass.”)
Le tract n’a pas été fait par nous, ni n’exprimait les points de vue que nous avons. Quelqu’un, pour un gain personnel, a mis notre nom sur ses propres exigences. Nous sommes devenus habitués aux gens qui essaient de nous arnaquer, des vendeurs de t-shirts et de badges qui, sans notre consentement, commercialisent et profitent de notre nom, jusqu’aux promoteurs de shows qui font payer trop cher à l’entrée et payent trop peu à

la sortie. Nous nous y attendions presque. Mais pour des gens qui, vraisemblablement, prétenderaient être des anarchistes, essayer de nous utiliser comme ça est insultant autant pour nous que pour eux. S’ils n’ont pas le courage de leurs propres convictions ils devraient rester silencieux sans utiliser le nom de ceux dont ils connaissent le courage de leurs propres convictions.
Pour le mettre en des termes d’un anarchiste gallois peu connu, “mangez d’la merde, conards”. À part la menace évidente de l’exploitation politique, un danger très réel pour l’existence à long terme de la CND et ses alliés est l’intérêt courant qui leur est porté par l’industrie musicale. La paix est devenue une commodité vendable, un produit dans le vent; les maisons de risques établies et la presse musicale autant que les bands, qui, quatre ans auparavant classaient ceux qui s’opposaient à la guerre en tant que “vieux hippies ennuyants”, font maintenant volte-face pour être vu comme soutenant la cause. La seule cause qu’ils soutiennent est la leur; c’est de la bonne promotion, des bonnes ventes, un bon sens des affaires, et ils vont la saigner à sec aussi longtemps que c’est “l’affaire de l’année”; quand ça ne va plus l’être, ils vont la jeter, comme ils l’ont fait pour RAR (Rock Against Racism (Rock contre le Racisme)), comme une tonne de briques chaudes.
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Si le puissance de la protestation a diminué, le puissance du rock ne montrait pas une telle défaillance du coeur. Au milieu des années ‘60, le rock’n’roll régnait et aucune conférence de parti n’allait l’abattre. La jeunesse avait trouvé sa voix et demandait de plus en plus à ce qu’elle soit entendue.
Forte à l’intérieur de cette voix était celle qui promettait un nouveau monde, de nouvelles couleurs, de nouvelles dimensions, un nouveau temps et un nouvel espace. Karma immédiat, et tout à la portée d’un “cap” d’acide.
My advice for people today is as follow: If you take the game of life seriously, if you take your nervous system seriously, if you take your sense organs seriously, if you take the energy process seriously, you must turn on, tune in, and drop out.”
(“Mon conseil pour les gens aujourd’hui va comme suit: si vous prenez le jeu de la vie au sérieux, si vous prenez votre système nerveux au sérieux, si vous prenez vos organes sensoriels au sérieux, si vous prenez le processus énergétique au sérieux, vous devez allumer, vous brancher, et vous retirer pour vous taper un acide.”)
Timothy Leary, prophète de l’acide.
La société était choquée, les parents désespérés reculaient tandis que leurs petits chéris “planaient” au-dessus des tapis décoratifs. Des reportages hystériques disant que l’acide causait tout ce qui était des brûlures d’estomac jusqu’à la chute totale de la société décente, apparaissaient presque quotidiennement dans la presse. Des sociologues ont inventé le “trou de génération” et quand des bizarroïdes aux cheveux longs leur brandissaient un signe en V, ils l’ont mal interprété tout autant, c’était vraiment un signe de paix, mais, de n’importe quel côté ça signifiait “fout le camp”. Dans le coin gris on avait la “société normale”, et dans le coin arc-en-ciel le sexe, la drogue et le rock’n’roll, c’est du moins de cette manière que les médias le voyaient. Le symbole de la CND était adopté en tant qu’emblème par les toujours grandissantes légions de fans du rock desquelles se répandaient le message d’amour et de paix, comme un feu de prairie, mondialement. Les médias, dans leur besoin désespéré d’étiqueter et de là, contenir n’importe quoi qui menace de surpasser son contrôle, ont nommé ce phénomène “hippie” et le système, auquel les médias sont l’outil numéro un dans le combat contre le changement, se préparait de sa manière transparente, mais néanmoins effective, à discréditer cette nouvelle vision.
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Le rock’n’roll a accompli quelque chose qui n’a jamais été accompli avant, il a prouvé la fausseté des divisions socialement créées sur la couleur, la classe et la croyance. Les barrières sociales étaient à terre, qui on était, d’où on était ou ce qu’on faisait n’importait pas; si on “en raffolait”, on était “cool”.
Le rock ne peut être politisé, en dépit de ce que les disciples du oi, ou de Marx diraient. Le rock est à propos de nous tous, c’est la voix collective du peuple, pas une plate-forme pour la mythologie de la classe ouvrière ni de l’idéologie socialiste. Dans le rock’n’roll il n’y a pas de travailleur à propos de qui parler. Le rock à propos de la liberté, pas de l’esclavage, c’est à propos de la révolution du coeur et de l’âme, pas de la circonvolution de la pensée. De dire que le punk est, ou devrait être, de “classe ouvrière” est de faussement le retirer des racines sans classe de la “véritable révolution rock” à partir desquelles il s’est développé. Le punk est une voix de dissidence, une attaque maximale sur tout le système, il méprise autant les stéréotypes de la “classe ouvrière” que ceux de la “classe moyenne”. Le punk attaquait les barrières de la couleur, de la classe et de la croyance, mais regarde comment il est maintenant, crois-tu réellement être libéré? Le oi et, plus récemment, le skunk, ont été promus dans les pages de Sounds en tant que “le vrai punk”, de vrais gobeurs peut-être, mais pas de vrais punks. Tandis que le punk s’efforce de détruire

les barrières de classes, le oi et le skunk sont assez aveugles pour être dupes à les renforcer.
Le porte-parole du oi, Gary Bushell, qui, comme Marx, romance la vie de la classe ouvrière tandis qu’en toutes probabilités, n’ayant jamais fait un jour de travail manuel lui-même, prétend que “seule la classe ouvrière peut changer la société” - probablement réalise-t-il que son statut privilégié et “professionnel” de “journaliste” l’empêche d’être dans une position de contribuer à sa propre petite théorie - à l’impossible nul n’est tenu.
L’idée de Bushell de ce que signifie la “classe ouvrière” n’est rien de plus qu’une fantaisie de la “classe moyenne” sur un type de personne qui, excepté dans les média de Alf Garnett et Andy Capp, n’existe simplement pas. Sa vision non réaliste des travailleurs en tant que plaisantins encasquettés, buveurs de bière et le poing en l’air est une insulte complète aux gens travaillants pour qui, clairement, il n’a aucune compréhension.
Le oi aurait été assez inoffensif si sa caricature de bandes dessinées du travailleur n’avait pas été si fortement attrayante pour des éléments qui, inévitablement, ont été amenés à ses vues réactionnaires: la soi-disant “droite”. Au lieu de rejeter ses nouveaux adeptes possiblement indésirés, le oi paraissait révéler dans son image être la “méchante musique nazie pour les vrais hommes”. Défendant les traînées de sang et de bleus qu’il semblait laisser partout où il allait, la “nouvelle progéniture” prétendait qu’ “ils ne soutenaient pas la violence, ils ne faisaient que refléter ce que les choses sont”. En dépit de l’évidence répétée de la violence inspirée du oi, il devenait de plus en plus évident que oi le Bushell et oi le band étaient soit parfaitement heureux avec “ce que les choses sont” ou totalement incapables de contrôler le monstre qu’ils avaient créé.
Dans un temps où quelque chose aurait pu être fait pour changer l’image, l’album “Strength Through Oi” (la force à travers le oi) était sorti, mais plutôt que de changer l’emphase de “droite”, il l’a délibérément promue. La couverture attrayante arborait “yer average skinner” (ton écorcheur moyen) sur le point d’envoyer ses bottes “cherry-reds” sur le “khyber” de quelqu’un - mais au cours de la semaine “yer cherries” ont aussi laissé leurs marques sur la face d’un vieux pensionnaire; mais qu’importe, on peut pas tous les avoir. À l’intérieur de la pochette, oi “the Gaz” écrivait à propos de “the sea of crop-heads running riot, knife-blades flashing in the moonlight” (“la mer de têtes rasées courant dans l’émeute, des lames de couteaux reluisant au clair de lune”), eh bien, c’est de la poésie, non? - mais durant la semaine des lames de couteaux ont aussi brillé dans un estomac de la jeunesse asiatique, mais qu’importe, les accidents vont arriver, non?
Le plus grand “accident” de tous, à Southall, exposait finalement le oi pour la farce irréfléchie qu’il était. Un show oi dans une communauté de prédominance asiatique allait inévitablement causer des problèmes non seulement de la part de la communauté-même, mais aussi de la part des organisations de l’extrême gauche qui ont pu voir le show comme une opportunité de plier leurs muscles politiques. Il serait injuste de suggérer que la violence était délibérément planifiée par soit les bands ou les organisateurs du show, mais, étant donnée la réputation des adeptes du oi, il aurait dû être évident qu’il pouvait y avoir du trouble. Néanmoins, oi “le pantin” continuait aveuglément et, en un éclair, Southall brûlait et nos joyeux plaisantins, secoués et meurtris, battaient en retraite jusqu’aux pages de la presse pour clamer leur innocence - bien, les asiatiques n’étaient pas là pour le concert, ils vivent seulement là, non? - À ce moment-là personne n’a même ricané.
Oi avait été une étiquette commode créée par Bushell pour une nouvelle vague de punks de rue, l’aboutissement de ce que ni lui ni les bands auraient pu prévoir. Plusieurs des bands oi sont des gens vrais qui veulent réellement faire quelque chose de valable mais qui ont commit l’erreur initiale de devenir une partie d’un mouvement sur lequel ils n’avaient pas de contrôle personnel. En acceptant l’étiquette de oi ils doivent aussi accepter la responsabilité pour ce qu’il est: le jeu de pouvoir peu réfléchi et dangereux d’un homme qui éclaboussait sur eux tous.
Étant exposé comme le monstre incontrôlable qu’il est, le oi cherchait une porte de sortie. Dans sa tentative désespérée pour faire oublier, l’hypocrisie de Bushell était étalée de manière flagrante; il commençait à faire la promotion de “causes sociales” au nom de oi. Oi CND. Oi Hunt Saboteurs (Oi chasse les Saboteurs) et encore plus risible, Oi Against Racism (Oi contre le Racisme). Quatre ans auparavant Bushell nous attaquait pour être des “hippies de classe moyenne qui se cachaient derrière des badges de la CND” - “combien pertinent”, a-t-il ajouté tandis qu’il rejetait la CND qui à cette époque ne lui offrait aucun gain personnel. Alors, qui se cache maintenant?
Sans étonnement, oi la Conscience Sociale n’a convaincu personne, ni le moindre adepte du oi, et Bushell, qui pouvait maintenant être vu fraternisant avec ses “camarades” d’école publique gauchiste, réalisant qu’il était sur un bateau coulant, a écopé en faveur de sa dernière création médiatique, skunk: le “vrai punk”.
Le skunk rock est une autre tentative de Bushell “Gaz the Lad” pour capitaliser sur la frustration et le désespoir que ressentent des milliers de jeunes face à une vie “sans avenir”, quelque chose qu’il ne ressentira jamais dans sa position assurée et privilégiée. Le skunk, comme le oi, prétend être une “voix de la classe ouvrière”, pourtant beaucoup de bands qui jouent sous son ombrelle utilisent le micro capitaliste des maisons de disques établies, se faisant passer pour indépendants, afin de faire passer leur message. Il n’y a aucun secret sur leur moyen de monter au palmarès, c’est le bon business, et de quelle autre manière the Exploited auraient réussi? Riot City n’est juste qu’un autre bureau avec une porte arrière qui

donne sur EMI et EMI est un des plus grands marchands d’armes dans le pays - le monde est petit, non? Le skunk est à propos de la “vraie” anarchie, tu sais, foutre le trouble et des choses comme ça; le vrai chaos comme arnaquer les gens au Lycée pour 3.50 £ (lires), mais d’une quelconque manière, pour moi, ça sonne un peu plus comme la voix du capitalisme que comme celle de la classe ouvrière anarchiste, mais là bien sûr je ne pourrais le savoir, je ne suis qu’un hippie pacifiste de classe moyenne vieillissant, vous vous rappelez?
Aussi longtemps que l’État peut nous tenir socialement divisé, il va continuer de tous nous opprimer sans aucune vraie peur d’opposition: les “divisions de classes” faussement créées sont une manière typique par laquelle l’État atteint ses buts. Tandis que le punk attaque les divisions de classes, le oi et le skunk non seulement les acceptent, mais les cousent sur leurs Harringtons et leur cuir. La voix des travailleurs? Conneries! Comme leurs camarades penseurs privilégiés les marxistes, non seulement ils acceptent les étiquettes avec lesquelles ils sont opprimés, mais en fait ils tentent de glorifier l’esclavage de classes qui est le fondement sur lequel cette oppression est construite.
Détrompez-vous les gars et quelques bonnes amies pourront digérer votre réalité exclusivement mâle, vous êtes utilisés par le système et les médias de la manière qu’ils ont toujours utilisé les gens - comme de naïfs gobeurs. Le oi et le skunk sont simplement une manière pour Bushell de diviser quelque chose que lui et ses copains des médias ne peuvent contrôler: de la vraie énergie, du vrai punk. De quelque manière qu’ils soient étiquettés, les “vrais” punks sont premièrement et plus que tout une chose: eux-mêmes. Le système et les médias essaient de faire en sorte que nous soyons contenus à l’intérieur de leurs étiquettes - si tu te fais avoir à ce jeu tu te feras duper par les A cerclés dans la colonne de Total Chaos - quelle blague!
La presse musicale est coupable de faire d’incessantes tentatives pour diviser et, de là, contrôler les énergies des bands avec lesquels ils vivent leur existence parasite. À travers la “colonne des potins” et les “interviews” attentivement édités, ils fabriquent des différences et des animosités entre les bands qui en fait pourraient tout aussi bien ne pas exister. Avec leur capacité en tant que serviteurs de la business musicale, ils séparent et divisent des bands qui seraient capables de travailler ensemble sans leurs intrusions. Les bands sont souvent ignorants des tactiques agressives et malhonnêtes qu’utilisent, pour promouvoir les ventes et les montées au palmarès, les maisons de disques avec lesquelles ils ont signé. Alors que les maisons de disques s’enrichissent les bands demeurent invariablement sans le sou; rehaussés au palmarès par le business et diffamés dans la presse, ils sombrent lentement dans une position sans recours où l’honnêteté avec laquelle ils auraient pu débuter leur band est perdue dans les compromis qui leurs sont imposés par d’autres.
Il est essentiel que nous empêchions les gens comme Bushell de voler nos énergies et d’en faire la blague médiatique de la semaine; nous n’avons pas besoin que lui ni les autres comme lui nous arnaquent. Le punk n’est pas une mode médiatique, c’est une manière de vivre - c’est à nous de dire à la mafia du business de la musique et leur laquais parasites de la presse de foutre le camp. Nous pouvons, et allons, nous gérer seuls. Le punk est la musique du peuple... gardons-le tel quel.
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À la fin des années ‘60, la société conformiste commençait à se sentir menacée par ce à quoi sa jeunesse s’occupait; elle ne voulait pas que ses villes soient peintes arc-en-ciel, la révolution psychédélique semblait un peu trop réelle et elle devait être arrêtée.
Des livres étaient bannis, des librairies fermées. Des bureaux et des centres sociaux furent défoncés et leurs dossiers retirés, sans doute fourrés dans les ordinateurs de la police. Des journaux et magazines undergrounds croulèrent sous le poids de la pression officielle, des galeries et des cinémas ont eu des shows complets saisis. Des artistes, des écrivains, des musiciens et un nombre incalculable de hippies ont été traînés en cour pour répondre à des accusations inventées de corruption, d’obscénité, d’abus de drogues, n’importe quoi pour les rendre silencieux; mais rien ne le pouvait, tout importait trop.
Alors que l’oppression devenait de plus en plus lourde, le serviteur public “flic” devenait connu en tant qu’ennemi public “cochon”; la guerre avait été déclarée à la génération peace, mais l’amour n’était pas sur le point d’abandonner sans un combat.
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Et Charles dit, “Let there be death” (“Que la mort soit”), et il y eut la mort et les médias ainsi que leurs fidèles adeptes reculaient d’horreur à la pensée que ça aurait pu être leurs enfants qui auraient pu ordonner le massacre.
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